Kali.jpgCe n'est pas toujours un moment difficile que ce passage où le feu qui nous fleurissait tous les mois nous est rendu, notre fécondité n'étant plus dédiée au monde physique. Certaines femmes rayonnent particulièrement à ce moment, tandis qu'elles éprouvent le besoin de porter des vêtements colorés et fleuris, ce qui est un premier moyen de faciliter l'expression de la flamme nouvelle qui les emplit, ravive leurs désirs et gonfle leur poitrine. Leur esprit peut également devenir plus tranchant, voire redoutable. Une nouvelle vie commence. En sanskrit, à l'adolescence, lors des fleurs chaque mois, au moment de la grossesse... et à la ménopause, on dit que les femmes "fleurissent". La fin de la fécondité est loin d'être une "maladie".
Mais il est plus courant ici que les femmes subissent de nombreux désagréments, dus à l'accumulation de chaleur dans le sang et à la remontée des souffles, le souffle du bas étant moins puissant: les fameuses bouffées de chaleur, les variations de l'humeur, voire la colère ou la dépression brûlante, la prise de poids, les ballonnements, la perte de libido...

La première question est de se demander s'il est encore temps de plier notre corps à une activité qui ne nous correspond pas: longues heures devant un écran, autre travail assis demandant la concentration en un seul point, ou au contraire activité physique endurante, longues heures debout immobile, stress quotidien, pratiques d'accumulation du feu (beaucoup de pratiques de yoga et de méditation, d'énergie interne)... Ce que nous supportions avant, quand nos fleurs faisaient le ménage tous les mois, peut devenir intolérable.C'est le temps de la liberté nécessaire, et de la reconnaissance de notre nature féminine.
Kali_2.jpg Parfois c'est aussi une période où l'activité amoureuse du couple s'est fatiguée, et pourtant l'équilibre à ce moment repose aussi sur des échanges amoureux fréquents. Ce peut être le moment de "raviver la flamme", retrouver la préciosité de la vie en couple, alors que les enfants ont quitté le nid, parce que c'est un besoin vital... et que ce feu qui monte a besoin de s'épanouir dans un coeur ouvert, que ces désirs nouveaux doivent trouver leur voie d'expression.

Puis il y a les remèdes, qui ne touchent pas à la cause, mais peuvent aider à stabiliser le corps en attendant de trouver la force de se tourner vers les causes:
- s'asseoir à genoux, les talons tournés vers le dehors, pour l'une ou l'autre de nos activités quotidiennes.
- au lieu de passer l'aspirateur, nettoyer le sol à la balayette, avec le bassin au ras du sol, comme un canard.
- masser tous les jours les chevilles, en particulier la zone située à l'extérieur, en arrière et en dessous de la malléole, dans le talon.
- les postures de yoga: l'enchaînement que je fais pratiquer en cure ou en stage quand je n'ai que des filles, depuis 2014, est destiné précisément à équilibrer le fonctionnement de la féminité. Un échauffement de kathak de longueur variable, ou taatkar (de 2 à 5 mn chaque vitesse, à l'aide d'un métronome), un échauffement articulaire, surya namaskar (la salutation au soleil), shashank bhujangasana (cobra en étirement), yoga mudra (la posture de l'union), gomukhasana (museau de la vache), ardha matsyendrasana (posture de méditation du yogi Matsyendra), apanasana (la posture de l'élimination), dvipada pitham (la table à deux pieds), paschimottanasana (posture d'étirement de la face postérieure du corps) éventuellement dynamique, sarvangasana (la chandelle), matsyasana (le poisson),Inanna.jpghanumanasana (grand écart), yoga nidra. Toujours à pratiquer sous la conduite d'un professeur de yoga expérimenté!
- certains pranayama sont aussi très efficaces: bhastrika avec uddiyana bandha pour disperser samana vayu, anuloma viloma pour relâcher les souffles, et la respiration de l'abeille pour évacuer ce qui s'est accumulé vers le haut et mettre tout le corps en vibrations.
- marche quotidienne, en particulier dans la nature, sans aucune recherche de performance...: les pieds sont l'organe d'action de l'élément feu. A travers le contact de notre pied sur le sol, nous évacuons ou remettons en mouvement le feu en nous. De même en frappant le sol des pieds, comme dans les taatkar (cf plus haut).
- crème pour les seins: elle permet de raffermir le sein et stimule en profondeur: traditionnellement efficace en cas de mastose et autres duretés, et légèrement aphrodisiaque. Elle se conserve très peu de temps, environ une semaine dans un petit pot fermé dont on prélève le nécessaire à l'aide d'une objet en bois. On fouette longuement environ 1 c. à soupe de ghee avec 1 c. à soupe d'eau de rose, 1/2 c. à café de graines de moutarde écrasées et 1/4 de c. à café de poudre d'écorce de grenade. A appliquer en massages les soirs solitaires (à cause de l'odeur) et laisser la nuit, ou le jour avec un soutien-gorge qui ne craint pas les tâches.
P1010560__2__-_Copie.JPG - alimentation rafraîchissante, aphrodisiaque (pour les femmes, différente de pour les hommes), régénérante, apaisante pour les souffles. Boire de l'eau chaude, si on en a l'appétit, rafraîchit les reins. La saveur astringente est particulièrement intéressante à ce moment, mais aussi la réglisse, les graines de fenouil, le ghee, les asperges, les résines, les feuilles et les fruits tanniques, l'avoine, l'orge, le maïs, l'agar-agar, le raisin, les tiramisu et autres préparations onctueuses et digestes... sous la conduite d'un praticien expérimenté ou de notre appétit. Donc pas d'alcool, d'excitants de type café, de sucre de canne ou de betterave (mais oui aux autres sucrants), de grignotages... et, encore une fois, manger quand on a faim et ce dont on a envie, profondément.
- une cure, en particulier à l'automne, au moment du rougeoiement, peut être très efficace pour remettre les souffles en place en quelques jours, en évacuant le trop-plein de feu stagnant.
- l'eau est un grand allié des femmes. Au hammam, en bains, sous la cascade ou dans la rivière, en douches fraîches alternant avec le chaud, en onction de la tête ou des chevilles selon la saison... pour favoriser la manifestation de ce feu vers l'extérieur et le faire circuler. L'exposition au soleil pendant l'été a l'effet inverse, mais pas au printemps ni en automne si on est en mouvement.
- la contemplation de l'horizon et de l'espace, pour dissoudre ce feu dans l'espace infini et en nourrir la matrice. Une pratique simple qui peut être alliée à la marche, ou à la contemplation des nuages dans le ciel.
- un praticien peut également, entre autres traitements, stimuler des points d'énergie ou marmas, ou y appliquer des ventouses, des cataplasmes...

Une seule de ces pratiques peut suffire si elle correspond à la nature de la patiente. Il est donc toujours préférable de consulter le praticien approprié.