Avant toute chose, dans la perspective de l'Ayurveda, on traite une personne, pas une "maladie". Il est donc essentiel de traiter la cause, et non le symptôme d'un déséquilibre. Or, si la thyroïde fonctionne mal, il s'agit d'un problème de métabolisme, un déséquilibre des "souffles", dont les causes peuvent être extrêmement variées. Il paraît donc d'autant plus aberrant de vouloir les traiter avec un médicament dont les effets secondaires incluent l'addiction. Ou de préconiser tel ou tel traitement sans être remonté à la cause du déséquilibre. Parmi elles, on peut placer:
Chyavanprash de chez nous (pas tout à fait assez cuit cependant) - toute forme d'instabilité: du climat, du lieu où nous résidons, affective... par exemple trop de déplacements, en particulier avec changement de climat; une vie affective marquée par de nombreuses ruptures et/ou conflits, amicales, familiales ou amoureuses...
- la station prolongée et quotidienne devant un écran: télévision, ordinateur, téléphone...,
- l'absence d'activité physique, qui va souvent avec,
- l'usage quotidien de stimulants divers tels que le café, le thé, le chocolat, le piment, l'alcool...
- le stress: celui de la grande ville, où nous sommes environnés de bruit, de mouvement incessant, de stimulations très puissantes des sens...; celui du travail, où nos rythmes personnels n'ont parfois pas de place, avec par exemple les commandes vocales chez Lidl (cf "Cash investigation"), les cadences imposées, les politiques managériales par la terreur...; celui de notre siècle, qui l'a inventé...,
- les causes organiques: sensibilité ou intolérance à l'omniprésence des ondes, des polluants... mais elles sont elles-mêmes aussi le symptôme d'un déséquilibre.
Devant l'augmentation de fréquence de ce diagnostic, on peut se demander pourquoi les pouvoirs publics ne réagissent pas et pourquoi nous ne remettons pas en cause notre mode de vie, au lieu de continuer tête baissée à poursuivre nos chimères comme le lapin d'Alice.
Voici, en attendant de consulter un thérapeute approprié, qui recherchera la cause du déséquilibre, quelques éléments qui peuvent permettre de réguler les souffles en cause:
- le plus simple: le chyavanprash, cette mélasse ayurvédique, dont la recette se trouve dans le tome1, avec des plantes locales. J'ai constaté souvent à quel point ses effets étaient puissants dans ce cas. 1 c. à café avant les repas, 2x/ jour. Si vous ne pouvez la fabriquer, on peut en commander sur internet, de préférence de la marque Arya Vaidya Sala (charitable trust), par exemple à la Boutique Bio. Les baies d'épine-vinette nécessaires à sa fabrication peuvent être commandées chez Eskan, ainsi que d'autres merveilles, comme les pistaches fraîches ou les cuirs de fruits.
- le pranayama: certaines techniques de pranayama sont particulièrement adaptées: anuloma viloma, murcha, bhastrika... Et le yoga nidra tant que la sensation de pression n'est pas trop forte.
Resized_20170922_111508.jpg - une activité physique modérée et tonique, de préférence ludique: danser, aller au travail d'un bon pas, sauter, frapper le sol des pieds, monter (surtout) et descendre les escaliers en sautillant... Le taï chi, et tous les arts martiaux pratiqués de façon traditionnelle. Le hammam, quand les différences de température entre la nuit et le jour sont fortes, avec gommage au gant.
- certaines postures de yoga: suryanamaskar (salutation au soleil), matsyasana (poisson), padma sarvangasana (chandelle en lotus) et sarvangasana (chandelle), yoga mudra (feuille morte), entre autres... mais tous les étirements pratiqués sur le souffle sont bons.
- le plus compliqué à Paris: une vie stable, avec des horaires de lever et de repas stables,
- et, évidemment, une vie amoureuse incarnée, le partage de la tendresse de nos proches, la lenteur, l'espace, la conscience de la douceur d'habiter ce corps, la contemplation du temps qui passe, des nuages dans le ciel, des étoiles la nuit, des levers et des couchers de soleil, du silence du petit matin...
D'ailleurs, "traiter" n'est pas toujours la solution. La maladie ou le déséquilibre sont aussi des chances, celles d'être poussés vers notre destin, vers notre vocation, ultime mais aussi quotidienne, de nous rapprocher de notre âme par nécessité. Ou, ce sont des processus naturels dans la cadre d'une transformation plus profonde, et il faut peut-être laisser faire...