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Tag - été indien

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lundi 12 septembre 2016

Une super-lune approche

C'est le moment de préparer de l'eau lustrale, autour de cette super-pleine luneP1000541.JPG ou de la prochaine, le 16 octobre.

Ce qu'il faut : de l'eau pure, de pluie, de source...

Préparation : exposer l'eau au Sud, dans une bouteille, un bocal ou une dame-jeanne en verre, à la lumière de la lune et du soleil pendant 9 jours consécutifs, ou seulement un jour et une nuit pour un usage quotidien. S'il pleut ou que des nuages couvrent complètement le ciel, couvrir la bouteille.

Quand /où? Dans les jours qui entourent la pleine lune et l'équinoxe d'automne; quand les contraires nous semblent irréconciliables : la nuit et le jour, le masculin et le féminin, le Bien et le Mal... ; au matin frais avant d'aller voir le lever du soleil, quand on est amoureux (« ...d'amour et d'eau fraîche »), en Provence, à la montagne.

Ça fait quoi ? Ça hydrate en profondeur sans causer de production de sécrétions, ça purifie, ça apaise, ça équilibre, comme la saveur particulière du lever et du coucher du soleil... Ce n'est que de l'eau mais aussi un nectar, il faut le goûter pour le sentir et le croire.

Les travaux de Masaru Emoto sur la mémoire de l'eau peuvent éclairer notre perception de l'empreinte laissée dans l'eau par un mot, une intention, un son, les astres... et on retrouve l'eau lustrale dans plusieurs systèmes de médecine. En Grèce et à Rome, elle servait pour les cérémonies de purification , les lustrations: d'un homme, d'un groupe, des champs, d'une ville... et était censée chasser les épidémies et les mauvais esprits, et protéger les récoltes. Comme l'eau bénite plus tard...

vendredi 9 octobre 2015

Les Orionides et les Draconides: à la diète!

DSCN4952__600x800___600x800_.jpgCertains d'entre vous ont éprouvé l'envie soudaine de se mettre à la diète ces derniers jours, que ce soit bouillons de légumes et compotes ou monodiète. Peut-être leur corps anticipait-il l'effet du passage de la terre dans le nuage des Draconides (pic les 8 et 9 octobre), particulièrement puissantes cette année, et qui offrent encore pendant quelques jours, grâce à une lune peu visible (même si elle ornait magnifiquement le ciel ce matin au levant, semblant faire de son croissant une coupe pour la splendide Vénus), de jolies pluies d'étoiles filantes. Comme je l'ai déjà expliqué souvent sur ce blog, mon professeur Philippe Cougnot attirait notre attention sur les changements dans la composition de l'atmosphère terrestre lors du passage dans les queues de comètes, rappelant les traditions de pays à l'astrologie mieux développée, où il est coutume de jeûner dans ce cas. J'ai aussi fait le lien avec les moments d'accumulation des doshas dans le corps que mentionne la médecine ayurvédique. En ce moment, pitta s'accumule, ce que l'activité intense cette année des Draconides, jointe à celle des Orionides plus étalée sur le mois d'octobre (pic autour du 21 octobre), rend particulièrement apparent. En cas d'inappétence, de nausée, de douleurs articulaires, de paupières lourdes au réveil... Au jardin en Corrèzeune diète est donc tout à fait appropriée, au moins de produits animaux, ainsi que les autres moyens de pacifier pitta: purgation, don du sang en l'absence de praticien habilité à pratiquer une saignée sur les endroits appropriés, consommation d'aliments rafraîchissants, doux, acides et astringents, ou des acides astringents qui revitalisent pitta comme l'épine-vinette, le coing, la prunelle, la grenade, les cormes... On peut aussi boire l'eau d'un verre dans lequel une cuillerée d'argile a trempé pendant la nuit, et recommencer quelques jours, 1/2 h avant le petit-déjeuner, ou profiter de la bernache ou du bourru qui sont disponibles en ce moment (moût de raisin fermenté, faiblement alcoolisé).
Le regard nettoyé, on devient particulièrement sensible à la splendeur d'une branche inclinée, d'un oeil allongé, d'une couleur devinée dans les arbres, du couchant... et on peut se laisser habiter par les bonheurs d'octobre, mois de la grâce et l'union des contraires.
Si on a grand faim, le nez qui coule, l'impression d'être collé au plafond, la nuque un peu raide..., une bonne cuillerée à soupe d'huile d'olive ou de beurre clarifié chaud le matin à jeûn 1/2h avant le petit-déjeuner, voire des gargarismes à l'huile en plus, un bain de pieds à la moutarde le soir (deux-trois cuillerées à soupe de graines écrasées ajoutées à l'eau chaude au dernier moment), 17h sur le pont de fildes postures ancrées dans les cuisses lors des pratiques matinales, ou une marche tonique dans les brumes du matin, ainsi que la contemplation des couchers de soleil dans l'espace infini, aideront à passer cette période où Mercure va quasiment stationner en face d'Uranus.

Idées de menu en l'absence de diète ou pour après:
Petits-déjeuners: porridge sans lait à la compote de pommes; coing cuit au four, bsissa à l'eau; fouace légère au safran ou cuchaule gruyérienne, birnel ou pommée , émulsion de coing cuit au beurre, tartines grillées, beurre clarifié et pommée, infusion de houblon.
Déjeuners: potée de châtaignes aux coings, mâche aux fruits secs; tourte de courge, salade mélangée; salade radis noir et roquette au kéfir, poêlée de choux, gratin d'orge.
Goûters: gâteau vapeur farci à la compote de haricots, pomme ou coings au four, tatins de poires/coings/pommes; bradj
Dîners: soupe de maïs et poivrons rouges, salade (mélange de mauve, violette, pissenlit, pourpier, roquette, fraisier, chicorée...), tarte sablée à la verdure; potée de poulet aux coings, polenta, salade; gratin de bettes, soupe minestrone.
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Bradj, ou gâteau de semoule
Ingrédients : 500g de semoule fine de blé ou d'orge, 500 g de pâte de dattes/abricots/figues/pommée/poires tapées..., 1 grosse tasse de beurre clarifié, sel, cannelle, clou de girofle, verveine, zeste d'orange
Préparation : Faire un puits avec la semoule. Y verser le beurre clarifié et la pincée de sel. Rassembler comme pour une pâte sablée, et ajouter de l'eau pour lier, sans pétrir.
Diviser en 2 boules et laisser reposer.
Sur une feuille de papier sulfurisé ou sur un marbre huilé, étaler la pâte de dattes en deux disques au rouleau bien huilé. Saupoudrer avec les épices.
Sur un marbre ou sur une feuille de papier, étaler la moitié d'une boule de pâte en rond. Ajouter par-dessus un disque de dattes, puis un autre disque de pâte. Sceller les bords. Etaler au rouleau sur une épaisseur de 1 cm ou moins. Faire cuire sur une poêle de fonte ou un tajine en terre à feu doux, des deux côtés. Recommencer l'opération avec l'autre disque de dattes. On peut aussi étaler en rectangle ou en carré et découper des losanges de pâte, mais il faut faire attention, lors de la cuisson, que la pâte de fruits ne coule pas et ne brûle pas.

couleurs d'automne en Corrèze Potée de poulet aux coings
Ingrédients: 2 cuisses de poulet entières, 1 coing, 4 feuilles de laurier, 1 cuillerée à café de coriandre pilée, 1 cuillerée à café de gingembre râpé ou de lamelles d'angélique fraîche, 1 bâton de cannelle, poivre au goût, 1 cuillerée à soupe de beurre clarifié,une grosse pincée de filaments de safran, rue ou asa-foetida.
Préparation: faire chauffer du ghee dans une casserole, ajouter le gingembre ou l'angélique, 1/4 de cuillerée à café d'asa-foetida ou une branche de rue, et les cuisses de poulet. Laisser revenir à feu doux et à couvert environ 10 mn.
Au bout de ce temps, ajouter le coing pelé et coupé en tranches, 1l d'eau ou de bouillon, et les épices. Laisser cuire à couvert à feu moyen environ 3/4h. Au bout de ce temps, la viande sera devenue juteuse et tendre, la sauce aura pris une consistance crémeuse et une jolie couleur. On peut saler, ou pas. A servir décoré éventuellement avec des baies d'épine-vinette, avec de la polenta ou de la semoule, ou autre... On peut, si on est végétarien, préparer le même plat à base de châtaignes crues pelées.

Je suis désolée, j'ai dû re-désactiver les commentaires en raison du nombre impressionnant de spams...

mercredi 2 septembre 2015

Un petit coup de frais, de tendre et de doux: recettes

DSCF5575.JPGLes températures ont fraîchi et il reste à peine quelques jours pour cueillir les feuilles de pêcher nécessaire au rinquinquin. Quand on veut qu'il vieillisse bien, on les cueille après le 15 août et la récolte des pêches, et avant le 15 septembre... On en met deux poignées, après les avoir essuyées, dans un litre de bon rosé de Provence, avec 1/2 tasse de sucre blond ou 3 cuillerées à soupe de miel de lavande, et on laisse macérer deux semaines. Comme les fleurs et les fruits, les feuilles ont des propriétés laxatives et adoucissantes. Au moment où la fraîcheur naissante permet au corps de relâcher les souffles et la chaleur accumulés pendant l'été, la pêche infuse sa douceur dans notre corps.  A déguster à jeûn le matin par temps frais et humide, quand on a du mal à se réveiller, ou dilué, avec des feuilles de menthe et des pêches macérées en morceaux, par un après-midi radieux d'été indien qui emporte le coeur dans l'immensité, en écoutant "Are you?" de The Soil & The Sun.(lien dans la colonne de droite)
On peut aussi faire provision de bsissa, comme déjà évoqué. Faire rôtir 300g d'orge dans une poêle à feu doux jusqu'à une belle couleur marron. Puis, faire de même avec 100g de pois chiches et 1 c. à soupe de graines de lin. Eteindre le feu et placer dans la poêle chaude 50g de graines d'anis vert, 50g de graines de fenouil, et 50g de graines de coriandre. Passer le tout au moulin pour obtenir de la farine. Mêler la farine obtenue avec 100g d'un mélange de fruits secs locaux (noix, noisettes, raisins, pommes, épine-vinette, amandes...) et repasser au moulin.
 A consommer cuite dans le lait ou le bouillon pour être bien nourrissante par temps frais et humide, avec éventuellement du miel ou de la mélasse de raisin ou de pommes, en petit-déjeuner quotidien; pétrie avec du beurre clarifié et du miel, découpée en losanges luisants, et croquée comme un gâteau avec un thé ou une tisane pour être stimulante et énergétisante, par temps ou climat sec et chaud, lors de voyages ou de randonnées; cuite avec un peu d'eau ou de bouillon, et salée... Elle peut aussi constituer la base d'une mono-diète purifiante et délicieuse, avec un peu de poivre, qui permettra de relâcher chaleur et sécheresse de l'été sans excès de flamboiement, pendant les derniers jours de rétrogradation de Vénus (jusqu'au 6 septembre).

dimanche 28 septembre 2014

Brume, rosée et pureté

DSCN7017__800x652_.jpg Les matins sont frais et chargés de rosée, parfois aussi de brume, démasquant les araignées qui ne sont pas encore réfugiées dans les maisons, matérialisant les voiles de la réalité, unissant toutes choses sous les premiers rayons du soleil. On peut avoir envie de s'alléger avec une cuillère à soupe de vin de noix à jeûn ou, comme mon grand-père et en cas de travaux physiques, avec une lichette d'armagnac dans la soupe de légumes matinale. Oui, moi j'ai plus envie de consommer une bonne soupe de légumes avec de petits pains cuits à la vapeur au petit-déjeûner en ce moment qu'une assiette de céréales sucrées! Avec le feu qui monte, on peut aussi avoir l'estomac trop chargé, et se contenter de vin de noix et de pommes crues qui nettoieront les trop-pleins, et s'adonner à la bernache en journée.
DSCF7565__533x800_.jpg Si notre corps n'exsude pas spontanément comme les plantes et la terre en ce moment, un petit tour au sauna peut aussi éviter ou atténuer les douleurs articulaires et les maux de dos; ou le travail physique au soleil chaud de l'après-midi, comme le grand nettoyage de la maison dans lequel nous sommes nombreuses à nous être lancées spontanément.
Le corps appelle des nourritures onctueuses, digestes, humides, douces, amères et astringentes... acides aussi pour régénérer le feu digestif, et la tomate n'est pas le seul fruit qui le soit: les dernières framboises et fraises, les premières baies mûres d'épine-vinette, les prunes, les poires, les pommes locales, les coings, le coulis de prunes sauvages... Les fruits de Provence sont certes plus goûteux et sucrés, mais moins adaptés à notre climat doux et humide, ils peuvent être facilement écoeurants; comme l'huile d'olive, parce qu'ici la tradition est l'huile de noix, ou la crème, et c'est bon!
Château dans le ciel rose Cet automne nous offre surtout ses couchers de soleil, quand tout flamboie tendrement, quand sur le miroir de la Loire apaisée, dans la lumière qui s'éteint et la célébration des oiseaux tournoyants, tandis que se délitent les nuages et les rocs, se reflète comme un rêve l'espace infini du ciel, effaçant tout attachement dans la félicité dansante de l'union.

L'angélique et la berce ont déjà entamé leur retrait vers les racines, l'épine-vinette a mûri ses fruits, les prunelles sont goûteuses, les arbres roussis... L'hiver va arriver vite et sera très froid, je pense.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: vin de noix, soupe paysanne, pain d'épeautre cuit à la vapeur ou au bouillon; chantilly au raifort et aux amandes, confit de légumes, tartines grillées, tisane; salade de pommes et céleri crus; céréales croustillantes au lait de riz, gingembre ou angélique râpés, épine-vinette et graines de chanvre.
Déjeûners: radis noir et roquette à la crème, tarte sablée à la verdure; tourte de courge, pesto de cresson; pâte de prunelles, semoule grillée aux poireaux et aux raisins secs; châtaignes grillées, sauce acidulée à l'épine-vinette ou aux airelles, bâtons de chou rave et carottes crus .
Dîners: patate douce cuite au four ou sous la cendre, poêlée de brocolis, panna cotta à la gelée de coings; risotto d'orge, bouillon de légumes, pesto de roquette; gratins d'épinards, crackers d'orge, chutney de prunes à la cannelle, riz au lait.

Avis de recherche: lieux de stage dans le nord et l'est de la France: Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes, Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Bourgogne.

samedi 23 août 2014

Garder la tête froide

Fleur de capucineUn bel été indien commence avec un peu d'avance. La joie monte et ouvre les "éventails du coeur" dans la pureté des matins de rosée, le chatoiement des couleurs d'automne, déjà, et les verts printaniers des plantes "remontantes". Les lumières répondent aux contrastes de température, à cette valse hésitation entre la mort et la vie qui commence, entre le retrait et la manifestation. Après l'été en suspens, on sent une montée, quelque chose arrive, en l'attente duquel tout frémit.Houblon et vigne vierge
Le houblon installe ses cônes blancs sur les pourpres de la vigne vierge, la Loire resplendit -les hérons daignent à nouveau fréquenter ses bords-, les capucines et les ipomées accrochent leurs volutes colorées sur les grilles... C'est une période propice au travail des yeux, à la contemplation du lointain, à l'inspiration créatrice, et à l'ouverture du coeur. Pour garder la tête froide, et les pieds sur terre malgré les envolées éblouies, une version moins glacée et plus quotidienne d'"ice bucket challenge" peut être agréable.
Ipomées Le soleil nous a manqué cet été, mais s'y exposer maintenant, tandis que le rougeoiement de la nature apparaît précocement, peut contribuer à toutes les formes d'inflammation, particulièrement dans la zone de la tête. Contempler ses lumières, ses reflets, son éclat au levant ou au couchant est sans doute plus propice. C'est la période de l'année où on peut avoir envie de s'entourer de blanc, de surfaces liquides parce que réfléchissantes, de boire de l'eau fraîche à tout moment. Particulièrement celle placée sous les rayons de la lune puis du soleil, et ainsi purifiée. Ou aromatisée d'un trait de mélasse de grenade et de quelques gouttes d'une eau de rose véritable; ou accompagnée d'un mélange de graines d'anis et de fenouil sucré, pour chasser les souffles capricieux; ou rafraîchie par quelques graines de basilic mises à tremper dedans la veille.L'épine-vinette a sorti sa très riche palette de couleurs
On peut aussi, comme les plantes grimpantes qui fleurissent ou fructifient en ce moment, avoir envie de s'étirer à travers des postures de yoga, afin que la lumière nous traverse et resplendisse dans nos yeux sans nous rigidifier ni nous sécher. Un bon moment aussi pour un passage au hammam.
C'est la pleine saison pour le beurre clarifié, à consommer sur des préparations chaudes, éventuellement avec de l'origan, en fleur en ce moment, ou le mélange "sauvage" qui en contient; mais aussi pour les légumineuses et les solanacées de saison: soupe au pistou, minestrone, soupe paysanne, tarte... comme on veut, tous les jours pour apaiser le feu qui monte en nous. MuflierA cette saison, comme en été, les saveurs rafraîchissantes sont privilégiées: doux, amer et astringent,ainsi que les textures sèches, rôties, onctueuses mais légères, pectorales, et des saveurs subtiles, modestes devant l'éclat de la manifestation, camphrées comme le basilic, la menthe, la lavande ...
La chaleur qui monte le soir peut être apaisée par un bain frais au couchant avant un repas onctueux, ou une marche tonique, ou une douche des chevilles à l'eau fraîche, ou de vastes perspectives, ou le chant... Toute activité endurante, demandant de puiser dans la fraîcheur intérieure, est à éviter, particulièrement pour les femmes: pas de vélo, de longue marche au soleil, de record à battre, de long travail sur l'ordinateur...
Le besoin de pureté peut nous conduire à faire le grand ménage de la maison, celui de l'automne, et à nous dessaisir de ce qui ne nous sert pas, pour contribuer à faire circuler les biens matériels, et faire comme les arbres qui laissent leurs feuilles, les plantes annuelles qui commencent leur retrait vers la terre, et nous préparer d'un coeur léger au mouvement d'accélération du trigone d'octobre entre Jupiter et Uranus, et au dépouillement de l'hiver, grâce auquel donner de l'espace à nos rêves.

Sérénité maternelle d'un lac de montagne Un nouveau mélange d'herbes est venu me chatouiller, puis adoucir et parfumer mes minestrone: camomille, anis, romarin, etc... Il s'appelle "L'enfantin". J'en aurai sur le prochain marché.

Propositions de menus:
Petits-déjeûners: thé vert, Reine-claude, céréales croustillantes aux baies d'épine-vinette, yaourt battu à lamenthe; infusion des 4 fleurs pectorales, poires, porridge de farine d'orge grillée; smoothie de fenouil et pourpier, potée de légumes, galette non levée.
Déjeûners: poêlée de verdure et fromage caillé, riz sucré au safran, pesto de menthe; tartines grillées de brouillé de lait, salade tomates et basilic, confit de légumes tiède, tourte de reine-claude; salade fleurie, pesto de feuilles de capucine, tarte sablée aux poireaux; salade de roquette et radis noir ("la vigoureuse"), riz blanc, gaspacho.
Dîners: minestrone, feuilles de vigne farcies, pesto de basilic et tartines; boulettes d'orge, bouillon de légumes au beurre clarifié, fromage frais; potée de haricots verts et pommes de terre, Fontainebleau au coulis d'angélique,
Et quelques photos de cet été...avant une petite expo tout le mois de novembre chez mes amis de la librairie "Lire au jardin" à Tours.
La grâce omniprésente de la reine-des-présL'impeccabilité de la grande astranceLa fleur de carotte fructifiant repliée en nidLes graines bien rangées de l'épilobe Un bouquet de réséda blanc et de margueriteLes curieuses fleurs de la renouée vivipareLes éventails plumeaux de la linaigretteUn lever de pleine lune sur la montagne

dimanche 13 octobre 2013

Le temps du rougeoiement, menu du 19 octobre

DSCF7485__533x800_.jpgC'est le temps du rougeoiement. Dans la grande forêt parcourue par la brume, puis sous la pluie douce, l'oeil s'accroche ça et là aux bouquets de couleurs: les fruits du houx, du cornouiller, de l'églantier ou de l'épine-vinette, les lianes de la vigne vierge, la bruyère finissante, les premiers écussons d'or des peupliers... Eux seuls paraissent encore exister sans se fondre dans l'omniprésence de l'eau, celle qui guide la poussée de l'arbre, celle qui suinte de nos corps de promeneurs, celle qui est en suspens et porte la trace récente d'un cerf, d'un renard, d'un blaireau, puis celle qui pleut sur nous, hâtant toute décomposition, nous mêlant à l'écorce en devenir de terre.DSCF7600.JPG Dans la brume qui traverse tout, je commence à me défaire, puis sous la pluie qui me parcourt, je se liquéfie, devient la pluie, la terre odorante, les feuilles multicolores, les animaux haletants, les branches alanguies, l'eau de la source qui jaillit de la terre, l'arbre qui s'élève, l'espace entr'aperçu entre les branches nouvellement dénudées, le feu qui se manifeste dans les couleurs de l'automne avant de s'éteindre... Je s'étire à l'infini.
Sur le chemin boueux, à la rencontre de la main, l'automne déploie ses trésors de nourriture: belles châtaignes dans leur bogue épineuse et anisée, noix à la chair tendre et laiteuse sous l'écorce noire et la peau amère sur laquelle mes doigts s'affairent patiemment (leur donnant plus de prix encore), cynorrhodons pulpeux à sucer sur place, près de la fontaine fraîche. Et "je" se rassemble à nouveau.
DSCF7488__531x800_.jpgPetite mort de l'automne du scorpion, saison d'été indien où les frontières s'abolissent, jusqu'à la grande frontière du jour des morts, ancien Samaïn pendant lequel ils côtoyaient les vivants. C'est le temps pour pleurer ce qui n'est plus, ce qui se meurt, ce qui ne s'est pas déployé. Avant d'entrer dans la nudité de l'hiver, la nuit du monde, où tout chose est en germe; avant de rêver notre printemps intérieur dans la vigueur de la saison froide.
Pour relâcher la pression des soufffles vers le haut, les migraines et les troubles ORL, on peut faire des bains de pieds sinapisés (avec une grosse poignée de graines de moutarde écrasées). On peut aussi boire de la bernache (sorte de cidre de raisin) ou de la bière faiblement alcoolisée ou artisanale, manger des fruits d'automne, tous ces fruits doux, acides et astringents, des noix fraîches, des chataîgnes, des céréales comme le millet, le sarrasin ou le quinoa, du cresson, de la mâche, du pourpier surtout, et du basilic toujours. Aigrette impressionnisteOn peut alterner ou associer les nourritures qui rassemblent et permettent d'exister dans la décomposition et la chaleur: saveur astringente, texture sèche, craquante, croquante, grillée, rôtie, et les saveurs qui adoucissent les éventuelles irritations dues à la chaleur: nourritures onctueuses, pectorales, légères, subtilement parfumées, rafraîchissantes.
Comme il fait très chaud cette année, il peut être encore plus important de s'ancrer: lever avant le soleil pour profiter de la paix et de la beauté de ces heures solitaires, douche ou aspersion froide au petit matin, travail physique, tendresse des proches...

Soleil mâtinal sur le lac Léman Menu végétalien du 19 octobre:
Pesto de basilics et crackers aux graines
Riz moelleux aux aubergines et lait de coco
Soupe de lentilles carottes et céleri
Petits pâtés de courge
Salade aux herbes sauvages
Pannacotta aux pruneaux

dimanche 8 septembre 2013

Recette: tourte à l'amarante

DSCN4816__800x600_.jpgAvec l'amarante de Marc, du marché Beaujardin, j'ai eu envie d'une tourte aujourd'hui, en accord avec le temps. Prendre environ 5 litres de têtes d'amarante sans graines. Ebouillanter à l'eau salée 1 à 2 minutes. Egoutter puis hâcher, et mêler à du beurre clarifié, du sel et un peu de garam masala. Placer un disque de pâte brisée au fond d'un moule à tarte, étaler le mélange d'amarante, saupoudrer de parmesan, puis couvrir d'un autre disque de pâte dont on scelle les bords avec le fond en faisant de petits tortillons. Enfourner à four chaud environ 30mn. Déguster avec un peu de limonade de sureau et un chutney de prunelles éventuellement.

lundi 2 septembre 2013

Pour les jours de matins frais et de soleil chaud

La menthe aquatique embaumait si fort sous le soleil du matin que c'était enivrantTemps d'éblouissements, de contrastes forts et d'envolées du coeur, dans le feu qui monte avec les fraîcheurs matinales et les après-midi intenses sous le soleil, dans le murmure incessant des peupliers. Gorgée de lumière, d'odeurs, de sons, de couleurs franches tandis que la douce lune s'efface la nuit dans le ciel. j'avance vers l'équinoxe, point d'équilibre qui éclaire les antagonismes, avec les premiers rougeoiements. Fleurs de renouée persicaireOn peut être stupéfié devant le déploiement intense de la manifestation, emporté par l'enthousiasme loin des contingences terrestres, ou fondu par la douceur pure des jours qui se succèdent, chaque seconde paraissant dans son intensité se suffire à elle-même... Fouler alors aux pieds les perles précieuses du matin frais, se parer comme l'aube de nacre et de brillants, s'arroser d'eau pure et fraîche avant le soleil, respirer l'odeur camphrée des buissons de menthe, Buisson de consoude, la mère réparatriceplonger son regard dans le ciel pur et immense au-dessus de la Loire, surprendre le héron et la biche au matin frais, ou les premières couleurs dans le ciel, en rêvant cette rentrée, cette année, ce moment... et nos amours, tendres, gourmandes, rayonnantes. On peut se nourrir d'amour, d'eau fraîche et de lumière ou se laisser inspirer par les propositions qui suivent:
- petits-déjeûners: tisane d'aspérule, tartines grillées, hilbeh; verveine-menthe, pâtisseries orientales; Fontainebleau, gâteux secs au miel, infusion fraîche d'angélique; fougasses au beurre, mélange sauvage, sirop de sureau (fleurs et fruits); panacotta. brioche au safran, infusion de reine-des-prés; bsissa, thé vert.
Solidage -déjeûners: pestos crémeux et tartines, salades sauvages et fleuries, liqueur d'absinthe à l'eau; tsampa, bouillon de légumes; riz au concombre et au yaourt, roquette, soupe de courgettes; tarte sablée aux herbes du chemin et au chèvre frais, courgettes grillées.
-dîners: bouillon de tomates et petit-lait à la menthe, boulettes d'orge; risotto d'orge et tiges d'angélique, soupette de carottes sauvages; feuilles de consoude ou de vigne farcies, caviar d'aubergines, tartines grillées ou crackers.

dimanche 16 octobre 2011

Menus de matins frais et de soleil chaud, menu du cours de samedi 22

Petit-déjeûner: infusion de fenouil,genévrier et romarin, bradj, pomme au four, nuage de chantilly; infusion d'aspérule odorante, muesli de chataîgnes, poires.
Déjeûner: oignons confits aux épices, galette de semoule d'orge, carottes vichy aux ombellifères, salade sauvage, kéfir; gruau de fenugrec à la grenade, pain de semoule, salade de fromage frais, roquette et moutarde sauvages à l'huile de noix.
Dîner: soupe de potiron beurrée, pain d'épeautre chaud; bouillon de légumes, tarte sablée, salade de carottes au citron.

Samedi, nous préparerons pendant le cours: une tarte sablée aux poireaux à la farine d'orge, une soupe de chou et carottes, une salade que j'espère sauvage, un confit de poires, du pain d'épices, de la vraie guimauve.

vendredi 23 septembre 2011

Jour d'équinoxe

Ce matin, nous avons atteint ce point où, l'espace de quelques heures, la nuit et le jour sont d'égale durée, et puis, doucement, puisque c'est l'automne, les forces de la nuit vont prendre le pas sur le jour, jusqu'au triomphe du solstice d'hiver. Nous avons passé la frontière...Elle s'accompagne parfois de mélancolie, mais aussi de profondeur, d'humanité, d'équanimité. Le jugement se suspend dans l'équilibre, les opposés se fondent, la beauté de toutes choses apparaît dans les clairs-obscurs rougeoyants, au moment de quitter la manifestation pour le retrait vers l'intérieur...
D'une manière générale, les plats et les saveurs de l'été, ainsi que les produits provenant de contrées arides sont les plus à même de tempérer le feu du moment.
Les contrastes de températures sont toujours aussi forts, avec des yo-yos de montagnes russes, qui peuvent épuiser chez beaucoup d'entre nous la stabilité intérieure, la patience, la compassion...
Ceux qui ont encore quelques "surplus" non digérés dans le corps, peuvent avoir des débuts d'angines avec le re-doux, des lourdeurs dans le corps, du dégoût au matin...Et les purgatifs de saison seront particulièrement utiles, voire une journée de mono-diète au raisin, ou quelques verres de cette "bernache" que je découvre en Touraine grâce à Nicolas, un informateur local, première fermentation du moût de raisin, qui digèrera les surplus, et amènera le rafraîchissement. Du jus de grenade aussi, des infusions fraîches de plantes astringentes, ou de thé vert, de mélisse, de menthe fraîches.
Chez ceux qui n'ont pas de surplus, les saignements de nez, des troubles de la vision, le dessèchement de la chevelure, les sensations d'angoisse à l'épigastre, un certain abattement, voire des troubles du rythme cardiaque... peuvent temporairement se manifester. Il importe alors de se rafraîchir et de s'ancrer. Danser, chanter, faire la fête, se dépenser physiquement... pour expulser le trop-plein de feu. Contempler le lointain, investir tout le corps de la conscience du mouvement, de la respiration... Boire de la grenade aussi, du jus de raisin, de l'orgeat, mais surtout du petit-lait (recette dans un billet précédent), précieux allié du moment. Pour garder au corps et au coeur leur douceur, des bouillons de viande ou de poisson (bouillabaisse, chaudrée...), ou de légumes au beurre si on est végétarien, ou des soupes au lait le soir, à la fraîche, et de la crème fraîche légère. Et les autres adoucissants et émollients: mauve si présente, guimauve, amandes et oléagineux de saison, bourrache, pourpier, réglisse, compotes de pommes et de coings.., On peut relâcher un peu la pression des souffles vers le haut avec des bains de pieds "sinapisés": dans de l'eau bien chaude, une poignée de graines de moutarde écrasées; ou avec la libération des paroles retenues, dans la douceur de la réconciliation, ou la fureur joyeuse de la liberté qui abat les faux-semblants.
Se lever au petit matin, avant le lever du soleil, pour profiter de la sérénité infinie de l'aurore, quitte à démarrer la journée tout en lenteur; transpirer, marcher, voir des amis, des amours, contempler la beauté à l'oeuvre autour de nous...tout ce qui peut conforter, rassurer, attendrir, apaiser. Jeûne d'ordinateur et de télé très recommandé. S'entourer de scintillement, d'eau, de fleurs, de couleurs et de blancheur...
Toujours les saveurs douces, amères, et astringentes. De l'orge, du sarrasin, du millet...Des textures sèches, craquantes, et liquides, peu d'épices ou de parfum, sauf les fleurs. Pour les "têtes raides", du chou, de la carotte, du radis noir, le blanc des poireaux et, si les champs de perception trop ouverts sont sources de douleur, on peut refermer temporairement la fenêtre avec de l'ail, des cacahuètes, du pavot, de la noix de muscade, de l'oignon...le temps de se reposer.
Quelques idées de menus:
-petits-déjeûners: raisin, pain au lait, gelée de framboise; pain d'épices, jus de grenade, crème chantilly; petit-lait, compote de pommes, galette de blé non levée; oreiller de lait (recette dans un billet précédent), gelée de coings, thé vert; gruau de soja vert au lait.
-déjeûners: poêlée de verdure aux cubes de fromage caillé (recette dans mon livre), condiment de poires aux écorces d'orange confites, galettes de sarrasin; pain d'épeautre moelleux, pesto de menthe crémeux, potée de potiron au curcuma; galettes de blé non levées, pesto de persil, légumes grillés au four, brousse; salade de pourpier, feuilles de mauve et violette aux noix, tarte aux blancs de poireaux, bouillon de poule; bernache, chataîgnes rôties, potée de chou et carottes; tourte de potiron à la crème et au persil, pesto de cresson, radis au beurre salé...
Aromates du moment: graines de fenouil et de moutarde, baies de genévrier cade, romarin, rue...
Herbes sauvages du moment: mauve, chélidoine, bardane, berce, chénopode...
Une belle équinoxe à tous, que notre joie s'élève!

vendredi 5 novembre 2010

Diwalï 2010, la fête de la lumière

Sumac fustet flamboyant ou arbre à perruqueArbouses et fleurs d'arbousiers Fleurs de salsepareille champ de vigne d'automne Phénix tordant ses ailes dans le feuplaqueminier et ses promesses de kakisrideau de vigne viergepetit sumacsumacvigne vierge et acacia

Après la pluie de la Toussaint, après le Mistral et ses bourrasques, le soleil est revenu dans les Alpilles. Elan, porté par la lumière omniprésente.
Sur les chemins enluminés, un esprit-phénix tordant ses ailes en s'échappant de son arbre, le bruissement des sequins d'or des peupliers, l'odeur de la salsepareille projetant encore ses envoûtements ça et là et ses boules de cristal rouge, le flamboiement des sumacs, des pistachiers, de la vigne, l'or des acacias, la délicatesse des pudiques arbouses près de leurs clochinettes, le plaqueminier portant à bout de bras ses fruits lourds tandis que tombent ses feuilles, des buissons de moutarde noire aux fleurs jaunes, les restes calcinés des herbes d'été, tiges noires en train de se recroqueviller, les promesses de richesse de l'odeur d'humus dans l'ombre des chemins où je foule et flotte dans une abondante moisson de feuilles.
Célébration de la lumière. Lumière qui se dessine aussi dans les ouvertures, là où les arbres n'ont plus de feuilles, où le regard porte au loin enfin. Le soleil dans sa course vers le Sud nous éclaire d'une lumière nouvelle, en transparence.
J'avais oublié. Aujourd'hui 5 novembre, dernier jour de la lune d'octobre, c'est Diwalï, le jour de la fête de la lumière en Inde. A cette occasion, les hindous rénovent et décorent leurs maisons. Des petites lampes en argiles appelées diyas sont allumées dans les temples et les maisons, toute la nuit. On dessine également des rangoli (nord de l’Inde) ou kolam (Sud de l’Inde) sur le sol, à l’entrée des maisons avec de la poudre de riz et du safran pour colorer les formes et ainsi réserver un accueil chaleureux aux visiteurs et à la famille. Des traces de pieds peuvent aussi être dessinées à l’intérieur de la maison pour indiquer le chemin à la déesse Lakshmi qui est supposée pénétrer dans les maisons propres et belles et bénir ceux qui y vivent. Les puja sont célébrées le soir. Les chants, prières et offrandes à la déesse rythment la célébration. Au sud de l’Inde, la coutume veut qu’avant le lever du soleil, les aînés enduisent d’huile le sommet de la tête de leurs cadets, en commençant par le plus jeune. Après le bain, on s’habille de neuf, on visite la famille et les amis, on échange des cartes, on offre des cadeaux et des sucreries. Cette fête commémore le retour du héros Rama du royaume de Lanka, où il a vaincu, avec l'aide d'Hanuman, le démon Ravana, et repris sa chère Sita, enlevée par le démon: son effigie immense est brûlée dans la joie dans les villages au son des feux d'artifices (on en trouve une scène dans le film d'Ashutosh Gowariker "Swades", et la préparation de cette fête au Gujarat dans le film de Sanjay Leela Bhansali "Hum Dil De Chuke Sanam").
Les pâtisseries traditionnelles incluent la crème de yaourt (recette dans un billet précédent), les beignets de pâte d'amande au safran (recette dans mon livre), mais aussi les gulab jamun (recette dans un billet précédent), les jalebi, les burfi, les mysore pak...Couleur, richesse. Celle de l'année à venir, puisque ce jour marque la fin de l'année dans le calendrier de l'Inde du Nord.
Rafraîchissement aussi, pour que le feu qui monte dans la nature ne fasse pas s'échapper notre vie. Il me faut répéter que les rhumes, gastros, irritations oculaires...du moment ne sont pas dûs à un "virus", "microbe", refroidissement... mais bien à un excès de feu, ce qui paraît évident quand on regarde autour de soi. Il est temps de manger les herbes qui restent ou repoussent, les merveilleux fruits de l'automne en dehors des repas, des légumes verts ou oranges comme ceux de la famille des cucurbitacées, des desserts au lait, des aliments "guru" dont la qualité est d'ancrer dans la chair les élans flamboyants de l'automne, de l'orge, des épinards...Le yoga des yeux peut être particulièrement important à pratiquer en ce moment, ou tout simplement la contemplation de la base d'une flamme de bougie (trataka), jusqu'au larmoiement rafraîchissant. Temps du coeur aussi, où les émotions retenues se déploient avec la chaleur intérieure, libérant leur force de réjuvénation, dans le partage des richesses de l'année passée. Pour allumer la lampe intérieure qui permettra de traverser l'hiver aride jusqu'à la résurrection du printemps.
Happy Diwalï!

dimanche 10 octobre 2010

En route vers la pleine lune d'octobre et les fêtes de Durga la majestueuse

Rouge sang, partout: d'abord la vigne vierge et le sumac, les aiguillettes modestes du souchet, le hièble finissant, les baies d'alisier et d'aubépine, puis dans les ors commençant de mon jardin, ça et là dans la forêt le long des guirlandes de salsepareille au capiteux parfum, au bord de l'eau même et déjà sur l'arbousier -qui lui aussi donne fleurs blanches et fruits rouges à l'automne- et les fruits du pistachier, puis dans les joues de rebond de la pomme, et dans mes mains rouges du sang de la grenade...quelque chose flambe et consumme dans la splendeur de l'automne les oeuvres patiemment écloses dans la nature depuis le printemps, tandis que les bois résonnent du son de la chasse et du sang versé. Le soleil, lui-même en chute, cède au froid, au non-manifesté, à la nuit, à la pluie, à la lune, à l'ombre, son territoire diminuant. Chant du phénix.
On célèbre en Inde le début de cette retraite par les fêtes de Durga, qui durent du 2ème au 10ème jour de la nouvelle lune d'automne, pas très loin de la fête de l'archange terrible, St Michel, le protecteur, chef des armées célestes, et peu après l'équinoxe, au moment où le jour devient plus court que la nuit. Durga, la magnifique, chevauchant tigre ou lion, victorieuse du démon Mahîshâsura -terrorisant les dieux même- qui mettait l'équilibre de l'univers en péril, de même que l'excès de la manifestation. Dans d'autres traditions, c'est la célébration de la victoire du héros Rama, aidé par le dieu singe Hanuman, sur le démon Ravana: son effigie immense est brûlée dans les villages au son des feux d'artifices.
Le temps du "faire" est accompli, vient le temps du "ne-pas-faire", de l'abandon nécessaire de soi au forces de l'univers, le temps des dieux et des forces mystérieuses. A commencer par celles de la mort, ensemençant la vie.
Perséphone est redescendue aux enfers, auprès de son époux Pluton le riche.
C'est le temps de la splendeur intérieure, de la nuit, des forces féminines, du foyer, de l'intérieur, de la confiance, de l'humilité. Le temps pour puiser en soi, ensemencer et rêver la prochaine période de manifestation.
Ce jour particulier du 10 octobre 2010 a donné lieu à de nombreuses initiatives dans le monde, projetant le rêve d'un monde nouveau, fraternel, généreux, humain, plus respectueux de la Nature, concrétisation des promesses des astres depuis 2008. Puisse le démon Mahîshâsura être vaincu encore et encore...
Durga-mata.jpg On peut se confier à l'aiguille du pistil de safran rougeoyant sa chaleur dans la nuit, au sang des grenades, pommes d'or du couchant (Hespérides), aux flamboiements du couchant, aux pommes, à la lumière de la flamme, olives cassées encore... A noter que les "rhumes" et les "gastro", inhabituellement nombreux , sont en rapport avec cette montée de "feu" de l'automne, et les conjonctions exceptionnelles des astres. Ils sont donc à traiter par des purgatifs légers, des substances amères et astringentes, des diurétiques, des émollients. Orge, grenade, bourrache, eaux de fleurs, réglisse, bains de pied aux graines de moutarde...ou petite diète à la compote de pommes et au riz.

jeudi 26 novembre 2009

Plats du moment

Tandis qu'à Paris, la pluie apporte sa subtilité et sa douceur, le soleil est toujours présent en Provence. Nuits froides, journées tièdes, nous sommes encore dans l'été indien, même si le froid gagne du terrain. Donc, retour à un régime amer, doux et astringent, inspiré aussi par les décompositions finissantes de l'automne et les belles moissons dorées qui recouvrent le sol.
L'usage de gras reste à modérer tant que le froid de la nuit ne se prolonge pas le jour, et tant que les dernières feuilles n'ont pas rejoint le sol. On peut utiliser, de préférence à l'huile ou au beurre, les crèmes d'oléagineux (amandes, sésame, noix de coco...), ou la crème fraîche.
Si la douceur vraiment printanière de ces derniers jours se traduit aussi par de l'énervement, le besoin de tout changer, de nouvelles aspirations, prendre des eaux de fleurs, des pestos (cresson en particulier), des fruits, et ne manger que si on a faim. Si au contraire, en raison d'un fort feu digestif, le transit est trop rapide, ou si on se sent dépourvu de volonté, fondu, une tisane de myrte, écorce de chêne et mélisse, devrait aider à se rassembler, ainsi que du coing, des poires et des pommes. Mais on peut aussi aimer être fondu...
Voici des exemples de menus, pas tous végétariens:
-semoule d'orge grillée au beurre clarifié, poêlée d'épinards aux cubes de fromage caillé, topinambours aux pommes, chutney de poires
-blancs de poulet en ragoût de cresson, pain d'épeautre, pesto de persil, coing cuit au four et sucré au miel.
-poêlée de chou et carottes au carvi, semoule de blé à la fleur d'oranger, soupette d'orties, tarte Bourdaloue (sans oeufs pour nous)
-patates douces au four dans leur peau, pesto de cresson, mâche aux noix et aux écorces d'orange, glace au sésame
-soja vert à la crème et à la cardamome noire, tarte de potimarron, compote de pommes aux épices.
Le matin, nous avons grand faim. Des fruits d'abord: clémentines, pommes, premiers kakis, et toujours les grenades...puis quelques céréales rôties, délayées avec un yaourt allongé d'eau; ou des tartines épaisses et légèrement grillées de pain d'épeautre humide et moelleux avec du beurre clarifié et du miel, ou du sirop de coing ou de grenade; ou de la brousse avec du sirop, et des boulettes d'orge grillée; ou du vrai pain d'épices, fermenté longuement, délicatesse extrême et remède à lui tout seul...
Voilà pour les exemples qu'on me demande souvent...
Prochain billet sur le pain d'épices de la St Nicolas justement.

mardi 29 septembre 2009

Aux couleurs de l'été indien

Il y a des fraises dans mon jardin, des fleurs sur le chèvrefeuille, de nouvelles pousses sur mon rosier, des oignons sauvages qui pointent leurs tiges...Les pluies commencées avant la nouvelle lune se sont vite arrêtées, nous sommes entrés directement dans l'été indien comme dans un nouveau printemps.
Bam!
Ruissellements de lumière, pureté, ciel bleu marine, enthousiasme, inspiration...joie
La grippe hahaha a du mouron à se faire jusqu'à la prochaine lune.
Le régime change à nouveau...
Devant l'éclat du soleil, l'intensité des contrastes, on se fait petit et humble, nourri. Rien à dire. Les goûts restent simples, peu ou pas d'épices, les saveurs amères, douces et astringentes sont à privilégier, un régime de yogi qui accompagne les élans du coeur, donnant au feu qui monte l'espace pour devenir subtil.
Des fruits, de l'eau purifiée par le soleil le jour sur votre fenêtre et par la lune la nuit, des oléagineux (noisettes de saison, noix, amandes...), des légumes verts, de l'orge de préférence aux autres céréales, peu de gras, du lait cru (et bio uniquement, si vous le supportez), des fromages frais. On profite des fruits de saison: coings, arbouses, pommes, poires...mais pas de scoubidous.
Grenade aussi, en jus concentré comme on en trouve en magasin bio, ou à manger délicatement. Particulièrement si on éprouve du dégoût, ou des symptômes de gastro, à l'arrivée des "fleurs" pour les femmes. Belle grenade qui ancre les élans dans la chair pour préserver le feu de l'hiver. Elle n'est pas encore tout à fait mûre en Provence, mais bon.
Quelques boissons très légèrement parfumées: l'eau de cuisson d'une poignée d'orge rôtie à sec, du thé vert à la menthe... on sucre avec de la réglisse, du miel.
Peu ou pas de boissons alcoolisées, le vin coupé d'eau si on en prend (pas pour ceux qui pensent que c'est un sacrilège), des viandes maigres (si vous en consommez), du beurre clarifié.
Des textures sèches, rôties, comme celle des chapatis, du pain grillé ou du miel, mais émollientes aussi. Des nourritures légères, subtiles, douces.
Des étirements mais pas trop d'effort physique, des pratiques douces, de la danse..
Comme les pluies se sont interrompues très vite, on peut être un peu raide, du corps, de l'esprit et du coeur. Chou, carotte, poireau, oignon, cannelle un tout petit peu...
Jusqu'au 18 octobre.