Lune de sangLa pleine lune de janvier est appelée "lune des loups". Cette année, elle nous semblera exceptionnellement proche de nous, et sa couleur rouge la fera paraître "de sang", avant qu'elle ne soit éclipsée totalement par le Soleil vers 6h (5h41 à 6h43 exactement) du matin, lundi. Dernière d'une tétrade d'éclipses de lune qui se produisent tous les 6 mois, en conjonction au noeud nord (toujours) et sur le premier degré du Lion, elle est le point de renaissance de tout ce qui a démarré au début de 2017. La dernière tétrade en Lion s'est achevée il y a un "saros", c'est-à-dire en janvier 2001, et la prochaine éclipse totale de Lune visible en Europe aura lieu en mai 2022. Selon nos thèmes, cela peut avoir un impact fort ou moins fort, mais il est certain qu'elle clôt un cycle pour tout le monde. Il est intéressant de noter que les traditions font de l'éclipse lunaire en Lion le présage de mort ou de perte de pouvoir pour le "roi" en place, d'autant qu'elle se produit le jour anniversaire de la décapitation de Louis XVI, dans une période où nos sans-culottes à gilets jaunes font l'actualité. En 2001, ce sont les tours du World Trade Center qui étaient "décapitées". Un "saros" plus tôt, en janvier 1983, on était encore dans la conjonction Saturne-Pluton dont j'ai précédemment parlé, qui se débute de nouveau cette année.
calin_de_koala.jpg De même qu'il est d'usage de se plonger dans l'eau lors d'une éclipse solaire, on peut s'entourer de feu lors d'une éclipse lunaire, ou de bougies, voire sauter au-dessus d'un bon feu comme à la St Jean. C'est un moment particulièrement intense pour méditer, ne serait-ce que dans la contemplation de la beauté de l'éclipse et de la lune si proche, pour prendre conscience de ce qui a évolué en nous ces deux dernières années et, après deux années d'"éclipses" et de retrait, renaît dans la lumière, pour écouter le murmure du ciel ou la musique des sphères...
Deux musiques qui peuvent transporter si le silence n'est pas là, pour cause de bruit de la ville très présent par exemple: Daudalogn de Sigur Ros et une version de Hallelujah par Daniel Martin Moore.
Il est possible que cette éclipse coïncide pour certains d'entre nous avec un gros coup de mou en ce "blue monday". Contempler la flamme d 'une bougie, à défaut de l'avoir fait pendant l'éclipse, peut aider à rallumer la flamme vacillante du coeur. Ou un bon lait de poule, un petit remontant, de gros câlins vigoureux... C'est la journée mondiale des câlins!

Chou de Daubenton sur le site de la ferme de Ste MartheIl y a des violettes depuis décembre en Touraine, j'y ai trouvé hier de la stellaire, des orties et de l'oseille, sur la place de la République à Paris les platanes commencent à verdir... et les températures descendent à nouveau. Souhaitons que l'on songe bientôt à préserver les récoltes des aléas du changement climatique en cours en faisant évoluer notre alimentation vers les légumes sauvages et les "perpétuels": tout ce qui pousse sans soin et n'a pas la fragilité de nos légumes, fruits et céréales assistés, dont la dépendance aux soins nous a peu à peu incités à créer des serres, des engrais...
En plus, si "je suis ce que je mange", en me nourrissant de viande d'élevage abrutie par les mauvais traitements, ou de plantes issues de longues sélections mais aussi de soins intensifs, j'"incarne" au sens fort cette fragilité, cette colère et cette ignorance. Vive le si délicieux chou de Daubenton, le poireau perpétuel, l'ortie, la consoude, le coing, les merises, l'artichaut, le cardon, le chénopode... et toutes les "sauvages" qui me remplissaient de force et d'indépendance quand j'avais la chance d'en disposer. Aujourd'hui, tandis que je passe en coup de vent dans la nature, à la faveur d'une courte échappée de Paris, je regarde mes nourritures sauvages avec plus encore de tendresse et de reconnaissance, produits d'un jardin d'Eden que l'homme n'a pas fait croître "à la sueur de son front", traces de Paradis au pur élan, aux saveurs fortes et subtiles, palpitantes de vie.
On en trouve des semences ici, ici et bien sûr ici.