Les montagnes russes des températures

Floraison précoce de prunusC'est joli, ce dérèglement du climat! A peine installés dans la fraîcheur nouvelle, hop on repart dans une chaleur inusitée, avant de redescendre... et de remonter sans fin! Obligés de prendre conscience de ce corps, qui vit sur cette terre, obligés de voir que nous ne sommes pas des individus indépendants poursuivant leur propre destin (peu importe les autres), mais aussi les cellules d'un grand corps bien chamboulé, obligés de quitter le virtuel pour s'occuper du concret, d'abandonner les objectifs trop rigides de société productiviste, de s'en remettre à notre intuition!
Bière de chatons de noisetier Certains courent encore dans leur petite roue, de plus en plus vite, pour éviter de voir et surtout de sentir que bientôt plus rien ne tiendra la roue: devant l'ordi, dans les salles de sport, dans le travail, pendant les vacances au bout du monde où on oublie tout...
Chaque jour nous déséquilibre comme des enfants qui apprennent à marcher et trouvent le bonheur de faire un pas puis un autre, avant de tomber à nouveau, et de rire ou de pleurer, pleins de candeur et d'innocence. Parfois nous croyons encore savoir: c'est la faute à ci ou ça, et en appliquant un programme bien rigide on va maîtriser la situation, et passer le temps. Mais non, le programme s'écroule avec notre pouvoir sur les choses, comme le château d'empilements de jouets patiemment bâti par notre petit.
On croyait l'avoir bien rangée, cette nature consommable, quasi éradiquée, prêts que nous étions de maîtriser le climat à grands coups de fusées dans les nuages... Pulmonaire en fleursmais il se cachait encore au fond de nous une part du sauvage qui nous lie entre nous, aux étoiles, à la terre et à tous les êtres vivants.
Nous nous projetons sans cesse dans le futur et pourtant il ne nous reste plus que la joie exaltée de floraisons éphémères qui ne donneront sans doute pas de fruits, de cieux gracieusement colorés avant la grêle, d'un moment de détente à la tiédeur où il nous monte aux lèvres un baiser avant la saturation d'un jour de pluie trop chaud, de la faim de sucre avant le froid, de la tendresse qui nous emplit avec la pluie qui coule... Des instants d'harmonie fugaces et précieux, instants d'éternité, dans notre mer d'impermanence. L'univers nous apprend à méditer, à être là, à chaque instant, dans l'énergie que donne la douleur, si nécessaire, dans la joie si nous y plongeons...
Quelle folie!

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