P1000251_-_Copie.JPGLa pluie fraîche nous a gonflé de vigueur, de nostalgie, de souvenirs, de douceur, mais aussi d'abandon, de soupirs intérieurs, de contentement, au moment où l'automne achevait de roussir les feuilles dans un éblouissement que la chênaie-hêtraie de Perseigne manifestait glorieusement. Dans la forêt, l'odeur d'humus annonciatrice des richesses à venir, le musc des animaux, le moelleux du sol où les pieds s'enfoncent doucement dans la mousse et les feuilles, tandis que de petits habitants lumineux et graciles poussent sur les troncs morts ou entre les feuilles, dessinant une ébauche de cathédrale, un corail mutin ou le fantôme d'une famille pèlerine, enivrent nos sens à grandes goulées.

Nous reprenons de l'épaisseur... après avoir été séchés tout l'été comme des pruneaux, et nos humeurs se relâchent enfin dans le corps. Juste avant Diwalî (le 6 novembre), nous avons pu sentir l'urgence d'un grand nettoyage qui peut se poursuivre avec le relatif redoux de ces jours.
Un bain de pied chaud le soir peut empêcher migraines et insomnies, et calmer une gastro. On mange comme le temps et son contraire, le feu de bois qui nous réchauffe et nous sèche. Une friction à l'eau de Cologne peut réveiller la circulation endormie par la lourdeur ou dissiper le froid humide qui pénètre les vêtements. Si les écoeurements dominent, un petit jeûne, une diète, ou la consommation de bsissa ou de tsampa pendant 1 ou 2 jours, soulageront la chaleur qui monte au coeur, ou, mieux encore, quelques heures d'étirements.
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Seitan (recette) Je tiens cette recette de mon amie Nadya, du restaurant Le Puits de Légumes, 18 rue du cardinal Lemoine, Paris 5ème. Moi qui ne suis pas familière de la cuisine macrobiotique, j'ai toujours apprécié son seitan maison et lui en ai donc demandé le tour de main. Elle sait le rendre aussi affriolant qu'une bonne viande pour un carnivore: poêlé avec des oignons et du vin blanc, en boulettes dans une ratatouille ou une potée de légumes, mélangé à des légumes...
P1000230.JPG J'ai aussi été intéressée par les propriétés de la préparation: redonner de la fermeté, évacuer les souffles et les ballonnements, pour ancrer la présence tout en s'abandonnant à la tendresse de l'humidité revenue. Il est donc particulièrement utile pour ceux et celles dont le feu digestif fait rage, et rend parfois tout piquants ou plein de grognons tout noirs, pour les chairs blanches replètes et débordantes, pour les ventres qui s'épanchent au-dessus de la ceinture. En revanche, pas pour ceux dont la chair ferme ne tolère pas les doigts du masseur.
C'est proche des perles de riz gluant, des iddlis et de la mique (autre recette dans le tome 1).

Ingrédients: une tasse de farine d'épeautre (ou de farine de pois chiches), deux tasses de farine de gluten, assez de shoyu ou de tamari pour donner une belle couleur marron clair, quelques herbes de Provence, du carvi au goût, huile de noix ou de noisette, eau ou bouillon.
On mélange d'abord tous les ingrédients sauf l'huile et la sauce soja, puis ces deux liquides et enfin on ajoute de l'eau ou le bouillon, assez pour obtenir une texture rebondissante, moelleuse et ferme au pétrissage, comme une cuisse de jeune fille. Le pétrissage doit durer 5mn au moins.
Puis on laisse reposer à la tiédeur, par exemple dans le four chauffé avec le lèche-frite plein d'eau puis éteint, environ 1h. On découpe ensuite la boule de seitan en tranches et on laisse reposer à nouveau 1/4 h d'environ.
Puis les tranches sont glissées dans un bouillon en ébullition douce et laissées à cuire à feu doux entre 1/2h et 1h. Ou on cuit la boule entière et on découpe ensuite.
Une fois cuit, le seitan se conserve quelques jours au frigo si nécessaire, avant d'être accommodé: poêlé, grillé, séché, recuit avec des aromates...