Le Mistral souffle dur sur la Provence, bien loin des prévisions toujours
rigolotes de MétéoFrance...Joie, inspiration, enthousiasme, énergie, mais aussi
froid, stupéfaction, changements d'humeur.
On dirait que la nature se presse: tous les fruits de l'automne en même temps,
et des fleurs de mai, et même des fruits de printemps, et les feuilles à peine
rougies tombent déjà, sans prendre le temps de nous peindre ces belles flambées
de l'automne. Le matin, tout de suite au réveil, on se frictionne sous la
douche à la farine de pois chiches qui réveille le feu stupéfié par les rafales
(et évite la cellulite en activant la circulation, mesdames). Rapidement, on a
chaud...Un peu d'échauffement de kathak, les pieds frappant le sol en rythme de
plus en plus rapidement, et on est bien là, porté au lieu d'être écrasé par le
froid, gonflé de prana au lieu d'être pétrifié par les bourrasques.Puis yoga,
taï chi, chi qong, ou autres pratiques...
Saveurs de hauts plateaux...
Thé au beurre ou à la crème fraîche pour garder le moelleux et la rondeur, ou
café (décaféiné?) et chocolat viennois, et tartes sablées, ou pain grillé au
beurre clarifié ou miel-citron.
Couscous d'orge rôtie, bouillons parfumés de légumes ou de viande, herbes
aromatiques ou amères. Sans oublier une gorgée de vin alcoolisé de noix,
brûlante, tonique, ou une cuillère de miel, à la fin du repas.
Grenades et premiers kakis, en avance, pour le goûter, pommes au four, coings
rôtis infusés de safran, le pistil se mariant au parfum floral du fruit.
Douceur et moelleux.
Soupe du soir, pour apaiser les souffles et donner un bon sommeil, avec pain
rôti, ou pommes de terre en robe des champs arrosées de beurre clarifié,
Carottes vichy et pain de seigle, potée de légumes et risotto.
Ceux qui ont froid, ou sont enflammés par le froid, trouveront agréables d'être
frictionnés ou tamponnés à l'eau de Cologne ou de mélisse, au sortir du bain ou
à la tombée du jour.
Tag - automne
mardi 19 octobre 2010
Sous le Mistral
Par Florence le mardi 19 octobre 2010, 19:48
mercredi 8 septembre 2010
les pluies de fin d'été
Par Florence le mercredi 8 septembre 2010, 11:55
Orages et pluies torrentielles, fraîcheur et nouvelle lune... la saison des
pluies de fin d'été avait bien commencé avec la traversée du nuage des
Perséides début août, mais on peut dire qu'elle se signale de façon fracassante
ces jours-ci!
La pluie et la fraîcheur amènent le retour de la vigueur, de la force et de la
compassion, teintée peut-être de mélancolie et de lourdeur. Les doshas saturent
le corps et toutes les thérapies purificatrices sont à favoriser.
Il est temps de changer de régime alimentaire et d'hygiène de vie.
Pour le démarrage le matin, on peut se frictionner vigoureusement le corps avec
de la farine de pois chiches, à sec, avant de passer sous la douche, et plus
besoin de savon. Si on pratique ensuite des asanas de yoga, ou toute autre
activité physique, on peut en plus se masser à l'huile, qui nourrira la peau et
déliera le corps comme la pluie sur la terre sèche.
Un petit gargarisme quotidien à l'huile d'olive assouplira la voix peut-être
obstruée par le retour de la fraîcheur, des gouttes d'anutailam ou d'huile
d'amande dans le nez et les oreilles élimineront tous les excès de la zone de
la tête: beau regard, bonne audition, respiration libre, chevelure
renforcée...
Tandis que la nature produit ses fruits les plus lourds et sucrés, que les
récoltes de céréales sont engrangées, le temps est à la concrétisation, la
condensation, la formation, le souvenir des belles choses: les fruits de
l'année passée, commençant au printemps, sont à récolter à présent...
Les pratiques physiques, qui ne doivent pas être épuisantes à cette époque où
le feu est au plus bas de l'année, commencent à insister sur la régénération:
pranayama renforcé, chi qong, étirements favorisés par le relâchement de la
saison, douceur et grâce.
Si vous n'avez pas jeûné début août, ou si vous en sentez le besoin, une
monodiète au raisin peut permettre d'évacuer des organes les excès de chaleur
conservés de l'été, et régénérer le feu digestif. Dans ce cas, garder une
activité physique, comme la marche ou le yoga, ou les deux, pour favoriser des
éliminations harmonieuses.
Pour promouvoir le feu digestif, on peut aussi boire un peu de vin avant les
repas, manger une cuillère de miel après les repas, prendre un bain tiède le
soir avant le repas. La nourriture doit être aussi liquide que le temps: pain
rôti et soupes de lentilles, semoule d'orge rôtie et légumes façon couscous,
pesto sur pain grillé et soupe de légumes...Il est temps de déguster le vin de
noix vertes préparé à la St Jean ou les figues cueillies semi-confites sur
l'arbre juste avant les pluies, d'aromatiser les melons au vin de tilleul (ou
au porto, oui), de consommer des galettes de pain levé trempées dans le beurre
clarifié et saupoudrées d'herbes de Provence (ou de mon mélange spécial au
calament) et de sel avec une soupe de légumes. Les jours sans soleil, la
nourriture doit être à prédominance acide, salée et grasse.
Mais les roses en formation sur mon rosier, mes fraisiers déboussolés prodigues
en fleurs, quelques floraisons de chèvrefeuille et de clématite...me disent que
peut-être nous entrons à nouveau avec la lune dans un été indien, après
seulement deux épisodes de pluie. Se reporter alors au billet correspondant de
l'année passée:)...
mardi 6 octobre 2009
Automne
Par Florence le mardi 6 octobre 2009, 12:14
En Provence, les feuilles commencent à jaunir et tomber, emportées par le
vent.
La fraîcheur incline au retrait dans l'intérieur, surtout la maison douillette
le matin. Les montagnettes proches résonnent de temps en temps de bruits de
chasse.
J'ai le sentiment que suivre le mouvement des saisons, c'est aussi en ce moment
se laisser habiter par le dépouillement de la nature. Laisser là les vieilles
feuilles, les réserves inutilisées, dans le corps comme dans la maison, vider
les placards trop pleins, tout ce qui a fleuri et fructifié ces derniers
mois...et se mettre en route dans la douceur et la profondeur mélancolique de
cette saison vers l'or de l'hiver intérieur, délesté de tout bagage. Pour que
le printemps soit nouveau...
Et, comme la nature qui offre ses plus beaux fruits en ce moment, offrir à tout
va. Ce qu'on a, ce qui ne sert pas, ce qui est précieux, ce qui est
beau...Jeûner de ses possessions en quelques sorte.
Diwalî, la fête des lumières, le noël indien, a lieu bientôt.