Un exemple de texte publié l'année dernière sur le blog, qui aurait dû être intégré au tome 4:Pâquerettes et pissenlitsFleur de Pâques... Ses pétales, en fait des fleurs ligulées, font une corolle de blancheur à un coussin poussinant de fleurs tubuleuses jaunes. Elle vient sur les pelouses et les prairies, même très tondues, où elle repousse opiniâtrement au ras du sol ou... "des pâquerettes". S'il va pleuvoir, elle fronce son nez qui peut rosir comme les joues des enfants sous le froid ou la pluie. Sa rosette pulpeuse et duveteuse, aux feuilles très légèrement dentelées, est délicieuse en salade avant la montée des fleurs, étonnamment odorantes quand on s'en approche. Toute petite, tout près de la terre, elle offre sa douceur avec constance à chaque printemps, quand la tiédeur met en lumière les raideurs et les lourdeurs,Pâquerettes aux joues roses en Tourainequand les épanchements, les bourgeonnements et les floraisons, en nous-même ou dans la nature, laissent des cicatrices que son huile répare, même sur les terrains arides parce que trop traités, trop rasés, trop arpentés...
Pour faire de l'huile de pâquerette: remplir un bocal de "fleurs", couvrir d'huile, de tournesol par exemple, et mettre au soleil au moins 8 jours, puis filtrer. Rentrer le bocal quand il pleut et quand il fait nuit. L'huile, douce et onctueuse, apaise les raideurs intérieures et certains eczémas en massage, répare les blessures et les cicatrices, dégonfle les ecchymoses, efface les rides... De même que l'infusion des fleurs et des feuilles, ou leur consommation en salades.Bouquet de pâquerettes à l'ombre Elle apaise également l'inflammation des orteils chez les messieurs aimant les nourritures riches, et les poumons des enfants à la poitrine étroite qui pleurent jusqu'à se "casser la voix". Elle permet au ventre de relâcher les humeurs lourdes du printemps et les selles qui ne passent pas et, en apaisant l'inflammation intérieure, dégonfle les rétentions d'eau.
Vin de pâquerette: 2 poignée par bouteille de vin blanc sec, macérer 8 jours. A consommer à raison d'une à deux cuillerées à soupe le matin à jeûn quand on est tout raide, ou sujet aux allergies.
Huile de pâquerette en macérat solaireEn cas d'état inflammatoire, on peut aussi boire sa décoction et se couvrir pour transpirer abondamment. Et son effet "fondant" fait merveille sur les duretés qui peuvent venir aux seins tant elle sait raviver la douceur de ce qui jaillit, se gonfle, fleurit et s'épanouit.

Le stage qui a eu lieu en Provence, ainsi que la cure près du Puy, m'ont révélé l'aridité extrême cette année du Sud-Est de la France, qui souffre d'un déficit de pluies, ainsi que les pathologies caractéristiques de ce genre de déséquilibre. J'y range d'ailleurs la destruction à la débroussailleuse par son nouveau propriétaire de la forêt enchantée et intouchée qui se trouvait au pied des Alpilles près de St Etienne-du-Grès, et qui fut longtemps mon lieu favori de photos et de cueillette, parcouru amoureusement dès le lever du jour à la belle saison ou sous le Mistral, pour y saisir les premières lumières, y croiser ses habitants pas encore réfugiés dans les profondeurs, y respirer leur odeur, m'allonger quelques instants sur la mousse encore humide... L'aridité, du coeur aussi, et le vent chaud de la colère s'accordent mal avec la subtilité, la délicatesse, le sauvage et la poésie.
Aurouze, en Haute-Loire En attendant que les cieux y versent une ondée assez douce et constante pour pénétrer les croutes, ses habitants peuvent se soigner aux fruits pectoraux: jujubes, raisins secs, figues, dattes même... Cuits en compote ou en sirop, ils apaiseront les inflammations de toute sorte, et empêcheront éventuellement les raideurs des débuts de grippe. Tout ce qui est gélifié également: panna cotta, gelée de cuisson des pois chiches, aspics végétaux... Si la raideur a déjà bien attaqué, et que les douleurs sont violentes, de l'"eau de feu" redonnera circulation et paix du corps: frictions à l'eau de Cologne, ou bière au lever avant l'exercice physique pour ramener de la vie qui pétille et froufroute. Guimauve pour les irritations de l'écoulement des eaux du corps, orge rôtie pour tous les jours, salade de pâquerette aussi.
Crocus à Aurouze, photo d'Estelle C.
Dans la moitié nord de la France, les températures préparent un nouveau plongeon, comme fin février. Tant de montagnes russes augmente les souffles, raideurs, difficultés de concentration, colère (en plus du trigone Mars-Uranus)... et rend la douceur, la lenteur, la tendresse... d'autant plus précieuses. Les chatons duveteux, de saule, de noisetier..., et les salades astringentes dominent, apportant tonicité et douceur: plantain, herbe-à-robert, achillée, orties, pimprenelle, patience... (Ce billet contient photos et descriptions de plusieurs salades de printemps)

Comme je l'ai annoncé dans la colonne de droite, le 10 mars est passé sans que les derniers 1000€ nécessaires à la publication du prochain tome soient trouvés. Cela a curieusement mis en valeur mon déficit de communication et remis en question la poursuite de la publication de ce travail profond sur les saisons. Tous vos commentaires sont bienvenus à ce sujet. Ma très chère assistante a proposé de s'occuper de remettre le projet en financement participatif, mais il pourrait également être facilement financé si tous les exemplaires restants du tome 1, environ 250, étaient vendus. Quoiqu'il en soit, les donateurs seront remboursés par Paypal dans le courant du mois. Merci à tous les donateurs de leur précieuse confiance et de leur générosité.
Pulmonaire encore toute petite, Aurouze Un autre projet , de très grande ampleur, et qui me tient à coeur depuis mon enfance, est en cours d'étude et vous sera bientôt présenté dans le cadre d'une nouvelle association. En attendant, je vous conseille à nouveau le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres"
Grâce aux suggestions de curistes et de stagiaires, je réfléchis à des dates pour une cure pour les "bien-portants", qui sera sans doute aussi un stage intensif d'Ayurveda, ainsi que pour un jeûne alterné de 15 jours, probablement au début de la saison des pluies d'été, à la mi-juillet ou début août.