Ouragan destructeur ou Voie Lactée terrestreLe séisme le plus important depuis 30 ans, l'éruption solaire la plus forte depuis 12 ans, Irma l'ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l'Atlantique... et Harvey, José, Katia...l'astéroïde Florence au plus près de la Terre, Pluton toujours rétrograde (jusqu'au 29 septembre)... C'est peu de dire, ces derniers jours, que l'humanité est ébranlée. Même nous qui sommes en apparence si loin du déchaînement des éléments. Nos racines n'étaient déjà pas si vigoureuses, avec cet été en montagnes russes de canicules, même si les pluies d'été ont bien commencé avec les Perséides cette année, mais violentes, soudaines, ruisselant parfois sur la terre sèche sans la nourrir.
Comme les évènements qui se succèdent dans le monde des hommes, la Terre nous bouscule. Comme les bâtiments, les certitudes, les vieux systèmes, les piliers... vacillent de plus en plus. Ce qui semblait impossible il y a peu continue de devenir possible. Un Renouveau, une Renaissance...après le chaos. Quand la voie de la raison et du contrôle aura failli à nous protéger des soubresauts de la Terre, et de nos âmes si intimement liées à elle. La rétrogradation de Pluton, depuis le 20 avril, nous met en face de ce qui refuse d'évoluer, de cette part sombre qui est à la fois notre réserve, notre sauvagerie, notre secret, notre pouvoir et notre obscurantisme, au niveau collectif comme individuel. Cela alimente tous les doutes, mais renforce un chemin secret, inexprimable et impossible à influencer. Surtout que Neptune, qui nous ouvre au collectif, à ses vagues de lumière comme à ses sombres remous, et Uranus, qui nous ouvre la voie héroïque, l'exigence d'indépendance et de liberté, et l'extrémisme, sont également rétrogrades.
Azuré du serpolet sur fruits de carotte sauvage On peut envisager de se nourrir d'aliments roboratifs et apaisants, de se terrer dans son logis ou son confort, épuisé par le trop-plein de la Rentrée, et nos propres effondrements. On peut aussi faire comme les premiers arbres qui perdent leurs feuilles et donner, se dévêtir, se démunir, faire table rase des ruines, s'ouvrir aux vents des changements et aux pluies, sans craindre de chevaucher le chaos, parce qu'il sera suivi inévitablement de ciel bleu et pur, et d'un nouveau soleil, parce qu'il dénude enfin notre âme et qu'elle y retrouve sa flamme.
En allant vers l'équinoxe, ce moment si particulier de redescente, d'entrée dans le crépuscule de l'année, à mi-chemin entre ombre et lumière: dans la nostalgie de ce qui naît, éclaire, fleurit et fructifie... et l'appréciation du retrait, du dépouillement, du retour vers notre très-bas, notre richesse et notre vérité, là où les habitants de notre coeur sont tout-puissants.
Rose trémière Pour prendre soin de ceux qui nous entourent, on peut cependant:
- frictionner leur peau à l'eau de Cologne et les rappeler à leur enveloppe charnelle en la redessinant à travers les massages
- préparer des soupes de légumes onctueuses et piquantes, pour apaiser les souffles et chasser les grognons, par exemple une soupe aigre-douce de haricots frais aux pruneaux et au verjus...
- alterner le chaud et le froid dans la douche du matin, après avoir fait le vide des intestins
- distribuer des tchaï, le remède universel des Indiens: un thé noir bouilli, infusé de gingembre frais, cardamome, cannelle et clou de girofle, et coupé de lait, végétal ou non, sucré à la réglisse si on peut; boire des jus de carotte-gingembre, de raisins, de pommes, frais, dont la douceur et l'astringence apaisent aussi les souffles du moment
- faire couler lentement de l'eau tiède sur la partie supérieure de la tête pendant quelques minutes, le matin de préférence, ou oindre le sommet de la tête d'un peu d'huile mise sur le bout des doigts
- faire de grandes marches en se laissant porter par le vent qui souffle et qui appelle le mouvement et l'audace
- et, comme d'habitude, partager la tendresse et l'amour que nous inspirent les habitants de notre coeur, à travers les humbles gestes du quotidien, le meilleur des remèdes.Colchique dans les prés... c'est la fin de l'été

Propositions de menus
Petits déjeûners: bsissa cuite au lait, infusion de calament; tchaï à la réglisse et l'angélique fraîche, bradj ou gâteau de semoule; une cuillerée de rinquinquin, pain grillé, beurre clarifié et za'atar ou mélange "sauvage", gelée de sureau et compote de reine-claude; poires confites au gingembre (recette dans mon livre), clafoutis aux baies d'épine-vinette, jus de carotte et angélique; vin de noix, soupe paysanne, pain d'épeautre cuit à la vapeur ou au bouillon.
Déjeûners: tourte de courge, soupe de lentilles corail à l'angélique fraîche et au verjus, brousse, tarte aux figues; bouillon de tomates et fromage caillé à la menthe, galettes rôties de pois chiches et légumes, pesto de consoude et feuilletés d'artichauts; risotto d'orge à la tomate et au basilic, aubergines grillées sauce aigre-douce, salade verte.
Dîners: risotto d'orge et tiges d'angélique, soupe aigre-douce aux pruneaux, pesto de roquette; gratins d'épinards, crackers d'orge, chutney de figues ; bouillon de tomates et petit-lait à la menthe, aubergines « imam bayildi », polenta.