Le paradis c'est ici ! - le blog

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mardi 5 octobre 2010

Caillé (suite)

« Nervosité, agacement, je suis tendue. Mes mains surexcitées tâtonnent à la recherche d'un substitut sur lequel se passer les nerfs. Elles fouillent, cherchent désespérément, tâtent, tripotent , atterrissent sur une masse rebondie, ronde et blanche comme une joue de nourrisson. Suspicieuse, je la teste du doigt et, séduite, enfonce mes mains dedans jusqu'aux poignets puis commence à pétrir. En travaillant cette masse moelleuse, je sens ma nervosité s'envoler tel un nuage pluvieux dans un ciel bleu. Après avoir remercié par un baiser fugitif ce joli ballon blanc, je sors de la cuisine. Sereine. » Marie-Gabrielle

Quand? Quand il y a de la concrétisation dans l'air, la formation d'un projet, un bébé dans la matrice, les promesses du printemps, un excès d'eau dans le corps, au mois des fièvres (février), quand la graine semée en terre va porter son fruit, pour clore le repas...
Ça fait quoi? Ça rassemble, ça forme, ça rend ferme, les dents, les os, les idées et les aliments en cours de « digestion ».
Ingrédients: 1l de lait cru -de préférence de jolies vaches Jersey* ou de bufflonne- et, au choix: une feuille de figuier fraîche ou le lait d'une figue cueillie encore verte, 1 tasse de petit-lait aigri, le jus d'un citron, 1 c. à soupe de fleurs de gaillet ou de chardon béni...
Méthodes:
-Avec la feuille de figuier: amener le lait à ébullition puis ajouter la feuille coupée en lamelles, le latex s'en écoulant -dont la composition est proche du suc pancréatique- va faire doucement cailler le lait. Éteindre le feu et couvrir en attendant la fin du processus qui prend plusieurs heures. Quand le lait a caillé, rincer sous l'eau tiède et égoutter. On obtient un caillé très soyeux en texture, très digeste, agréablement parfumé, mais peu transformable. Il convient pour des farces, ou salé et servi avec des figues fraîches par exemple... Le latex de la figue, que l'on trouve aussi sur les figues cueillies avant maturité, ou qui s'écoule à l'incision du tronc, avait un certain nombre d'applications thérapeutiques dans nos médecines anciennes, tombées dans l'oubli maintenant peut-être en raison de sa toxicité en cas de surdosage.
Pas d'inquiétude pour le caillé: le surdosage lui donne une amertume repoussante.

-Avec une tasse de petit-lait aigri restant d'une précédente préparation ou de la fabrication de beurre : verser le petit-lait dans le lait en train de monter et baisser le feu jusqu'au début du processus. Éteindre alors le feu et laisser reposer à couvert quelques minutes avant de récolter le caillé rassemblé en masse sur le dessus. Transférer dans un linge. Rincer à l'eau tiède et égoutter selon besoin. Le caillé obtenu est élégant en texture et en goût, et il ne fond pas à la cuisson. Il convient pour tous les usages décrits plus loin.

-Avec le jus d'un citron: verser le jus de citron petit à petit et cesser dès que le petit-lait se sépare distinctement du caillé. Éteindre le feu et laisser reposer à couvert quelques minutes. Puis transférer la masse de caillé dans un linge, rincer abondamment le caillé sous l'eau courante tiède, puis mettre à égoutter ou utiliser immédiatement. La texture est plus ferme et plus granuleuse, le goût plus acidulé. Il est parfait égoutté ½ h environ, coupé en cubes, frit et aromatisé de cumin grillé, ou incorporé à une soupe, ou à une poêlée de légumes verts.

-Avec des fleurs de gaillet ou « caille-lait », ou de chardon béni, fraîches: ajouter 1 c. à soupe de caille-lait, éteindre le feu et laisser à couvert plusieurs heures.

Différents usages: On peut déguster le caillé une fois égoutté de son excès de liquide comme du cottage cheese.

Quand il est égoutté ½ h environ, on peut le mixer ou le malaxer à la main en l'écrasant entre les paumes -ce qui les rend douces- jusqu'à une consistance crémeuse mais non collante. C'est la base des soufflés de lait dont vous trouverez plus loin la recette. On peut aussi:
- le laisser s'égoutter avec ou sans poids placé au-dessus pendant 2h environ. On obtient alors un caillé très ferme à détailler en cubes, frits dans l'huile ou l'huile de beurre et servis séparément en apéritif, ou incorporés à des soupes ou des potées de légumes.
- l'insérer découpé en tranches en sandwich entre deux rondelles de courgettes, ou d'aubergine..., et tremper le sandwich dans de la pâte à beignet (par exemple un mélange de farine de pois chiches et d'eau), puis dans l'huile chaude.

Se soigner avec le lait caillé: Il soigne des dispersions: excès de souffle ou de fermentation. Il soulagera un estomac sujet aux flatulences, des intestins irrités, la déliquescence d'un été trop chaud, les raideurs d'un temps trop sec, certains énervements ou un manque de concentration...mais il gagne à être accompagné de sel ou de sucre, voire de vin blanc. Au rebours, un excès de fromage, surtout cuit et vieilli comme chez nous, peut amener un excès de concrétions dans le corps: angines, kystes, tumeurs, fibromes, rhumatismes...mais pas plus que trop de viandes sèches salées, d'oléagineux, de légumes secs ou déshydratés, de préparations lyophilisées, trop de chauffage, de paroles vides, de stress et d'agitation, d'inhalation de fumée, de couchers tardifs, de vie désincarnée...

Caillé

3-Le caillé (au citron, au petit-lait aigri, au lait de figue, au caille-lait...)
Cailler le lait, par barattage ou par fermentation, est synonyme d'ensemencement, de fécondation, de création. D'un nouvel être? D'un nouveau monde? Un geste des origines dans les civilisations de lait. Nulle surprise donc s'il convient particulièrement aux temps de gestation et de création.
Dans sa fabrication, en fonction de l'agent coagulant et du lait que vous utilisez, mais aussi du temps et des ustensiles, tout est variable. L'expérience est, particulièrement dans ce cas, le meilleur professeur.
L'ensemble du matériel utilisé doit être absolument propre, y compris le linge d'égouttage. Une odeur inhabituelle ou légèrement désagréable indique un manque d'hygiène dans la préparation qui n'est alors pas consommable.
Si le lait caille avant que tout l'agent coagulant ait été versé, c'est suffisant, ne versez pas tout. Cela donnerait un caillé trop ferme et grumeleux. Si tout l'agent a été versé mais que le petit-lait soit encore blanc, il suffit d'en rajouter.
Un lait de piètre qualité donnera également un caillé trop ferme, et en très petite quantité, de même qu'une station trop prolongée dans la casserole après la séparation du petit-lait, ou une absence de rinçage.

Oreillet de lait

« Ce jour-là,
les montagnes dégoutteront de vin nouveau,
les collines ruisselleront de lait,
et dans tous les torrents de Juda
les eaux ruisselleront.
Une source jaillira de la maison de Yahvé
et arrosera le jardin des Acacias. »
Ère paradisiaque de la restauration d'Israël Livre de Joël 4;18

-Biscuit de lait (oreiller de Marie Gachet)
Je tiens cette recette de Anne Daguin*, qui la tient elle-même d'une descendante d'une amie de Marie Gachet, la fille du bon docteur qui soigna Van Gogh. Avec une pareille histoire, elle ne peut être qu'exceptionnelle...
Quand? Au printemps frais, par temps sec et frais, pendant un été indien aux lumières si vives, à la pleine lune.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, c'est doux en tout, une pâtisserie à lui tout seul.
Ingrédients: 1 tasse de peau de lait récoltée chaque jour et laissée à fermenter, ou de crème fraîche épaisse; farine et sucre selon besoin.
Préparation: Recueillir la peau qui surnage sur le lait chaque jour quand on le fait chauffer, dans une tasse laissée au coin de la cuisinière. Quand on en a assez, malaxer avec suffisamment de farine pour obtenir une pâte qui ne colle pas. Cuire étalé sur la plaque du four saupoudré de sucre roux.
Le rectangle gonfle doucement tout en dorant et caramélisant, si bien qu'une fois cuit il présente l'aspect d'un oreiller doux et léger...A déguster tendrement.

Beignets de lait

« Et comme un petit garçon dans les bras de
sa mère, je fus porté, et il me donna du lait, la rosée du Seigneur, et je
grandis par ce don, et je trouvai le repos dans sa plénitude » Odes de Salomon (35, 5-6)*

-Beignets de farine gorgés de lait
Quand? Quand on a envie de prendre un bain de lait d'ânesse, dans la chaleur montante, sous la neige, en automne dans les montagnes.
Ça fait quoi? Ca repulpe, comme la pluie sur la terre sèche.
Ingrédients: 4 tasses de lait, 1 tasse de sucre, 1 c. à café de safran, 1 c. à café de cardamome, 1 tasse de farine T80, beurre clarifié ou huile.
Préparation: Ajouter 3 c. à soupe de beurre clarifié ou d'huile à la farine et faire comme pour une pâte sablée souple. Laisser reposer ½ h à couvert. Diviser en 12 portions égales et aplatir en disques. Faire réduire le lait au tiers de son volume. Retirer du feu, et ajouter la cardamome et le safran ainsi que le sucre.
Faire chauffer le beurre clarifié ou l'huile et frire les disques de pâte à feu moyen jusqu'à ce qu'ils gonflent et dorent. Les laisser tremper 5mn dans la réduction de lait puis les retirer avant qu'ils ne se désagrègent.
Servir trois par trois arrosés de lait.

samedi 2 octobre 2010

Pudding

« Là
où l'aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois »
Prophétie Aimé Césaire

-Pudding de haricots mungo
Quand? Quand la chaleur s'élève avec la sécheresse, quand chantent les cigales, quand trop d'émotion nous a brûlé, quand on est follement amoureux, quand on se relève de fièvre ou de maladie grave, au moment de nourrir les élans du solstice d'été.
Ça fait quoi? Réputée aphrodisiaque et reconstituante, cette préparation redonne chair au corps et force à l'âme.
Ingrédients : ½ tasse de haricots mungo décortiqués*, 1l de lait entier (coupé de moitié d'eau par grande chaleur), 1 c. à café de graines de cardamome pilées, ½ tasse de sucre roux ou de gur, ½ tasse de noix de coco râpée, 3 c. à soupe de raisins secs.
Préparation : Faire rôtir les haricots jusqu’à une couleur brun-orangé. Laisser refroidir et réduire grossièrement en semoule au mixeur ou au pilon.
Faire cuire la semoule dans le lait avec la cardamome et le sucre, laisser épaissir un peu.
Ajouter la noix de coco.
Couper le feu et ajouter les raisins secs. Laisser gonfler un peu.
Servir frais ou tiède.

  • Pour décortiquer les légumineuses, les laisser tremper dans l'eau une nuit, puis les frotter dans un torchon. On les remet à l'eau: les peaux surnagent et sont ainsi faciles à écarter.

Pain perdu

« Mon eau travaille
et à travers tout roseau exulte
jusqu'au lait du rire »
Soleil et eau Aimé Césaire

-Pain pas perdu
Quand? Au joli printemps mouillé, quand la terre est gorgée d'eau tiède, au matin frais de rosée.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, ça redonne humidité et tendresse, ça chuchote des secrets.
Ingrédients : 2 tranches de brioche ou de pain brioché (ou de pain au lait de la recette précédente), 1 c. à café de ghee, 2 c. à soupe d’eau, ½ c. à café d’eau de rose véritable*, 2 c. à soupe de sucre, ½ tasse de lait d’amande, ½ tasse de lait.
Préparation : Faire réduire le lait et le lait d’amandes avec la moitié du sucre à la moitié du volume d’origine.
Mélanger l’eau, l’eau de rose et le sucre restant.
Faire toaster les tranches dans le ghee jusqu'à une belle couleur dorée, puis les plonger dans la réduction de lait.
Verser dessus le sirop parfumé.
Ajouter les laits une fois refroidis.

Pain au lait

« And all who heard should see them there,
And all should cry, Beware! Beware!
His flashing eyes, his floating hair!
Weave a circle round him thrice,
And close your eyes with holy dread,
For he on honey-dew hath fed,
And drunk the milk of Paradise .»
Derniers vers du poème Kubla Khan de S.T. Coleridge

-Pain au lait
Quand? Au mois des fièvres et des ébullitions, aux prémices du printemps, pour les petits-déjeûners des matins gelés et des journées de soleil nouveau, à l'été indien, après les épreuves, au temps des convalescences et de la vieillesse.
Ça fait quoi? C'est doux, léger, comme une manne tombée du ciel, ça nourrit la légèreté printanière en nous.
Ingrédients: farine T80, levure boulangère, lait, beurre ou beurre clarifié, miel, fleur d'oranger, raisins secs (facultatif)
Préparation: Mélanger la farine, la levure, le lait tiédi, le beurre, le miel et une pincée de sel. Laisser reposer la pâte, qui va tripler de volume, 16h environ. Cuire à four moyen, avec le lèche-frite plein d'eau.
A déguster arrosé par exemple de sirop léger de bourgeons de pin, ou de sève de bouleau, ou de sève d'érable allongée d'eau.

Pancakes

Quand? Pour le petit-déjeûner des enfants qui n'ont pas envie d'aller à l'école dans la nuit hivernale, pour fêter le réveil sous la neige, par un matin froid et humide de neige fondue, ou de pluie battante; pour les lourds après-midi mélancoliques d'automne.
Ça fait quoi? Ça ensemence le corps de chaleur, ça accompagne les premiers frémissements du printemps dans le corps, au mois des fièvres, comme le lotus qui prend naissance dans la boue des décompositions pour s'élever vers la lumière.
Ingrédients: lait ribot, farine de seigle, une pincée de sel; ou lait, levure boulangère, farine de blé, miel, fleur d'oranger
Préparation: Mélanger les ingrédients la veille. Laisser reposer quelques heures près d'une source de chaleur. La pâte va monter et des bulles vont de former. Cuire les pancakes à feu moyen dans une poêle à blinis. Garder tiède et moelleux sous un torchon.
Réfrigérer si on n'utilise pas tout de suite.

vendredi 1 octobre 2010

soupe de lait et tapioca

« Cette goutte de lait qui sourd de son sein
ah! C'est déjà le germe où l'aube prend sa chaire »
Tchicaya U Tam'si

-Soupe de lait et tapioca
Quand? Au moment des frimas, du risotto et des nourritures onctueuses; quand on est dans le partage de la chair; pour se réchauffer à deux sous la couette; en même temps qu'une fricassée de frimousses aux joues à bisous, bien rafraîchissante dans la chaleur de l'été.
Ça fait quoi? La variante, en particulier, fait partie de ces préparations « aphrodisiaques », qui ne créent pas le désir mais nourrissent sa force et le font durer.
Ingrédients : 1l de lait cru entier, ½ boîte de lait de coco, ½ tasse de tapioca trempé 10mn dans de l’eau, 2 c. à soupe de sucre roux, ¼ de c. à café de filaments de safran, le contenu pilé de 6 gousses de cardamome, 1 c. à café d’eau de rose, 1 c. à soupe d'amandes ou de pignons.
Préparation : Faire cuire le tapioca avec le lait. A ébullition, prélever 1c. à soupe de lait, et ajouter le sucre.
Faire dégorger le safran dans la cuillère de lait.
Ajouter au lait le lait de coco. Faire réduire.
Quand le mélange a épaissi, ajouter le safran, la cardamome, les raisins secs et les amandes rôties et brisées avec l’eau de rose.
Variante: 6 tasses de lait, ½ tasse de mung dal, ¾ tasse de sucre, 1 c. à café de cardamome pilée, 2 ½ tasses de noix de coco fraîche, 3 c. à soupe de noix de cajou, ghee pour frire.
Laver les mungo. Les faire griller dans un peu de ghee. Gratter la noix de coco, en laisser pour la décoration. Émincer le restant de noix de coco, séparer les moitiés de noix de cajou, et les faire revenir dans du ghee. Faire cuire les mungo dans de l'eau jusqu'à ce qu'ils soient tendres. Ajouter le lait, amener à ébullition et faire réduire de moitié. Ajouter le sucre et la cardamome et laisser frémir encore 5m, puis la noix de coco grattée. Remuer puis servir chaud.

jeudi 30 septembre 2010

suite lait

« Ne croyez pas une chose simplement sur des ouï-dire.
Ne croyez pas sur la foi des traditions uniquement parce qu'elles sont en honneur depuis nombre de générations.
Ne croyez pas une chose parce que l'opinion générale la croit vraie ou parce qu'on en parle beaucoup.
Ne croyez pas une chose sur le seul témoignage des sages de l'Antiquité.
Ne croyez pas une chose parce que les probabilités sont en sa faveur, ou parce que l'habitude vous pousse à la croire vraie.
Ne croyez pas ce qui provient de votre propre imagination en pensant qu'il s'agit de la révélation d'une Puissance supérieure.
Ne croyez rien en vous fondant sur la seule autorité de vos maîtres ou des prêtres.
Ce que vous avez vous-même éprouvé, ce dont vous avez fait l'expérience et que vous aurez reconnu pour vrai, ce qui sera bénéfique à vous ainsi qu'aux autres, en cela, croyez-y et conformez-y votre conduite. »
Bouddha

1-Le lait

« Lentement. Péniblement, tel un pèlerin dans le désert sur le chemin du temple sacré, j'avance à travers une nature généreuse d'un bleu irréel qui semble décidée à faire obstacle à ma noble quête. Les branches azurées, acérées, me fouettent le visage comme pour accaparer mes pensées toutes entière offertes à mon but, les racines s'arrachent à leur terre et viennent obstruer le chemin où me conduit mon instinct. Je les écarte avec douceur, ce sont les nobles gardiens de ce sanctuaire que j'ai violé. Je leur dois respect. Soudain, un rayon de lumière d'une blancheur éblouissante transparaît à travers les remparts de feuilles érigées par une nature effarouchée. Tout disparaît alentours, ne reste plus qu'un couloir de clarté lumineuse. Dans un état second, j'avance, portée par un nuage tendre et parfumé, jusqu'à un bassin de cristal empli de ce qui semble être l'essence même de la lune. Je reste en arrêt devant la simplicité parfaite de sa beauté calme. J'approche une main tremblante, voulant effleurer du doigt le précieux nectar mais la retire aussitôt. C'eut été pire sacrilège d' en troubler la surface que celui qu'a commis le Temps en fanant le visage de Vénus, je ne sais quelle colère divine j'eus déchaîné. Je réalise tout-à-coup que je n'ai besoin de rien d'autre que de laver mon âme dans ses reflets nacrés, les contempler est devenu l'ultime accomplissement de ma courte existence. Alors, consciente de la portée de chacun de mes gestes, je m'assoie à genoux, dépose mon sac et laisse mon regard se perdre dans Sa lumière; sereine car à ma place, je commence mon long voyage. Purifiée. » Marie Gabrielle

« L'eau c'est la vie, le lait c'est l'âme » Proverbe Touareg

mardi 27 juillet 2010

Lait

Ca y est, c'est envoyé: un petit manuscrit sur le lait, en ces temps de bannissement. Voici un extrait, parce que la question du lait est souvent posée pendant mes cours.

« L'eau c'est la vie, le lait c'est l'âme » Proverbe Touareg*

"Choisir son lait:
Oui, pas n'importe quel lait, cela change tout. Le lait des mamans d'hommes comme celui des mamans vaches reflète leurs états, d'âme et de corps. On a vu des bébés refuser le lait d'une maman trop stressée, et il y a encore peu on se répétait des histoires de bébés morts d'avoir bu du « lait contrarié »*. Et cette tradition de faire couler du lait de son sein avant d'allaiter si une colère ou un souci sont venus perturber la plénitude du jour. Pourquoi considérer que la vache diffère de la femme en ce sens?
Donc pas de vache stressée, pressurisée par des traies excessives, gavée d'antibiotiques, cloîtrée, victimes de mammites répétées, nourrie à l'ensilage, maltraitée quotidiennement parce que perdue dans le nombre...
C'est une des raisons du culte indien des vaches: on les laisse faire ce qu'elle veulent, allaiter leur veau, aller paisiblement là où elles le souhaitent, même si elles bloquent une avenue très passante, ou un train... parce qu'elles portent le précieux nectar.
Et peut-être une des raisons des allergies réelles au lait, que j'ai vues souvent miraculeusement disparaître ou ne pas se manifester en usant d'un bon lait dans de bonnes conditions ou tout simplement avec tendresse. Parce que ce n'est peut-être pas le lait qu'il faut accuser, mais bien les dérives de son mode de production et de consommation.
Le lait, de préférence cru, doit sentir bon, une odeur d'amande, de douceur, de délicatesse... Il doit avoir une belle couleur, lumineuse, avec un éclat doré, ni bleuté ni grisé. Une goutte de lait posée sur l'ongle doit pouvoir s'y tenir, ferme et bombée, sans que l'eau du lait ne se sépare du blanc.
Boire du lait:
Le lait ne se prend pas n'importe quand ni n'importe comment. La pratique des milk-shakes ou du lait froid systématique le matin s'est développée très récemment. On savait il y a encore peu que le lait était indigeste bu de cette façon, pouvant provoquer l'accumulation de substances non digérées dans le corps, donc une certaine lourdeur de corps et d'esprit, et des infections à répétitions, ou la formation de concrétions.
Il se boit dans la région où il est produit, même si la pasteurisation nous permet d'en obtenir de tous horizons; de l'animal qui paît dans la région, chèvre, vache ou brebis; quand on en a envie, occasionnellement donc; à température du corps, coupé d'eau parce que-c'est vrai- nous ne sommes pas des veaux et qu'il vaut mieux le prendre coupé d'eau qu'écrémé; avec un petit quelque chose qui permette de mieux le digérer éventuellement: eau de fleur d'oranger, eau de rose, miel, cardamome, safran...et qui souligne si bien sa délicatesse.
Il se boit seul, en dehors des repas, parce que l'alliance d'un produit laitier et d'autres produits animaux est réputé très indigeste, de même que le lait bu avec des fruits acides, comme le lait-banane-fraise populaire dans mon enfance.
Bu ainsi, ou dans les multiples préparations qui suivent, c'est un nectar, et une panacée. Certains en font aussi leur unique aliment, comme ces yogis et ces saddhus que j'ai croisés dans les Himalayas dont le feu intérieur nécessite d'être rafraîchi et purifié quotidiennement par le lait.
Le « lait de mai » était très prisé, panacée de saison, mais pendant le carême précédant mai, aux débuts incertains du printemps, on s'abstenait complètement de lait et de produits laitiers."

  • citation trouvée dans un texte publié par l'OCHA