Près de la cascadeTapis de feuilles colorées par le feu de l'été, moisson de fruits tombés, transformation et fermentation à l'oeuvre... C'est l'hiver, saison du retrait vers l'intérieur. On peut se laisser habiter par le dépouillement à l'oeuvre dans la nature: vider les placards trop pleins, semer les surplus pour qu'ils germent ailleurs, donner ou transformer les réserves inutilisées, descendre vers la nudité des racines où puiser l'or caché de l'hiver intérieur.
Avec le froid, l'appétit flambe, et le besoin de douceur. Porridge d'avoine au miel, pomme au four et tisane des 4 fleurs pectorales délicieusement acidulée, ou pain de seigle humide et chaud, crème fraîche, pâte de genévrier, avec un bouillon de légumes salé, ou tsampa avec thé au beurre salé.
Nous entrons avec la St Martin, anciennement fin de l'année agricole, dans l'hiver, qui s'étend de la mi-novembre à la mi-janvier. Arrivée des vaches au petit matin brumeux Le matin, avant les ablutions, en jaillissant du lit, éventuellement après s'être massé à l'huile chaude infusée de substances aromatiques (écorces d'agrumes, thym, romarin, camphre..), on peut s'engager dans des pratiques physiques toniques qui chasseront le froid et l'immobilité de la nuit: salutations au soleil sur un rythme rapide, course, corde à sauter, pratiques spécifiques développant le feu intérieur, ou simplement ménage du matin, montée et descente des escaliers de la maison,... Aller jusqu'à la transpiration est important, mais sans s'épuiser. Quand le corps est bien chaud, on peut alors commencer ses ablutions, éventuellement froides -pour les hommes-, ou achevées par une douche froide qui réveille le feu intérieur. La raideur que le froid sec génère nourrit la tonicité, mais si on n'a pu faire usage de cette tonicité, une exposition à la chaleur humide, comme dans un hammam, peut décoincer les rouages.
Même les nuages traînent en caressant les sommets Manger des nourritures onctueuses, émollientes, subtiles, liquides, douces, stimulantes, à dominante douce, acide et salée. On peut privilégier les graisses d'origine animale, les fruits à coque, les bouillies de céréales, les poissons de mares et la viande d'animaux d'élevage ou vivant dans des terriers ("et jaillissant sur leur proie"), les herbes aromatiques et les épices; le miel, l'eau chaude, l'alcool après les repas; et les préparations longuement cuites à petit feu, potées de légumineuses, soupe de légumes qu'on laisse se décomposer par la cuisson, bouillies de céréales ou de châtaignes ... ; ou pommes de terre, cucurbitacées, marrons... cuits au four, pâtes (de lait, de fruits..) et "cuires" qui chasseront les souffles.
Si le feu intérieur fait rage pour répondre au froid, si on est exposé à trop de chauffage trop sec, si les souffles montent trop haut, créant des problèmes aux yeux, aux dents, à la gorge, au nez...et à l'humeur, une petite dose de nourritures "tamasiques" peut aider dans les cas extrêmes à redescendre et éventuellement restreindre les champs de perception: charcuterie, ail, oignon, cacahuètes, pavot, muscade...
Coucher du soleil sir les Baux de Provence Pour fluidifier les secrétions, cataplasmes de miel et de feuille de chou écrasées au rouleau: sur le cou pour les angines, sur la poitrine et entre les omoplates pour les bronches, sur les poignets douloureux. Boissons et pâtisseries à base de l'un des quatre fruits pectoraux -jujubes, figues, raisins secs et dattes- seront également bienvenus: riz aux dattes, sirop de figue, dundee cake, panettone aux fruits confits, riz sucré au safran et aux raisins secs(recette dans mon livre), korma de fruits secs à la crème, cake aux fruits secs. Ou les utiliser comme sucrants dans les préparations... Les articulations douloureuses ou rigides pourront bénéficier de frictions d'huile de cade très diluée. Le maintien d'une certaine humidité dans l'atmosphère de la maison peut aussi être très important: casserole d'eau chaude, bain,