Image extraite du site http://mongolschinaandthesilkroad.blogspot.comDans les premiers chapitres des textes de l'Ayurveda, il est dit que le nom de la maladie n'importe pas: le diagnostic, qui repose sur la perception des équilibres et déséquilibres des corps et des éléments, est plus important pour le traitement que le nom. Et là je ne parle pas de tous les guérisseurs (les vrais, ceux qui sont confrontés à des conditions extrêmes et ont des résultats tangibles), de tous ceux qui soignent sans faire de diagnostic, de tous les shamanes (là encore un mot bien galvaudé), de toutes ces forces de l'ombre, remisées à l'extérieur de la société (mais c'est leur place) qui ne parlent même pas de déséquilibre.
Ces derniers temps, cet aspect me saute particulièrement aux yeux: pourquoi un nom est-il donné à chaque nouveau faisceau de symptômes? Pourquoi tout peu à peu dans le discours ambiant devient une "maladie", contre laquelle tel ou tel se bat "courageusement" bien sûr, et même si les symptômes sont aussi fluctuants que pour la maladie de Lyme, ou aussi évidents que l'obésité? Pourquoi applique-t-on par exemple aux symptômes du vieillissement de plus en plus de noms savants de maladies bien sûr incurables qui se finiront par la mort vu l'âge du patient? Et, surtout, plus que tout, comment est-on passé du médicament qui soigne, au médicament qui "pallie" avec son cortège d'effets secondaires, le palliatif étant une pratique dans laquelle le médecin ayurvédique est invité à ne pas s'engager (loin des massages "ayurvédiques" de confort)?

Il y a certainement notre peur collective de la souffrance et de l'inévitable mort, mais ce faisant, dans Reine de la mort (Mexique)l'abrutissement de la médicalisation, se perdent les plumes colorées de ce moment incroyablement beau de la conscience. Il n'en reste plus que le squelette: tristesse, contrôle, grisaille, mort, et une déprime qui dure longtemps après. Parce que oui, le moment de la mort peut être beau, coloré, plein d'amour, de conscience et... de vie. Certains d'entre nous sont assez vieux ou assez chanceux pour avoir vu partir des anciens dans ce feu d'artifice de couleurs, après le moment des paroles de vérité ou des ouvertures, avec les adieux et les éventuelles transmissions aux proches. Après la souffrance, la rémission des derniers instants, ce chant du cygne plein de lumière, qui ouvre une autre voie, parfois seulement dans le regard, un enseignement de vie qui n'a pas de prix.

Mais il y a aussi les impératifs de notre société de consommation. Chaque nom de maladie veut dire un nouveau traitement, plusieurs médicaments, plus de profits pour les labos, et personne ne remarque qu'on n'est plus guéri. Combien d'articles sur les merveilles annoncées des dernières découvertes? Toutes censées éradiquer bientôt le sida, les cancers, ou les nouvelles maladies qui ne cessent d'apparaître. Pourquoi guérir d'ailleurs? Un médicament vendu à vie, dont le patient est dépendant, comme le Lévothyrox, c'est une manne financière incroyable, une rente sur des décennies. De même que toutes les camisoles chimiques dont on abreuve les patients en psychiatrie ou en gériatrie. Comme la peur créée à chaque article annonçant une nouvelle maladie incurable inconnue, même si elle n'a touché que ... 8 patients et encore pas sûr (maladie de Borna). La "science" apparaît alors comme le seul rempart contre toutes ces menaces toujours plus nombreuses. Le médical devient notre Christ sauveur, notre super Dr House, super héros torturéhéros, et les collectes, tontines et autres Téléthon font recette malgré les scandales. Combien de vaccins devront supporter mes petits-enfants?
Une société de consommation qui refuse de voir pour l'instant, parce qu'elle serait sapée à sa base, que l'emprise de l'argent est la cause de la dégradation du monde, et de la nôtre. Une société qui pour l'instant, mais peut-être plus pour longtemps, refuse de se remettre en cause, comme nous refusons de nous remettre en cause et préférons parler de maladie (c'est pas notre faute) et consommer des drogues-médicaments plutôt que de nous engager dans une modification de notre mode de vie, ou dans un effort, mais surtout plutôt que de retrouver notre âme. Cela aussi est un produit de la société: ne plus avoir de temps, ni pour réfléchir et repenser le monde, ni pour être disponible aux autres, à l'inconnu, à nos rêves, à notre âme... et ne plus avoir d'énergie en réserve à consacrer à autre chose qu'à cette course quotidienne qui se prolonge en vacances. Aussi, croire que tout s'achète, y compris santé et bonheur, alors que nous sommes nous-mêmes devenus des produits.

Ce faisant se développe notre égoïsme, ou notre instinct de survie, et se perd notre humanité, ainsi que notre sens Femme indiennede la communauté. Nous sommes riches mais vivons avec la même absence de vie intérieure que les populations dans la misère noire. J'ai vu plus de lumière, de générosité, de disponibilité et de grâce dans les yeux de nombreuses femmes indiennes pauvres, vivant sous des toîts de taule ondulée, maltraitées quotidiennement, écrasées par le travail, que dans les yeux des parisiens.
Si la santé de nos anciens se dégrade, c'est la vie. Ce qui compte n'est pas de les prolonger à coup de médocs, mais de les entourer s'ils le souhaitent (certains vieux lions préfèrent s'isoler pour perdre leur crinière), de les respecter, et de se préparer à être dignes de ce moment. N'est-ce pas plus exaltant? Comme il est plus exaltant de se rapprocher de son âme, dont la lumière ne ternit jamais, même si elle nous est dissimulée sous les écrans et les masques, plutôt que de s'adonner aux drogues. Par exemple, la scopolamine, qu'on donne aux mourants pour éviter aux proches de faire face à leurs râles et gargouillis, est la source d'un puissant inconfort chez le mourant, ce qui motive parfois l'avertissement des soignants de terrain: comme j'ai pu le constater, elle fait perdre la force de quitter le corps et prolonge l'agonie. Pourtant, nombreux sont les mourants à qui elle est donnée.
Bon, c'est un peu évident tout cela, et pourtant cela mérite d'être rappelé même si, probablement, peu nombreux sont ceux qui auront lu ce billet jusque-là malgré les 300 passages par jour sur le blog. Je teste d'ailleurs une ré-ouverture des commentaires, qui seront à nouveau fermés si trop de spams apparaissent, mais vous pouvez aussi réagir en m'envoyant un mail à florence@leparadis7ici.org.


Eclipse de lune rouge de janvier dernierC'est la pleine Lune aujourd'hui et vous l'avez peut-être contemplée cette nuit, d'abord voilée par l'éclipse pénombrale puis blanche et pure. Chaque pleine Lune fait surgir les liquides, particulièrement celle-ci en Cancer, en opposition à un faisceau de planètes en Capricorne. Les sombres prises de conscience du 26 décembre trouvent une voie d'expression, voire de résolution au moins en partie, dans sa blancheur nacrée et le retour du frais. Si ces prises de conscience n'ont pas été "digérées", cela peut aussi donner beaucoup de mucosités dans les hauteurs, ou d'irritations si elles ne trouvent pas la voie vers l'extérieur, psychique ou physique. S'il y a irritation, rhume ou état inflammatoire des muqueuses (gingivite, angine, yeux ou bronches irrités), des gouttes d'huile dans le nez (de sésame), des bains de bouche-gargarismes à l'huile chaude (d'olive fruitée), du baume pour la poitrine à la moutarde ou de l'huile de moutarde entre les deux omoplates (bronches irritées) pour dissoudre les mucosités, et des bains de pied chauds. Pleine LuneUn jeûne partiel ou complet pendant un ou plusieurs jours peut aussi résoudre les écoulements s'ils sont épais et soulager le foie, l'état inflammatoire et la lourdeur, surtout allié à des étirements, d'autant que la conjonction Soleil-Saturne-Pluton signale une capacité de "digestion" éventuellement au plus bas. En cas de syndrôme grippal, lemon curd et frictions.
Le jeûne permet aussi de se mettre à disponibilité et d'écouter ce que nous murmure la dame de lait et de perle, un bon début pour cette année. Chez les hindous comme chez les tibétains, les pratiques importantes se font dans les quelques jours précédant la pleine et la nouvelle Lune. Parce que ces jours-là en particulier, il n'est plus temps de projeter, mais d'écouter.