Rouge sang, partout: d'abord la vigne vierge et le sumac, les aiguillettes
modestes du souchet, le hièble finissant, les baies d'alisier et d'aubépine,
puis dans les ors commençant de mon jardin, ça et là dans la forêt le long des
guirlandes de salsepareille au capiteux parfum, au bord de l'eau même et déjà
sur l'arbousier -qui lui aussi donne fleurs blanches et fruits rouges à
l'automne- et les fruits du pistachier, puis dans les joues de rebond de la
pomme, et dans mes mains rouges du sang de la grenade...quelque chose flambe et
consumme dans la splendeur de l'automne les oeuvres patiemment écloses dans la
nature depuis le printemps, tandis que les bois résonnent du son de la chasse
et du sang versé. Le soleil, lui-même en chute, cède au froid, au
non-manifesté, à la nuit, à la pluie, à la lune, à l'ombre, son territoire
diminuant. Chant du phénix.
On célèbre en Inde le début de cette retraite par les fêtes de Durga, qui
durent du 2ème au 10ème jour de la nouvelle lune d'automne, pas très loin de la
fête de l'archange terrible, St Michel, le protecteur, chef des armées
célestes, et peu après l'équinoxe, au moment où le jour devient plus court que
la nuit. Durga, la magnifique, chevauchant tigre ou lion, victorieuse du démon
Mahîshâsura -terrorisant les dieux même- qui mettait l'équilibre de l'univers
en péril, de même que l'excès de la manifestation. Dans d'autres traditions,
c'est la célébration de la victoire du héros Rama, aidé par le dieu singe
Hanuman, sur le démon Ravana: son effigie immense est brûlée dans les villages
au son des feux d'artifices.
Le temps du "faire" est accompli, vient le temps du "ne-pas-faire", de
l'abandon nécessaire de soi au forces de l'univers, le temps des dieux et des
forces mystérieuses. A commencer par celles de la mort, ensemençant la
vie.
Perséphone est redescendue aux enfers, auprès de son époux Pluton le
riche.
C'est le temps de la splendeur intérieure, de la nuit, des forces féminines, du
foyer, de l'intérieur, de la confiance, de l'humilité. Le temps pour puiser en
soi, ensemencer et rêver la prochaine période de manifestation.
Ce jour particulier du 10 octobre 2010 a donné lieu à de nombreuses initiatives
dans le monde, projetant le rêve d'un monde nouveau, fraternel, généreux,
humain, plus respectueux de la Nature, concrétisation des promesses des astres
depuis 2008. Puisse le démon Mahîshâsura être vaincu encore et encore...
On peut se
confier à l'aiguille du pistil de safran rougeoyant sa chaleur dans la nuit, au
sang des grenades, pommes d'or du couchant (Hespérides), aux flamboiements du
couchant, aux pommes, à la lumière de la flamme, olives cassées encore... A
noter que les "rhumes" et les "gastro", inhabituellement nombreux , sont en
rapport avec cette montée de "feu" de l'automne, et les conjonctions
exceptionnelles des astres. Ils sont donc à traiter par des purgatifs légers,
des substances amères et astringentes, des diurétiques, des émollients. Orge,
grenade, bourrache, eaux de fleurs, réglisse, bains de pied aux graines de
moutarde...ou petite diète à la compote de pommes et au riz.
Tag - Durga
dimanche 10 octobre 2010
En route vers la pleine lune d'octobre et les fêtes de Durga la majestueuse
Par Florence le dimanche 10 octobre 2010, 14:27