A l'âge où les femmes connaissent les premiers remous de la fin de fécondité physique, leLe dieu singe, Hanuman, qui aida Rama et Sita à se retrouvers hommes connaissent aussi quelques troubles... A moins d'une excellente santé, et de très bonnes raisons de prolonger sa vie et ses facultés créatrices, l'énergie du corps se replie lentement vers le divin, comme celle des adventices qui ont fructifié. Un ami m'a fait remarquer qu'en toute parité, un billet à ce sujet manquait.
Il existe un certain nombre de facteurs qui rendent l'andropause plus palpable:
- la consommation excessive d'excitants dans les années précédentes: café, thé, alcool, tabac...,
- l'absence d'activité physique, ou son excès,
- les troubles du métabolisme, comme l'hyperthyroidie, et leurs traitements,
- le stress,
- un certain nombre de médicaments, comme j'ai pu le constater, parce qu'ils bloquent le souffle du bas,
- l'excès de discipline, de rigidité, d'abstinence, ou le contraire: une sexualité frénétique,
- un excès de sécheresse, trop d'écrans, la perte d'engagement dans les humbles tâches quotidiennes...
Mais surtout, la recherche de performance, la poursuite d'un but coûte que coûte, la focalisation sur un objectif, une vision binaire du monde... Vient le temps de la sagesse, de l'acceptation nécessaire, de la contemplation, et une autre manière de rayonner.

Gardiens ailés assyriens Pour remédier aux sueurs nocturnes, à l'irritabilité, la perte de libido et la mollesse de ce qui s'érigeait fièrement autrefois:
- une vie amoureuse équilibrée avec un(e) partenaire de longue date, ce qui donne une certaine confiance. Comme pour les femmes, c'est souvent l'âge où les enfants quittent le nid et où l'énergie des parents peut se ré-investir dans la vie amoureuse. On peut avoir la tentation de rallumer la flamme avec un nouvel amour, souvent plus jeune. Cela peut faire brûler plus vite aussi...
- une plus grande proximité avec son âme, ses désirs, ses aspirations parfois mises de côté; la fin des objectifs, des performances, de l'endurance...
- le chyavanprash ou mélasse de plantes et de racines. et autres rasayana (rajeunissants) ou vajikarana (aphrodisiaques nourrissants), spécialités de l'Ayurveda, et qu'on peut fabriquer à base de plantes locales, incluant souvent des racines.
- parmi ces plantes promotrices de jus: l'épine-vinette et la griotte.
- le ghee, le plus simple des aphrodisiaques.
- les substances amères.
- le pissenlit: à toutes les époques de l'année et dans toutes ses parties.
Pissenlit - les diurétiques et les bières, avec modération, et sous la conduite d'un praticien.
- le café et la chicorée. En particulier une préparation que je vendais autrefois sur le marché Beaujardin, et que seuls les messieurs venaient spontanément acheter: un café d'orge et de chicorée torréfiées longuement et à petit feu. Et, oui, le café, avec modération, peut être, en l'absence d'orge et de chicorée, un bon stimulant du souffle du bas, à condition de ne pas déjà en avoir pris toute sa vie.
- la consommation de racines, qui permettent d'ancrer l'énergie.
- toutes les pratiques permettant de stimuler le souffle du bas et la fraîcheur: la marche, vajrasana (de même que pour les femmes), bhastrika (le soufflet) avec uddiyana bandha, la contemplation de la beauté...en particulier celle des levers et couchers de soleil: j'ai vu plusieurs de mes professeurs âgés y être très attachés.

Cela me ramène à mon vieux voisin de Provence, Jean-Marie, absent de chez lui lors de mon passage à St Rémy, parce qu'il était avec sa nouvelle petite amie. Un monsieur extrêmement respectueux de tout, qui m'a appris l'économie, celle qui ne produit pas de déchets, où tout est récupéré et transformé, et fut un précieux informateur sur les plantes, et un généreux pourvoyeur de figues fraîchement cueillies dont la saveur me manque. A 87 ans, il réparait encore des voitures anciennes avec passion et partait cueillir ses plantes médicinales dans les Alpilles chaque printemps. L'andropause n'avait pas dû avoir beaucoup de prise sur lui... Son amour des petits riens avait dû le porter au-dessus.