Je ne sais pas comment faire pour afficher vos commentaires....si quelqu'un
a une idée...
Moi, j'aimerais vraiment que sur ce blog, vous puissiez poser des questions,
demander des ajoûts, faire des observations...c'était le but de départ du blog
et de l'association: un échange.
Merci à Rose et Aleth donc, et voici un petit ajoût en réponse à Rose:
si on est écrasé par la chaleur, c'est que le corps manque de frais et d'humide
(ben tiens!) et on peut faire plusieurs choses pour le nourrir de fraîcheur et
d'humidité
-consommer à tous les repas des herbes de saison: pestos, taboulé libanais,
salade d'herbes...elles renouvellent et nourrissent le sang
-consommer des ombelllifères: cumin, carvi, fenouil, anis, et même du vrai
pastis (je ne dirai pas quelle marque) sucré à la réglisse et très allongé
d'eau (transparent)
-onction et massage du cuir chevelu avec de l'huile ou une décoction fraîche de
camomille, lavage des yeux avec de l'eau de camomille ou de bleuet, massage du
corps à l'huile avant la douche le matin
-les odeurs sont importantes: présence de fleurs dans la maison, ou de pétales
de fleurs sur le lit, ou aspersion d'eau florale sur les murs (pas sur le
placoplâtre) ou les voilages, ou quelques gouttes d'eucalyptus ou de menthe
dans l'eau de lavage du sol....aérer après la préparation des repas ou cuisiner
dans ces cuisines extérieures traditionnelles de Provence si évidemment
nécessaires.
-entre 11h et 18h, aux heures très chaudes, manger léger. On peut même ne
consommer que des lassis salés (yaourt battu à l'eau) avec éventuellement des
herbes du jardin ou de saison: menthe, absinthe, mélisse, origan, sarriette,
calament, santoline...
-éviter les salades (hors saison) genre laitue, et tout ce qui est cru aux
heures chaudes
-si on peut, se promener en début de matinée dans la forêt, le jardin, sur le
bord du canal...
-rester près du sol: petit jardinage, ramassage d'herbes, sieste sur la terre,
taî chi ou méditation dans le jardin...
-éviter le plus possible la télé, l'ordi, les jeux vidéos...
-si les pensées s'envolent, fixer une flamme ou le soleil à son lever (pas plus
tard, et avec les précautions d'usage)
-et la plus grande source de fraîcheur: la fontaine de Jouvence de la
tendresse, la présence de nos proches aimés, le murmure des paroles douces et
fleuries, et la poésie: relire Eluard, Kalidasa, Rimbaud, Whitman, St Jean de
la Croix, le Cantique des Cantiques...
Tag - nourriture
jeudi 8 juillet 2010
Merci de vos commentaires
Par Florence le jeudi 8 juillet 2010, 14:02
vendredi 2 juillet 2010
C'est la canicule...
Par Florence le vendredi 2 juillet 2010, 15:21
La St Médard, ça ne marche plus?!! En tout cas, il ne pleut plus, comme vous
avez pu le constater...Il fait même très chaud et très sec. Ici, en Provence,
le vent souffle un peu, rafraîchissant l'air mais accentuant l'impression de
sécheresse.
J'y vais moi aussi de mes conseils pour supporter la chaleur:
-tirer les volets, les persiennes, les stores...pour maintenir votre lieu de
séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres
ouvertes pour permettre la circulation de l'air. Humecter régulièrement les
rideaux: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la
température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce
humidité. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot
de fleur sans trou) sur le rebord des fenêtres.
-le matin au lever, s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation
des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur. Plus tard dans la
journée, danser, chanter...et tout concourre à nous y encourager en été.
-si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, quitte à faire la sieste.
Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel
on puisse vraiment s'exposer en été, à moins de séjourner à côté d'une rivière,
d'un lac, d'une piscine...
-en cas de manque d'appétit, trempette dans la piscine, la rivière, la
baignoire...d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi
prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe
pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe...
-sous climat chaud et sec, consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau,
surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le
ventre plat et évite les problèmes de transits. Sous climat plus humide, des
boissons au lait en dehors des repas.
-manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la
transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est
rafraîchissante.
-boissons de saison: orgeat véritable (eau de cuisson de l'orge, purée
d'amandes, extrait d'amande amère, fleur d'oranger, miel), vraie limonade (eau
miellée au zeste de citron très légèrement fermentée, puis allongée au jus de
citron), thé vert à la menthe, tchaï, autres thés au lait, infusion de mélisse,
de menthe, sucrée à la réglisse.
Les souffles s'apaisent avec le lait du soir avant le coucher, la tendresse
salvatrice des proches, la contemplation des joues rondes de la lune, les
nourritures fraîches en énergie.
Pour les gourmandes, c'est le moment des pâtisseries! Des vraies,
nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au
Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui
nourrissent la plénitude.
vendredi 4 décembre 2009
Pain d'épices
Par Florence le vendredi 4 décembre 2009, 08:57
Traditionnellement, le mélange se fait à la St Jean, triomphe de la
manifestation des forces de vie: miel d'acacia et farine de seigle, sans eau,
puis on surveille la fermentation très lente jusqu'à la St Nicolas (6
décembre). La pâte a gonflé, est alors devenue quasi liquide, gorgée d'énergie,
le miel s'est transformé en hydromel, et a digéré le seigle. On ajoute des
épices, éventuellement des écorces d'agrumes et des fruits confits, et on cuit,
toujours sans eau ni graisse, sauf sur le pourtour. Il marque la fin des
décompositions automnales, ensemençant avec les atours du plein été la nouvelle
vie qui se manifestera après la dormition de l'hiver.
C'est presque au même moment qu'en Provence, à la Sainte Barbe (4 décembre), on
sème la poignée de blé, une survivance du rite égyptien de l'Osiris végétant. A
la Noël, la façon dont il a poussé indique pour ceux qui savent le lire l'état
de santé pour l'année à venir de chaque membre de la famille...
La fin et le recommencement...
mercredi 14 octobre 2009
Je suis ce que je mange
Par Florence le mercredi 14 octobre 2009, 10:21
Je suis ce que je mange
Tout est dit. C'est fini. Je peux remballer mon cours ou mon livre, tout est là
dans cette phrase étonnante et connue, à la portée de chacun.
Nous passons en cuisine.
Non?
On peut aussi écrire des volumes entiers sur cette phrase, des encyclopédies
même.
Je suis ce que je mange. Ou ce dont je me nourris, dans une traduction plus
vaste.
Tout parle autour de nous. La cerise de juin, pulpeuse, juteuse, ferme et
douce, exultant de sang festif, restaure la plénitude de cet organe rougeoyant
que l'on nomme vésicule biliaire et, dans la médecine populaire, absorber son
noyau broyé dans du vin chasse la pierre (calcul) formée dans l'organe. Soin
par la métaphore.
De même que la pariétaire qui casse la pierre pour infiltrer ses racines dans
les murs chasse les calculs du corps en les rompant. Le légume à la chair
pulpeuse que je grille envoie dans mon corps l'impulsion des éliminations de
printemps ou d'automne. De même que la nouille, avatar de pâte trop cuite et
dégoût des italiens, me change en... nouille! Le brocoli, avec sa tête de
bronchiole verte, apaise mes poumons enflammés, et l'amande fraîche,
« histoire » du vocabulaire érotique des Mille et Une Nuits*, nourrit
la matrice et la parole, si liées dans l'imaginaire. La crinière verte des
orties poilues nourrit la pousse des cheveux, tandis que le jus incarnat des
grenades régénère le sang et la chair. Le riz blanc et le lait nacré purifient
et rafraîchissent le corps; le ghee au bel éclat doré apporte abondance et
richesse, et rend aussi incorruptible que le beau métal en emportant les excès,
les rayons de la lune lui rendent fraîcheur et plénitude.
Les textures sèches, rugueuses, craquantes, sèchent mon corps de l'intérieur,
empêchent l'avachissement extérieur sous la chaleur, absorbent les trop-pleins,
augmentent les souffles. Et la farine d'orge grillée calme la formation de
mucosités. Tandis que la crème de riz et le yaourt infusent leur douceur dans
ma chair.
Les résines embaument, conservent, et restaurent la forme d'origine, sur une
fracture par exemple, comme elles le font pour l'arbre. La sève de bouleau
montant au jeune printemps porte le même élan de vie dans mon corps, comme la
graine juste germée y envoie l'empreinte du jaillissement, de la manifestation,
de la sortie de l'ombre. Les légumes et les fruits pleins de chair et de jus
gonflent la chair du corps, tandis que les fruits secs -amandes, noisettes,
raisins...- contribuent dans certaines conditions à la formation de
concrétions, tout comme les vieux fromages. Le fromage caillé, lui, nourrit la
formation des os.
En me nourrissant de saveurs subtiles, j'ouvre les champs de perception de mes
sens. Avec les saveurs primaires et couvrantes, surtout quand elles excluent
les autres, je recouvre les autres champs de la réalité, qui deviennent
imperceptibles jusqu'à paraître inexistants, ce qui peut parfois être
nécessaire. (Mais à consommer trop de saveurs totalitaires, on nourrit
peut-être le dictateur ou l'ignorant en soi, et la vraie solitude existentielle
dans un monde expurgé de sa beauté. )
C'est la théorie des signatures. Mentalité magique peut-être...mais moyen
mnémotechnique des médecines populaires du monde, un monde conçu comme une
suite de métaphores, un monde de poésie pure où fort heureusement, parce qu'il
échappe à la systématisation, parce que tout ne se voit pas à la surface ou au
microscope, la métaphore elle-même ne fonctionne pas toujours. Le médecin doit
se faire poète et voyant...
Mais le propos dépasse l'aliment ou le remède.
« Ce dont je me nourris » inclue tout ce qui nourrit mes sens et mon
intellect. La nourriture ici, ces sont les sons, les odeurs, les textures, les
goûts et ce qui se voit ou ne se voit pas, ainsi que les idées et les
histoires. Ce que je perçois de la réalité est ce qui me nourrit, et façonne ce
que je suis. C'est un « karma », c'est aussi un choix qui fonde ce
que je suis, ce que je vis. Ce que je cultive et rêve de ce monde merveilleux
est ce qui fonde mon expérience, comme la vieille du conte qui déroule son rêve
de bonheur dans la tapisserie brodée au fil des jours et au sang de ses yeux.
La tapisserie s'envole à la fin et s'étire pour fusionner avec son pauvre
village, devenant réalité. Mais la vieille du conte avait fait silence dans sa
solitude et l'ombre de sa maison pour broder et dérouler son rêve de
beauté.**
- l'amande est une métaphore de l'entrée du vagin, dans les Mille et une
Nuits et, dans , le héros est chargé de trouver une jeune fille vierge, dont
l ' « histoire » serait comme une amande, c'est-à-dire
qu'elle n'aurait rien à « dire ».
- conte raconté par Henri Gougaud