2-La crème
« Si la charité est un lait, la dévotion en est la crème » St
François de Sales*
« Douceur. Tendresse. C'est un jeune chat qui dort et ronronne dans ce
caprice lisse et blanc. Il répond quand il veut au nom de Crème. Avec une
impatiente gourmandise, je plonge ma cuillère dans ses rondeurs câlines et la
relève, lourde et généreuse. Je la porte à mes lèvres et les en caresse,
laissant Crème apposer la délicate marque de sa patte dessus. Suivant son
exemple, je me pourlèche les babines. Il se réveille. Il en attend plus.
J'ouvre la bouche. Crème chavire nonchalamment dedans et vient tapisser mon
palais d'une lisse douceur. Commence alors le voyage de ma langue à travers le
labyrinthe de sensation qu'est Crème. Je me sens fondre. Crème est maître.
Crème ne s'ouvre qu'à moi. Mais n'est-ce pas moi qui m'ouvre à lui? Mystère.
Crème. Chat. » Marie Gabrielle
Quand? Au tendre printemps, quand le gras de l'huile semble trop lourd à
porter, et que seule la crème si douce peut accompagner le plat; en novembre,
froid et pluvieux, quand une assiette de crème -chantilly?- peut combler le
marcheur; en pays d'herbe grasse et d'horizons moelleux; en état d'amour, dans
le feu de la création.
Ça fait quoi? Ça rend à la légèreté, tout en préservant la douceur. Ça nourrit
les élans qui élèvent.
Comment récolter sa crème?
Elle surnage vite sur un lait cru de bonne qualité. On chauffe le lait à
température du corps, on laisse refroidir dans une jatte bien propre placée au
réfrigérateur, et il suffit de la recueillir à la cuillère. C'est la crème
liquide.
Celle qui forme naturellement une couche sur le yaourt a acquis son épaisseur à
la fermentation. Si vous faites vos yaourts « maison » ou que vous
achetez une très bonne marque de yaourt non brassé sans ajout de poudre de
lait, vous pouvez la recueillir, et ensemencer votre crème liquide. Chauffer 2
tasses de crème à feu très doux jusqu'à température du corps, puis ajouter
environ 1 cuillerée à soupe de crème épaisse. Garder à température dans un
thermos ou près du chauffage le temps que se forme la crème, ce qui peut durer
jusqu'à une journée. Réfrigérer ensuite.
Se soigner avec la crème fraîche:
-quand le feu de l'action et de la création s'essouffle, que l'élan turbulent
du printemps s'élève sur trop de sécheresse, que la passion n'a plus rien à
consumer, que la tendresse a besoin d'être nourrie.
-quand les chaleurs montent mais que la délicatesse s'impose pour ne pas briser
l'élan du printemps.
Quelques soins à base de crème fraîche:
-en gommage, avec du gros sel, après un bain chaud ou beaucoup de
transpiration
-en masque réparateur sur le visage, avec du miel
Tag - crème
mardi 5 octobre 2010
Crème fraîche
Par Florence le mardi 5 octobre 2010, 11:31
Oreillet de lait
Par Florence le mardi 5 octobre 2010, 11:29
« Ce jour-là,
les montagnes dégoutteront de vin nouveau,
les collines ruisselleront de lait,
et dans tous les torrents de Juda
les eaux ruisselleront.
Une source jaillira de la maison de Yahvé
et arrosera le jardin des Acacias. »
Ère paradisiaque de la restauration d'Israël Livre de Joël 4;18
-Biscuit de lait (oreiller de Marie Gachet)
Je tiens cette recette de Anne Daguin*, qui la tient elle-même d'une
descendante d'une amie de Marie Gachet, la fille du bon docteur qui soigna Van
Gogh. Avec une pareille histoire, elle ne peut être qu'exceptionnelle...
Quand? Au printemps frais, par temps sec et frais, pendant un été indien aux
lumières si vives, à la pleine lune.
Ça fait quoi? Ca nourrit de légèreté, c'est doux en tout, une pâtisserie à lui
tout seul.
Ingrédients: 1 tasse de peau de lait récoltée chaque jour et laissée à
fermenter, ou de crème fraîche épaisse; farine et sucre selon besoin.
Préparation: Recueillir la peau qui surnage sur le lait chaque jour quand on le
fait chauffer, dans une tasse laissée au coin de la cuisinière. Quand on en a
assez, malaxer avec suffisamment de farine pour obtenir une pâte qui ne colle
pas. Cuire étalé sur la plaque du four saupoudré de sucre roux.
Le rectangle gonfle doucement tout en dorant et caramélisant, si bien qu'une
fois cuit il présente l'aspect d'un oreiller doux et léger...A déguster
tendrement.
vendredi 1 octobre 2010
Crème de peaux de lait
Par Florence le vendredi 1 octobre 2010, 17:05
« Moi, j'étais abandonné dans cette maison de campagne sans fin: lisant
dans la cuisine, séchant la boue de mes habits devant les hôtes, aux
conversations du salon: ému jusqu'à la mort par le murmure du lait du matin et
de la nuit du siècle dernier. »
Arthur Rimbaud Les Déserts de l'Amour
-Crème de peaux de lait au géranium
Originaire de l'Inde encore, mais souvent remplacée maintenant par du lait
concentré dans les desserts (merci N...!), cette préparation n'a pourtant pas
grand-chose à voir. Et surtout, elle n'a pas cet arôme fétide et
lourd...Non.
Elle sent au contraire le frais, le léger, le doux, le subtil...
Quand? Au joli mois de mai, au temps des amandes fraîches et des premières
chaleurs, en fin d'été.
Ça fait quoi? Ça calme, ça rafraîchit, ça donne un élan frais aux envolées du
solstice.
Ingrédients : 1 l de lait cru entier, 2 c. à soupe de sucre, 1 c. à soupe
de pistaches ou d'amandes fraîches mondées, 1 c. à café d'eau de
géranium.
Préparation : Amener le lait à ébullition. Au fur et à mesure de leur
formation, enlever les peaux du lait et les disposer dans un bol.
A la fin, remettre toutes les peaux dans le peu de liquide restant, ajouter le
sucre et remuer à feu doux jusqu'à dissolution.
Retirer du feu. Ajouter les pistaches et le géranium, et mettre à
refroidir.
Servir bien frais.