Fleurs de plantain à la couronne de féeCette année comme l'année précédente, l'effet des "saints de glace" semble légèrement décalé. La baisse est annoncée, par la météo, mais aussi nos corps chauds et notre peau qui anticipent la fraîcheur.

Si on n'a pas fait de petit jeûne, oublié son yoga ou son activité physique quotidienne, passé trop de temps devant un écran au moment de la manifestation du feu dans les yeux et les fleurs, on peut se sentir fatigué, mélancolique, avoir mal à la tête, des gaz, ressentir la corrosion de la "rouille" qui peut affecter les plantes, une absence à soi-même... les effets du bouleversement des souffles si notre feu ne digère pas le nouveau changement de temps et d'atmosphère. Ou, après l'apaisement serein des floraisons: le retour d'une joie tonique et généreuse, une nouvelle vigueur, un élan vers la concrétisation, les révélations de la Pentecôte...

Petite fleur de stellaire si bien nommée, et délicieuse Le repos est important, jusqu'à ce point délicieux de saturation avant la mollesse, où la plénitude est retrouvée et où les sens sont renouvelés. On peut aussi s'abandonner aux mains d'un(e) masseur(se) qui déliera les tensions et redonnera de la force. Si on se sent collé au plafond, toujours le bain de pieds chauds. Dans ce cadre, les nourritures qui donnent la niaque seront celles qui sont rôties ou demandent un effort de mastication: galettes esséniennes bien cuites, tartines grillées, grâtins pas trop gras, légumes croquants... Pour quelques jours, on sort de la suavité du mai fleuri et parfumé. Les aromatiques nous aideront à faire circuler et à purifier ce qui stagne, comme l'angélique, les pousses de menthe, la mélisse...et la guimauve, la camomille, exceptionnellement le santal, à nous placer devant le lac bleu et pur des tréfonds du coeur.

Petite fleur discrète de l'herbe-à-Robert Avant le froid, aujourd'hui, on peut avoir besoin de nettoyer le feu qui monte avec de grandes salades, une poêlée d'épinards ou de bettes au beurre clarifié, de la guimauve, un pesto de galanga... On peut avoir envie de postures qui ancrent dans le sol, comme la posture du guerrier, ou de postures qui massent les organes de digestion. Ou pas, et se sentir parfaitement fluide dans l'instabilité, danser comme un équilibriste sur les soubresauts de température, puiser dans le chaos la certitude de la pureté absolue de toute chose, au-delà des credos et des habitudes, se laisser inspirer par ce temps d'ouverture de l'esprit... puisque tout bientôt ne cessera de parler, d'échanger, de circuler, en nous et autour de nous.