Le paradis c'est ici ! - le blog

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mardi 1 mars 2016

le temps incertain des frémissements du printemps

ail des ours en fleurLes alliacées sont sorties de terre: ail des ours parfois déjà fleuri, cébette, aillet sur nos étals en provenance du Sud... Les violettes et les fleurs de prunellier parfument subtilement l'air, les primevères, les jonquilles et les narcisses colorent les prairies, la bardane et la consoude commencent à étirer leurs feuilles, les pâquerettes sortent de terre... Malgré l'hiver doux, la terre joue tranquillement sa petite musique de printemps. Et, même si les lamiers sont déjà passés, même si le souci a fleuri... un rythme perdure dans le désordre apparent, au risque que les fragiles floraisons rencontrent de tardives froidures.

Infusion de buis fleuri qui guérit tout Aussi, même si nous sommes tout le mois en Carême, une période de jeûne dont les racines sont au-delà de la religion, peut-être ne doit-il pas être trop rigoureux cette année, puisque l'hiver n'a pas apaisé les feux, que la terre n'a pas cessé de produire et que ce mois de mars s'annonce frais.
Les préparations onctueuses mais légères, éventuellement aux alliacées pour ceux qui en consomment habituellement, adouciront les flambées : béchamel, sauce à la crème, lassi même pour prévenir les irritations fréquentes en ce moment ... ou utiliser les crèmes d'oléagineux. L'abondance des herbes, sauvages ou cultivées, ne s'est pas démentie depuis le printemps dernier, alors continuons de les utiliser : en salades, en pestos, en soupe... Si on se sent lourd et sans appétit, une tasse d'eau chaude entre les repas ou au lever peut apporter un subtil réconfort, ou une cuillerée de vin le matin à jeûn, ou un peu de bière. Si on est enflammé, les joues rouges et l'appétit en berne, la musculature aussi détendue que celle d'un chat, un peu de kéfir de lait ou de lassi redonnera de la vigueur.Chapati aux herbes et fleurs sauvages On oublie le sucre, éventuellement remplacé par de la réglisse ; le gras, sur la peau comme dans l'alimentation ; les épices forts en goût, les parfums trop puissants, le café, l'alcool ... et l'exposition au soleil s'il y en a, comme mes grand-mères me le répétaient il y a longtemps. Si on sent que notre matrice ou notre hara manque de vigueur, on table sur les bulbes et les racines, y compris la puissante angélique qui a la propriété de tonifier tous les organes, pour puiser dans la terre les surgissements de Pâques, et sur les exercices toniques et vigoureux au lever: accumulation de salutations au soleil, course à pied... On peut aussi avoir envie de veiller plus tard le soir et se lever plus tard le matin, quand la froidure s'est adoucie.

Soigner ses ouvertures pour préparer le renouveau pascal
Primevères Au moment du re-doux, peut-être après Pâques, les massages à la farine feront circuler ce qui stagne et ne peut éclore en nous. En attendant, les laits, les crèmes, le ghee lavé, le yaourt... garderont la douceur de notre peau et sa perméabilité.
Yogi Bhajan, le créateur des Yogi Teas, recommande aux femmes de se masser le corps une fois par semaine avec du yaourt fait maison, voire de se frictionner avec 4 à 5 litres de yaourt, puis d'y ajouter de l'eau chaude pour un bain où l'on reste 20mn, avant de se frictionner à nouveau, avec une serviette, au sortir de la douche, jusqu'à ce que la peau rougisse.
Le matin, le nez peut être nettoyé à l'eau salée, la langue raclée délicatement avec une cuillère ou un gratte-langue, les oreilles nettoyées à la bougie, l'éclat des yeux ravivé avec un khôl camphré.

 Propositions de menus:
Petits-déjeûners: galette essénienne de graines germées (recette ici), kéfir de lait, écorces confites, infusion de buis fleuri; pain de seigle grillé, pesto de persil, jus de carotte-mandarine au gingembre; bière de gingembre et citron, galettes de lentilles germées, pesto de lierre terrestre; salade de graines germées et fruits secs, hydromel de sureau; un peu de bière, compote de fruits secs à la cannelle, pesto de fânes de carottes et tartines grillées; une cuillerée de vin de noix ou un verre de kombucha (non pasteurisé) ou de sève de bouleau (ou de vigne) naturellement fermentée, hoummous de pois chiches germés, crackers d'orge, jus de céleri rave et carottes.
Déjeûners: pâtes fraîches à la crème, salade sauvage; salade de pousses, fondue de feuilles de chou rave, boulgour d'orge, confit d'oignon, noix au miel; confit d'épine-vinette, tsampa, bouillon d'épluchures, pesto de pissenlit; poêlée d'orties et consoude, fouées, confit de cynorhodon.
Dîners: bouillon de légumes; soupe au lait; soupe de vermicelles.

samedi 9 mai 2015

Recettes du jour et explosion de fleurs

DSCN8059__600x800_.jpg"Houses and rooms are full of perfumes, the shelves are crowded with perfumes,
I breathe the fragrance myself and know it and like it,
The distillation would intoxicate me also, but I shall not let it.

The atmosphere is not a perfume, it has no taste of the distillation, it is odorless,
It is for my mouth forever, I am in love with it,
I will go to the bank by the wood and become undisguised and naked,
I am mad for it to be in contact with me.» (...)
Walt Whitman, « Song of Myself » (1892)

En rentrant de ma cueillette matinale, quand l'air encore frais sépare les bouffées odorantes et suaves de l'acacia, du chèvrefeuille, des roses, du jasmin et du sureau, je prépare immédiatement une liqueur de mai avec ces fleurs: dans un bocal, je superpose les couches de fleurs alternant avec des couches de sucre blond, sauf le sureau qui a tendance à noircir et que je fais à part en le surveillant, puis je couvre d'alcool de grains (gin en l'occurrence) à ras-bord et laisse macérer 8 jours avant de filtrer. Il est difficile de décrire le parfum qui en résulte, toute la saveur du mai fleuri! On peut aussi le faire avec du vin et utiliser les pivoines odorantes, l'aspérule...Roses Seul en cachette, sur un Fontainebleau, un nuage de Chantilly, des fraises, un tiramisu aux fraises, en sorbet, dans une boisson... Recette inspirée du livre "La saveur des fleurs", de Jelena De Belder-Kovacic, malheureusement épuisé.
Puis mon déjeûner. Mes yeux sont un peu irrités avec la chaleur qui monte vite, une soupette un peu piquante fera monter l'humidité aux narines et rafraîchira ma vue. Des pois cassés ont cuit depuis mon départ, à tout petit feu, et se sont complètement défaits, j'y ajoute un peu de lait et des queues d'asperges, puis je mixe et passe, et remets à feu doux avec sel, poivre fraîchement pilé, beurre clarifié et tige d'angélique en lamelles. J'ajoute quelques baies roses pour souligner les saveurs après avoir éteint le feu.
Pendant ce temps, des tranches de pain ont rôti avec du fromage de chèvre frais et délicieusement crémeux, ramené du marché Beaujardin, d'autres seront destinées au pesto de fânes de carottes: les fânes de la botte une fois bien rincées et épongées entre deux torchons, sont éventuellement débarrassées des tiges les plus rigides puis passées au mixeur avec quelques touffes de fenouil, de la purée d'amandes, le jus d'un citron, un peu de carvi mis en poudre et du sel.
Fleurs de marrronier Dans le jardin, les feuilles de violette, d'angélique, de menthe, de pissenlit, d'ancolie, d'arroche, de pariétaire et de cymbalaire fourniront une salade savoureuse, soulignée par une "mayonnaise" faite d'une décoction concentrée de rhubarbe, refroidie au frigo, puis montée avec de l'huile de noisette et du sel. Quelques carottes crues à croquer tremperont aussi dedans.
Pour le dessert, avec mon ratafia des 4 fleurs de l'an dernier, les premières fraises de la saison, dans la lumière délicieusement fraîche du jour, tandis que la félicité ouvre les éventails du coeur.
Jeune lapin sur les bords du Cher Un peu plus tard, quand la chaleur monte, pour me rafraîchir de mes travaux du jardin, de ma course dans les bois, de ma balade à vélo, je boirai un thandai local: une infusion dans de l'eau bouillante de pétales de rose, avec un soupçon de cannelle, des graines d'anis vert et une tige d'angélique émincée, moitié avec du lait cru mêlé de purée d'amandes et de sucre, à boire à température ambiante voire frais. Ou un orgeat véritable. Recette plus classique du thandai ici.
DSCN8055__600x800_.jpgJasminDSCN8058__600x800_.jpg

mardi 14 avril 2015

Volcan de fleurs et ouverture du coeur

Lilac Wine

DSCN7747__800x600_.jpg "I lost myself on a cool damp night
Gave myself in that misty light
Was hypnotized by a strange delight
Under a lilac tree
I made wine from the lilac tree
Put my heart in its recipe
It makes me see what I want to see
and be what I want to be
When I think more than I want to think
Do things I never should do
I drink much more that I ought to drink
Because (it) brings me back you..."
chantée par Nina Simone puis Jeff Buckley

DSCN7690__800x600_.jpg Moi aussi, je me suis allongée sous le lilas de mon jardin et je me suis laissée enivrer par son odeur que la chaleur intensifiait, les yeux errant sur les petites assemblées étonnées de pensées nouvelles dressées au-dessus du lamier finissant, émergeant des salves de graines de cardamine qu'un effleurement du vent fait jaillir, à applaudir la danse toujours renouvelée des éphémères, le corps légèrement enfoncé dans la terre moelleuse et fraîche, enroulée dans l'atmosphère parfumée, au fait de l'ouverture printanière de tous mes sens, à ce moment où on sent l'humidité arriver, la lourdeur du retour à la fraîcheur, et déjà une nostalgie de l'instant passé si intense, comme un petit automne qui ouvre les éventails du coeur et le gonfle de tendresse humide et fraîche comme un baiser. bourgeon de charmeLe vin de lilas (recette dans le blog) de l'année dernière a mûri sa douceur, il est prêt à être dégusté.
C'est le moment de compter un autre temps sous le cerisier à l'odeur d'amande, au fil des pétales qui parsèment peu à peu le corps comme une neige, de regarder les cirrus élégants à travers les branches, de se retourner pour surprendre le déploiement des nacelles d'un pissenlit juste après notre passage, d'allumer son âme au miroitement plein de promesses de l'eau, ou à cette lumière dans les yeux des amis et des passants contagieuse comme un embrasement. Bourgeons de sauleA ce moment, qu'importe que je sois le bourgeon qui perce sa gangue, l'oiseau qui déploie ses ailes au vent, le passant, le mouvement de la rivière... Quelque chose s'est rompu comme une digue. Je suis le parfum du peuplier, le jeune homme sur son vélo, le héron qui chasse, la guirlande de poussins du saule, la fleur qui laisse place au fruit, les notes de ma chanson, l'atmosphère caressante et légèrement brumeuse...Tout s'unit dans un même élan.
Bien sûr, j'ai à la fois faim et très peu d'appétit. La multiplicité des parfums, des couleurs, des reflets, des textures... Dames d'onze heuresme comble, même si la promeneuse conserve un solide appétit, pourtant étanché par une salade sauvage, un riz au lait, une soupette...Si l'embrasement retarde le sommeil, la douche des chevilles ramène à la terre, ce rituel du lavement des pieds si apaisant par son humilité, sa simplicité et sa lenteur: au-dessus d'une bassine, on presse une éponge alternativement au-dessus de chaque cheville de l'embra(s)sé(e), pendant le temps qu'il faut à un bienheureux relâchement des tensions, celles de la joie qui porte hors de soi, de la fièvre, du stress, des paroles empoisonnées, de la chimiothérapie... :myosotisCela demande de quelques minutes à parfois quelques heures... On peut aussi marcher dans l'herbe tendre, ou masser les pieds au beurre clarifié.
Si les yeux se sont brûlés à la multiplicité, si on s'est exposé au soleil, de l'eau fraîche sur le sommet de la tête, une boisson à l'eau de rose, voire le thandaï que l'on sert lors des fêtes de Holi en Inde (recette dans un billet d'octobre 2010, et dans chacun de mes livres), quand les rires, les désirs et les courses effrénées de la célébration du printemps reprennent force et humanité avec un verre de lait safrané.

Propositions de menu:
 Petits-déjeûners: hilbeh (recette ici) sur tartines grillées ou fougasse au beurre, confit de pétales de roses, riz au lait, infusion de jasmin; graines germées et fruits secs au citron et à l'angélique fraîche (ou au gingembre râpé), orgeat; infusion d'aspérule odorante et menthe, pain au lait, gelée à la rose et à l'aloe, fontainebleau.
Déjeûners: soupe de légumes épicée aux pruneaux, pain vapeur, pesto; salade de fleurs et d'herbes (boutons d'arbre de Judée, fleurs de glycine, pissenlits, pâquerettes, mélisse, angélique, persil, fenouil...), semoule parfumée aux écorces d'orange et aux fleurs d'hysope, hilbeh; pain de graines germées aux fruits secs, pesto de pissenlit, hilbeh, soupette aux 4 semences chaudes.
Dîners: croquettes de millet, crème d'orties aux amandes; tarte sablée à la verdure, pesto d'oseille, carottes vichy; potée de laitue et petits pois, pancakes de lentilles, pesto de coriandre.

Enfin, notre site traiteur bio-catering-mariage s'améliore: ici.

dimanche 6 avril 2014

Printemps et propositions de menus

Bourgeons de saule poussinantEn ce temps d'entre-deux encore, d'incertitude, entre la mort et la naissance inachevée, laisser la mort faire tendrement sa féconde récolte d'enveloppes obsolètes tandis que la vie jaillit de toute part et de toute couleur, s'allonger sur la branche du cerisier et regarder le temps se suspendre au rythme des blancs pétales tombant un à un, Bouffée de glycines'étourdir aux bouffées de giroflées, de violette, de lilas, de glycine....et des traces parfumées des animaux qui hantent le jardin, contempler les jeux de la lumière dans les jeunes feuilles, y écouter le chant du vent, aussi délicat dans les branches nouvelles qu'une patte de chat, se rassasier les yeux de l'or tendre des saules blancs, des petites lunes des fleurs de poirier, Fleurs de poirierdu rayonnement propre à chaque fleur, du foisonnement et de la perfection des pousses le nez dans l'herbe -et se souvenir avec émotion de notre nature aussi parfaite-, regarder les lances sortir de la terre et des écorces: jets de houblon, de bryone, de fragon, de tamier, de prêle...,, pousses de guimauve, jeunes branches gorgées de jus du prunellier, bourgeons du peuplier...et se déployer en un éventail vert ou rouge... Prendre refuge en l'instant printanier et réveiller nos mémoires endormies aux souvenirs de soleil pour cultiver notre coeur.
Cramaillotte
Propositions de menus:
Petits-déjeûners de matins frais: pétillant de sureau, tartines grillées de cramaillotte, jus de carotte à l'orange; 1 cuillerée de vin de bourgeons de peuplier, compote de fruits secs, graines germées, jus de carottes; limonade de racine d'angélique, tartines de pesto de consoude.
Huile de pâquerettes en train de macérer Déjeûners: bière de gingembre, tarte sablée aux poireaux, salade d'herbe-à-Robert et feuilles de violette, avocat aux boutons de pissenlits; tsampa, potée d'orties et consoude au poivre long, pesto de lierre terrestre; asperges poêlées, salade de plantain, primevère, et pissenlit, pommes de terre sautées aux pétales de souci, limonade de pissenlit.
Goûter: tartine de pesto de consoude, salade sauvage, boisson à la rhubarbe Dîners: vin de lilas, crème d'ortie aux amandes, croûtons au raifort; soupe au chou de Daubenton, ortie, consoude et poireaux, tartines au beurre de raifort, vin de peuplier; soupe de feuilles de violette, tartines grillées au beurre clarifié.

De même que les fleurs s'ouvrent et que les pousses surgissent, nos canaux s'ouvrent et le feu monte en nous: c'est le moment de faire de l'exercice au petit matin, jusqu'à la transpiration, de se frictionner après la douche à la farine ou à l'alcool si le matin est frais, de consommer des nourritures sèches, croquantes, rugueuses, aux saveurs piquante, amère et astringente principalement, comme les fleurs, les herbes sauvages, et les restes conservés de l'année précédente: fruits secs, céréales, légumineuses... ainsi que les boissons fermentées, en particulier à base de miel, qui transformeront nos excès en énergie.
Reflets de la lumière dans l'eau et les jeunes feuilles de peuplier Mesure de fleurs de lilas pour faire le vin, et récolte de soucis

mercredi 26 mars 2014

Temps d'éclosion

Les piques et les rougeurs du peuplierLes lances du bélier se dressent... Avec la prochaine nouvelle lune, dimanche, quand Uranus sera en conjonction avec la Lune et le Soleil, le besoin de réalisation personnelle faisant fi des obstacles va monter, avec la joie furieuse des éclosions. Floraisons, changements radicaux, ouvertures, opportunités soudaines... Si nous gardons les antennes en éveil, si nous avons préservé tout l'hiver les graines de nos désirs et de nos espoirs, ce peut être un moment exceptionnel de transformation, transfiguration, révélation.
La délicatesse du bourgeon de charme Pour garder les pieds sur terre, tenir l'intensité de ce qui monte et prévenir toute rigidité excessive, on peut ressentir un appétit particulier pour le beurre clarifié, les verdures offertes par la nature ou notre maraîcher, les alliacées (poireaux, oignon nouveau, et même ail si besoin), les oléagineux, les légumineuses, les saveurs et les nourritures modestes, les activités physiques toniques au petit matin frais, les pratiques qui nous mettent en contact avec la beauté du monde (poésie, méditation, danse, chant, contemplation du lever du soleil ou de son coucher...), photo trouvée sur http://www.backtothegeek.com/les douches ou les bains froids, le hammam, le voisinage de l'eau qui coule, les reflets de la lumière sur les feuilles et les vitres, la tendresse de nos proches, la beauté alentour et...le lait, même si on est en Carême, comme lors des fêtes de Holi qui viennent de passer, où le verre de lait safrané rafraîchit des folles courses arrosées de poudres colorées (on en trouve une scène magnifique dans le dernier Bollywood sorti en France: "Ram-Leela").
Coucher de soleil sur la LoireSi la pression vers la tête est trop forte malgré tout, si la colère ou l'inflammation montent, on peut doucher les chevilles à l'eau froide (en cas de fièvre particulièrement), contempler le lointain, frapper le sol des pieds en dansant (flamenco, kathak, course...), , se masser vigoureusement à la farine d'orge ou au gant de crin, prendre du sirop des 5 racines ou de fleurs de péchers, chanter et mettre le corps en vibration, s'entourer de couleurs vives (particulièrement du rouge) ...

lundi 3 mars 2014

Et soudain, le printemps...

souci des champsAu détour de la nouvelle lune de mars, tandis que les tibétains célèbrent le Nouvel An, il était là: le soleil retrouvé, aussi enivrant qu'en décembre, éclatant après la fraîcheur des nuits, portant haut les couleurs et la joie, pur, intense... Si intense qu'à nouveau le besoin de nourriture a pu temporairement s'effacer devant tant de beauté, tant de parfums.coucou Après tout, c'est le Carême aussi, temps de jeûne, pour alléger le corps au sortir de l'hiver, l'aider à monter vers les lumières du solstice, et le vivifier de désirs inassouvis. Mais pas trop, car l'hiver fût tiède et humide, pas assez froid pour faire provision de fraîcheur intérieure.
C'est déjà le temps des salades d'"herbes qui renouvellent": lamier pourpre en fleurs, lierre terrestre au parfum frais, violette douce et pénétrante, pimprenelle et pousses d'achillée qui chatouillent le palais, herbe-à-Robert aux jolies feuilles découpées, feuilles d'ancolie, pousses d'orties, mais aussi des racines, qui permettent de garder les pieds dans le sol quand la chaleur monte si vite: la bardane,les 5 racines pour le sirop diurétique et délicieux qu'on en fait (âche, fenouil, asperge, fragon, persil), la carotte, le panais, le céleri...JonquillesLe fromage caillé peut aussi aider à garder l'ancrage et tarir les écoulements des rhumes.
Difficile de rester, si on le doit, à l'intérieur, tout nous pousse à sortir au soleil. Alors, pour évacuer la chaleur qui monte à la tête, laisser son regard se perdre dans la fragilité des fleurs, les trouées de bleu dans le ciel à travers les arbres, la beauté des passants, la grâce des enfants, On peut aussi se rafraîchir avec de l'hydromel pétillant (billet du 31 janvier) qui consume les obstacles intérieurs et les transforme en joie, ou de la bière, ou mâcher de l'angélique. Parce qu'en ce temps proche de l'équinoxe, et en cette année 2014, les clairs-obscurs se font plus tranchés, et les demi-mesures disparaissent, la boue peut alors engluer et faire perdre provisoirement l'attachement à la vie au lieu de la nourrir. Aux débuts du Carême, on chassait cette "boue" en tuant la vieille année pour faire place à la nouvelle année sous la forme d'une belle jeune fille. Transformons la vieille avec un peu d'hydromel! Touffe de ficaire
On peut manger "à la fraîche", le matin et le soir, et faire des repas plus légers pendant la chaleur du jour. L'activité physique peut commencer à prendre de l'ampleur, avec l'accélération des rythmes, mais sans forcer.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: café d'orge et de chicorée, jus de carottes, pain d'orge grillé au beurre clarifié, gelée d'angélique; pain moelleux, sirop de bourgeons de pin, fromage frais, infusion de buis fleuri; pain de verdure, compote de pruneaux, bière de gingembre.
Magnolia Déjeûners: poêlée d'orties et racine de consoude (à cueillir gentiment pour ne pas qu'elle devienne amère et toxique) au beurre clarifié, galettes non levées; salade sauvage fleurie, hydromel, crackers; pain grillé et brouillé de lait (recette dans mon livre) à l'herbe-à-Robert.
Dîners: feuilles de chou de Daubenton fondues au beurre, riz sucré au safran, pesto de lierre terrestre, crackers d'orge; soupe de racines, croûtons beurrés; poireaux et racines de bardane au beurre, crêpes de sarrasin, pesto de pousses de consoude; tarte à la verdure, crème au raifort, soupe de carottes.

lundi 17 février 2014

"A la Chandeleur...", ça ne marche plus non plus!

 Les fièvres montent mais le froid ne fait pas le retour prévu. Et on sent bien l'ébullition du printemps à l'oeuvre autour de nous, dans nos coeurs aussi.
C'est le moment de s'engager dans des activités toniques et intenses dès le réveil pour purifier la joie qui monte: course à pied, danse rythmée par les frappés du pied, pratiques martiales, accumulation de salutations au soleil, mais aussi les étirements qui rafraîchissent...Au moment de la douche, on peut, si elle est un peu sèche ou qu'on a des démangeaisons, se frotter la peau à la farine, ce qui liquéfie les toxines et les attire vers l'extérieur, améliore la circulation, diminue la cellulite, et ... permet d'éclore, tout neuf, tout propre, comme un nouveau-né ou une jeune pousse.
touffe de primevères Les saveurs du moment sont le piquant, l'amer et l'astringent, toutes les saveurs qui expulsent ou ébranlent le trop-plein des réserves de l'hiver. Piquant de l'eau gazeuse, de la bière que l'on peut consommer au réveil pour ensemencer les pratiques physiques (une ou deux cuillerées à soupe), du radis noir, du raifort... Tout ces piquants qui chassent les inflammations du printemps. Les textures: le craquant, le croquant, le grillé, le fumé, le léger, le rugueux.
 Imperceptiblement, le printemps commence à poser ses à-plats de couleur dans les champs et les jardins: une touffe de primevères côtoie des roses de Noël, un petit bout de tapis de violettes, un soupçon de rose sur les arbres dont les bourgeons s'entrouvrent, de belles laitues sauvages et des pissenlits que l'hiver doux n'a pas arrêtés, les premières feuilles d'angélique, les floraisons fragiles des prunus... Mangeons des pousses! Pestos et salades, fromage frais sur tartines de pain grillé, hydromel au sureau qui porte le pétillant du printemps dans nos estomacs et attendrit les lourdeurs ensommeillées de l'hiver. C'est bien sûr aussi la courte saison des graines germées, à consommer avec un peu de sel et d'angélique ou de gingembre. Les saveurs se font subtiles et modestes, humbles devant le déploiement à venir. Tout ce qui se transforme nous ensemence de vie printanière: fermentations, germination, ébullition, mousse.
Pulmonaire Le soleil est bien tentant, mais si l'on en croit les anciens, il vaut mieux s'en préserver à cette saison, à moins de faire de l'exercice en même temps, ou de contempler son reflet liquide sur les jeunes feuilles, sur la Loire, dans les ruisseaux et les flaques. Si son éclat monte à la tête, on peut se rafraîchir en posant son regard sur le lointain aussi longtemps que nécessaire.
Propositions de petit-déjeûners: pain au lait au sirop de bourgeons de pin, graines germées au citron, jus de carottes frais; perles de fromage caillé grillées (type gulab jamun) dans un peu de sève d'érable, tartines grillées, hydromel de sureau; pains de farine de pois chiches cuits à la vapeur, poêlée d'orge germée, gelée de pommes, tisane de fleurs pectorales; galettes d'épeautre levées, pesto de pissenlit et tahin, jus de citron au miel.
A grignoter: les bâtons de réglisse de mon enfance

lundi 19 avril 2010

Fleurs et silence

iris sauvage blanc033.JPG
fleur de cognassierlilas rose)
pousse de prêle dans la rosée

mardi 23 mars 2010

C'est le printemps!

Ca frétille dans le jardin, sous les feuilles et dans l'humus, dans les arbres aussi, et ça gazouille, ça miaule sur les murs et ça fleurit dans les champs, en à-plat de couleurs fragiles comme des illusions.
Pas d'erreur, c'est le printemps, 40 jours après la Chandeleur qui annonçait cette année un hiver à rallonge, et à la nouvelle lune de Carême, après les frimas.
005.JPGAphyllanteviolettes_spontanees_du_jardin.JPGeuphorbe
Ici, les floraisons angéliques de l'amandier, du prunier, de l'abricotier et du pêcher se superposent dans la hâte aux odeurs de miel des buis fleuris et du romarin dans les Alpilles. On sent aussi dans les prairies humides après la pluie de ces derniers jours les oignons sauvages sortis de terre; une bouffée de violettes ça et là, et des pousses vertes jaillissant partout, déployant peu à peu leur secret, des rosettes de feuilles avec ou sans fleur, des odeurs encore à peine perceptibles...
Pas d'étonnement donc si c'est le temps des graines germées: le matin avec un peu de sel, de gingembre ou de chaat masala et de citron, de fenugrec, de pois chiches, de mungo...après une tisane astringente qui nettoie l'estomac de ces rejets de l'hiver qui coupent parfois l'appétit et rendent lourd: thé sans sucre ou infusion de feuilles d'arbousier, par exemple.
C'est aussi le temps des sèves: de bouleau si vous pouvez vous en procurer de la fraîche, d'érable diluée, de réglisse... sèves douces au temps où le sucre semble trop acide. Et mâchonner son bâton de réglisse pourrait vous aider à garder la niaque dans les éblouissements de printemps...
Si on regarde bien chez le maraîcher, il n'y a pas grand-chose à manger, de saison: pommes, citrons, choux, carottes, panais, poireaux, et des pousses...et vraiment, ce n'est pas le moment des bananes -sauf avec du citron, de la noix de coco et du miel-, des tomates -sauf confites-, et autres acides.
Alors célébrons le printemps: mangons des pousses! Des tartines de pain maison grillé au pesto de pissenlit, du hoummous, du caillé, et du miel de pissenlit.
Pour porter le frétillement printanier dans nos estomacs, de l'eau miellée et légèrement fermentée, un hydromel très léger qui attendrit et réveille les énergies encore pleines de résistance à l'hiver.
A cette saison, les textes ayurvédiques déconseillent de consommer sucre, graisse, viande grasse et alcools, ainsi que de faire la sieste.
Saveurs douces, subtiles, amères et astringentes; qualités sèches, craquantes, croquantes, légères, rugueuses; énergie en fermentation, en création. Type de cuisson: rôti, grillé, séché. Type d'aliments: boissons fermentées légèrement, pains levés, fruits secs, vieil orge, vieux blé, légumes grillés, miel, viande d'animaux de contrées désertes (si vous en mangez). Des exemples de menu du matin:
Pain au lait au sirop de bourgeons de pin, graines germées au citron, jus de carottes frais
Perles de caillé grillées (type gulab jamun) dans un peu de sève d'érable, tartines grillées
Pains de farine de pois chiches cuits à la vapeur, poêlée d'orge germée, gelée de pommes
Galettes d'épeautre levées, pesto de pissenlit et tahin, jus de citron au miel
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