Enfin un bon petit coup de froid sec, histoire d'avoir un hiver à un moment quand même! Ca fait monter la joie, la colère aussi parfois, ça rend tonique ou raidi par le froid, ça met de belles couleurs sur les joues, et de belles fleurs sur les arbres un peu plus tard dans l'année.
Le matin, au réveil, quand on est encore comme un pain chaud sortant du four, jaillir de son lit pour se mettre au ménage de la maison, partir faire un footing, monter et descendre les escaliers, histoire de bien installer la chaleur dans le corps, avant la douche. A moins que la maison ne soit surchauffée, ce qui affaiblit considérablement le feu digestif et la tonicité...
On peut aussi se frictionner vigoureusement ou se masser le corps à l'huile chaude avant de passer sous la douche, et enchaîner avec une marche rapide pour rejoindre le lieu de travail ou l'école. Ou les deux...
La raideur que le froid sec amène nourrit la tonicité du corps, en particulier lors des efforts physiques intenses et courts. C'est le moment des pratiques internes. Le massage, de même, va chercher dans les profondeurs du corps: à cette époque de l'année, c'est le massage par les pieds qui est privilégié en Inde. Si la raideur n'a pu nourrir la tonicité, une exposition temporaire à un lieu humide et chaud (le contraire de froid et sec) peut amener la détente nécessaire: hammam/sauna (suivant le climat) suivi de douche froide ou de friction avec de la neige quand il y en a; place confortable en cuisine où cuisent la soupe ou les beignets vapeur, ou la tisane...

Petits-déjeûners: porridge d'orge ou d'avoine au gingembre, compote de coings, infusion de sureau et bigarade; jus de pomme chaud aux épices, fondant au sésame, riz au lait; pomme au four, pain d'épices, chantilly au pastis, infusion d'orge à la réglisse.
Déjeûners: flageolets à la crème et au bleu, pain de seigle frais au beurre clarifié, salade de mâche, potée de carottes et chou; tarte sablée aux poireaux et à la béchamel d'amandes, soupe de potimarron, chutney de pommes aux épices; soupe de pois cassés au citron, beignets de pomme de terre farcis au fromage, pesto de cresson.
Goûters: pâte de fruits secs, fondant de lait (recette dans un billet précédent), chocolat/café viennois, tarte sablée, galette des rois, tarte tatin, pain d'épices.
Dîners: risotto d'orge, soupe de lentilles; khitcheri (recette dans le livre), chutney de pruneaux; bouillie de millet au beurre.

Manger des nourritures onctueuses, émollientes, subtiles, liquides, douces, stimulantes, à dominante douce, acide et salée. On peut privilégier les graisses d'origine animale, les fruits à coque, les bouillies de céréales, les poissons de mares et la viande d'animaux d'élevage ou vivant dans des terriers ("et jaillissant sur leur proie"), les herbes et les épices, le miel, l'eau chaude, l'alcool... et pour se soigner, les plantes de juillet-août: absinthe, angélique, anis, carvi, cumin, fenouil, hysope, thym, sarriette, mauve, guimauve, bourrache, bouillon-blanc, menthe, millepertuis...
Si le feu intérieur fait rage pour répondre au froid, si les souffles montent trop haut, créant des problèmes aux yeux, aux dents, à la gorge, au nez...et à l'humeur, une petite dose de nourritures "tamasiques" peut aider dans les cas extrêmes à redescendre et éventuellement restreindre les champs de perception: fromages secs ou à pâte cuite, charcuterie, ail, oignon, cacahuètes, pavot, muscade...