Le paradis c'est ici ! - le blog

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jeudi 20 octobre 2016

Nous sommes notre Terre...

La terre ne refuse rien, elle est suffisamment généreuse,
Les vérités de la terre attendent continuellement, elles ne sont pas si cachées d'ailleurs,
Elles imprègnent toutes choses et se transmettent elles-mêmes volontiers,
Transmettant un sentiment et une invitation, je ne cesse de dire quelque chose,
Je me tais, pourtant si vous ne m'entendez pas, à quoi vous suis-je utile?
Enfanter, améliorer, si j'en suis incapable, à quoi donc suis-je utile?
Walt Whitman, Chant de la terre qui tourne
Coucher de soleil automnal sur Tours Pour nous qui passons notre temps à examiner notre singularité, à coup d'extrêmisme parfois, il est difficile d'accepter à quel point nous sommes liés à notre univers. Pourtant si on veut comprendre comment fonctionnent les doshas, ou humeurs du corps, il n'y a rien à lire, ou à apprendre, mais juste à observer: comment Pitta diminue quand le Soleil est obstrué, comment Vata augmente avec le vent, comment Kapha resplendit avec la Lune pleine... Si des nuages plombent le ciel, les humeurs et la lourdeur s'accumulent dans le corps; s'il pleut, elles se libèrent en nous, saturant notre corps mais aussi courant vers les voies d'évacuation comme l'eau qui tombe du ciel gris. Si le Soleil resplendit, quelque chose en nous resplendit aussi, nourrissant la transformation, la pureté, la clartéLe lac de Vevey en automne... Si la Lune offre sa beauté nacrée aux amoureux de la nuit, entourée d'étoiles dans le ciel sombre, la fraîcheur nous habite, pas celle qui donne froid, celle qui repose, qui offre la quiétude, le retrait, la réserve. Rien de bien compliqué donc, mais du temps, celui de nous reposer en nous-mêmes, celui de la contemplation. Et, bien sûr, cela implique que la manière dont nous traitons les éléments -l'eau, la terre, le feu, l'espace, l'air- nous affecte également, pas seulement parce que notre alimentation, notre respiration même, nous lie à eux d'une manière plus indissociable et plus puissante que la plus puissante des relations amoureuses, ni parce qu'aux tréfonds de nous-même notre âme blessée pleure à l'unisson des éléments pollués, mais parce que leur simple proximité nous modèle au-delà de toute mesure.
Je suis ce dont je me nourris.
DSCF5883_-_Copie.JPG Comment puis-je me nourrir d'aliments morts, m'unir à de la chair animale produite dans la souffrance et l'aveuglement, à des végétaux incapables de se reproduire, comme les OGM ou ces raisins (qu'on trouve en bio!) sans pépins, comment pouvons-nous accepter que nos rivières soient polluées, que les zones sauvages se rétrécissent, que la lumière artificielle nous cache les étoiles, que le vent ne nous apporte pas le parfum musqué d'un animal, la senteur des décompositions automnales ou le chatouillement délicieux d'une floraison, mais l'odeur des voitures, les parfums artificiels, et la trace despotique de la présence humaine? Au prix de la misère intérieure, d'une blessure à l'âme, d'une fermeture des champs de perception, la même qui nous fait tolérer la misère extérieure de nos frères humains au pied de notre immeuble.

Bon, pas toujours facile de vivre à Paris...

dimanche 11 septembre 2016

La roue des saisons de la Charaka Samhita (traduction personnelle)

« La discipline de chacun lui conserve force et bon teint à condition qu'il ait connaissance de la cohérence nécessaire avec les saisons en ce qui concerne la diététique et l'hygiène de vie.
L'année se divise en 6 saisons. Parmi elles, la période de trois saisons allant des frimas à l'été est connue comme « réceptrice » tandis que le Soleil entame sa course vers le Nord ; l'autre période, allant des pluies d'été à l'hiver, est connue comme « relâchante » alors que le soleil descend plus au Sud.

Dans la période de relâchement, les vents ne sont pas aussi violents que pendant la période de réception ; la Lune, dont la force resplendit, rend la plénitude au monde par ses rayons frais comme le nectar, donc la période de relâchement est caractérisée par fraîcheur et tendreté. Par contre, la période de réceptivité est sous l'influence du feu (de la transformation). C'est ainsi que le soleil, le vent et la lune sont responsables de la manifestation du climat, des saisons, des saveurs, des doshas et de la force physique selon la nature de la période et le cours qu'ils suivent dans le ciel.
Pendant la période de réception, le Soleil reçoit l'onctuosité de la nature et, le vent âpre et brusque la desséchant, produit une sécheresse qui augmente des frimas à l'été et, en augmentant les saveurs amère, astringente et piquante, est la cause de la débilité de la santé à la fin de cette période.

Tandis que pendant les pluies d'été, l'automne et l'hiver, quand le Soleil descend vers le Sud, son ardeur faiblissant en raison du climat, de son cours, des nuages, des vents et des pluies, la puissance de la Lune est sans obstacle, la température ayant fraîchi avec les pluies du ciel, les saveurs non rugueuses -acide, salé et doux- augmentent dans l'ordre, permettant de redonner force aux hommes.
C'est-à-dire : les êtres humains font l'expérience de la débilité au commencement et à la fin, d'une force moyenne au milieu et du maximum de puissance à la fin et au début, des périodes de réception et de relâchement respectivement.

Pendant l'hiver, chez les personnes robustes, le feu digestif, contenu dans le corps par les vents froids, devient de plus en plus fort, capable de consumer toutes les nourritures, même lourdes et en grande quantité. De là, si le feu digestif n'est pas nourri de façon approprié, il consume les jus du corps même et c'est pourquoi l'air froid est vicié pendant la saison froide. Donc pendant l'hiver, chacun devrait user de bouillons onctueux, acides et salés de viandes d'animaux gras, vivant dans l'eau ou dans les marais, ainsi que la viande des animaux qui nichent dans des terriers et des prédateurs chassant en jaillissant sur leur proie. Après cela, la personne devrait boire du vin, du vinaigre et du miel. On protège son espérance de vie si on prend régulièrement des produits laitiers, des produits de la canne à sucre, des graisses, des huiles, du riz nouveau et de l'eau chaude pendant l'hiver. Chacun devrait faire usage de massages, d'onction à l'huile, y compris de la tête, séjourner dans une pièce chauffée, exposée au soleil, dans les étages ou au sous-sol. Pendant la saison froide, on devrait se déplacer en carriole (voiture), utiliser des lits et des sièges garnis de lourds draps de laine, de soie, de fourrure, ou de cheveux tressés et autres couvertures. Les vêtements devraient être lourds et chauds et on devrait appliquer une pâte faite de poudre d'aguru (écorce d'aloès) sur le corps. Quand on est au lit, on devrait dormir, dans les bras d'une femme épanouie ayant une poitrine généreuse et proéminente, enduite de pâte d'aguru, ayant une libido épanouie et éprouvant du désir, et avoir des rapports jusqu'à pleine satisfaction à l'arrivée des frimas. Quand l'hiver commence, on devrait éviter les nourritures qui augmentent Vata, les nourritures et les boissons légères, les régimes, les rafales de vent froid, et les boissons froides.

L'hiver et les frimas sont presque semblables : les frimas sont seulement un peu plus rugueux, en raison du commencement de la période de réception, et froids, en raison des nuages, des vents et des pluies. Donc tout ce qui a été dit pour l'hiver est valable pour les frimas. Pendant les frimas, on devrait résider dans une maison plus chauffée encore et encore mieux protégée du vent. Pendant les frimas, on devrait éviter les saveurs piquantes, amères et astringentes, et les nourritures et les boissons légères, froides, et augmentant Vata.

Pendant le printemps, l'accumulation du dosha Kapha, desséché par le fort rayonnement du soleil, perturbe la circulation de la chaleur corporelle et cause de ce fait de nombreuses pathologies. Donc, pendant le printemps, ce sont les thérapies évacuatives, telles que les émétiques, qui seront utilisées ; les nourritures et les boissons acides, grasses et douces ainsi que la sieste doivent être évitées. Au moment des floraisons, on devrait pratiquer l'exercice physique, l'onction, les fumigations, les gargarismes, l'application de collyres et les bains chauds. On devrait appliquer sur le corps une pâte de bois de santal et d’aloès, et pratiquer une diète à base d'orge et de blé. Pendant le printemps, on mangera de la viande de wapiti, de lapin, d'antilope, de caille et perdrix grise. On boira sans risque des vinaigres et des vins. Ensuite, on se réjouira de la beauté des femmes et des forêts.

Pendant l'été, le Soleil draine par ses rayons toute l'humidité de la nature, ce qui rend les nourritures et les boissons douces, froides, liquides et grasses, particulièrement bénéfiques. La personne qui consomme régulièrement de la boisson mantha (à base de riz et d'orge grillée, proche de l'orgeat, NDLR), de la viande d'animaux sauvages et d'oiseaux, du beurre clarifié et du lait avec du riz ne souffrira de rien en été. Le vin doit être consommé en petite quantité, ou avec beaucoup d'eau, ou pas du tout. Les saveurs salées, acides et piquantes, ainsi que l'exercice physique doivent être évités. On devrait dormir dans une chambre fraîche pendant la journée, et la nuit sur la terrasse (toît) de la maison à l'air libre, rafraîchi par les rayons de la lune, le corps enduit de pâte de santal. Orné de perles et de joyaux, on s’assiéra parmi ses amis en s'éventant, rafraîchi par le contact de mains trempées dans l'eau de santal. Pendant l'été, on devrait s'en tenir aux forêts, aux eaux fraîches, et aux fleurs, ainsi qu'éviter les rapports sexuels.

Le corps affaibli à la fin de la période de réception, la capacité digestive s'amenuise, ce qui s'aggrave avec les perturbations de Vata pendant les pluies d'été. En raison de l'évaporation qui monte de la terre, de l'humidité des nuages, et de l'acidification des eaux, le feu digestif est affaibli et les doshas perturbés. Il est donc recommandé de modérer son activité. Pendant cette période, on devrait éviter les boissons froides, les siestes, la rosée, l'eau de rivière, l'exercice physique, le soleil et les rapports sexuels. On devrait souvent faire usage de nourritures et de boissons mélangées à du miel. Pendant la saison des pluies, quand la lumière est obscurcie par les nuages, qu'il vente et que la température descend, un régime à base d'aliments acides, salés et gras est nécessaire pour pacifier Vata. La personne, protégeant son feu digestif, devrait consommer de l'orge vieille, du blé et du riz avec la viande d'animaux sauvages et de soupes de légumineuses. Comme boissons : du vin ou d'autres types de spiritueux additionnés de miel et, en petite quantité, de l'eau de pluie ou de puits, bouillie et refroidie. On devrait se faire régulièrement frictionner et oindre le corps, prendre des bains, porter des parfums et des guirlandes, des vêtements légers et propres, et résider dans une pièce sèche, appropriée à la saison des pluies d'été.

Pendant l'automne, alors qu'on s'était habitué à la pluie et au froid, on se trouve soudain dans la chaleur des rayons du soleil, ce qui mène à l'aggravation du Pitta accumulé. Pendant cette saison, les nourritures et les boissons douces, légères, rafraîchissantes, légèrement amères et permettant de pacifier Pitta devraient être consommées en quantité appropriée et avec bon appétit. Pendant l'automne, on devrait consommer régulièrement la viande de caille, de perdrix grise, d'antilope, de mouton, de wapiti et de lapin, ainsi que du riz, de l'orge et du blé. On peut prescrire du beurre clarifié mêlé à des substances amères, des purgations et des saignées ainsi que d'éviter le Soleil. On devrait éviter les graisses, l'huile, la rosée, la viande d'animaux aquatiques ou de marais, le sel, le yaourt, les siestes et le vent d'est. L'eau, chauffée par les rayons du soleil le jour et rafraîchie par la lumière de la lune la nuit, cuite par le temps, libre de défauts et purifiée par l'étoile Agastya, est connue sous le nom d'eau lustrale, obtenue en automne, propre et pure. Cette eau est aussi bénéfique que le nectar si elle utilisée en bain, boisson et aspersion. Pendant la saison d'automne, il est recommandé de porter des guirlandes de fleurs de saison, des vêtements propres et de s'exposer aux rayons de la lune lors des premières heures de la nuit.

Voici exposée la conduite à tenir suivant les saisons. Ce qui est approprié à une personne en particulier est appelé le régime personnel. Ceux qui comprennent la cohérence (citée au début NDLR) définissent le régime personnel approprié par les qualités opposées à celle du lieu et des déséquilibres en cours. »

NDLR : la tradition ayurvédique est aussi beaucoup orale, donc certaines obscurités des textes ne peuvent être comprises ou dépassées sans l'explication d'une personne qui a réellement fait l'expérience des fondements ou en a reçu l'enseignement approprié.
Ailleurs, je parlerai aussi de la différence entre les femmes et les hommes, les riches et les pauvres, très perceptible dans ce texte, écrit à une époque où la tradition s'infléchissait déjà.

Ces textes sont mystérieux et on y pénètre avec du temps à mesure que la conscience s'éclaire. Tout n'est pas donné. Comme des koans ou de la poésie, des noeuds apparaissent, qui ne peuvent être défaits par le raisonnement, seulement par l'expérience et la conscience. Et c'est tant mieux! C'est beaucoup plus drôle!
Il s'y mêle aussi des traces d'une culture qui avait quitté la connaissance non-duelle des tantras pour aller vers la morale et la discipline qui permirent la domination brahmanique et la soumission des femmes. Ca, c'est moins drôle...ou encore plus: il faut ré-inventer les textes! Et c'est ce que je m'attache à faire dans les livres que je prépare sur les saisons.
Si quelqu'un voit une erreur dans la traduction, je lui serai vraiment reconnaissante de me la montrer.

mercredi 1 juin 2016

Juin

« C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes ses haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. » Le dormeur du val, de Arthur Rimbaud

Cueillette dans un jardin ensauvagé Juin, habiter l'espace jusqu'aux éblouissements du solstice
Sur les chemins et au bord des routes, dans les prés et les jardins, dans les bois, tout frémit, tout s'agite. Le végétal se tend vers la lumière, s'étire vers le soleil, à la conquête de l'espace, en épiaisons graciles, en floraisons colorées, et nous aussi.
Élan d'inspiration, d'expansion, de création, d'échanges: ceux de l'air dans les poumons, ceux de l'amitié, ceux de l'esprit qui se partage, se diffuse, s'ouvre, batifole comme le papillon, bourdonne d'activité incessante comme les insectes qui se multiplient, chante comme les oiseaux, danse comme les prairies... Il n'est plus temps pour les régimes et les efforts physiques, mais bien pour la douceur, qui nourrit ces envols en protégeant notre humanité. C'est le temps privilégié de la vie de l'esprit, étirant lui aussi sa substance vers la lumière, dans une quête affairée. Les idées, et les regards, fusent, volages, s'effacent, s'échangent... Peu importe, c'est bientôt l'été, le temps des vacances. « On n'est pas sérieux »... Temps de l'inspiration libérée des contraintes, de l'adaptabilité souriante et légère, de la respiration. Respirer le monde. Respirer au-delà du monde. Se gorger de lumière. Aux sommets, plus près du soleil. Contempler l'espace infini, être inspiré par la vision de l'immensité. Et oublier les démons d'Icare en sautant par-dessus les feux de la St-Jean, rappel à notre incarnation.

 Le piquant, saveur de la saison
Quand la saveur d'une saison n'est pas naturellement présente, on peut l'ajouter dans l'alimentation. Juin, c'est le déploiement des premières aromatiques : après le thym de mai, fenouil, menthe, mélisse, sauge, verveine, origan, hysope, calament, lierre terrestre... particulièrement en terres humides où le piquant du chaud et du sec sont moins présents. Et il semble que ce début de mois voit de l'humidité un peu partout...
S'il fait chaud et sec, on appréciera les saveurs douces, amères et astringentes qui apaiseront le feu. Préparations de céréales en brouets comme dans l'orgeat ou la soupe d'orge, infusions fraîches de camomille ou saveur subtile de branches de mélisse et de menthe laissées dans la carafe le soir, infusion d'écorces ou dilutions de vin tannique comme dans le miot qu'on apportait aux moissonneurs pour les désaltérer, ou la sangria espagnole, ou le vin que ma grand-mère nous diluait avec beaucoup d'eau lors des grosses chaleur, avec des tartines de pain frotté à l'ail. Vins de fleurs, qui ramèneront la transpiration, légumes juteux, céréales onctueuses et légères.
On mange chaud pour soutenir le feu digestif qui se dissipe sous la chaleur ou s'éteint sous la pluie: chaud en température, mais pas en énergie, et léger. Aussi, contrairement à des habitudes bien arrêtées, le repas froid n'est pas forcément celui qui nous fera profiter le mieux des chaleurs de l'été, à moins d'être constitué d'aliments piquants et stimulants, comme la gaspacho espagnol -un peu précoce quand même (non, ce n'est pas non plus la saison des tomates!).

 Juin, temps du repos souriant et enchanté
Si le soleil brille et nous grille, ou même si la pluie tombe, quelque chose en nous s'étire avec l'allongement des jours vers la manifestation, épuisant les réserves. Aussi n'est-ce pas la saison pour s'exposer au soleil, faire des pratiques demandant de l'endurance, avoir une intense activité sexuelle... mais laisser venir l'inspiration et monter l'épanouissement près du chant de l'eau, dans les berceaux de verdure, sous la générosité des futaies ruisselantes de lumière tandis que tout s'élance. Si on suit le rythme du soleil, on dort moins et on peut préserver sa chair et sa pulpe en faisant une sieste quand le soleil est à son zénith. Orgeat, mon favori de l'étéOn peut aussi manger les plus gros repas « à la fraîche », quand la température n'est pas encore ou plus à son maximum. Les massages à l'huile rappelleront au corps sa forme et délieront les tensions.
Cette saison est celle où l'on fait provision de chaleur interne, qui se manifestera à la saison froide.

Se rafraîchir dans la présence à soi-même
Bien sûr, rien de plus rafraîchissant que la présence des amis et des amours, le partage de la tendresse, la contemplation de la beauté de la nature, les soirées à chanter et à rire, l'abandon de soi, la délicatesse... mais aussi un lit couvert de pétales de roses, comme en Inde pour les fiévreux et les amoureux, une maison tenue fraîche par l'humidité des voilages parfumés, une douche des chevilles le soir à l'eau fraîche, les odeurs de fleurs comme le jasmin, le chèvrefeuille, la rose, la fleur d'oranger... fleur de chicorée

Potée de petits pois et courgettes à l'angélique (ou à la cardamome)
Ingrédients : une tasse de petits pois écossés (conserver les cosses pour la soupe), 3 ou 4 courgettes, quelques gousses de cardamome ou quelques graines d'angélique (Angelica archangelica) fraîches, une demi-tasse de crème liquide, sel, poivre, deux cuillerées à soupe de pavot blanc ou d'amandes effilées, quelques feuilles de menthe ou de coriandre.
Préparation : couper les courgettes en cubes et les placer avec les petits pois dans une casserole à fond épais. Ajouter une cuillerée de beurre clarifié et laisser fondre à couvert et à feu doux pendant une dizaine de minutes. Puis ajouter la crème, le pavot blanc ou les amandes effilées rôties à sec, le sel et le poivre, et les gousses de cardamome écrasées ou les graines d'angélique. Laisser à feu doux et à couvert jusqu'à ce que la crème ait imbibé complètement les courgettes. Servir avec menthe ou coriandre ciselée.

mardi 20 mai 2014

Précisions sur les stages à venir

Fleurs de nigelle

A la rencontre de la lumière

Pour les myopes, ceux qui passent du temps devant des écrans, qui ont les sourcils froncés... et les autres
Stage à Tours, du 6 au 9 juin (Pentecôte), de 10h à 17h, repas inclus, 200 euros.
Tandis que les plantes ouvrent leurs yeux de couleurs, un long WE pour raviver notre regard, et laisser là nos béquilles de lentilles et de lunettes:
- soins ayurvédiques: pieds, tête
- exercices de yoga: posture, souffle, regard
- technique de marche héritée de bergers
- plantes nettoyantes spécifiques
- points d'énergie
Assez pour faire l'expérience de quelques dioptries de plus, garder un petit bagage à pratiquer seul facilement, et soigner ses yeux d'enfant.

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Femme, mère

Pour les femmes qui souhaitent retrouver un équilibre pour elles et leur famille grâce à des outils simples spécifiques de la nature féminine.
En Gruyère, à 800m d'altitude, du 21 au 24 juillet.
Nous profiterons de la conjonction de Jupiter et du Soleil pour rejoindre les sommets à travers des randonnées quotidiennes. Sur le chemin, cueillette et repérage de plantes, pratiques de yoga au soleil levant, cuisine, point sur les pratiques féminines et destinées aux enfants, questions-réponses. Logement en sus, possible aux Laviaux, le gîte qui nous accueille souvent, au bord du lac de Gruyère. Prix, repas inclus: 400 euros.

lever de soleil à St Rémy

Purifier les souffles

Retraite ayurvédique d'été, du 26 au 31 juillet, pour le centre Kalachakra de la Sarthe (réservation et tarif au 01 40 05 02 22)
Pendant cette retraite, au moment de l'accumulation des souffles dans le corps dûs à la sécheresse et à la chaleur, nous ferons un nettoyage complet du système digestif (qui métabolise aussi les émotions, les pensées et les actions), si le temps le permet, après plusieurs jours de préparation par la pratique des postures, du pranayama, du yoga nidra, la cueillette et la cuisine de plantes sauvages et cultivées. Pratiques de 5h30 à 22h. Arrivée le 25 au soir. Inscription sur entretien téléphonique préalable.

Vue sur la Vallée Etroite

La montée au sommet

Retraite d'été et marche en montagne, du 4 au 10 août : le tour du mont Thabor(3178m), 84km de marche.
Sur ce très beau circuit du parc national de la Vanoise, riche en lacs de montagne, également voie de pèlerinage vers la chapelle Notre-Dame des 7 douleurs au sommet du Thabor: méditation, yoga et marche devenant silencieuse à l'approche du Mont Thabor, repérage de plantes sauvages et médicinales dans la très riche Vallée Etroite, observation des animaux sauvages, point sur la saison en cours (pluies d'été). Matériel de randonnée indispensable: bonnes chaussures de marche(pierriers) et chaussures plus légères, sac à dos confortable, "sac à viande", tenue chaude pour le soir...
Coût des séjours en refuge avec les repas (sauf déjeûner): 250 euros/personne pour 6 nuits
Coût du stage: 450 euros/personne (7 jours)

dimanche 19 janvier 2014

Stage de mars en Gruyère, retraite d'août dans la Vanoise

Le stage aura lieu à Riaz-en-Gruyère, à 700m d'altitude, dans la très belle et généreuse région de Gruyère. Si besoin, un covoiturage sera organisé depuis Lausanne ou Vevey. Comme d'habitude, les non-locaux seront hébergés par Sybille et Nicolas au gîte des Laviaux, au bord du lac, avec une possibilité de dormir en dortoir ou en chambre.
Au cours de ce stage, nous profiterons de la pureté de notre environnement et de la fraîcheur pour faire monter le feu de la transformation, celui qui fait éclore les fleurs de printemps, monter l'amour au coeur et briller les yeux, afin de réaliser les promesses de cette année et d'écarter tout obstacle en puisant aux forces du Vivant.
Le lac de Gruyère au printemps
Le stage se déroulera en deux temps:
- du 10 au 14 mars, de 6h30 à 20h, sauf le 14 mars (fin du stage après le déjeûner). Arrivée le 9 avant 19h. Pratiques intensives de yoga et pranayama, incluant des éléments empruntés aux arts martiaux ou aux pratiques monastiques, marche, cueillette (selon le temps), yoga nidra, cuisine...pour se relier aux forces vives de la saison et s'y abreuver. Amener une tenue souple, des chaussures tout-terrain, éventuellement une couverture et un tapis de yoga (il y en aura aussi sur place).
- les 15 et 16 mars, de 6h30 (pour ceux qui le peuvent, sinon 8h30) à 20h.
Poursuite des pratiques de la semaine, questions-réponses, cours d'introduction à l'Ayurveda reprenant les bases.
Le prix de la semaine entière est de 650 euros. Du 9 au 14 mars, 450 euros. Les 15 et 16 mars, 250 euros. La nourriture est incluse.
Les inscriptions pour chaque partie du stage, validées par des arrhes de 50% (encaissées une semaine avant le début du stage) pour les nouveaux, se termineront les 10 et 15 février: laisser un commentaire, non publié, ou appeler le 06 62 38 09 85. La réservation de l'hébergement est à faire directement auprès du gîte des Laviaux, où auront lieu les activités: info@leslaviaux.ch.
Sur place seront disponibles mon nouveau livre "La Voie Lactée", des huiles de massages appropriées à la saison, des produits d'hygiène et de beauté que je fabrique(poudre dentifrice, masque cheveux, poudre lavante...) ainsi que des mélanges de plantes et d'épices pour la cuisine et les tisanes.

En raison des réservations d'hébergement à faire au plus tôt, les personnes intéressées par le circuit de la montée au mont Thabor (détails dans le billet du 28 novembre) peuvent me contacter dès à présent.
Les prochains stages sont dans le billet du 28 novembre ou en cliquant sur le tag "stage".

mardi 20 juillet 2010

stage du 1er au 7 août: se ressourcer autour de l'Ayurveda

Stage à St Rémy de Provence "Se ressourcer autour de l'Ayurveda", du dimanche 1er août au samedi 7 août
Prix global: 450 euros fournitures comprises
Possibilité de faire tout ou une partie du stage, ou de s'associer à nous quotidiennement pour une pratique. Me contacter sur contact@pomana.net.
Voici le détail du programme:
- 6h30 à 8h30 yoga, yoga des yeux et pranayama au lever du soleil sur les hauteurs de St Rémy
- 8h30 à 10h30 dégustation du petit-déjeûner emporté, redescente avec repérage et/ou cueillette de plantes
-10h30 à 13h principes de diététique et d'hygiène de vie de saison, application à la préparation du repas
-13h à 16h temps libre (sieste...)
-16h à 18h préparation du petit-déjeûner du lendemain, et/ou de produits d'hygiène et de beauté, massage des pieds, beauté des cheveux...
-18h à l'ombre retrouvée, enchaînements de mouvements de penchak silat (art martial) ou yoga nidra (yoga du sommeil)

jeudi 8 juillet 2010

Merci de vos commentaires

Je ne sais pas comment faire pour afficher vos commentaires....si quelqu'un a une idée...
Moi, j'aimerais vraiment que sur ce blog, vous puissiez poser des questions, demander des ajoûts, faire des observations...c'était le but de départ du blog et de l'association: un échange.
Merci à Rose et Aleth donc, et voici un petit ajoût en réponse à Rose:
si on est écrasé par la chaleur, c'est que le corps manque de frais et d'humide (ben tiens!) et on peut faire plusieurs choses pour le nourrir de fraîcheur et d'humidité
-consommer à tous les repas des herbes de saison: pestos, taboulé libanais, salade d'herbes...elles renouvellent et nourrissent le sang
-consommer des ombelllifères: cumin, carvi, fenouil, anis, et même du vrai pastis (je ne dirai pas quelle marque) sucré à la réglisse et très allongé d'eau (transparent)
-onction et massage du cuir chevelu avec de l'huile ou une décoction fraîche de camomille, lavage des yeux avec de l'eau de camomille ou de bleuet, massage du corps à l'huile avant la douche le matin
-les odeurs sont importantes: présence de fleurs dans la maison, ou de pétales de fleurs sur le lit, ou aspersion d'eau florale sur les murs (pas sur le placoplâtre) ou les voilages, ou quelques gouttes d'eucalyptus ou de menthe dans l'eau de lavage du sol....aérer après la préparation des repas ou cuisiner dans ces cuisines extérieures traditionnelles de Provence si évidemment nécessaires.
-entre 11h et 18h, aux heures très chaudes, manger léger. On peut même ne consommer que des lassis salés (yaourt battu à l'eau) avec éventuellement des herbes du jardin ou de saison: menthe, absinthe, mélisse, origan, sarriette, calament, santoline...
-éviter les salades (hors saison) genre laitue, et tout ce qui est cru aux heures chaudes
-si on peut, se promener en début de matinée dans la forêt, le jardin, sur le bord du canal...
-rester près du sol: petit jardinage, ramassage d'herbes, sieste sur la terre, taî chi ou méditation dans le jardin...
-éviter le plus possible la télé, l'ordi, les jeux vidéos...
-si les pensées s'envolent, fixer une flamme ou le soleil à son lever (pas plus tard, et avec les précautions d'usage)
-et la plus grande source de fraîcheur: la fontaine de Jouvence de la tendresse, la présence de nos proches aimés, le murmure des paroles douces et fleuries, et la poésie: relire Eluard, Kalidasa, Rimbaud, Whitman, St Jean de la Croix, le Cantique des Cantiques...

vendredi 2 juillet 2010

C'est la canicule...

La St Médard, ça ne marche plus?!! En tout cas, il ne pleut plus, comme vous avez pu le constater...Il fait même très chaud et très sec. Ici, en Provence, le vent souffle un peu, rafraîchissant l'air mais accentuant l'impression de sécheresse.
J'y vais moi aussi de mes conseils pour supporter la chaleur:
-tirer les volets, les persiennes, les stores...pour maintenir votre lieu de séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres ouvertes pour permettre la circulation de l'air. Humecter régulièrement les rideaux: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce humidité. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot de fleur sans trou) sur le rebord des fenêtres.
-le matin au lever, s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur. Plus tard dans la journée, danser, chanter...et tout concourre à nous y encourager en été.
-si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, quitte à faire la sieste. Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel on puisse vraiment s'exposer en été, à moins de séjourner à côté d'une rivière, d'un lac, d'une piscine...
-en cas de manque d'appétit, trempette dans la piscine, la rivière, la baignoire...d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe...
-sous climat chaud et sec, consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau, surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le ventre plat et évite les problèmes de transits. Sous climat plus humide, des boissons au lait en dehors des repas.
-manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante.
-boissons de saison: orgeat véritable (eau de cuisson de l'orge, purée d'amandes, extrait d'amande amère, fleur d'oranger, miel), vraie limonade (eau miellée au zeste de citron très légèrement fermentée, puis allongée au jus de citron), thé vert à la menthe, tchaï, autres thés au lait, infusion de mélisse, de menthe, sucrée à la réglisse.
Les souffles s'apaisent avec le lait du soir avant le coucher, la tendresse salvatrice des proches, la contemplation des joues rondes de la lune, les nourritures fraîches en énergie.
Pour les gourmandes, c'est le moment des pâtisseries! Des vraies, nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui nourrissent la plénitude.

mardi 15 juin 2010

C'est l'été (suite)

Il a bien plu à la St Médard (8 juin), il semblerait donc que nous ayons encore de la pluie jusqu'à mi-juillet...Ici, en Provence, la mousson est bien agréable, même si pas au goût de tout le monde. Une sorte de légèreté et de joie flotte dans l'air....Les tensions montées avec la chaleur sèche se relâchent dans la grâce.
Avec la pluie, et l'air qui se rafraîchit, on a envie de plus de liquides -soupes de légumineuses, potée de légumes encore gorgés de jus, bouillons apéritifs...-, de plus d'onctuosité, de boissons fraîches ou à température de pluie, de miel, de beurre clarifié, de pains moelleux et onctueux. La saveur acide prend le dessus, comme à la saison des pluies de fin d'été...En cas de lourdeur, on peut se remettre à manger des céréales complètes -épeautre, riz, blé, millet-, se frictionner vigoureusement, boire un peu d'alcool après les repas...
Le matin au lever, on prend soin de nettoyer les ouvertures du corps, avec de l'huile ou de l'eau salée: narines, oreilles, gorge...
L'exercie physique ou le yoga peuvent être plus toniques, profitant de la force apportée par la pluie: enchaînements de postures après les étirements, katas, chorégraphies....
Exemples de menus:
Petit-déjeûners: pain au lait et miel rosat, fromage frais, thé vert/ soupe de lentilles et légumes, pesto de basilic, pain de riz vapeur/ blinis de farine de pois chiches, compote de pruneaux, bouillon de légumes...
A suivre

mardi 8 juin 2010

C'est l'été depuis longtemps

Après les Saints de Glace, l'été est arrivé. Il est temps de changer notre alimentation et nos modes de vie en douceur pour épouser les forces de la Nature. Le tapis vert a grimpé en hauteur jusqu'à concurrencer notre humaine hauteur, nous sommes presque enfouis par cet élan vers le soleil du solstice. "Un petit val qui mousse de rayons" juillet_2009_005.JPG

Elan d'inspiration, de création, d'échanges: ceux de l'air dans les poumons, ceux de l'amitié, ceux de l'esprit qui se partage, se diffuse, s'ouvre, batifole comme le papillon, bourdonne d'activité incessante comme les insectes qui se multiplient, chante comme les oiseaux...Nos corps traversés de cet élan vers le très haut se tendent, perdant parfois leur moelleux, et le chemin vers la lumière peut être entravé par un noeud dans la gorge, fait de chant retenu. Il n'est plus temps pour les régimes et les efforts physiques, mais bien pour la douceur, qui nourrit ces envols en protégeant notre humanité,
Libérer la parole et le chant, paroles d'amitié dans la fraîcheur des maisons et des berceaux de fleurs, chant quotidien pendant les travaux domestiques répondant au chant de l'oiseau. Le corps est bien accompagné par des postures de yoga toutes en harmonie, tenues plus longtemps, sur plusieurs respirations, sans effort...suspendu dans la fluidité des souffles d'air ambiants, mais aussi par le taï chi, et la danse sous toutes ses formes.
On se rafraîchit les yeux et le foie, comme dans "Les Mille et Une Nuits", par le spectacle de la beauté: fleurs, femmes, enfants, paysages, créations...et contemplation de l'espace, où se dissolvent les excès de feu et les tensions qui n'ont plus prise.
On mange chaud et cuit surtout, on boit chaud aussi, mais des nourritures et des boissons fraîches en énergie: courge, concombre, courgette, laitues, pourpier, cerises, melons, orge, amande, herbes de saison...Tandis que le corps grille sous la chaleur, le palais apprécie particulièrement les mets doux, liquides, onctueux, légers, aux vertus émollientes, adoucissantes, subtiles.
Sirop de violette, thé à la menthe, sirop de coquelicot, orgeat véritable, eau de source où on a laissé macéré une branche d'absinthe, ou de menthe, des écorces de citron..., lait au safran et aux amandes fraîches....toutes boissons fournies en abondance par les plantes de saison. Limonade maison avec ou sans gingembre, sirops fermentés, vins très dilués à l'eau...

mardi 23 mars 2010

C'est le printemps!

Ca frétille dans le jardin, sous les feuilles et dans l'humus, dans les arbres aussi, et ça gazouille, ça miaule sur les murs et ça fleurit dans les champs, en à-plat de couleurs fragiles comme des illusions.
Pas d'erreur, c'est le printemps, 40 jours après la Chandeleur qui annonçait cette année un hiver à rallonge, et à la nouvelle lune de Carême, après les frimas.
005.JPGAphyllanteviolettes_spontanees_du_jardin.JPGeuphorbe
Ici, les floraisons angéliques de l'amandier, du prunier, de l'abricotier et du pêcher se superposent dans la hâte aux odeurs de miel des buis fleuris et du romarin dans les Alpilles. On sent aussi dans les prairies humides après la pluie de ces derniers jours les oignons sauvages sortis de terre; une bouffée de violettes ça et là, et des pousses vertes jaillissant partout, déployant peu à peu leur secret, des rosettes de feuilles avec ou sans fleur, des odeurs encore à peine perceptibles...
Pas d'étonnement donc si c'est le temps des graines germées: le matin avec un peu de sel, de gingembre ou de chaat masala et de citron, de fenugrec, de pois chiches, de mungo...après une tisane astringente qui nettoie l'estomac de ces rejets de l'hiver qui coupent parfois l'appétit et rendent lourd: thé sans sucre ou infusion de feuilles d'arbousier, par exemple.
C'est aussi le temps des sèves: de bouleau si vous pouvez vous en procurer de la fraîche, d'érable diluée, de réglisse... sèves douces au temps où le sucre semble trop acide. Et mâchonner son bâton de réglisse pourrait vous aider à garder la niaque dans les éblouissements de printemps...
Si on regarde bien chez le maraîcher, il n'y a pas grand-chose à manger, de saison: pommes, citrons, choux, carottes, panais, poireaux, et des pousses...et vraiment, ce n'est pas le moment des bananes -sauf avec du citron, de la noix de coco et du miel-, des tomates -sauf confites-, et autres acides.
Alors célébrons le printemps: mangons des pousses! Des tartines de pain maison grillé au pesto de pissenlit, du hoummous, du caillé, et du miel de pissenlit.
Pour porter le frétillement printanier dans nos estomacs, de l'eau miellée et légèrement fermentée, un hydromel très léger qui attendrit et réveille les énergies encore pleines de résistance à l'hiver.
A cette saison, les textes ayurvédiques déconseillent de consommer sucre, graisse, viande grasse et alcools, ainsi que de faire la sieste.
Saveurs douces, subtiles, amères et astringentes; qualités sèches, craquantes, croquantes, légères, rugueuses; énergie en fermentation, en création. Type de cuisson: rôti, grillé, séché. Type d'aliments: boissons fermentées légèrement, pains levés, fruits secs, vieil orge, vieux blé, légumes grillés, miel, viande d'animaux de contrées désertes (si vous en mangez). Des exemples de menu du matin:
Pain au lait au sirop de bourgeons de pin, graines germées au citron, jus de carottes frais
Perles de caillé grillées (type gulab jamun) dans un peu de sève d'érable, tartines grillées
Pains de farine de pois chiches cuits à la vapeur, poêlée d'orge germée, gelée de pommes
Galettes d'épeautre levées, pesto de pissenlit et tahin, jus de citron au miel
J'attends vos commentaires...

jeudi 26 novembre 2009

Plats du moment

Tandis qu'à Paris, la pluie apporte sa subtilité et sa douceur, le soleil est toujours présent en Provence. Nuits froides, journées tièdes, nous sommes encore dans l'été indien, même si le froid gagne du terrain. Donc, retour à un régime amer, doux et astringent, inspiré aussi par les décompositions finissantes de l'automne et les belles moissons dorées qui recouvrent le sol.
L'usage de gras reste à modérer tant que le froid de la nuit ne se prolonge pas le jour, et tant que les dernières feuilles n'ont pas rejoint le sol. On peut utiliser, de préférence à l'huile ou au beurre, les crèmes d'oléagineux (amandes, sésame, noix de coco...), ou la crème fraîche.
Si la douceur vraiment printanière de ces derniers jours se traduit aussi par de l'énervement, le besoin de tout changer, de nouvelles aspirations, prendre des eaux de fleurs, des pestos (cresson en particulier), des fruits, et ne manger que si on a faim. Si au contraire, en raison d'un fort feu digestif, le transit est trop rapide, ou si on se sent dépourvu de volonté, fondu, une tisane de myrte, écorce de chêne et mélisse, devrait aider à se rassembler, ainsi que du coing, des poires et des pommes. Mais on peut aussi aimer être fondu...
Voici des exemples de menus, pas tous végétariens:
-semoule d'orge grillée au beurre clarifié, poêlée d'épinards aux cubes de fromage caillé, topinambours aux pommes, chutney de poires
-blancs de poulet en ragoût de cresson, pain d'épeautre, pesto de persil, coing cuit au four et sucré au miel.
-poêlée de chou et carottes au carvi, semoule de blé à la fleur d'oranger, soupette d'orties, tarte Bourdaloue (sans oeufs pour nous)
-patates douces au four dans leur peau, pesto de cresson, mâche aux noix et aux écorces d'orange, glace au sésame
-soja vert à la crème et à la cardamome noire, tarte de potimarron, compote de pommes aux épices.
Le matin, nous avons grand faim. Des fruits d'abord: clémentines, pommes, premiers kakis, et toujours les grenades...puis quelques céréales rôties, délayées avec un yaourt allongé d'eau; ou des tartines épaisses et légèrement grillées de pain d'épeautre humide et moelleux avec du beurre clarifié et du miel, ou du sirop de coing ou de grenade; ou de la brousse avec du sirop, et des boulettes d'orge grillée; ou du vrai pain d'épices, fermenté longuement, délicatesse extrême et remède à lui tout seul...
Voilà pour les exemples qu'on me demande souvent...
Prochain billet sur le pain d'épices de la St Nicolas justement.

dimanche 8 novembre 2009

C'est l'hiver?

Ici, les feuilles entassent leur moisson dorée dans les chemins, le soleil fort réserve encore quelques bouffées de salsepareille au promeneur, tandis que des baies rougeoyantes à l'éclat infernal jettent leur capiteux éclat sur le bord des champs, clin d'oeil des tréfonds dans lesquels la nature part se nicher pour l'hiver et auquel répond la pure aurore des grenades et des arbousiers...Il fait froid.
Grenade éclatéeFleurs_et_fruits_d_arbousier.JPGSalsepareille en fleur sur un buisson de romarinBaies rouges
Le travail familier de la mort ensemençant la vie commence. Les vers attaquent les derniers fruits, les dernières herbes, les tas de feuilles se décomposent en exhalant leur odeur chère, humble et prometteuse. Richesse de la terre porteuse des graines de l'année à venir sous la sauvegarde bienveillante des décompositions de l'année passée.
Oui, début de l'hiver. Nouvel An en Inde. Fête des lumières, fête des morts. Fin de l'année agricole.
Il est temps d'adapter encore son régime.
A en juger par les élans des roses épanouies de mon jardin malgré la fraîcheur, la montée du feu de l'hiver est rapide. Il sera vite là, et froid...
Pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, il est grand temps de faire le ménage. Du corps, de la maison, de l'âme...Le feu qui monte avec le froid porte joie, amour et clarté, mais attention aux feux de cheminée, alors ramonons.
Tandis que dehors les atours de l'été se défont dans la terre, on peut manger de même des nourritures fermentées: viandes faisandées, vins vieux, hydromel, véritable pain d'épices, vins de fleurs, eau-de-vie de fruits, yaourt. Peu d'herbes, plutôt des épices, peu de fruits frais
Les saveurs sont acides, sucrées, salées. Les textures moelleuses, onctueuses, grasses, liquides.
Le feu digestif est fort, empêché de se disperser hors du corps par le froid extérieur, on peut donc manger ... ce que l'on souhaite.
Commencer la journée avec un massage à l'huile en profondeur, pour aller réveiller l'énergie nichée dans les profondeurs des tissus, puis se laver et se frictionner. Quelques gouttes d'huile de sésame dans le nez, les oreilles et la gorge. Cela encourage les éliminations, détend la zone de la tête, donne une belle voix, de beaux cheveux, un beau regard, un front sans ride... L'exposition au feu, au soleil, et au chauffage est à faire avec précaution, puisque cela disperse le feu intérieur. On peut dormir un peu plus. Pratiquer des exercices d'énergie interne le matin, une acivité qui fasse un peu transpirer, des échauffements de toutes sortes, avant de sortir. Et surtout, aller visiter ses propres profondeurs, se retirer à l'intérieur de soi de temps en temps, là où se retire le soleil.

mercredi 14 octobre 2009

Je suis ce que je mange

Je suis ce que je mange
Tout est dit. C'est fini. Je peux remballer mon cours ou mon livre, tout est là dans cette phrase étonnante et connue, à la portée de chacun.
Nous passons en cuisine.
Non?
On peut aussi écrire des volumes entiers sur cette phrase, des encyclopédies même.
Je suis ce que je mange. Ou ce dont je me nourris, dans une traduction plus vaste.
Tout parle autour de nous. La cerise de juin, pulpeuse, juteuse, ferme et douce, exultant de sang festif, restaure la plénitude de cet organe rougeoyant que l'on nomme vésicule biliaire et, dans la médecine populaire, absorber son noyau broyé dans du vin chasse la pierre (calcul) formée dans l'organe. Soin par la métaphore.
De même que la pariétaire qui casse la pierre pour infiltrer ses racines dans les murs chasse les calculs du corps en les rompant. Le légume à la chair pulpeuse que je grille envoie dans mon corps l'impulsion des éliminations de printemps ou d'automne. De même que la nouille, avatar de pâte trop cuite et dégoût des italiens, me change en... nouille! Le brocoli, avec sa tête de bronchiole verte, apaise mes poumons enflammés, et l'amande fraîche, « histoire » du vocabulaire érotique des Mille et Une Nuits*, nourrit la matrice et la parole, si liées dans l'imaginaire. La crinière verte des orties poilues nourrit la pousse des cheveux, tandis que le jus incarnat des grenades régénère le sang et la chair. Le riz blanc et le lait nacré purifient et rafraîchissent le corps; le ghee au bel éclat doré apporte abondance et richesse, et rend aussi incorruptible que le beau métal en emportant les excès, les rayons de la lune lui rendent fraîcheur et plénitude.
Les textures sèches, rugueuses, craquantes, sèchent mon corps de l'intérieur, empêchent l'avachissement extérieur sous la chaleur, absorbent les trop-pleins, augmentent les souffles. Et la farine d'orge grillée calme la formation de mucosités. Tandis que la crème de riz et le yaourt infusent leur douceur dans ma chair.
Les résines embaument, conservent, et restaurent la forme d'origine, sur une fracture par exemple, comme elles le font pour l'arbre. La sève de bouleau montant au jeune printemps porte le même élan de vie dans mon corps, comme la graine juste germée y envoie l'empreinte du jaillissement, de la manifestation, de la sortie de l'ombre. Les légumes et les fruits pleins de chair et de jus gonflent la chair du corps, tandis que les fruits secs -amandes, noisettes, raisins...- contribuent dans certaines conditions à la formation de concrétions, tout comme les vieux fromages. Le fromage caillé, lui, nourrit la formation des os.
En me nourrissant de saveurs subtiles, j'ouvre les champs de perception de mes sens. Avec les saveurs primaires et couvrantes, surtout quand elles excluent les autres, je recouvre les autres champs de la réalité, qui deviennent imperceptibles jusqu'à paraître inexistants, ce qui peut parfois être nécessaire. (Mais à consommer trop de saveurs totalitaires, on nourrit peut-être le dictateur ou l'ignorant en soi, et la vraie solitude existentielle dans un monde expurgé de sa beauté. )
C'est la théorie des signatures. Mentalité magique peut-être...mais moyen mnémotechnique des médecines populaires du monde, un monde conçu comme une suite de métaphores, un monde de poésie pure où fort heureusement, parce qu'il échappe à la systématisation, parce que tout ne se voit pas à la surface ou au microscope, la métaphore elle-même ne fonctionne pas toujours. Le médecin doit se faire poète et voyant...
Mais le propos dépasse l'aliment ou le remède.
« Ce dont je me nourris » inclue tout ce qui nourrit mes sens et mon intellect. La nourriture ici, ces sont les sons, les odeurs, les textures, les goûts et ce qui se voit ou ne se voit pas, ainsi que les idées et les histoires. Ce que je perçois de la réalité est ce qui me nourrit, et façonne ce que je suis. C'est un « karma », c'est aussi un choix qui fonde ce que je suis, ce que je vis. Ce que je cultive et rêve de ce monde merveilleux est ce qui fonde mon expérience, comme la vieille du conte qui déroule son rêve de bonheur dans la tapisserie brodée au fil des jours et au sang de ses yeux. La tapisserie s'envole à la fin et s'étire pour fusionner avec son pauvre village, devenant réalité. Mais la vieille du conte avait fait silence dans sa solitude et l'ombre de sa maison pour broder et dérouler son rêve de beauté.**

  • l'amande est une métaphore de l'entrée du vagin, dans les Mille et une Nuits et, dans , le héros est chargé de trouver une jeune fille vierge, dont l ' « histoire » serait comme une amande, c'est-à-dire qu'elle n'aurait rien à « dire ».
    • conte raconté par Henri Gougaud

mardi 6 octobre 2009

Automne

En Provence, les feuilles commencent à jaunir et tomber, emportées par le vent.
La fraîcheur incline au retrait dans l'intérieur, surtout la maison douillette le matin. Les montagnettes proches résonnent de temps en temps de bruits de chasse.
J'ai le sentiment que suivre le mouvement des saisons, c'est aussi en ce moment se laisser habiter par le dépouillement de la nature. Laisser là les vieilles feuilles, les réserves inutilisées, dans le corps comme dans la maison, vider les placards trop pleins, tout ce qui a fleuri et fructifié ces derniers mois...et se mettre en route dans la douceur et la profondeur mélancolique de cette saison vers l'or de l'hiver intérieur, délesté de tout bagage. Pour que le printemps soit nouveau...
Et, comme la nature qui offre ses plus beaux fruits en ce moment, offrir à tout va. Ce qu'on a, ce qui ne sert pas, ce qui est précieux, ce qui est beau...Jeûner de ses possessions en quelques sorte.
Diwalî, la fête des lumières, le noël indien, a lieu bientôt.

mardi 29 septembre 2009

Aux couleurs de l'été indien

Il y a des fraises dans mon jardin, des fleurs sur le chèvrefeuille, de nouvelles pousses sur mon rosier, des oignons sauvages qui pointent leurs tiges...Les pluies commencées avant la nouvelle lune se sont vite arrêtées, nous sommes entrés directement dans l'été indien comme dans un nouveau printemps.
Bam!
Ruissellements de lumière, pureté, ciel bleu marine, enthousiasme, inspiration...joie
La grippe hahaha a du mouron à se faire jusqu'à la prochaine lune.
Le régime change à nouveau...
Devant l'éclat du soleil, l'intensité des contrastes, on se fait petit et humble, nourri. Rien à dire. Les goûts restent simples, peu ou pas d'épices, les saveurs amères, douces et astringentes sont à privilégier, un régime de yogi qui accompagne les élans du coeur, donnant au feu qui monte l'espace pour devenir subtil.
Des fruits, de l'eau purifiée par le soleil le jour sur votre fenêtre et par la lune la nuit, des oléagineux (noisettes de saison, noix, amandes...), des légumes verts, de l'orge de préférence aux autres céréales, peu de gras, du lait cru (et bio uniquement, si vous le supportez), des fromages frais. On profite des fruits de saison: coings, arbouses, pommes, poires...mais pas de scoubidous.
Grenade aussi, en jus concentré comme on en trouve en magasin bio, ou à manger délicatement. Particulièrement si on éprouve du dégoût, ou des symptômes de gastro, à l'arrivée des "fleurs" pour les femmes. Belle grenade qui ancre les élans dans la chair pour préserver le feu de l'hiver. Elle n'est pas encore tout à fait mûre en Provence, mais bon.
Quelques boissons très légèrement parfumées: l'eau de cuisson d'une poignée d'orge rôtie à sec, du thé vert à la menthe... on sucre avec de la réglisse, du miel.
Peu ou pas de boissons alcoolisées, le vin coupé d'eau si on en prend (pas pour ceux qui pensent que c'est un sacrilège), des viandes maigres (si vous en consommez), du beurre clarifié.
Des textures sèches, rôties, comme celle des chapatis, du pain grillé ou du miel, mais émollientes aussi. Des nourritures légères, subtiles, douces.
Des étirements mais pas trop d'effort physique, des pratiques douces, de la danse..
Comme les pluies se sont interrompues très vite, on peut être un peu raide, du corps, de l'esprit et du coeur. Chou, carotte, poireau, oignon, cannelle un tout petit peu...
Jusqu'au 18 octobre.

samedi 19 septembre 2009

Suite des pluies de fin d'été: proposition de dinacharya, ou routine quotidienne

Voici comment on peut envisager les journées d'automne, inspiré par l'Ayurveda (Ashtanga Hridaya chap.2), ou le bon sens, ou le plaisir. Comme d'habitude, ce sont des propositions n'ayant aucune valeur coercitive. Surout ne changez pas brusquement, si vous en aviez l'énergie, toute votre routine.
-se lever dans les deux heures précédant le lever du soleil (entre 5h et 7h du matin), particulièrement inspirantes et propices à la création
- contempler la condition de ce corps
-faire ses ablutions après l'élimination des excreta
-se brosser les dents avec des essences de bois astringentes, amères et piquantes*
-appliquer du collyre dans les yeux *
-instiller dix gouttes d'anutailam, ou de ghee ou d'huile de sésame, dans chaque narine
-faire des gargarismes avec une cuillère d'huile
-inhaler de la fumée, par exemple d'encens à base de bois: indien ou tibétain, ou poudre de cade (en vente chez Nature et Découverte)
-mâcher quelques graines de cardamome
-se masser à l'huile*, en particulier la tête, les oreilles et les pieds, puis prendre une douche tiède
-faire de l'exercice jusqu'à la moitié de sa force
-se masser le corps avec des poudres parfumées*
-repasser sous la douche et se frictionner en sortant
-prendre son premier repas et conduire sa journée en conformité avec ses devoirs
Pour ceux et celles qui ont des problèmes de lourdeur, le nez qui coule, la concentration vacillante, l'agacement ou le découragement qui monte, pour ceux et celles qui sont déprimés, atones, émaciés, dégoûtés...parce que la cause peut aussi simplement être... le changement de saison.
Suite au prochain billet

  • produit bientôt disponible sur le site pour les membres de l'association uniquement, et à prix coûtant

jeudi 17 septembre 2009

Stages de l'association

Voici les dates des possibilités pour les stages d'été 2010 qui se dérouleront -je l'espère- au même endroit qu'en 2009:
-du 11 au 17 juillet 2010
-du 1er au 7 août 2010
Les détails sont sur www.pomana.net, en attendant l'ouverture du site de l'association, ainsi que les dates de stage et les cours que je propose en mon nom.
A vos plannings!

mercredi 16 septembre 2009

saison des pluies de fin d'été

Ca y est!
2 jours avant la nouvelle lune, un brusque changement du temps en Provence, attendu depuis la mi-août: il pleut à torrents et la température a considérablement baissé. Pour les filles du Nord que nous sommes, c'est le bonheur! Cela va-t-il durer?
C'est le moment de changer de régime alimentaire en tout cas.
Voici une traduction libre du passage de l'Ashtanga Hridaya Samhita (un des trois textes fondamentaux de l'Ayurveda) consacré à l'apparition des pluies de fin d'été:
"En automne, le feu digestif déjà faible chez certaines personnes, débilité par l’été, devient plus faible encore et est vicié par les doshas. Les doshas sont augmentés par les nuages lourds de pluie, le vent froid soufflant brutalement. L’eau est polluée par la pluie, la chaleur de la terre et son acidité. Toutes les méthodes pour diminuer les doshas et promouvoir le feu digestif doivent être employées.
Thérapies purificatrices (vomissement, lavement, purgation astringente).
Se nourrir de grain vieux, jus de viande épicés, viande d’animaux de contrées arides, soupes de légumineuses, vin vieux de raisin et décoctions fermentées.
Boire de l’eau de pluie ou provenant de puits profonds, bouillie.
Les jours sans soleil, la nourriture doit être à prédominance acide, salée et grasse, mélangée à du miel, et facilement digeste.
Ne pas se déplacer à pied, utiliser du parfum, exposer ses vêtements à des fumées parfumées, séjourner dans les étages supérieurs de la maison, protégé du froid, du vent et de la neige."
Cela demande à être commenté et adapté, bien sûr.
Dans la Charaka Samhitâ (un autre des trois textes fondamentaux), on vous recommande les bains tièdes suivis de frictions du corps: cela chasse la sensation de lourdeur qui peut s'installer, et rétablit la circulation. Pour nos petits loulous en pleine rentrée, cela peut être spectaculaire. Un petit souvenir de votre enfance et des frictions à l'eau de Cologne?
Se nettoyer le nez 3 fois par jour, pendant les premiers jours de pluie, en y instillant de l'huile à l'aide d'un compte-goutte permet de pévenir les affections ORL, les risques de douleurs des cervicales, les désordres des souffles empêchant la concentration, et même...la perte des cheveux. Sans parler de tous ces bienfaits, c'est très agréable et cela donne aussi un beau regard, une belle voix, un beau teint. Bien sûr, cela va vous faire évacuer des mucosités. Pas très glamour au début et à pratiquer dans sa salle de bains porte fermée. Le résultat, lui, est glamour. Vous pouvez utiliser anutailam, préparation traditionnelle sur une base d'huile de sésame destinée à cet usage en vente facilement sur internet (de préférence fabriquée par Arya Vaidya Sala), ou quelques gouttes de beurre clarifié, l'huile d'olive étant une alternative plus tonique mais efficace.
Egalement de saison la consommation de vins au miel ou d'hydromel. Mmmm... La suite dans le prochain billet...

mardi 8 septembre 2009

Beau temps en Provence

Toujours pas de pluie en Provence depuis le mois de juillet. Lumières splendides, pleine lune argentée dans une nuit toute marine et brillante, nuits fraîches et vivifiantes, enthousiasme et émerveillement pour la rentrée...Intensité. Cela veut aussi dire que pitta et vata sont aggravés dans le corps. Jusqu'à la nouvelle lune prochaine le 18 septembre, et le possible changement de temps, vous serez peut-être tentés de privilégier les nourritures douces, amères et astringentes, le miel, le lait, les herbes fraîches, les fruits frais, les viandes (si vous en consommez) maigres, l'orge... et de boire beaucoup. Un "truc" tout simple qui me plaît beaucoup en ce moment: les branches de menthe et de mélisse fraîche que je glisse dans ma bouteille d'eau minérale...et le thé vert à la menthe bien fort. Et la tisane de fleurs de sureau, et les jus de fruits frais du jardin de mes voisins, et ma gelée de pommes à la lavande avec le pesto de persil sur les tartines du matin... Mes amis plus âgés voient leurs problèmes d'arthrite et d'hypertension se réveiller. Tisane de fleurs de sureau encore, et diète progressive aux légumes et aux fruits sont d'excellents remèdes de saison.

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