La chaleur est montée bien vite avec la Pentecôte et les grognons encore ensommeillés dans notre corps rechignent parfois à circuler ou se bousculent au portillon. Nous pouvons ressentir de la lourdeur, de la gêne articulaire, une profonde fatigue, des difficultés de transit, prendre conscience de griefs inexprimés, ressentir un appel à la pureté... Pourtant, juste derrière ces nuages, il y a la joie et l'ouverture du coeur de la saison chaude. Alors nettoyons!

Avec des pestos (comme le pesto de coriandre ou de menthe), une orgie de fraises au matin, un verre d'eau avec une cuillerée de vinaigre de framboises, la boisson à la rhubarbe et à la rose (recette dans "Cuisine ayurvédique" ou "Un goût de paradis"), de la bière de gingembre et citron au miel (idem), de l'orgeat à la gomme de cerisier ou à la teinture de benjoin, du kombucha, des saveurs piquantes pour pallier à la baisse de feu digestif, du riz au citron, du céleri, des radis, des courgettes, des artichauts, des soupettes chaudes de légumineuses, des nourritures qui rassemblent, des crèmes glacées sur un lit de gelée ... et même un petit café.

En nettoyant le corps et ses ouvertures, la maison, les vêtements, les recoins oubliés... et en faisant brûler du benjoin ou une autre résine, en tamponnant son front à l'eau de rose ou de jasmin, en portant des vêtements parfumés à l'encens, bien repassés et immaculés, des fleurs dans les cheveux, des bijoux brillants, en s'exposant au soleil en alternance avec l'eau fraîche... La sieste est de saison, mais pas en temps d'orage.

En pratiquant uddiyana bandha, toutes les postures d'étirement, utthanasana (que j'appelle posture de la grenouille) et toutes les postures/danses/activités stimulant les cuisses et les fessiers sans fatigue, la douche des chevilles, la générosité, la cuisine... et tous les humbles gestes du quotidien qui nous ramènent à la terre, aux échanges et à la joie d'habiter ce corps.