Poursuivant sur mon billet précédent, je célèbre à propos ce moment de suspension, ces douze jours entre Noël et l'Epiphanie où l'on observait le temps de chaque jour pour prévoir celui de l'année à venir. Un très bon article du Point ici sur les origines des traditions s'y rapportant: trêve en Bourse, à l'Assemblée et au Sénat, trêve sur les chants de bataille, sur les terrains de football... soulignant que nous sommes dans un moment hors du temps et des règles, que les Romains fêtaient avec les Saturnales, ce moment de l'année où toute hiérarchie était abolie, empêchant la sclérose d'un système trop figé. Un moment d'excès et de renversement des valeurs, où sans doute celles qui s'étaient trop usées s'émiettaient définitivement.
Ce temps de renversement et de suspension, il existe dans de nombreuses cultures, C'est le moment de comprendre la vacuité des différences, des séparations, des exclusions, des hiérarchies... de tout cet ordre intellectuel, jamais supérieur aux lois de la vie qui nous attirent toujours vers le miel de l'amour et de la fraternité. Et c'était vraiment joli ce qui s'est passé à Lens. Une fleur pleine de beauté, peut-être l'annonce d'un printemps de nos coeurs, maintenant que le carré de la cruauté, Uranus et Pluton, vit ses dernières semaines (il faudra quand même attendre 2019 pour en être complètement sortis).

"Sleep song" de Mariee Sioux

Time lapse des montagnes du Jura par Stéphane Godin et Bertand Picault