Confiscation par la divine Science

Maléfique, avr. 2020C'est rare mais quand même... je dois admettre que la situation présente est extrêmement frustrante en tant que "soignante" et confinée. Pourquoi? Parce que la tradition dans laquelle je m'inscris, comme mes collègues avec la médecine chinoise, et d'autres médecines alternatives parfois moins anciennes, n'est pas reconnue par la France. Par l'OMS, oui. Par la Suisse, la Belgique, l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, le Luxembourg... oui. Mais pas la France.

Elle m'interroge également parce qu'aucun médicament miracle n'est encore trouvé, aucun vaccin encore développé, et ce n'est pas faute de milliards investis, dans des firmes qui n'en manquaient justement pas. Tandis qu'officiellement en Occident on ne peut pas parler des remèdes traditionnels possibles, voire existants, efficaces, locaux, sans effets secondaires et peu coûteux à produire (même si le problème et ses causes sont autrement plus vastes que ce "virus"). Le débat est confisqué par la Science qui sait tout mieux que tout le monde. Et par un curieux hiatus des esprits, alors qu'on admet assez facilement les bienfaits de l'agriculture biologique pour les sols, soit sans ou avec peu de traitements, nous acceptons pour nous-mêmes des traitements très invasifs tandis que les maladies de dégénérescence augmentent, prouvant l'aberration de notre mode de vie.

Sage femme et pierresEt je prends conscience du caractère essentiellement misogyne, raciste et colonialiste de cette perspective.
Misogyne parce que j'essaie d'être, dans mes efforts de translation de l'Ayurveda dans la tradition française et européenne, l'héritière de ces "sages femmes" persécutées en leur temps par l'Inquisition, aux premiers temps du rapprochement entre science et religion, comme d'autres coupables désignés pour les maux de l'époque, dont les connaissances empiriques et intuitives étaient en elles-même un affront à la raison. Parce que cette médecine qui est aussi une voie, qui repose sur une vision globale du monde, et sur la perception des chaînes de métaphores inhérentes à l'existence, touche dans ses sommets à la quintessence du féminin du monde, ce génie inatteignable par le laborieux, triste et ennuyeux chemin de la raison.

La maîtresse des épices Raciste parce qu'il faut quand même une bonne dose de mépris pour ne jamais inclure dans le débat mondial la médecine traditionnelle de l'Inde, pays qui compte maintenant 1,3 Mds d'habitants, mais il est vrai colonisé pendant 350 ans et victime du complexe du colonisé. L'Ayurveda est une médecine qui a 5500 ans d'histoire (la notion de virus a 60 ans d'histoire, elle)! Au Kérala, même les hôpitaux de médecine occidentale ont reçu pour consigne de traiter par l'Ayurveda les cas de "Covid-19". Et on compte à ce jour 592 décès dans tout le pays depuis le 10 mars... mais il est vrai très peu de malades également. Alors, dû à la médecine traditionnelle ou à d'autres facteurs...
Cela vaut tout autant pour la médecine chinoise, dont l'histoire est également très ancienne. Comme l'Ayurveda, elle repose sur un corpus de connaissances très précis, une vision du monde, des moyens de diagnostic propres, une pharmacopée, un éventail de traitements très large... dans un pays qui compte 1,4 Mds d'habitants. Est-ce sa fascination pour la modernité qui fait passer sous silence les traitements de médecine traditionnelle? Ou, dans nos journaux, le mépris occidental pour ce qui n'est pas la seule Science admise? Peu de cas aussi comparativement en Chine, pourtant bien polluée. Alors, affaire de climat, de censure ou de médecine traditionnelle bien vivante...
Je ne parle même pas des médecines locales nombreuses des cultures traditionnelles et de leurs shamanes, qu'un dirigeant de Sanofi croisé un jour me disait une heureuse source de nouveaux médicaments, ou des médecines alternatives modernes, autant écartées du débat.

L'esprit de la forêt de princesse Mononoké Colonialiste parce que l'éradication de l'autonomie des pays colonisés passait aussi par la destruction des médecines locales, qui mélangeaient comme à présent religion et médecine: César avec les druides gaulois, les anglais qui coupaient les doigts des médecins ayurvédiques, les français qui jetaient les hommes-médecine malgaches du haut des avions, les espagnols en Amérique du Sud, les chinois avec les tibétains et les mongols... Assujettir à une vérité unique pour rendre dépendants. Et de ce fait nous le sommes aujourd'hui: des informations, des médicaments en rupture, des vaccins non encore inventés, du matériel unique en rupture et des autorisations accordées dans un cadre très contrôlé et limité, sous prétexte de sécurité.

Ca, ce n'est pas le Paradis. Mais ça peut le devenir si on y remédie... ensemble.

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