Le paradis c'est ici ! - le blog

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jeudi 8 juillet 2010

Merci de vos commentaires

Je ne sais pas comment faire pour afficher vos commentaires....si quelqu'un a une idée...
Moi, j'aimerais vraiment que sur ce blog, vous puissiez poser des questions, demander des ajoûts, faire des observations...c'était le but de départ du blog et de l'association: un échange.
Merci à Rose et Aleth donc, et voici un petit ajoût en réponse à Rose:
si on est écrasé par la chaleur, c'est que le corps manque de frais et d'humide (ben tiens!) et on peut faire plusieurs choses pour le nourrir de fraîcheur et d'humidité
-consommer à tous les repas des herbes de saison: pestos, taboulé libanais, salade d'herbes...elles renouvellent et nourrissent le sang
-consommer des ombelllifères: cumin, carvi, fenouil, anis, et même du vrai pastis (je ne dirai pas quelle marque) sucré à la réglisse et très allongé d'eau (transparent)
-onction et massage du cuir chevelu avec de l'huile ou une décoction fraîche de camomille, lavage des yeux avec de l'eau de camomille ou de bleuet, massage du corps à l'huile avant la douche le matin
-les odeurs sont importantes: présence de fleurs dans la maison, ou de pétales de fleurs sur le lit, ou aspersion d'eau florale sur les murs (pas sur le placoplâtre) ou les voilages, ou quelques gouttes d'eucalyptus ou de menthe dans l'eau de lavage du sol....aérer après la préparation des repas ou cuisiner dans ces cuisines extérieures traditionnelles de Provence si évidemment nécessaires.
-entre 11h et 18h, aux heures très chaudes, manger léger. On peut même ne consommer que des lassis salés (yaourt battu à l'eau) avec éventuellement des herbes du jardin ou de saison: menthe, absinthe, mélisse, origan, sarriette, calament, santoline...
-éviter les salades (hors saison) genre laitue, et tout ce qui est cru aux heures chaudes
-si on peut, se promener en début de matinée dans la forêt, le jardin, sur le bord du canal...
-rester près du sol: petit jardinage, ramassage d'herbes, sieste sur la terre, taî chi ou méditation dans le jardin...
-éviter le plus possible la télé, l'ordi, les jeux vidéos...
-si les pensées s'envolent, fixer une flamme ou le soleil à son lever (pas plus tard, et avec les précautions d'usage)
-et la plus grande source de fraîcheur: la fontaine de Jouvence de la tendresse, la présence de nos proches aimés, le murmure des paroles douces et fleuries, et la poésie: relire Eluard, Kalidasa, Rimbaud, Whitman, St Jean de la Croix, le Cantique des Cantiques...

vendredi 2 juillet 2010

C'est la canicule...

La St Médard, ça ne marche plus?!! En tout cas, il ne pleut plus, comme vous avez pu le constater...Il fait même très chaud et très sec. Ici, en Provence, le vent souffle un peu, rafraîchissant l'air mais accentuant l'impression de sécheresse.
J'y vais moi aussi de mes conseils pour supporter la chaleur:
-tirer les volets, les persiennes, les stores...pour maintenir votre lieu de séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres ouvertes pour permettre la circulation de l'air. Humecter régulièrement les rideaux: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce humidité. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot de fleur sans trou) sur le rebord des fenêtres.
-le matin au lever, s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur. Plus tard dans la journée, danser, chanter...et tout concourre à nous y encourager en été.
-si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, quitte à faire la sieste. Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel on puisse vraiment s'exposer en été, à moins de séjourner à côté d'une rivière, d'un lac, d'une piscine...
-en cas de manque d'appétit, trempette dans la piscine, la rivière, la baignoire...d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe...
-sous climat chaud et sec, consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau, surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le ventre plat et évite les problèmes de transits. Sous climat plus humide, des boissons au lait en dehors des repas.
-manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante.
-boissons de saison: orgeat véritable (eau de cuisson de l'orge, purée d'amandes, extrait d'amande amère, fleur d'oranger, miel), vraie limonade (eau miellée au zeste de citron très légèrement fermentée, puis allongée au jus de citron), thé vert à la menthe, tchaï, autres thés au lait, infusion de mélisse, de menthe, sucrée à la réglisse.
Les souffles s'apaisent avec le lait du soir avant le coucher, la tendresse salvatrice des proches, la contemplation des joues rondes de la lune, les nourritures fraîches en énergie.
Pour les gourmandes, c'est le moment des pâtisseries! Des vraies, nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui nourrissent la plénitude.

vendredi 4 décembre 2009

Pain d'épices

Traditionnellement, le mélange se fait à la St Jean, triomphe de la manifestation des forces de vie: miel d'acacia et farine de seigle, sans eau, puis on surveille la fermentation très lente jusqu'à la St Nicolas (6 décembre). La pâte a gonflé, est alors devenue quasi liquide, gorgée d'énergie, le miel s'est transformé en hydromel, et a digéré le seigle. On ajoute des épices, éventuellement des écorces d'agrumes et des fruits confits, et on cuit, toujours sans eau ni graisse, sauf sur le pourtour. Il marque la fin des décompositions automnales, ensemençant avec les atours du plein été la nouvelle vie qui se manifestera après la dormition de l'hiver.
C'est presque au même moment qu'en Provence, à la Sainte Barbe (4 décembre), on sème la poignée de blé, une survivance du rite égyptien de l'Osiris végétant. A la Noël, la façon dont il a poussé indique pour ceux qui savent le lire l'état de santé pour l'année à venir de chaque membre de la famille...
La fin et le recommencement...

mercredi 14 octobre 2009

Je suis ce que je mange

Je suis ce que je mange
Tout est dit. C'est fini. Je peux remballer mon cours ou mon livre, tout est là dans cette phrase étonnante et connue, à la portée de chacun.
Nous passons en cuisine.
Non?
On peut aussi écrire des volumes entiers sur cette phrase, des encyclopédies même.
Je suis ce que je mange. Ou ce dont je me nourris, dans une traduction plus vaste.
Tout parle autour de nous. La cerise de juin, pulpeuse, juteuse, ferme et douce, exultant de sang festif, restaure la plénitude de cet organe rougeoyant que l'on nomme vésicule biliaire et, dans la médecine populaire, absorber son noyau broyé dans du vin chasse la pierre (calcul) formée dans l'organe. Soin par la métaphore.
De même que la pariétaire qui casse la pierre pour infiltrer ses racines dans les murs chasse les calculs du corps en les rompant. Le légume à la chair pulpeuse que je grille envoie dans mon corps l'impulsion des éliminations de printemps ou d'automne. De même que la nouille, avatar de pâte trop cuite et dégoût des italiens, me change en... nouille! Le brocoli, avec sa tête de bronchiole verte, apaise mes poumons enflammés, et l'amande fraîche, « histoire » du vocabulaire érotique des Mille et Une Nuits*, nourrit la matrice et la parole, si liées dans l'imaginaire. La crinière verte des orties poilues nourrit la pousse des cheveux, tandis que le jus incarnat des grenades régénère le sang et la chair. Le riz blanc et le lait nacré purifient et rafraîchissent le corps; le ghee au bel éclat doré apporte abondance et richesse, et rend aussi incorruptible que le beau métal en emportant les excès, les rayons de la lune lui rendent fraîcheur et plénitude.
Les textures sèches, rugueuses, craquantes, sèchent mon corps de l'intérieur, empêchent l'avachissement extérieur sous la chaleur, absorbent les trop-pleins, augmentent les souffles. Et la farine d'orge grillée calme la formation de mucosités. Tandis que la crème de riz et le yaourt infusent leur douceur dans ma chair.
Les résines embaument, conservent, et restaurent la forme d'origine, sur une fracture par exemple, comme elles le font pour l'arbre. La sève de bouleau montant au jeune printemps porte le même élan de vie dans mon corps, comme la graine juste germée y envoie l'empreinte du jaillissement, de la manifestation, de la sortie de l'ombre. Les légumes et les fruits pleins de chair et de jus gonflent la chair du corps, tandis que les fruits secs -amandes, noisettes, raisins...- contribuent dans certaines conditions à la formation de concrétions, tout comme les vieux fromages. Le fromage caillé, lui, nourrit la formation des os.
En me nourrissant de saveurs subtiles, j'ouvre les champs de perception de mes sens. Avec les saveurs primaires et couvrantes, surtout quand elles excluent les autres, je recouvre les autres champs de la réalité, qui deviennent imperceptibles jusqu'à paraître inexistants, ce qui peut parfois être nécessaire. (Mais à consommer trop de saveurs totalitaires, on nourrit peut-être le dictateur ou l'ignorant en soi, et la vraie solitude existentielle dans un monde expurgé de sa beauté. )
C'est la théorie des signatures. Mentalité magique peut-être...mais moyen mnémotechnique des médecines populaires du monde, un monde conçu comme une suite de métaphores, un monde de poésie pure où fort heureusement, parce qu'il échappe à la systématisation, parce que tout ne se voit pas à la surface ou au microscope, la métaphore elle-même ne fonctionne pas toujours. Le médecin doit se faire poète et voyant...
Mais le propos dépasse l'aliment ou le remède.
« Ce dont je me nourris » inclue tout ce qui nourrit mes sens et mon intellect. La nourriture ici, ces sont les sons, les odeurs, les textures, les goûts et ce qui se voit ou ne se voit pas, ainsi que les idées et les histoires. Ce que je perçois de la réalité est ce qui me nourrit, et façonne ce que je suis. C'est un « karma », c'est aussi un choix qui fonde ce que je suis, ce que je vis. Ce que je cultive et rêve de ce monde merveilleux est ce qui fonde mon expérience, comme la vieille du conte qui déroule son rêve de bonheur dans la tapisserie brodée au fil des jours et au sang de ses yeux. La tapisserie s'envole à la fin et s'étire pour fusionner avec son pauvre village, devenant réalité. Mais la vieille du conte avait fait silence dans sa solitude et l'ombre de sa maison pour broder et dérouler son rêve de beauté.**

  • l'amande est une métaphore de l'entrée du vagin, dans les Mille et une Nuits et, dans , le héros est chargé de trouver une jeune fille vierge, dont l ' « histoire » serait comme une amande, c'est-à-dire qu'elle n'aurait rien à « dire ».
    • conte raconté par Henri Gougaud