Publié à l'origine le 8 janvier 2011


Re-doux sur toute la France, celle qui a été baignée de neige et celle qui a
été arrosée. Juste après les fêtes et les excès alimentaires
traditionnels.
Maux de tête, sensation de froid alors que le thermomètre dit tiède, rhumes,
angines persistantes, dégoût, insomnies et mauvais sommeil…pourtant tout est là
déjà pour nous aider à passer ce cap, si le besoin s’en fait sentir. Ce peut
être aussi plus d’inspiration, de compassion, des élans de tendresse, de
créativité, une aspiration à la pureté (des placards ou du coeur)…L’énergie
monte.
C’est le mois des fièvres, février, qui semble s’être substitué à notre ami
janvier. Mois des émollients et des sudorifiques, des nourritures déjà plus
légères et douces. Période des citrons, des oranges amères, des pamplemousses
qui éclaircissent les yeux et le teint noircis par la bile ou jaunis, de la
mâche ou de la doucette de Provence, de l’oxalis acidulée, des endives
blafardes, des tisanes de fleurs pectorales récoltées en août, sucrées à la
réglisse…
Le matin, plus encore que de saison, avant de petit-déjeûner, pour aider à la
manifestation de ce trop-plein, transpirer. On peut se sentir soulagé de
pratiquer des activités plus toniques: course matinale, salutations au soleil,
marche dans les bois au lever du jour…Cela chasse aussi le froid et les
paupières lourdes du matin. Plus d’huile sur la peau, sauf le soir
éventuellement avant une douche tiède pour aider le sommeil , mais des
frictions douces, des applications de pâte de poudre de cade et de réglisse, ou
de santal, ou un lavage à la farine de pois chiches.
La nourriture devient plus légère. Le feu digestif prêt pour l’hiver doit être
apaisé: consommation de fruits frais le matin, de salades à midi, de verdure,
gruau de céréales et toujours riz au lait…
Le repas du soir, léger, plus liquide, peut être pris plus tard, pour
apaiser les souffles et favoriser le sommeil.
Quelques recettes pas ordinaires qui font du bien:
chutney de pruneaux, crème de yaourt à la fleur d’oranger (recette dans
« La Voie Lactée), baba au rhum et au romarin, sambhar (soupe
de lentilles et légumes acidulée, recette dans « Cuisine
ayurvédique »), « coco » (boisson à base d’orge, de réglisse,
d’écorce de citron, d’anis et de fenouil).
Recette chutney de pruneaux
3 tasses de pulpe de pruneaux, 1/2 cuillerée à soupe de garam masala, 1
cuillerée à café de chaat masala, 1 bouquet de coriandre fraîche, 3
cuillerées à soupe de menthe fraîche ou 1 cuillère à café de menthe sèche, sel
au goût, beurre clarifié.
Faire chauffer la pulpe de pruneaux avec un fond d’eau et une cuillerée de
beurre clarifié. Quand la texture est homogène, éteindre et ajouter les épices,
la menthe sèche si vous l’utilisez, et le sel. Quand le mélange a
refroidi, passer au mixer avec les herbes fraîches. Se conserve très
bien.
Sa couleur et sa texture renseignent éloquemment sur ses vertus.
.
Tag - recette
mercredi 26 janvier 2011
Le mois des fièvres en avance
Par Florence le mercredi 26 janvier 2011, 09:34
mardi 5 octobre 2010
Caillé (suite)
Par Florence le mardi 5 octobre 2010, 11:39
« Nervosité, agacement, je suis tendue. Mes mains surexcitées tâtonnent
à la recherche d'un substitut sur lequel se passer les nerfs. Elles fouillent,
cherchent désespérément, tâtent, tripotent , atterrissent sur une masse
rebondie, ronde et blanche comme une joue de nourrisson. Suspicieuse, je la
teste du doigt et, séduite, enfonce mes mains dedans jusqu'aux poignets puis
commence à pétrir. En travaillant cette masse moelleuse, je sens ma nervosité
s'envoler tel un nuage pluvieux dans un ciel bleu. Après avoir remercié par un
baiser fugitif ce joli ballon blanc, je sors de la cuisine. Sereine. »
Marie-Gabrielle
Quand? Quand il y a de la concrétisation dans l'air, la formation d'un projet,
un bébé dans la matrice, les promesses du printemps, un excès d'eau dans le
corps, au mois des fièvres (février), quand la graine semée en terre va porter
son fruit, pour clore le repas...
Ça fait quoi? Ça rassemble, ça forme, ça rend ferme, les dents, les os, les
idées et les aliments en cours de « digestion ».
Ingrédients: 1l de lait cru -de préférence de jolies vaches Jersey* ou de
bufflonne- et, au choix: une feuille de figuier fraîche ou le lait d'une figue
cueillie encore verte, 1 tasse de petit-lait aigri, le jus d'un citron, 1 c. à
soupe de fleurs de gaillet ou de chardon béni...
Méthodes:
-Avec la feuille de figuier: amener le lait à ébullition puis ajouter la
feuille coupée en lamelles, le latex s'en écoulant -dont la composition est
proche du suc pancréatique- va faire doucement cailler le lait. Éteindre le feu
et couvrir en attendant la fin du processus qui prend plusieurs heures. Quand
le lait a caillé, rincer sous l'eau tiède et égoutter. On obtient un caillé
très soyeux en texture, très digeste, agréablement parfumé, mais peu
transformable. Il convient pour des farces, ou salé et servi avec des figues
fraîches par exemple... Le latex de la figue, que l'on trouve aussi sur les
figues cueillies avant maturité, ou qui s'écoule à l'incision du tronc, avait
un certain nombre d'applications thérapeutiques dans nos médecines anciennes,
tombées dans l'oubli maintenant peut-être en raison de sa toxicité en cas de
surdosage.
Pas d'inquiétude pour le caillé: le surdosage lui donne une amertume
repoussante.
-Avec une tasse de petit-lait aigri restant d'une précédente préparation ou de
la fabrication de beurre : verser le petit-lait dans le lait en train de
monter et baisser le feu jusqu'au début du processus. Éteindre alors le feu et
laisser reposer à couvert quelques minutes avant de récolter le caillé
rassemblé en masse sur le dessus. Transférer dans un linge. Rincer à l'eau
tiède et égoutter selon besoin. Le caillé obtenu est élégant en texture et en
goût, et il ne fond pas à la cuisson. Il convient pour tous les usages décrits
plus loin.
-Avec le jus d'un citron: verser le jus de citron petit à petit et cesser dès
que le petit-lait se sépare distinctement du caillé. Éteindre le feu et laisser
reposer à couvert quelques minutes. Puis transférer la masse de caillé dans un
linge, rincer abondamment le caillé sous l'eau courante tiède, puis mettre à
égoutter ou utiliser immédiatement. La texture est plus ferme et plus
granuleuse, le goût plus acidulé. Il est parfait égoutté ½ h environ, coupé en
cubes, frit et aromatisé de cumin grillé, ou incorporé à une soupe, ou à une
poêlée de légumes verts.
-Avec des fleurs de gaillet ou « caille-lait », ou de chardon béni,
fraîches: ajouter 1 c. à soupe de caille-lait, éteindre le feu et laisser à
couvert plusieurs heures.
Différents usages: On peut déguster le caillé une fois égoutté de son excès de
liquide comme du cottage cheese.
Quand il est égoutté ½ h environ, on peut le mixer ou le malaxer à la main
en l'écrasant entre les paumes -ce qui les rend douces- jusqu'à une consistance
crémeuse mais non collante. C'est la base des soufflés de lait dont vous
trouverez plus loin la recette. On peut aussi:
- le laisser s'égoutter avec ou sans poids placé au-dessus pendant 2h environ.
On obtient alors un caillé très ferme à détailler en cubes, frits dans l'huile
ou l'huile de beurre et servis séparément en apéritif, ou incorporés à des
soupes ou des potées de légumes.
- l'insérer découpé en tranches en sandwich entre deux rondelles de courgettes,
ou d'aubergine..., et tremper le sandwich dans de la pâte à beignet (par
exemple un mélange de farine de pois chiches et d'eau), puis dans l'huile
chaude.
Se soigner avec le lait caillé: Il soigne des dispersions: excès de souffle ou de fermentation. Il soulagera un estomac sujet aux flatulences, des intestins irrités, la déliquescence d'un été trop chaud, les raideurs d'un temps trop sec, certains énervements ou un manque de concentration...mais il gagne à être accompagné de sel ou de sucre, voire de vin blanc. Au rebours, un excès de fromage, surtout cuit et vieilli comme chez nous, peut amener un excès de concrétions dans le corps: angines, kystes, tumeurs, fibromes, rhumatismes...mais pas plus que trop de viandes sèches salées, d'oléagineux, de légumes secs ou déshydratés, de préparations lyophilisées, trop de chauffage, de paroles vides, de stress et d'agitation, d'inhalation de fumée, de couchers tardifs, de vie désincarnée...
Oreillet de lait
Par Florence le mardi 5 octobre 2010, 11:29
« Ce jour-là,
les montagnes dégoutteront de vin nouveau,
les collines ruisselleront de lait,
et dans tous les torrents de Juda
les eaux ruisselleront.
Une source jaillira de la maison de Yahvé
et arrosera le jardin des Acacias. »
Ère paradisiaque de la restauration d'Israël Livre de Joël 4;18
-Biscuit de lait (oreiller de Marie Gachet)
Je tiens cette recette de Anne Daguin*, qui la tient elle-même d'une
descendante d'une amie de Marie Gachet, la fille du bon docteur qui soigna Van
Gogh. Avec une pareille histoire, elle ne peut être qu'exceptionnelle...
Quand? Au printemps frais, par temps sec et frais, pendant un été indien aux
lumières si vives, à la pleine lune.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, c'est doux en tout, une pâtisserie à lui
tout seul.
Ingrédients: 1 tasse de peau de lait récoltée chaque jour et laissée à
fermenter, ou de crème fraîche épaisse; farine et sucre selon besoin.
Préparation: Recueillir la peau qui surnage sur le lait chaque jour quand on le
fait chauffer, dans une tasse laissée au coin de la cuisinière. Quand on en a
assez, malaxer avec suffisamment de farine pour obtenir une pâte qui ne colle
pas. Cuire étalé sur la plaque du four saupoudré de sucre roux.
Le rectangle gonfle doucement tout en dorant et caramélisant, si bien qu'une
fois cuit il présente l'aspect d'un oreiller doux et léger...A déguster
tendrement.
Beignets de lait
Par Florence le mardi 5 octobre 2010, 11:20
« Et comme un petit garçon dans les bras de
sa mère, je fus porté, et il me donna du lait, la rosée du Seigneur, et
je
grandis par ce don, et je trouvai le repos dans sa plénitude » Odes de
Salomon (35, 5-6)*
-Beignets de farine gorgés de lait
Quand? Quand on a envie de prendre un bain de lait d'ânesse, dans la chaleur
montante, sous la neige, en automne dans les montagnes.
Ça fait quoi? Ca repulpe, comme la pluie sur la terre sèche.
Ingrédients: 4 tasses de lait, 1 tasse de sucre, 1 c. à café de safran, 1 c. à
café de cardamome, 1 tasse de farine T80, beurre clarifié ou huile.
Préparation: Ajouter 3 c. à soupe de beurre clarifié ou d'huile à la farine et
faire comme pour une pâte sablée souple. Laisser reposer ½ h à couvert. Diviser
en 12 portions égales et aplatir en disques. Faire réduire le lait au tiers de
son volume. Retirer du feu, et ajouter la cardamome et le safran ainsi que le
sucre.
Faire chauffer le beurre clarifié ou l'huile et frire les disques de pâte à feu
moyen jusqu'à ce qu'ils gonflent et dorent. Les laisser tremper 5mn dans la
réduction de lait puis les retirer avant qu'ils ne se désagrègent.
Servir trois par trois arrosés de lait.
samedi 2 octobre 2010
Pudding
Par Florence le samedi 2 octobre 2010, 14:10
« Là
où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois »
Prophétie Aimé Césaire
-Pudding de haricots mungo
Quand? Quand la chaleur s'élève avec la sécheresse, quand chantent les cigales,
quand trop d'émotion nous a brûlé, quand on est follement amoureux, quand on se
relève de fièvre ou de maladie grave, au moment de nourrir les élans du
solstice d'été.
Ça fait quoi? Réputée aphrodisiaque et reconstituante, cette préparation
redonne chair au corps et force à l'âme.
Ingrédients : ½ tasse de haricots mungo décortiqués*, 1l de lait
entier (coupé de moitié d'eau par grande chaleur), 1 c. à café de graines de
cardamome pilées, ½ tasse de sucre roux ou de gur, ½ tasse de noix de coco
râpée, 3 c. à soupe de raisins secs.
Préparation : Faire rôtir les haricots jusqu’à une couleur brun-orangé.
Laisser refroidir et réduire grossièrement en semoule au mixeur ou au
pilon.
Faire cuire la semoule dans le lait avec la cardamome et le sucre, laisser
épaissir un peu.
Ajouter la noix de coco.
Couper le feu et ajouter les raisins secs. Laisser gonfler un peu.
Servir frais ou tiède.
- Pour décortiquer les légumineuses, les laisser tremper dans l'eau une nuit, puis les frotter dans un torchon. On les remet à l'eau: les peaux surnagent et sont ainsi faciles à écarter.
Pain perdu
Par Florence le samedi 2 octobre 2010, 14:08
« Mon eau travaille
et à travers tout roseau exulte
jusqu'au lait du rire »
Soleil et eau Aimé Césaire
-Pain pas perdu
Quand? Au joli printemps mouillé, quand la terre est gorgée d'eau tiède, au
matin frais de rosée.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, ça redonne humidité et tendresse, ça
chuchote des secrets.
Ingrédients : 2 tranches de brioche ou de pain brioché (ou de pain au lait
de la recette précédente), 1 c. à café de ghee, 2 c. à soupe d’eau, ½ c. à café
d’eau de rose véritable*, 2 c. à soupe de sucre, ½ tasse de lait d’amande, ½
tasse de lait.
Préparation : Faire réduire le lait et le lait d’amandes avec la moitié du
sucre à la moitié du volume d’origine.
Mélanger l’eau, l’eau de rose et le sucre restant.
Faire toaster les tranches dans le ghee jusqu'à une belle couleur dorée, puis
les plonger dans la réduction de lait.
Verser dessus le sirop parfumé.
Ajouter les laits une fois refroidis.
Pain au lait
Par Florence le samedi 2 octobre 2010, 14:04
« And all who heard should see them there,
And all should cry, Beware! Beware!
His flashing eyes, his floating hair!
Weave a circle round him thrice,
And close your eyes with holy dread,
For he on honey-dew hath fed,
And drunk the milk of Paradise .»
Derniers vers du poème Kubla Khan de S.T. Coleridge
-Pain au lait
Quand? Au mois des fièvres et des ébullitions, aux prémices du printemps, pour
les petits-déjeûners des matins gelés et des journées de soleil nouveau, à
l'été indien, après les épreuves, au temps des convalescences et de la
vieillesse.
Ça fait quoi? C'est doux, léger, comme une manne tombée du ciel, ça nourrit la
légèreté printanière en nous.
Ingrédients: farine T80, levure boulangère, lait, beurre ou beurre clarifié,
miel, fleur d'oranger, raisins secs (facultatif)
Préparation: Mélanger la farine, la levure, le lait tiédi, le beurre, le miel
et une pincée de sel. Laisser reposer la pâte, qui va tripler de volume, 16h
environ. Cuire à four moyen, avec le lèche-frite plein d'eau.
A déguster arrosé par exemple de sirop léger de bourgeons de pin, ou de sève de
bouleau, ou de sève d'érable allongée d'eau.
Pancakes
Par Florence le samedi 2 octobre 2010, 14:03
Quand? Pour le petit-déjeûner des enfants qui n'ont pas envie d'aller à
l'école dans la nuit hivernale, pour fêter le réveil sous la neige, par un
matin froid et humide de neige fondue, ou de pluie battante; pour les lourds
après-midi mélancoliques d'automne.
Ça fait quoi? Ça ensemence le corps de chaleur, ça accompagne les premiers
frémissements du printemps dans le corps, au mois des fièvres, comme le lotus
qui prend naissance dans la boue des décompositions pour s'élever vers la
lumière.
Ingrédients: lait ribot, farine de seigle, une pincée de sel; ou lait, levure
boulangère, farine de blé, miel, fleur d'oranger
Préparation: Mélanger les ingrédients la veille. Laisser reposer quelques
heures près d'une source de chaleur. La pâte va monter et des bulles vont de
former. Cuire les pancakes à feu moyen dans une poêle à blinis. Garder tiède et
moelleux sous un torchon.
Réfrigérer si on n'utilise pas tout de suite.
Soupe sucrée au vermicelle
Par Florence le samedi 2 octobre 2010, 13:55
« une femme de lait
de lait de lilas de lune
tiède de lait fraîche de lune »
Paul Eluard
-Soupe sucrée au vermicelle
Quand? Au début de l'hiver quand les forces se concentrent, quand le déclin du
soleil accompagne la montée du feu intérieur, quand la neige s'annonce, au soir
tombant, quand le rouge monte aux joues.
Ça fait quoi? Ca accompagne en douceur la montée du feu qui nous réchauffe sans
son cortège d'émotions brûlantes, ça met au repos dans la légèreté.
Ingrédients: 2 1/2 tasses de lait, 1 tasse de vermicelles, 2 cuillères à soupe
de ghee, 3 c. à soupe d'amandes, 2 cuillerées à soupe de miel, 5 c. à café de
raisins, eau de fleur d'oranger.
Préparation: Faire rôtir les vermicelles dans un peu de ghee. Égoutter sur un
linge.
Ébouillanter et monder les amandes. Piler la cardamome.
Amener le lait à ébullition avec la même quantité d'eau, ajouter les
vermicelles et faire réduire de moitié. Ajouter les amandes et laisser bouillir
encore 5mn. Puis verser le sucre et remuer jusqu'à dissolution. Éteindre le feu
et verser les raisins, la cardamome et la fleur d'oranger.
Mettre dans des coupes et servir chaud.
vendredi 1 octobre 2010
soupe de lait et tapioca
Par Florence le vendredi 1 octobre 2010, 17:07
« Cette goutte de lait qui sourd de son sein
ah! C'est déjà le germe où l'aube prend sa chaire »
Tchicaya U Tam'si
-Soupe de lait et tapioca
Quand? Au moment des frimas, du risotto et des nourritures onctueuses; quand on
est dans le partage de la chair; pour se réchauffer à deux sous la couette; en
même temps qu'une fricassée de frimousses aux joues à bisous, bien
rafraîchissante dans la chaleur de l'été.
Ça fait quoi? La variante, en particulier, fait partie de ces préparations
« aphrodisiaques », qui ne créent pas le désir mais nourrissent sa
force et le font durer.
Ingrédients : 1l de lait cru entier, ½ boîte de lait de coco, ½ tasse
de tapioca trempé 10mn dans de l’eau, 2 c. à soupe de sucre roux, ¼ de c. à
café de filaments de safran, le contenu pilé de 6 gousses de cardamome, 1 c. à
café d’eau de rose, 1 c. à soupe d'amandes ou de pignons.
Préparation : Faire cuire le tapioca avec le lait. A ébullition, prélever
1c. à soupe de lait, et ajouter le sucre.
Faire dégorger le safran dans la cuillère de lait.
Ajouter au lait le lait de coco. Faire réduire.
Quand le mélange a épaissi, ajouter le safran, la cardamome, les raisins secs
et les amandes rôties et brisées avec l’eau de rose.
Variante: 6 tasses de lait, ½ tasse de mung dal, ¾ tasse de sucre, 1 c. à café
de cardamome pilée, 2 ½ tasses de noix de coco fraîche, 3 c. à soupe de noix de
cajou, ghee pour frire.
Laver les mungo. Les faire griller dans un peu de ghee. Gratter la noix de
coco, en laisser pour la décoration. Émincer le restant de noix de coco,
séparer les moitiés de noix de cajou, et les faire revenir dans du ghee. Faire
cuire les mungo dans de l'eau jusqu'à ce qu'ils soient tendres. Ajouter le
lait, amener à ébullition et faire réduire de moitié. Ajouter le sucre et la
cardamome et laisser frémir encore 5m, puis la noix de coco grattée. Remuer
puis servir chaud.
Lait au safran
Par Florence le vendredi 1 octobre 2010, 17:06
« Désert. Des centaines de milliers de kilomètres de terre craquelée où
même les nuages n'osent plus voler. C'est ce qui vit dans ma bouche desséchée
où chaque goulée d'air devient lave en fusion. Je cherche de quoi apaiser ma
soif. Soif d'amour, de fraîcheur, de jeunesse. Soif de vie. Une odeur de
printemps amoureux me fait tourner la tête, intriguée, la curiosité supplantant
momentanément mes douleurs irritées. J'en cherche la source et la découvre sous
la forme d'une coupe emplie à ras bord de lait, mais est-ce vraiment du lait?
Sa délicate couleur aurore, inspirée par un pétale de rose, me souffle que non.
C'est bien plus et bien moins que cela. C'est une romance. Un tout jeune amour
naissant, pur, innocent et frais comme un bourgeon qui vient d'éclore. C'est la
jeunesse, une jeunesse simple et belle qui n'attend que le baiser de mes lèvres
desséchée. Fébrilement, je la bois. Savourant chacune de ses gouttes qui
apaisent un peu plus mes souffrances, m'ouvrant un peu plus chaque goutte à la
beauté du monde. J'ai fini. Mes yeux sont neufs. Ce sont ceux d'un nouveau-né
qui ne connait au monde que l'amour, la tendresse et la beauté. Amour »
Marie Gabrielle
Quand? Quand la chaleur rend dur et sec, quand on s'est exposé à trop de
chauffage, quand on voyage, au printemps chaud et au doux été, quand on est
amoureux transi, après une course parmi les fleurs, lors des fêtes de mai,
quand souffle le vent du Sud.
Ça fait quoi? Ça humidifie, ca adoucit, ça rafraîchit, ça apaise les
souffles.
Ingrédients : 1l d’eau, 1l de lait entier, ½ tasse de sucre ou de miel
selon le temps, ½ c. à café de graines de cardamome, ½ c. à soupe de graines
d’anis ou de fenouil, 1 c. à café d’eau de rose véritable, 1 c. à soupe de
purée d'amandes fraîches, 1 c. à soupe de graines de pastèques mondées ou de
courge.
Préparation :
-Version traditionnelle:Amener l’eau à ébullition.
Laisser dissoudre le sucre dans la moitié de l’eau.
Dans le reste de l’eau, faire tremper tous les ingrédients à l’exception
du lait. Environ 2 h, ou plus.
Égoutter et réserver le liquide.
Passer les ingrédients trempés à la centrifugeuse ou à la meule de pierre avec
un peu de l’eau de trempage, mélanger au reste de l’eau de trempage et
égoutter. Répéter l’opération plusieurs fois jusqu'à extraction complète du
lait parfumé.
Ajouter le lait et l’eau de rose, ainsi que l’eau sucrée. Fouetter ou
transvaser plusieurs fois d'une bonne hauteur pour donner une consistance
mousseuse.
Servir frais avec des pétales de roses non traitées.
-Version rapide: Amener l’eau à ébullition.
Laisser dissoudre le sucre dans la moitié de l’eau.
Dans le reste de l’eau, faire infuser le safran, l'anis et la cardamome.
Laisser refroidir. Filtrer.
Verser en battant dans le lait. Ajouter la purée d'amandes en battant et servir
avec de l'eau de rose.
Crème de peaux de lait
Par Florence le vendredi 1 octobre 2010, 17:05
« Moi, j'étais abandonné dans cette maison de campagne sans fin: lisant
dans la cuisine, séchant la boue de mes habits devant les hôtes, aux
conversations du salon: ému jusqu'à la mort par le murmure du lait du matin et
de la nuit du siècle dernier. »
Arthur Rimbaud Les Déserts de l'Amour
-Crème de peaux de lait au géranium
Originaire de l'Inde encore, mais souvent remplacée maintenant par du lait
concentré dans les desserts (merci N...!), cette préparation n'a pourtant pas
grand-chose à voir. Et surtout, elle n'a pas cet arôme fétide et
lourd...Non.
Elle sent au contraire le frais, le léger, le doux, le subtil...
Quand? Au joli mois de mai, au temps des amandes fraîches et des premières
chaleurs, en fin d'été.
Ça fait quoi? Ça calme, ça rafraîchit, ça donne un élan frais aux envolées du
solstice.
Ingrédients : 1 l de lait cru entier, 2 c. à soupe de sucre, 1 c. à soupe
de pistaches ou d'amandes fraîches mondées, 1 c. à café d'eau de
géranium.
Préparation : Amener le lait à ébullition. Au fur et à mesure de leur
formation, enlever les peaux du lait et les disposer dans un bol.
A la fin, remettre toutes les peaux dans le peu de liquide restant, ajouter le
sucre et remuer à feu doux jusqu'à dissolution.
Retirer du feu. Ajouter les pistaches et le géranium, et mettre à
refroidir.
Servir bien frais.