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mardi 5 octobre 2010

Crème fraîche

2-La crème
« Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème » St François de Sales*

« Douceur. Tendresse. C'est un jeune chat qui dort et ronronne dans ce caprice lisse et blanc. Il répond quand il veut au nom de Crème. Avec une impatiente gourmandise, je plonge ma cuillère dans ses rondeurs câlines et la relève, lourde et généreuse. Je la porte à mes lèvres et les en caresse, laissant Crème apposer la délicate marque de sa patte dessus. Suivant son exemple, je me pourlèche les babines. Il se réveille. Il en attend plus. J'ouvre la bouche. Crème chavire nonchalamment dedans et vient tapisser mon palais d'une lisse douceur. Commence alors le voyage de ma langue à travers le labyrinthe de sensation qu'est Crème. Je me sens fondre. Crème est maître. Crème ne s'ouvre qu'à moi. Mais n'est-ce pas moi qui m'ouvre à lui? Mystère. Crème. Chat. » Marie Gabrielle

Quand? Au tendre printemps, quand le gras de l'huile semble trop lourd à porter, et que seule la crème si douce peut accompagner le plat; en novembre, froid et pluvieux, quand une assiette de crème -chantilly?- peut combler le marcheur; en pays d'herbe grasse et d'horizons moelleux; en état d'amour, dans le feu de la création.
Ça fait quoi? Ça rend à la légèreté, tout en préservant la douceur. Ça nourrit les élans qui élèvent.
Comment récolter sa crème?
Elle surnage vite sur un lait cru de bonne qualité. On chauffe le lait à température du corps, on laisse refroidir dans une jatte bien propre placée au réfrigérateur, et il suffit de la recueillir à la cuillère. C'est la crème liquide.
Celle qui forme naturellement une couche sur le yaourt a acquis son épaisseur à la fermentation. Si vous faites vos yaourts « maison » ou que vous achetez une très bonne marque de yaourt non brassé sans ajout de poudre de lait, vous pouvez la recueillir, et ensemencer votre crème liquide. Chauffer 2 tasses de crème à feu très doux jusqu'à température du corps, puis ajouter environ 1 cuillerée à soupe de crème épaisse. Garder à température dans un thermos ou près du chauffage le temps que se forme la crème, ce qui peut durer jusqu'à une journée. Réfrigérer ensuite.

Se soigner avec la crème fraîche:
-quand le feu de l'action et de la création s'essouffle, que l'élan turbulent du printemps s'élève sur trop de sécheresse, que la passion n'a plus rien à consumer, que la tendresse a besoin d'être nourrie.
-quand les chaleurs montent mais que la délicatesse s'impose pour ne pas briser l'élan du printemps.

Quelques soins à base de crème fraîche:
-en gommage, avec du gros sel, après un bain chaud ou beaucoup de transpiration
-en masque réparateur sur le visage, avec du miel

Oreillet de lait

« Ce jour-là,
les montagnes dégoutteront de vin nouveau,
les collines ruisselleront de lait,
et dans tous les torrents de Juda
les eaux ruisselleront.
Une source jaillira de la maison de Yahvé
et arrosera le jardin des Acacias. »
Ère paradisiaque de la restauration d'Israël Livre de Joël 4;18

-Biscuit de lait (oreiller de Marie Gachet)
Je tiens cette recette de Anne Daguin*, qui la tient elle-même d'une descendante d'une amie de Marie Gachet, la fille du bon docteur qui soigna Van Gogh. Avec une pareille histoire, elle ne peut être qu'exceptionnelle...
Quand? Au printemps frais, par temps sec et frais, pendant un été indien aux lumières si vives, à la pleine lune.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, c'est doux en tout, une pâtisserie à lui tout seul.
Ingrédients: 1 tasse de peau de lait récoltée chaque jour et laissée à fermenter, ou de crème fraîche épaisse; farine et sucre selon besoin.
Préparation: Recueillir la peau qui surnage sur le lait chaque jour quand on le fait chauffer, dans une tasse laissée au coin de la cuisinière. Quand on en a assez, malaxer avec suffisamment de farine pour obtenir une pâte qui ne colle pas. Cuire étalé sur la plaque du four saupoudré de sucre roux.
Le rectangle gonfle doucement tout en dorant et caramélisant, si bien qu'une fois cuit il présente l'aspect d'un oreiller doux et léger...A déguster tendrement.

vendredi 1 octobre 2010

Crème de peaux de lait

« Moi, j'étais abandonné dans cette maison de campagne sans fin: lisant dans la cuisine, séchant la boue de mes habits devant les hôtes, aux conversations du salon: ému jusqu'à la mort par le murmure du lait du matin et de la nuit du siècle dernier. »
Arthur Rimbaud Les Déserts de l'Amour

-Crème de peaux de lait au géranium
Originaire de l'Inde encore, mais souvent remplacée maintenant par du lait concentré dans les desserts (merci N...!), cette préparation n'a pourtant pas grand-chose à voir. Et surtout, elle n'a pas cet arôme fétide et lourd...Non.
Elle sent au contraire le frais, le léger, le doux, le subtil...
Quand? Au joli mois de mai, au temps des amandes fraîches et des premières chaleurs, en fin d'été.
Ça fait quoi? Ça calme, ça rafraîchit, ça donne un élan frais aux envolées du solstice.
Ingrédients : 1 l de lait cru entier, 2 c. à soupe de sucre, 1 c. à soupe de pistaches ou d'amandes fraîches mondées, 1 c. à café d'eau de géranium.
Préparation : Amener le lait à ébullition. Au fur et à mesure de leur formation, enlever les peaux du lait et les disposer dans un bol.
A la fin, remettre toutes les peaux dans le peu de liquide restant, ajouter le sucre et remuer à feu doux jusqu'à dissolution.
Retirer du feu. Ajouter les pistaches et le géranium, et mettre à refroidir.
Servir bien frais.