Le paradis c'est ici ! - le blog

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samedi 31 mars 2018

Mise à jour des dates de cure et stages, nouvelle asso à venir, menus de printemps

 En plus des cures proposées, et à la suite du dernier stage effectué en Provence, j'ai ajouté deux stages à destination des (relativement) bien-portants:
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.
- stage intensif d'Ayurveda, du 10 au 18 juin : transmission à travers l'expérience: pratique intensive de différentes techniques de méditation sur le corps, les éléments, les courants telluriques, les plantes..., cueillettes, cuisine et préparations, soins collectifs. 10 personnes maximum.
- cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions.
- stage de jeûne alterné, du 1er au 8 août: pour nettoyer nos coeurs et nos corps de tous leurs coins sombres, dans le chant, le silence et l'activité physique. 10 participants maximum.S'il y a des volontaires, cela peut aller jusqu'au 15 août.
- cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation.
Plus vous vous inscrivez tôt, moins les billets de train et les locations de gîte sont chers... Pour s'inscrire, me contacter: 06 62 38 09 85.

Fleurs de pêcher La pratique du jeûne alterné est issue de la tradition tibétaine. Il y aura 24 ans exactement j'en faisais pour la première fois l'expérience pleine de félicité en monastère, pendant 17 jours. Chez les tibétains, c'est également un moyen de se soigner de maladies, psychologiques et physiques. La consommation de repas permet de stimuler le feu digestif pour transformer les éléments non digérés (matières, émotions) au lieu de sécher le corps.
Il se pratique par périodes de deux jours: le premier jour, le petit-déjeûner et le déjeûner sont consommés normalement, puis plus que des liquides jusqu'à la tombée du jour. De la tombée du jour au surlendemain après la première session du petit matin, plus de liquide, ni nourriture, ni parole. Le jeûne est rompu par une préparation adéquate en très petite quantité pendant le rituel du petit matin. Dans la journée, quatre sessions de 2 à 3h, selon la capacité des participants, font alterner chant et exercices physiques relativement intenses. Le chant met le corps en vibration, l'activité stimule les éliminations physiques et psychologiques. Le silence permet d'entendre les murmures de l'âme et de l'univers, occultés la plupart du temps par notre incessant discours intérieur. Le rapport à la nourriture change souvent fortement, le corps s'assouplit beaucoup.
Pissenlit Evidemment, beaucoup d'émotions peut faire surface, donc participer demande une certaine discipline et un véritable engagement, y compris lors du retour à la vie quotidienne (pas d'orgie de viande ou d'alcool tout de suite après, par exemple). Malheureusement, ce stage ne peut être ouvert à ceux qui éprouvent d'insurmontables difficultés à plier les genoux, ou à faire de l'exercice de façon relativement soutenue.


Ces dernières semaines, j'ai évoqué un nouveau projet, autour des forêts sauvages. Aujourd'hui, j'ai réfléchi à plusieurs axes importants et je vous propose d'étoffer cela d'une réflexion commune avant de monter l'association. Elle doit être distincte de l'association "Le Paradis, c'est ici", parce que cette asso est très personnelle et orientée vers l'Ayurveda.
Il y a une urgence certaine à la protection des forêts: le nouveau directeur de l'ONF P1000209.JPGnommé par m. Sarkozy a déjà mis les forêts domaniales en coupe réglée à destination de la Chine, et il existe un mouvement de fond visant à mettre en exploitation les forêts appartenant à des particuliers en tant que "richesse" inexploitée. M. Macron protège la chasse à courre et encourage l'exploitation de la forêt. La disparition des oiseaux, des insectes, des abeilles sauvages en particulier, se poursuit à un rythme qui a encore augmenté ces deux dernières années. Le monde sauvage se rétrécit comme peau de chagrin et les pratiques de chasse bouleversent la faune forestière restante. Il est temps de réaliser que c'est notre âme et une part vitale de notre écosystème qui disparaissent.

Bien sûr, encore une fois, je conseille à tout le monde le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres", mais aussi celui de Jean-Baptiste Vidalou (que j'ai contacté), "Etre forêts".

Je crois qu'il y a quatre axes importants:
- racheter des parcelles de forêt grâce aux donations et au crowdfunding, et les garder ou les rendre "sauvages";
- soigner les forêts malades, quand les causes de déséquilibre (pollution, plantation de résineux..) ont été stoppées, grâce entre autres à l'Ayurveda des arbres, dont j'ai déjà fait l'expérience (mais d'autres amoureux des arbres apporteront leurs soins aussi j'espère);
- sur les parcelles d'une certaine importance, favoriser l'implantation de "gardiens" pédagogues ayant une formation spécifique pour les protéger, impliquer les locaux, et favoriser en bordure la croissance de petits fruitiers sauvages pour les oiseaux, qui offriront également une protection et favoriseront la croissance, tout en respectant les obligations de débroussaillement en bord des routes;
- quand l'association aura une certaine ampleur (je suis optimiste), militer et faire du lobbying pour une loi qui reconnaisse à chaque citoyen le droit à l'accès à une surface sauvage à proximité de chez lui.​
Pour arriver à cela, il me semble important, quand nous serons constitués en groupe, de faire des partenariats avec la LPO (ligue pour la protection des oiseaux), certains forestiers pas toujours heureux d'appliquer les nouvelles directives, l'association Robin des Bois, un ou plusieurs avocats environnementalistes, les locaux bien sûr (c'est pour eux)... et de parlementer avec les chasseurs.

001__6_.JPG Cette idée est (un peu) inspirée du travail du Green Circle, un cercle confidentiel de milliardaires dont certains membres fréquentaient occasionnellement mon restaurant et m'ont invitée à des réunions, en particulier celui de Doug Tompkins (The North Face, Esprit: ex-PDG), plus grand propriétaire de terres au Chili, à travers des rachats, dont la veuve vient de faire donation au Chili, dans des conditions très strictes, de 407 000ha de forêts prêts à devenir des parcs nationaux, où le maintien de tribus locales a été favorisé entre autres pour prévenir le braconnage et les trafics.
Nous n'avons plus de tribus dans nos forêts mais nous avons des zadistes, et d'autres concitoyens simplement sauvages, trop pour notre société de consommation. Favoriser leur maintien dans ces forêts serait également un moyen de les intégrer en les respectant.


Le printemps est là, avec la pleine lune de Pâques, et les températures continuent de remonter. Le monde sauvage nous appelle, là où tout froufroute, s'épanouit, se lance hors de terre, gorgé d'énergie enfantine et joyeuse. Les meilleurs aliments sont donc verts et jeunes, avec une pointe d'alliacées, et un peu de gras quand même en raison des pluies.

049.JPG Petits-déjeûners: tartines grillées, beurre de noisettes et gelée d'orange amère, infusion de buis fleuri; salade de graines germées et fruits secs, hydromel de sureau; un peu de bière, compote de fruits secs à la cannelle, pesto de fânes de carottes et tartines grillées; jus de carotte-céleri rave-gingembre, crackers d'orge, hoummous de pois chiches germés; bsissa aux fruits pectoraux, lime and ginger ale.
Déjeûners: khitcheri aux bébés amandes; poêlée d'orties et consoude, fouées, confit de cynorhodon; pain de seigle grillé, pesto de violettes et avocat, soupe de lentilles épicée aux pruneaux; pâtes fraîches, poêlée de verdure.

jeudi 15 mars 2018

Humble pâquerette, incertitudes de mars, vie de l'association et tome 4

Un exemple de texte publié l'année dernière sur le blog, qui aurait dû être intégré au tome 4:Pâquerettes et pissenlitsFleur de Pâques... Ses pétales, en fait des fleurs ligulées, font une corolle de blancheur à un coussin poussinant de fleurs tubuleuses jaunes. Elle vient sur les pelouses et les prairies, même très tondues, où elle repousse opiniâtrement au ras du sol ou... "des pâquerettes". S'il va pleuvoir, elle fronce son nez qui peut rosir comme les joues des enfants sous le froid ou la pluie. Sa rosette pulpeuse et duveteuse, aux feuilles très légèrement dentelées, est délicieuse en salade avant la montée des fleurs, étonnamment odorantes quand on s'en approche. Toute petite, tout près de la terre, elle offre sa douceur avec constance à chaque printemps, quand la tiédeur met en lumière les raideurs et les lourdeurs,Pâquerettes aux joues roses en Tourainequand les épanchements, les bourgeonnements et les floraisons, en nous-même ou dans la nature, laissent des cicatrices que son huile répare, même sur les terrains arides parce que trop traités, trop rasés, trop arpentés...
Pour faire de l'huile de pâquerette: remplir un bocal de "fleurs", couvrir d'huile, de tournesol par exemple, et mettre au soleil au moins 8 jours, puis filtrer. Rentrer le bocal quand il pleut et quand il fait nuit. L'huile, douce et onctueuse, apaise les raideurs intérieures et certains eczémas en massage, répare les blessures et les cicatrices, dégonfle les ecchymoses, efface les rides... De même que l'infusion des fleurs et des feuilles, ou leur consommation en salades.Bouquet de pâquerettes à l'ombre Elle apaise également l'inflammation des orteils chez les messieurs aimant les nourritures riches, et les poumons des enfants à la poitrine étroite qui pleurent jusqu'à se "casser la voix". Elle permet au ventre de relâcher les humeurs lourdes du printemps et les selles qui ne passent pas et, en apaisant l'inflammation intérieure, dégonfle les rétentions d'eau.
Vin de pâquerette: 2 poignée par bouteille de vin blanc sec, macérer 8 jours. A consommer à raison d'une à deux cuillerées à soupe le matin à jeûn quand on est tout raide, ou sujet aux allergies.
Huile de pâquerette en macérat solaireEn cas d'état inflammatoire, on peut aussi boire sa décoction et se couvrir pour transpirer abondamment. Et son effet "fondant" fait merveille sur les duretés qui peuvent venir aux seins tant elle sait raviver la douceur de ce qui jaillit, se gonfle, fleurit et s'épanouit.

Le stage qui a eu lieu en Provence, ainsi que la cure près du Puy, m'ont révélé l'aridité extrême cette année du Sud-Est de la France, qui souffre d'un déficit de pluies, ainsi que les pathologies caractéristiques de ce genre de déséquilibre. J'y range d'ailleurs la destruction à la débroussailleuse par son nouveau propriétaire de la forêt enchantée et intouchée qui se trouvait au pied des Alpilles près de St Etienne-du-Grès, et qui fut longtemps mon lieu favori de photos et de cueillette, parcouru amoureusement dès le lever du jour à la belle saison ou sous le Mistral, pour y saisir les premières lumières, y croiser ses habitants pas encore réfugiés dans les profondeurs, y respirer leur odeur, m'allonger quelques instants sur la mousse encore humide... L'aridité, du coeur aussi, et le vent chaud de la colère s'accordent mal avec la subtilité, la délicatesse, le sauvage et la poésie.
Aurouze, en Haute-Loire En attendant que les cieux y versent une ondée assez douce et constante pour pénétrer les croutes, ses habitants peuvent se soigner aux fruits pectoraux: jujubes, raisins secs, figues, dattes même... Cuits en compote ou en sirop, ils apaiseront les inflammations de toute sorte, et empêcheront éventuellement les raideurs des débuts de grippe. Tout ce qui est gélifié également: panna cotta, gelée de cuisson des pois chiches, aspics végétaux... Si la raideur a déjà bien attaqué, et que les douleurs sont violentes, de l'"eau de feu" redonnera circulation et paix du corps: frictions à l'eau de Cologne, ou bière au lever avant l'exercice physique pour ramener de la vie qui pétille et froufroute. Guimauve pour les irritations de l'écoulement des eaux du corps, orge rôtie pour tous les jours, salade de pâquerette aussi.
Crocus à Aurouze, photo d'Estelle C.
Dans la moitié nord de la France, les températures préparent un nouveau plongeon, comme fin février. Tant de montagnes russes augmente les souffles, raideurs, difficultés de concentration, colère (en plus du trigone Mars-Uranus)... et rend la douceur, la lenteur, la tendresse... d'autant plus précieuses. Les chatons duveteux, de saule, de noisetier..., et les salades astringentes dominent, apportant tonicité et douceur: plantain, herbe-à-robert, achillée, orties, pimprenelle, patience... (Ce billet contient photos et descriptions de plusieurs salades de printemps)

Comme je l'ai annoncé dans la colonne de droite, le 10 mars est passé sans que les derniers 1000€ nécessaires à la publication du prochain tome soient trouvés. Cela a curieusement mis en valeur mon déficit de communication et remis en question la poursuite de la publication de ce travail profond sur les saisons. Tous vos commentaires sont bienvenus à ce sujet. Ma très chère assistante a proposé de s'occuper de remettre le projet en financement participatif, mais il pourrait également être facilement financé si tous les exemplaires restants du tome 1, environ 250, étaient vendus. Quoiqu'il en soit, les donateurs seront remboursés par Paypal dans le courant du mois. Merci à tous les donateurs de leur précieuse confiance et de leur générosité.
Pulmonaire encore toute petite, Aurouze Un autre projet , de très grande ampleur, et qui me tient à coeur depuis mon enfance, est en cours d'étude et vous sera bientôt présenté dans le cadre d'une nouvelle association. En attendant, je vous conseille à nouveau le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres"
Grâce aux suggestions de curistes et de stagiaires, je réfléchis à des dates pour une cure pour les "bien-portants", qui sera sans doute aussi un stage intensif d'Ayurveda, ainsi que pour un jeûne alterné de 15 jours, probablement au début de la saison des pluies d'été, à la mi-juillet ou début août.

lundi 26 février 2018

Remontée brutale des températures

Après un plongeon salutaire dans le froid, l'atmosphère va passer de l'hiver au printemps en parfois 24h cette semaine et, si une ouverture du coeur explosive est à prévoir, la remontée peut aussi se traduire par gastro, nausées, douleurs, cauchemars, grognons, maux de tête, problèmes ORL...
Dès mercredi, il est probable que l'appétit soit en berne, voire dès aujourd'hui ou mardi, le corps anticipant le temps à venir. Pas besoin de se forcer: le plus facile est de jeûner pour passer le changement en douceur, de préférence avec beaucoup d'activité physique, afin de ramener l'énergie dans le corps. Eviter complètement les écrans pour deux ou trois jours également. Les souffles étant perturbés, nos pensées le seront aussi, de même que notre circulation, alors pas la peine d'essayer de se concentrer non plus. Ouvrir plutôt son coeur et son esprit à l'irruption printanière.
Rapidement les premières herbes sortiront de terre, surtout dans le Sud. Il sera temps après le jeûne de se nourrir des pousses et des salades sauvages offertes par les cueillettes... ou les marchés. En plus des saveurs amères et purgatives des verdures, la saveur astringente de la bière, ou des farines rôties, peut nous aider à raffermir notre corps dans la présence. Ainsi que le régime de Carême...
A la découverte d'un printemps fusée!

lundi 5 février 2018

Frimas, froid, frémissements, février

"Bientôt sera fait échec à l'hiver ;
Bientôt se délaceront fondront les ligatures glacées —
Encore un peu,
L'air, la terre, la vague seront inondées de douceur par la nature épanouie — mille formes apparaîtront
Aux mottes de terre sourdes, aux courants d'air montés comme du fond des caveaux.
Tes yeux tes oreilles — tes meilleurs attributs — tout ce qui prend connaissance de la beauté de la Nature,
S'éveilleront, s'empliront.
Tu percevras les spectacles simples, les miracles délicats de la Terre,
Le pissenlit, le trèfle, l'herbe émeraude, les parfums les fleurs précoces,
L'arbousier sous la semelle, le vert jaune du saule pleureur, le prunier le cerisier en fleurs ;
Avec eux le rouge-gorge, l'alouette la grive, chanteront leurs chants — le rouge-gorge aux ailes vives ;
Tous les spectacles que la pièce annuelle rejoue."
Poème extrait de "Feuilles d'herbes" de Walt Withman (trad. Jacques Darras).

Roses dans le jardin de l'ArsenalLe coeur a d'abord frémi au gonflement du fleuve, débordant joyeusement les cadres pesants de la vie citadine, donnant à Paris l'aspect d'une Venise ou d'une station balnéaire ou spatiale, gonflement de vie hivernale venu apaiser et moquer la frénésie humaine et les fleurs trop précoces.
Puis la neige est arrivée, déversant ses dentelles d'eau et de lumière pétillante, voilant de pureté les frémissements de la Chandeleur, fête de la purification de la Vierge, ancienne fête d'Imbolc, de la Terre Mère Brigit. Au petit matin angélique de l'année, dans les rosées, les frimas, les lumières blanches et roses, les profondeurs frétillent de vie, pas encore visible, vibration intérieure répondant à l'allongement des jours et à la course de la Terre. L'hiver peut bien être reparti pour 40 jours encore, ça froufroute, ça pétille, ça chante doucement au fond de nous, avec une vigueur nouvelle.
Puis le soleil est revenu et notre coeur s'est rapidement épanoui dans la clarté et la joie, tandis que les températures descendaient, soutenant notre élan. Elles vont descendre encore, nous promettant une renaissance que les années précédentes n'ont plus connue, un printemps fleuri et coloré, et une forme de purification après les ébranlements de 2017, ravivant notre feu intérieur, et nous permettant de faire provision d'ancrage et de fraîcheur intérieure.
mimosa fleuri
Le Carême a commencé cette année le lendemain de la fête des amoureux, le 15 février. Quand il était strictement observé, on faisait "maigre" toute la journée à ce moment, sauf le dimanche. C'est-à-dire qu'on ne mangeait que ce qu'il reste normalement à cette époque de l'année, quand on exclut importations et serres chauffées (pour notre planète aussi): des fruits secs, quelques fruits d'automne dans les années fastes, des céréales, des légumineuses, des racines, pas de gras, pas de sucre, pas de produits animaux. Les oeufs et les pâtes levées également sont réservées à la sortie du Carême et à la fête pascale. Certains ne mangeaient qu'un seul repas à la tombée du jour, et on s'engageait, spontanément comme le paysan préparant sa terre, ou le nomade obligé de parcourir plus d'espace pour trouver de quoi se nourrir, ou diligemment comme les moines ou les yogis, dans des pratiques physiques toniques et importantes au moment où les premières fleurs sortaient. A notre époque où l'onctuosité des corps s'amenuise, on peut adopter un régime moins contraignant, ou moins longtemps.
 Néanmoins, pour faciliter l'enfantement des floraisons à venir, et le feu qui se manifestera en nous avec le retour de la douceur, on peut trouver agréable de manger "maigre", en ne conservant peut-être, pour apaiser les souffles au moment de la descente, que le lait et la crème. C'est le moment de puiser dans la cuisine vegan, à condition de rester local et de saison. Si l'énergie stagne avec le froid, on peut baisser le chauffage et pratiquer des frictions à l'eau de Cologne, des bains de pieds chauds aux graines de moutarde noire, et des inhalations d'infusion de plantes (romarin, menthe...). Les saveurs principales restent l'acide, le doux et le salé. La mélasse aux 27 plantes (recette dans le tome 1) peut être particulièrement efficace à cette époque. Tandis que les gelées liquéfient nos lourdeurs, prêtes à ruisseler à la tiédeur, emportant les réserves de l'hiver, les plats en gelée peuvent nous plaire. Si la vie ne pétille pas au fond de nous, on peut l'ensemencer d'un verre à liqueur de bière, à jeûn le matin, éventuellement additionnée de plantes. Moi, j'aime y ajouter de la mélasse de grenade. La bière resserrera notre intérieur, stimulera la circulation figée et contaminera tout notre corps de ses froufrous.
Dans la maison, le chauffage assèche l'atmosphère et contribue à figer la circulation, ce qui s'ajoute aux gelées extérieures: c'est le moment de laisser mijoter longuement à tout petit feu un plat qui parfumera la maison, donnera de la souplesse à l'atmosphère et stimulera les appétits et les désirs. Jardin de l'Arsenal

Propositions de menus:
Petits-déjeuners: hydromel, porridge d'orge ou de blé noir aux fruits secs (bsissa), compote de pruneaux aux écorces de citron bergamote, infusion "frimas" (hysope, écorce d'orange, thym, origan) ; bière à la grenade, crackers d'orge aux graines, pâte de purée d'amandes-mélasse de raisin-fleurs d'oranger, infusion d'angélique ou "Matins purs"; compote de fruits secs, pomme au four, jus de pomme-carotte-gingembre; thé noir au beurre, farine d'orge grillée, gelée de pommes; cidre ou poiré, gâteau de châtaignes ou "castagnaccio", compote d'airelles, panna cotta d'amandes.

Déjeûners: pounti, potée de carotte et panais, chutney de pommes, salade de radis noir; gratin d'orge aux poireaux, carottes vichy, compote de poires; galettes d'épeautre, chouée (feuilles de chou-rave très doucement fondues dans le beurre), compote de fruits secs, panna cotta au lait d'amandes; potée de pois chiches à l'angélique et purée de noisettes, aspic de légumes, galettes non levées, crème de châtaignes et fromage blanc ou tofu soyeux; gratin de crozets, soupe à l'oignon, compote de cornouilles ou airelles; poêlée de topinambours aux pommes, potée de châtaignes au safran; terrine de racines en gelée, cubes de courge rôtis au four au romarin, boulettes d'épeautre.

Dîners: soupe de haricots secs aux légumes, ou minestrone; soupe de pois cassés au cresson, croutons; potée de chou et croutons, gratin d'endives; soupe miso aux légumes, gratin de purée pomme de terre-céleri; patates douces caramélisées dans leur peau, soupe miso; panais cuits dans leur peau, crackers, bortsch; risotto de courge et amandes; lasagnes de courge butternut au tofu et farine d'orge rôtie; roulades de chou chinois farcies à la farine d'orge grillée et épine-vinette, compote de pommes; crème d'orge aux carottes et baies acidulées.

A noter: pour trouver les billets d'une année précédente, ajouter /archive à l'adresse du blog. On tombe sur les billets classés par mois et année.

La prochaine causerie est le 12 mars. Ce sera une conférence suivie de questions, pour plus de clarté.

dimanche 21 janvier 2018

Journée internationale des câlins, temps de pluie

calin_de_koala.jpgJe découvre avec émerveillement cette journée du 21 janvier consacrée aux câlins depuis 1970! C'est fantastique! Une journée consacrée à la meilleure de toutes les thérapies pour tous les maux, y compris ceux de la Terre... Et là, on parle de câlins sans attente, en particulier sexuelle: les câlins d'amour, ceux qu'on fait aux habitants de notre coeur quand il déborde, quand chaque parcelle d'eux nous émeut et nous émerveille, qui nous permettent d'en faire à des proches un peu moins proches, la forme de contagion la plus lumineuse de la terre, qui fait danser de joie nos cellules, pétiller nos yeux, et tourbillonner la vie en nous. Je nous souhaite de partager beaucoup de câlins aujourd'hui, et à partir d'aujourd'hui tous les jours de notre vie!
Sur Imagine ou Sunrise, Spiegel im Spiegel...

Il pleut... Tous les jours ou presque, contrairement aux deux années passées, et avec Jupiter en scorpion cela risque de se prolonger. Un relâchement se produit en nous, le retour de la tendresse, de la tristesse, de la profondeur, de la délicatesse, d'une certaine sensibilité, celle qui a travers l'eau porte les émotions et les informations de corps en corps, d'âme en âme... tandis que le feu monte en nous pour digérer toute cette eau et cette absence de lumière. On peut se sentir frigorifié, rechignant à sortir de notre terrier, voire de notre lit, avec des articulations douloureuses, de l'eczéma même... Bain chaud, frictions au gant de hammam voire au gant de crin, thé au lait (et câlins!) peuvent nous aider dans un premier temps à faire circuler les souffles et profiter de la vigueur nouvelle arrivée avec l'eau.
Comme l'air et le feu accumulés dans le corps avec la sécheresse et la chaleur passées se remettent à circuler, on peut avoir principalement un blocage du souffle du bas, conduisant à des accumulations de souffle ascendant: dyspepsie, maux de têtes, troubles ORL, rhume, syndrome grippal, inappétence ou nausées, voire aggravation de symptômes cardiaques ou de hernies hiatales... Il est temps pour les salades de radis noir ou de céleri rave, les écorces d'orange amère confites, les jus de carotte et la mélasse aux 12 racines (recette dans le tome 1), voire pour une diète vu la température. Les bains de pieds chauds, avec du gros sel ou des graines de moutarde noire, le lavage des nez encombrés avec de l'eau salée, ou les cataplasmes d'argile sur le bas-ventre pour la nuit, peuvent également procurer un vrai soulagement.
Si les mucosités ont commencé à se former, et que nos pensées sont pleines de remugles, une préférence pour les aliments secs, grillés, rôtis, compacts (hors fromage à pâte dure) alliés à des bouillons de légumes ou des jus de fruits frais, des fromage frais, de la crème... a pu voir le jour. Nougats, perles de coco, tajines, potées grillées, tsampa, tartines de pain grillé, gratins, tartes sablées de légumes, crackers...

Mais on peut aussi se sentir plein de vigueur renouvelée, avec l'envie de danser sous la pluie, de marcher de longues heures, de grimper des hauteurs, de faire des câlins, tandis que remontent comme des bulles légères les émotions emprisonnées sous la chaleur et la sécheresse, enfin libres.

mardi 16 janvier 2018

Deux petites douceurs pour bien se tenir dans les rafales et sous la pluie

Nougat de dattes
J'en faisais souvent sur le marché bio de Tours, en cette terre amoureuse qui draîne toute énergie montante...On peut en faire une variante aux noix, sans huile de sésame ni graines.
Ingrédients : 1 kg de pâte de dattes, 800 g de miel, 1kg d'amandes/noisettes émondées et grillées, 1 c. à soupe de feuilles de verveine séchées, 1 c.c. de cannelle, 1/2 c.c. de poivre, le zeste d'une orange amère ou d'une mandarine, graines de sésame, huile de sésame pour former les barres.
Pour émonder les noisettes, les faire griller à feu doux et à sec, puis les frotter dans un torchon. Pour les amandes, les laisser tremper quelques minutes dans l'eau bouillante, puis enlever la peau qui se décolle.
Dans une casserole à fond épais, faire chauffer le miel à feu doux. A l'ébullition, écumer, puis ajouter la purée de dattes. Mélanger sur le feu à la cuillère en bois jusqu'à ce que se forme une boule qui se détache de la casserole. Cela demande un peu d'huile de coude mais plus on malaxe la préparation sur le feu, plus le nougat durcit.
Quand la préparation a une consistance satisfaisante, la retirer du feu et y ajouter les épices avec le zeste, puis malaxer avec les amandes ou noisettes et laisser refroidir.
Quand la préparation est tiède, enduire les mains et le plan de travail d'huile, détacher une boule de nougat que l'on façonne entre les mains en barres rectangulaires ou en boudins. Plus on met d'huile, plus le nougat sera dur.
A la fin, tremper les nougats dans les graines de sésame grillées à sec. Servir découpé en carrés ou en rondelles.
Je sais que l'Ayurveda déconseille de chauffer le miel, mais de nombreuses recettes traditionnelles dans nos régions comportent du miel chauffé, et écumé. Si je me fie à mon palais, effectivement, il n'a plus cette dureté désagréable une fois écumé...


Perles de riz gluant farcies au sésame noir
Mélanger de la farine de riz gluant avec un peu d'eau et une pincée de sel de façon à former une pâte de type pâte à chapati. Bien travailler la pâte, pendant au moins 10mn.
A part, faire griller à sec des graines de sésame noir. Les écraser puis les amalgamer avec du sucre et un peu d'huile de sésame ou de noix de coco. Mettre la préparation au congélateur quelques minutes pour qu'elle durcisse.
Pendant ce temps, former des boules de pâte de riz.
Former autant de boules plus petites de pâte de sésame.
Creuser un trou avec le pouce et enfoncer la petite boule de sésame dans le riz, bien refermer. Faire ainsi pour toutes les boules, que l'on roule dans la noix de coco râpée pour éviter qu'elles ne collent. Les faire cuire à la vapeur et les servir, éventuellement arrosées d'eau de pandanus ("kewra" chez les indiens), ou de lait de coco, ou les deux...
On peut remplacer le sésame, pour une version plus traditionnelle, par des haricots mungo cuits, si possible sans peau, et réduits en purée avec un peu de ghee et de sucre. La farce est alors jaune au lieu de noire. On peut aussi réaliser une farce rouge avec des haricots azukis.

mercredi 10 janvier 2018

Mise à jour des dates de cures et infos sur le tome 4

Les prochaines cures auront lieu, comme d'habitude, dans un gîte isolé et confortable en moyenne montagne, en pleine nature. Participation sur entretien. 3 curistes maximum. Pour s'inscrire, me contacter au 06 62 38 09 85.

- cure des frimas, du 29 janvier au 5 février, pour ensemencer le frémissement de la vie qui s'étire vers les surfaces dans les ébullitions et les sudations.
- cure de Carême, du 2 au 9 mars, pour nous défaire de nos lourdeurs à travers les pratiques physiques.
- cure des Lyrides, du 12 au 19 avril, dans le jardin du Paradis: le moment des cueillettes sauvages et de l'exercice physique.
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.
- cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions.
- cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation.
Plus vous vous inscrivez tôt, moins les billets de train et les locations de gîte sont chers...

La différence de prix pour 250 exemplaires étant minime, même en rognant sur ceci ou cela, elle ne permet pas de faire quelque chose avec la somme que nous avons, compte-tenu du fait que le tome 4 comporte 60 pages de plus que le tome 1. Il nous faut donc aller jusqu'au total de 5495€ pour pouvoir imprimer le tome 4. Cela a le mérite de mettre un point final à la collecte: si elle n'est pas achevée pour le 10 mars, la graine n'aura pas eu la force de sortir de terre et le projet de tome 4 sera abandonné. Vous serez donc tous remboursés. D'autres graines germeront... A partir du 17/01, le tome 1 est en vente sur Amazon.

mercredi 27 décembre 2017

Conséquences écologiques de la loi de finances à venir, déjà les frimas, vie de l'association

Une forêt de buis

En pleine tempête de joie fraîche et revigorante, éphémère puisque la remontée des températures est imminente, je prends connaissance des conséquences écologiques de la loi de finances 2018 encore en discussion au Sénat et pour lequel le Conseil Constitutionnel a été saisi. Si cette loi était appliquée, l'objet de l'association deviendrait prioritairement, et en dehors de l'affectation au tome 4 des sommes collectées pour cela, l'achat de parcelles de forêts et de prairies sauvages pour les préserver de la construction ou de la mise en exploitation, volonté désormais officiellement affichée, et la promotion d'une "agriculture sauvage". La photo d'en-tête du blog en ce moment est vraiment représentative de ce qu'est une forêt quasi sauvage, et de la magie qui s'y déploie: Elle a été prise en décembre 2013 en forêt de Courçay, une petite forêt privée, chaos de verdure fertile et enchanté, que les propriétaires (merci à eux!) laissent ouverte aux promeneurs, dans la vallée de l'Indre, et la seule à laquelle je trouve encore de la magie en Touraine, autour du moulin désaffecté de la Doué. J'en ai vu des morceaux en Ardêche aussi, dans les Landes, le Béarn, la Corrèze... mais les très vieux arbres se font rares et je me souviens encore de ma découverte de la "forêt" d'Orléans, plus grande "forêt" d'Europe, lors d'un stage: l'impression horrible d'une dévastation totale, d'un camp de concentration, submergée par une tristesse proche du désespoir devant tant de gâchis, comme je le suis quand je passe à proximité de l'odeur de mort des élevages en batterie. D'autant que, comme nous, la forêt, les animaux et la terre produisent plus et mieux sans contrainte, avec pour seule motivation la joie de l'échange, autre nom de l'Amour!

Gui en forêt de Courçay Il est possible que vous vous sentiez un peu de langueur en ce moment, sans que les températures rebondissantes n'en soient complètement responsables, ni peut-être les gros repas des fêtes. Le 26 décembre ont commencé les "12 jours", ceux qui permettaient de faire la jonction entre calendrier lunaire et solaire, jours traditionnels de latence ou "trêve des confiseurs" pendant lesquels on se gardait de rien commencer. Jours d'observation aussi, du retour incertain de la lumière, mais aussi du temps des 12 mois à venir, essentiel pour les récoltes (pour l' année dernière, c'était assez juste). Suspendus à l'orée de l'année, entre Noël et l'Epiphanie, quand il deviendra certain que la Lumière reviendra ainsi que les printemps, c'est le temps pour puiser dans notre lumière intérieure, d'autant que, le 3 janvier, s'est achevée également la rétrogradation d'Uranus entamée à la mi-novembre, en trigone à Saturne: un retour très constructif sur les oeuvres de transformation, de métamorphose, et d'héroïsme, particulièrement chez ceux que le transit d'Uranus en Bélier avait submergé de trop d'énergie pour qu'éclosent les changements annoncés.

Branchette de fragon en forêt de Courçay Les astres et le temps de décembre nous promettent un hiver froid, peut-être à partir de la Chandeleur, quand les relents boueux de la conjonction entre le Soleil et Pluton, autour du 8 janvier, mais qu'on peut ressentir maintenant déjà, se seront dissipés pour révéler l'alchimie plutonienne et sa pureté, après aussi tempêtes et trombes d'eau jusqu'à la troisième semaine de janvier. Pour apaiser les souffles et les esprits tempétueux, hammam, jeûne d'écrans, frictions à l'eau de Cologne ou au gant, sorbet (de mandarine, ou de citron bergamote, de saison), vin ...
Je nous souhaite à tous une magnifique année 2018, qui nous garde dans la présence! Puissent les changements amorcés se généraliser, particulièrement en ce qui concerne les droits des femmes! Qu'elles contribuent à étendre la nature féminine à la société, pour des sociétés plus maternelles, où chacun a une place, même les vilains petits canards (vieux, migrant, pauvre, chômeur, fou, pas dans le moule...) que la société de consommation productiviste tend à généraliser, et le sauvage, berceau de la Vie, dont le domaine se rétrécit comme peau de chagrin au moment où on prend conscience de son "utilité". Cette année de droit des femmes, qui a vu commencer un tsunami que j'espère voir aller jusqu'au bout, est aussi une année où j'ai encore constaté que presque toutes les femmes qui venaient en cure ou en entretien avaient subi des violences liées à leur sexe, souvent déchirantes, insoutenables, intolérables... auxquelles elles ont survécu, seules, avec leur courage, leur détermination et leur amour.

Cresson de fontaine et son écheveau de racines, à Courçay Le deuxième lundi soir de chaque mois, dans le cadre de l'association (dont le dossier est en préfecture depuis 4 mois maintenant! délai moyen de traitement: 33 semaines...), je donnerai une causerie à 19h en accès libre, pour les membres, sur les thèmes suivants: comment réagir à l'impact des écrans sur notre vie le 8 janvier, la saison des frimas le 12 février, le jeûne le 12 mars, la saison des plantes sauvages le 8 avril... Vous pouvez aussi faire des suggestions de thème, bien sûr. Pour s'inscrire à l'association, la cotisation est de 1€ pour la journée, et de 10€ à l'année. Les stages, conférences, causeries... à venir se feront tous dans le cadre de l'association et de son assurance. Pour s'inscrire, il suffit de contacter le 06 62 38 09 85.
Dans la colonne de droite, deux nouveaux liens vers des chaînes youtube bien documentées en terme d'écologie et autres sujets polémiques (sans fake news!).

Je ne sais si c'est un proverbe tibétain, mais c'est un bon conseil pour la nouvelle année!

mardi 21 novembre 2017

Association "Le Paradis, c'est ici"

Toujours en attente de publication au J.O. des nouveaux statuts, bureau et siège social de l'association, nous sommes cependant heureux d'annoncer que l'association a trouvé un "terrain de jeu" où faire l'expérience des savoirs manuels, de la cueillette sauvage, de l'"agriculture sauvage"... et de beaucoup de restauration de bâtiment, à partir de savoir-faire traditionnels, à proximité relative de Paris.
C'est son trésorier actuel qui le lui fournit: un domaine de plusieurs hectares de forêt, un peu de prairie, un étang, de nombreux bâtiments... où favoriser la fécondité et la vie.
Donc, dès que ce sera possible, et au début pour les plus courageux, compte-tenu des conditions spartiates d'hébergement pour le moment, des stages y seront organisés, pour lesquels je serai en cuisine. Calendrier à suivre dans les prochaines semaines. Seuls les membres de l'association pourront y participer, pour des questions d'assurance. Le premier sera sans doute la fabrication de briques et de tuiles à partir de l'argile local, avec un maître potier.

Parallèlement, j'envisage la publication du tome 4 à 250 exemplaires, au lieu de 500, en espérant que cela permette d'avancer avec la somme déjà collectée. Il manque en effet encore 1400 € environ pour atteindre les 500 exemplaires. Les réfections nécessaires sur le domaine pour la tenue de stages et de cures seront, au début, financées par la vente des prochains tomes de "Savourer le chant des saisons", ce qui permettra à l'association de prendre des parts dans le domaine.

Il reste aussi des exemplaires du tome 1... Merci à tous de vos participations et de vos actions pour diffuser tout cela autour de vous. J'espère vous retrouver bientôt sur place, dans l'action!

Et un rapport d'expert, signalé par Luc, puisqu'il faut en passer par la science pour démontrer des évidences, sur les "bienfaits" fictifs de la chasse et les réels méfaits de son business.

dimanche 19 novembre 2017

Pour une agriculture sauvage

La forêt de Ballan en TouraineDepuis mon plus jeune âge, je me suis toujours étonnée que personne autour de moi, à part peut-être ma grand-mère à sa façon, ne considère les végétaux et la Terre comme des êtres vivants. Je pleurerai encore longtemps mon ami le chèvrefeuille retrouvé mort au retour de vacances d'été, ce qui me laissa inconsolable pendant des semaines.
De nombreuses fois dans ma vie, j'ai fait l'expérience de la relation particulière et nourricière qui se tisse avec le règne végétal quand on envisage ses éléments comme des êtres sensibles. Heureusement maintenant, grâce à de beaux livres comme "La vie secrète des arbres", la pensée évolue, même s'il est dommage qu'il faille en passer par la "science" pour cela, tant c'est une expérience que chacun peut faire au quotidien.

Décomposition sur bois mort Il est donc temps d'aller un peu plus loin et d'imaginer une "agriculture" qui ne mette pas la terre et le sauvage en coupe réglée. Je l'ai pratiquée dans tous mes jardins, avec le même émerveillement renouvelé. Quand on prend soin de la terre, elle devient réellement nourricière, pour peu qu'on ré-apprenne à se nourrir de ce qui y pousse sans soin, dans une cohabitation mutuellement nourrissante, nous conférant la vigueur du végétal spontané, parfaitement à sa place sur ce sol sous ce climat, et qui n'a besoin de nulle protection. Si "je suis ce que je mange", alors pourquoi manger des animaux domestiques et des plantes qui ont besoin de nombreux soins après des siècles de sélection pour pouvoir grandir?
Dans une forêt exploitée (quel mot horrible qui contredit aussitôt l'idée de forêt!), les ronces et les épines de toutes sortes poussent pour protéger la forêt et la formation de nouveaux arbres. Y passer le motoculteur sans arrêt, croire qu'il faut enlever le bois mort pour que de nouveaux arbres poussent, est intrigant. Surtout quand on regarde les forêts intouchées: le sol s'y éclaircit naturellement des épines autour des arbres qui grandissent quand ces "mères du bois" ont fait leur travail, et le bois mort nourrit toute une petite faune, ainsi que la terre.
Berceau de vie Comme ce paysan en Suisse qui ne décolérait pas contre le rumex envahissant son terrain régulièrement puriné et ratiboisé par les vaches: sa terre tentait simplement de rétablir un équilibre et de réagir à l'éradication de toute microbiologie sous l'acide du purin... Ou cet arboriculteur en biodynamie qui veut passer la consoude d'une parcelle au motoculteur pour la remplacer par des fruitiers, sans comprendre que la terre de cette parcelle ne s'y prête pas, malgré les traitements perfectionnés et "naturels" qu'il projette. Une terre parfaite pour la consoude, cette maman nourricière de vie, peut accueillir aussi des noyers, des sureaux, des noisetiers, même des figuiers... mais pas de pommier ou de poirier, encore moins de pêcher. Ou ce riche propriétaire qui s'obstina plusieurs années, en bordure des Alpilles, à faire croître une haie protectrice autour de son domaine, sur une ligne tellurique: les arbustes, des lauriers exotiques, ne cessèrent de se dessécher pour laisser de grandes trouées qu'il fallait sans cesse reboucher. Il aurait sans doute suffit de déplacer la haie de deux mètres, ou d'y favoriser des essences friandes de ces fractures.

Champ d'oliviers bleutés au coucher du soleil Oui, il est temps d'envisager que simplement prendre soin de la terre, la nourrir, y jeter ça et là des graines et des fruits peut-être, suivre ses lignes -ses "méridiens"-, puisse être aussi nourricier, voire beaucoup plus, que la broyer, l'asperger, la griffer, la labourer... une mise en ordre du Vivant à laquelle nous croyons devoir être astreints depuis que nous avons été, dit-on, chassés du jardin prolifique du Paradis et que nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front, une mise en ordre qui est source de fierté tant le "Progrès" nous paraît le fruit de la brutalité.
Le Paradis, c'est ici. Il suffit de le laisser émerger avec tendresse pour se remplir de félicité.
Un article de Reporterre sur un oasis en Bretagne.

vendredi 17 novembre 2017

Prochaines cures, prochain stage, vie de l'association

Le prochain stage de cuisine aura lieu les 10 et 11 mars en Provence. Participation: 160€
A travers une mise en conscience, nos cueillettes et notre cuisine de ce WE, nous ferons l'expérience des saveurs, qualités et éléments dominants de ce mois de mars, et commencerons une approche des plantes et de la cueillette. Nous éclairerons ensuite cette expérience des textes de l'Ayurveda concernant la saison, et des traditions locales.
Informations et inscriptions: ph.hansroul@skynet.be et www.ayurveda-provence.com

Les prochaines cures auront lieu, comme d'habitude, dans un gîte isolé et confortable en moyenne montagne, en pleine nature. Participation sur entretien. 3 curistes maximum. Pour s'inscrire, me contacter au 06 62 38 09 85.
- cure des Géminides, du 10 au 17 décembre, pour que notre feu pétille au fond de l'hiver.
- cure des Quadrantides, du 1er au 7 janvier, pour bien commencer l'année, en nettoyant les trop-pleins des fêtes... et des années précédentes.
- cure des frimas, du 29 janvier au 5 février, pour ensemencer le frémissement de la vie qui s'étire vers les surfaces dans les ébullitions et les sudations.
- cure de Carême, du 2 au 9 mars, pour nous défaire de nos lourdeurs à travers les pratiques physiques.
- cure des Lyrides, du 12 au 19 avril, dans le jardin du Paradis: le moment des cueillettes sauvages et de l'exercice physique.
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.

L'association attend toujours le feu vert de la préfecture et la publication au Journal Officiel. J'en suis à mon troisième envoi de dossier... Mais je me réjouis que l'objet de l'association aille très exactement dans le sens de l'appel des 15000 scientifiques du monde. Où que l'association trouve son logis, elle s'attachera à préserver la vie sauvage sous toutes ses formes, à être auto-suffisante et à ne produire aucun déchet. Egalement, à développer une "agriculture" sauvage, plus proche du jardin du Paradis que de l'idée de gagner son pain à la sueur de son front, en utilisant force machines et techniques de contrainte ou théories compliquées.

mercredi 4 octobre 2017

Les poux, les puces, les tiques et les moustiques... ça vient aussi de l'intérieur!

Petite_fille_et_poux.jpgAvec la Rentrée, comme chaque année, fleurissent sur les panneaux publicitaires des grandes villes les campagnes pour les marques de produits anti-poux. Et c'est fou comme il y a peu de poux en vacances... Nous connaissons sans doute aussi tous une personne avec qui il est doux d'être en soirée dans un endroit humide et tiède: les moustiques semblent ne s'occuper que d'elle! Et peut-être avons-nous été piqué par une ou plusieurs tiques un jour de colère et de balade en forêt alors que ce n'était jamais arrivé avant...

Je pourrais aussi parler des puces, des guêpes et autres frelons... Dans l'Ayurveda, tout est signature. La piqûre vient là où il y a des piquants. En clair, les personnes dont le sang chauffe, "piquantes" ou "piquées", sont les cibles de ces désagréments. Ces désagréments sont des indicateurs d'un déséquilibre, d'une fracture du système immunitaire, et retrouver l'équilibre fera aussi sûrement disparaître les bestioles que le rumex sur un terrain trop agressé.

Pour les enfants, ce sang qui chauffe peut à voir avec
- le stress de la vie d'écolier actuelle, qui ne respecte pas les rythmes de l'enfant, et les confine souvent des heures durant dans un espace trop petit, trop bruyant, trop violent... mais surtout l'impossibilité d'exprimer ce stress, ou de s'exprimer tout court;
- parfois même, le fait d'être en but à l'agressivité du fort en gueule de la classe, ou à l'hostilité des autres, ou de la maîtresse (ou du maître) débordée, ou trop sévère, sans avoir trouvé une voie pour l'exprimer;
souffrance-psychologique-adolescents-stress-enfants.png - le stress des parents;
- de longues heures passées devant un écran, j'en parle souvent: de nombreuses études montrent une baisse de l'acuité visuelle, de l'intelligence discriminative, de la créativité, de la présence au corps, du Q.I., de l'expression des émotions...;
- l'absence d'activité physique. Et là je ne parle pas de sport avec des objectifs, mais de jeux libres, sans performance, sans direction, inspirés par la folle imagination des enfants, au gré de leurs méandres, et de leur propre exigence de performance. Ah les longues heures de notre enfance passées à inventer des scénarios que nous jouions, jouer à chat, grimper aux arbres, faire une dînette de plantes, ou regarder les fourmis ...
- une alimentation manquant d'équilibre, ou servie dans des conditions de stress, ou déficiente...

Bien sûr, le remède principal est le jeu dans un espace aussi ouvert que possible, remède universel des enfants. Mais aussi
enfants_jouant.jpg - la lenteur, la douceur, la compréhension, l'écoute, la tendresse, le rire
- un jeûne d'écrans
- les massages: massage-jeu, massage enveloppant du corps tout entier au ghee lavé, friction à l'eau de Cologne, au gant qui grattouille...
- une alimentation qui rafraîchit: crudités (légumes), fruits cuits, saveurs subtiles ou peu de saveur, lait, céréales qui ne fermentent pas (maïs, châtaignes, céréales rôties à sec avant cuisson)...
et, éventuellement, la consultation d'un praticien qualifié si cela se produit de manière chronique.

Le traitement anti-poux marchera peut-être, mais lui aussi fera de l'invasion des poux un évènement ennuyeux, générateur de travail harassant pour celui/celle qui fait les machines et les shampooings, au lieu d'être le départ d'une régénération, porteuse de bonheur et de conscience pour l'enfant comme pour ses parents. Et il faudra recommencer...
Sans compter que les traitements agressifs fragilisent l'équilibre, les cheveux, le cuir chevelu, les yeux... Sans doute au moins faudrait-il leur préférer une application d'huile de neem (chez les indiens, par exemple Tulsi, passage Brady à Paris), ou une dilution d'huile de cade (plus facile à trouver en Provence qu'ailleurs en France).
Ou plus simple, le remède est-il peut-être dans le désagrément, comme me l'a rappelé ma fille et ce poème de Rimbaud qu'elle aime:

Scène d'épouillage, détail d'un tableau de Jan Siberechts Les chercheuses de poux

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

dimanche 1 octobre 2017

Andropause, Ayurveda et bon sens

A l'âge où les femmes connaissent les premiers remous de la fin de fécondité physique, leLe dieu singe, Hanuman, qui aida Rama et Sita à se retrouvers hommes connaissent aussi quelques troubles... A moins d'une excellente santé, et de très bonnes raisons de prolonger sa vie et ses facultés créatrices, l'énergie du corps se replie lentement vers le divin, comme celle des adventices qui ont fructifié. Un ami m'a fait remarquer qu'en toute parité, un billet à ce sujet manquait.
Il existe un certain nombre de facteurs qui rendent l'andropause plus palpable:
- la consommation excessive d'excitants dans les années précédentes: café, thé, alcool, tabac...,
- l'absence d'activité physique, ou son excès,
- les troubles du métabolisme, comme l'hyperthyroidie, et leurs traitements,
- le stress,
- un certain nombre de médicaments, comme j'ai pu le constater, parce qu'ils bloquent le souffle du bas,
- l'excès de discipline, de rigidité, d'abstinence, ou le contraire: une sexualité frénétique,
- un excès de sécheresse, trop d'écrans, la perte d'engagement dans les humbles tâches quotidiennes...
Mais surtout, la recherche de performance, la poursuite d'un but coûte que coûte, la focalisation sur un objectif, une vision binaire du monde... Vient le temps de la sagesse, de l'acceptation nécessaire, de la contemplation, et une autre manière de rayonner.

Gardiens ailés assyriens Pour remédier aux sueurs nocturnes, à l'irritabilité, la perte de libido et la mollesse de ce qui s'érigeait fièrement autrefois:
- une vie amoureuse équilibrée avec un(e) partenaire de longue date, ce qui donne une certaine confiance. Comme pour les femmes, c'est souvent l'âge où les enfants quittent le nid et où l'énergie des parents peut se ré-investir dans la vie amoureuse. On peut avoir la tentation de rallumer la flamme avec un nouvel amour, souvent plus jeune. Cela peut faire brûler plus vite aussi...
- une plus grande proximité avec son âme, ses désirs, ses aspirations parfois mises de côté; la fin des objectifs, des performances, de l'endurance...
- le chyavanprash ou mélasse de plantes et de racines. et autres rasayana (rajeunissants) ou vajikarana (aphrodisiaques nourrissants), spécialités de l'Ayurveda, et qu'on peut fabriquer à base de plantes locales, incluant souvent des racines.
- parmi ces plantes promotrices de jus: l'épine-vinette et la griotte.
- le ghee, le plus simple des aphrodisiaques.
- les substances amères.
- le pissenlit: à toutes les époques de l'année et dans toutes ses parties.
Pissenlit - les diurétiques et les bières, avec modération, et sous la conduite d'un praticien.
- le café et la chicorée. En particulier une préparation que je vendais autrefois sur le marché Beaujardin, et que seuls les messieurs venaient spontanément acheter: un café d'orge et de chicorée torréfiées longuement et à petit feu. Et, oui, le café, avec modération, peut être, en l'absence d'orge et de chicorée, un bon stimulant du souffle du bas, à condition de ne pas déjà en avoir pris toute sa vie.
- la consommation de racines, qui permettent d'ancrer l'énergie.
- toutes les pratiques permettant de stimuler le souffle du bas et la fraîcheur: la marche, vajrasana (de même que pour les femmes), bhastrika (le soufflet) avec uddiyana bandha, la contemplation de la beauté...en particulier celle des levers et couchers de soleil: j'ai vu plusieurs de mes professeurs âgés y être très attachés.

Cela me ramène à mon vieux voisin de Provence, Jean-Marie, absent de chez lui lors de mon passage à St Rémy, parce qu'il était avec sa nouvelle petite amie. Un monsieur extrêmement respectueux de tout, qui m'a appris l'économie, celle qui ne produit pas de déchets, où tout est récupéré et transformé, et fut un précieux informateur sur les plantes, et un généreux pourvoyeur de figues fraîchement cueillies dont la saveur me manque. A 87 ans, il réparait encore des voitures anciennes avec passion et partait cueillir ses plantes médicinales dans les Alpilles chaque printemps. L'andropause n'avait pas dû avoir beaucoup de prise sur lui... Son amour des petits riens avait dû le porter au-dessus.

samedi 30 septembre 2017

Podcasts de France Bleu Touraine

Je ne les avais pas publiés ces derniers mois, mais mes petites chroniques dans l'émission d'Isabelle Dorso sur France Bleu Touraine ne se sont pas interrompues. Les voici, dans leurs limites, 3 mn pour chaque fois un grand sujet, et merci à isabelle: le 26 septembre, sur les perturbations des souffles dûes au temps et à l'actualité; le 8 septembre, une petite présentation de l'Ayurveda (2ème partie); le 1er septembre, Ayurveda (1ère partie); le 11 août, comment se rafraîchir; le 26 juillet, présentation de l'Ayurveda (pas mal, celui-là); le 12 juin, encore se rafraîchir; le 24 mai, la déprime saisonnière; le 15 mai, les graines germées, quand et pour qui?; le 21 avril, le bonheur c'est la santé (pas mal, aussi); le 11 avril, eczémas et états inflammatoires; le 7 avril, sous l'influence de Vénus; le 27 mars, fermentation et sudation (parle d'un traitement excellent); le 21 mars, quelles plantes sauvages pour nous faire du bien en ce moment; le 6 mars, comment gérer au mieux les petits maux de la saison...

vendredi 29 septembre 2017

Explosion de couleurs pour réjouir les yeux

Présent des soleils fous des dahlias du Parc Floral, aux couleurs aussi irréelles que la grande ville... et néanmoins nourrissantes.
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Ménopause, Ayurveda et simplicitié

Kali.jpgCe n'est pas toujours un moment difficile que ce passage où le feu qui nous fleurissait tous les mois nous est rendu, notre fécondité n'étant plus dédiée au monde physique. Certaines femmes rayonnent particulièrement à ce moment, tandis qu'elles éprouvent le besoin de porter des vêtements colorés et fleuris, ce qui est un premier moyen de faciliter l'expression de la flamme nouvelle qui les emplit, ravive leurs désirs et gonfle leur poitrine. Leur esprit peut également devenir plus tranchant, voire redoutable. Une nouvelle vie commence. En sanskrit, à l'adolescence, lors des fleurs chaque mois, au moment de la grossesse... et à la ménopause, on dit que les femmes "fleurissent". La fin de la fécondité est loin d'être une "maladie".
Mais il est plus courant ici que les femmes subissent de nombreux désagréments, dus à l'accumulation de chaleur dans le sang et à la remontée des souffles, le souffle du bas étant moins puissant: les fameuses bouffées de chaleur, les variations de l'humeur, voire la colère ou la dépression brûlante, la prise de poids, les ballonnements, la perte de libido...

La première question est de se demander s'il est encore temps de plier notre corps à une activité qui ne nous correspond pas: longues heures devant un écran, autre travail assis demandant la concentration en un seul point, ou au contraire activité physique endurante, longues heures debout immobile, stress quotidien, pratiques d'accumulation du feu (beaucoup de pratiques de yoga et de méditation, d'énergie interne)... Ce que nous supportions avant, quand nos fleurs faisaient le ménage tous les mois, peut devenir intolérable.C'est le temps de la liberté nécessaire, et de la reconnaissance de notre nature féminine.
Kali_2.jpg Parfois c'est aussi une période où l'activité amoureuse du couple s'est fatiguée, et pourtant l'équilibre à ce moment repose aussi sur des échanges amoureux fréquents. Ce peut être le moment de "raviver la flamme", retrouver la préciosité de la vie en couple, alors que les enfants ont quitté le nid, parce que c'est un besoin vital... et que ce feu qui monte a besoin de s'épanouir dans un coeur ouvert, que ces désirs nouveaux doivent trouver leur voie d'expression.

Puis il y a les remèdes, qui ne touchent pas à la cause, mais peuvent aider à stabiliser le corps en attendant de trouver la force de se tourner vers les causes:
- s'asseoir à genoux, les talons tournés vers le dehors, pour l'une ou l'autre de nos activités quotidiennes.
- au lieu de passer l'aspirateur, nettoyer le sol à la balayette, avec le bassin au ras du sol, comme un canard.
- en cas d'insomnies ou de sueurs nocturnes, un cataplasme d'argile sur le bas-ventre pendant la nuit peut aider.
- masser tous les jours les chevilles, en particulier la zone située à l'extérieur, en arrière et en dessous de la malléole, dans le talon.
- les postures de yoga: l'enchaînement que je fais pratiquer en cure ou en stage quand je n'ai que des filles, depuis 2014, est destiné précisément à équilibrer le fonctionnement de la féminité. Un échauffement de kathak de longueur variable, ou taatkar (de 2 à 5 mn chaque vitesse, à l'aide d'un métronome), un échauffement articulaire, surya namaskar (la salutation au soleil), shashank bhujangasana (cobra en étirement), yoga mudra (la posture de l'union), gomukhasana (museau de la vache), ardha matsyendrasana (posture de méditation du yogi Matsyendra), apanasana (la posture de l'élimination), dvipada pitham (la table à deux pieds), paschimottanasana (posture d'étirement de la face postérieure du corps) éventuellement dynamique, sarvangasana (la chandelle), matsyasana (le poisson),Inanna.jpghanumanasana (grand écart), yoga nidra. Toujours à pratiquer sous la conduite d'un professeur de yoga expérimenté!
- certains pranayama sont aussi très efficaces: bhastrika avec uddiyana bandha pour disperser samana vayu, anuloma viloma pour relâcher les souffles, et la respiration de l'abeille pour évacuer ce qui s'est accumulé vers le haut et mettre tout le corps en vibrations.
- marche quotidienne, en particulier dans la nature, sans aucune recherche de performance...: les pieds sont l'organe d'action de l'élément feu. A travers le contact de notre pied sur le sol, nous évacuons ou remettons en mouvement le feu en nous. De même en frappant le sol des pieds, comme dans les taatkar (cf plus haut).
- crème pour les seins: elle permet de raffermir le sein et stimule en profondeur: traditionnellement efficace en cas de mastose et autres duretés, et légèrement aphrodisiaque. Elle se conserve très peu de temps, environ une semaine dans un petit pot fermé dont on prélève le nécessaire à l'aide d'une objet en bois. On fouette longuement environ 1 c. à soupe de ghee avec 1 c. à soupe d'eau de rose, 1/2 c. à café de graines de moutarde écrasées et 1/4 de c. à café de poudre d'écorce de grenade. A appliquer en massages les soirs solitaires (à cause de l'odeur) et laisser la nuit, ou le jour avec un soutien-gorge qui ne craint pas les tâches.
P1010560__2__-_Copie.JPG - alimentation rafraîchissante, aphrodisiaque (pour les femmes, différente de pour les hommes), régénérante, apaisante pour les souffles. Boire de l'eau chaude, si on en a l'appétit, rafraîchit les reins. La saveur astringente est particulièrement intéressante à ce moment, mais aussi la réglisse, les graines de fenouil, le ghee, les asperges, les résines, les feuilles et les fruits tanniques, l'avoine, l'orge, le maïs, l'agar-agar, le raisin, les tiramisu et autres préparations onctueuses et digestes... sous la conduite d'un praticien expérimenté ou de notre appétit. Donc pas d'alcool, d'excitants de type café, de sucre de canne ou de betterave (mais oui aux autres sucrants), de grignotages... et, encore une fois, manger quand on a faim et ce dont on a envie, profondément.
- une cure, en particulier à l'automne, au moment du rougeoiement, peut être très efficace pour remettre les souffles en place en quelques jours, en évacuant le trop-plein de feu stagnant.
- l'eau est un grand allié des femmes. Au hammam, en bains, sous la cascade ou dans la rivière, en douches fraîches alternant avec le chaud, en onction de la tête ou des chevilles selon la saison... pour favoriser la manifestation de ce feu vers l'extérieur et le faire circuler. L'exposition au soleil pendant l'été a l'effet inverse, mais pas au printemps ni en automne si on est en mouvement.
- la contemplation de l'horizon et de l'espace, pour dissoudre ce feu dans l'espace infini et en nourrir la matrice. Une pratique simple qui peut être alliée à la marche, ou à la contemplation des nuages dans le ciel.
- un praticien peut également, entre autres traitements, stimuler des points d'énergie ou marmas, ou y appliquer des ventouses, des cataplasmes...

Une seule de ces pratiques peut suffire si elle correspond à la nature de la patiente. Il est donc toujours préférable de consulter le praticien approprié.

jeudi 28 septembre 2017

Enflammement et célébrations de Durga

DurgaChaque année, quand je sens à l'automne l'inflammation qui monte, quand la couleur rouge devient dominante dans mes vêtements, quand le besoin de pureté me saisit, mes pensées errent vers l'Inde et les célébrations de Durga. Et quand les feuilles des arbres rougissent soudain, ou que j'ai tout d'un coup besoin de tout nettoyer dans la maison, je sais, sans pouvoir l'expliquer, qu'en Inde les Navratri ont commencé et que la grande fête de la victoire du Bien sur le Mal, Dussehra, suit bientôt.
C'est encore le cas cette année: les Navratri ont commencé le 21 septembre, à la nouvelle lune, pour s'achever avec Dussehra le 30, en même temps que Yom Kippour cette année. Et dans la nature, les premiers rougeoiements ont enflammé les arbres. A la prochaine nouvelle lune, le 19, Durgaon célèbrera la terrible Kali, à qui sont offerts les sanglants produits de la chasse et des sacrifices d'animaux. Un mois de rouge, de mort, de purification et de fêtes bondissantes(à partir de la 18ème seconde), au moment d'entrer dans la nuit de l'année, et sa nature féminine.
A cette période, on ne consomme pas de céréales, rien de ce qui peut chauffer et provoquer des éclats à l'extérieur (donc pas d'ail, oignon, gingembre...), évidemment pas de viande puisque les hindous sont végétariens, pas d'alcool également... mais beaucoup de préparations, variant suivant les régions et les familles, qui ont une seule chose en commun: l'apaisement de l'inflammation. Fruits cuits, légumes crus, boulghour, verdures, légumineuses, pâtisseries au lait...Eau lustrale en cours de fabricationC'est le moment de tout ce qui rougit: la grenade, la mélasse de coings, le safran, l'épine-vinette... et de ce qui fleurit: les guirlandes, les salades, les tisanes, les dessins... de fleurs peuvent aussi nous soulager, de pair avec la fraîcheur des perles, et nous permettre de manifester ce feu dans l'éclat de nos yeux et de notre teint.
Il est possible que, vous aussi, vous ayez soudain envie de nettoyer la maison dans ses moindres recoins, de la décorer, d'y mettre de nouveaux objets ou d'en rafraîchir l'apparence, de vous vêtir de vêtements neufs, éclatants, peut-être blancs, ou rouges, après avoir passé du temps à prendre soin de vous, par exemple au hammam, où exsuder les poussières de vos recoins.
Il est possible que vous sentiez monter le rouge à vos joues, et l'amour à votre coeur, devant les couchers de soleil, ou les levers, bientôt teintés des étranges couleurs laissées par le passage de la Terre dans les Draconides puis les Orionides; que vous ayez besoin d'espace infini,celui du ciel de jour comme de nuit, et de l'horizon où poser son regard, au point de délaisser les lumières artificielles des écrans et des villes pour poursuivre le miroitement de la lumière sur l'eau et les feuilles, ou les étoiles le soir, fixes et filantes: Erable près de Reugnypeu lumineuses et peu nombreuses cette année, celles des Draconides du 6 au 10 octobre, plutôt en début de soirée, mais aussi le pic des Taurides le 10 octobre, très lumineuses, puis les Orionides, plus près de 30/h, avec un pic le 21 octobre.
Evidemment, c'est le moment, quand il fera soleil, pour l'eau lustrale: fraîche, exposée à la lumière du soleil et de la lune pendant plusieurs jours, elle est très purifiante et rafraîchissante et ... ne coûte rien! Autre allié de la fraîcheur, le ghee, dont c'est la saison. Allié à des plantes amères, il pacifie nos humeurs du moment, relâche nos crispations et nourrit notre éclat.
Les pratiques plus médicinales incluent la purgation, pour relâcher un peu de ce rouge, et les saignées, pratiquées sur des points précis. Parfois le corps se purge seul des trop-pleins, et c'est bon signe, sauf si cela devient chronique.

mardi 26 septembre 2017

Réflexions sur la thyroïde et ses "problèmes"

Avant toute chose, dans la perspective de l'Ayurveda, on traite une personne, pas une "maladie". Il est donc essentiel de traiter la cause, et non le symptôme d'un déséquilibre. Or, si la thyroïde fonctionne mal, il s'agit d'un problème de métabolisme, un déséquilibre des "souffles", dont les causes peuvent être extrêmement variées. Il paraît donc d'autant plus aberrant de vouloir les traiter avec un médicament dont les effets secondaires incluent l'addiction. Ou de préconiser tel ou tel traitement sans être remonté à la cause du déséquilibre. Parmi elles, on peut placer:
Chyavanprash de chez nous (pas tout à fait assez cuit cependant) - toute forme d'instabilité: du climat, du lieu où nous résidons, affective... par exemple trop de déplacements, en particulier avec changement de climat; une vie affective marquée par de nombreuses ruptures et/ou conflits, amicales, familiales ou amoureuses...
- la station prolongée et quotidienne devant un écran: télévision, ordinateur, téléphone...,
- l'absence d'activité physique, qui va souvent avec,
- l'usage quotidien de stimulants divers tels que le café, le thé, le chocolat, le piment, l'alcool...
- le stress: celui de la grande ville, où nous sommes environnés de bruit, de mouvement incessant, de stimulations très puissantes des sens...; celui du travail, où nos rythmes personnels n'ont parfois pas de place, avec par exemple les commandes vocales chez Lidl (cf "Cash investigation"), les cadences imposées, les politiques managériales par la terreur...; celui de notre siècle, qui l'a inventé...,
- les causes organiques: sensibilité ou intolérance à l'omniprésence des ondes, des polluants... mais elles sont elles-mêmes aussi le symptôme d'un déséquilibre.
Devant l'augmentation de fréquence de ce diagnostic, on peut se demander pourquoi les pouvoirs publics ne réagissent pas et pourquoi nous ne remettons pas en cause notre mode de vie, au lieu de continuer tête baissée à poursuivre nos chimères comme le lapin d'Alice.
Voici, en attendant de consulter un thérapeute approprié, qui recherchera la cause du déséquilibre, quelques éléments qui peuvent permettre de réguler les souffles en cause:
- le plus simple: le chyavanprash, cette mélasse ayurvédique, dont la recette se trouve dans le tome1, avec des plantes locales. J'ai constaté souvent à quel point ses effets étaient puissants dans ce cas. 1 c. à café avant les repas, 2x/ jour. Si vous ne pouvez la fabriquer, on peut en commander sur internet, de préférence de la marque Arya Vaidya Sala (charitable trust), par exemple à la Boutique Bio. Les baies d'épine-vinette nécessaires à sa fabrication peuvent être commandées chez Eskan, ainsi que d'autres merveilles, comme les pistaches fraîches ou les cuirs de fruits.
- le pranayama: certaines techniques de pranayama sont particulièrement adaptées: anuloma viloma, murcha, bhastrika... Et le yoga nidra tant que la sensation de pression n'est pas trop forte.
Resized_20170922_111508.jpg - une activité physique modérée et tonique, de préférence ludique: danser, aller au travail d'un bon pas, sauter, frapper le sol des pieds, monter (surtout) et descendre les escaliers en sautillant... Le taï chi, et tous les arts martiaux pratiqués de façon traditionnelle. Le hammam, quand les différences de température entre la nuit et le jour sont fortes, avec gommage au gant.
- certaines postures de yoga: suryanamaskar (salutation au soleil), matsyasana (poisson), padma sarvangasana (chandelle en lotus) et sarvangasana (chandelle), yoga mudra (feuille morte), entre autres... mais tous les étirements pratiqués sur le souffle sont bons.
- le plus compliqué à Paris: une vie stable, avec des horaires de lever et de repas stables,
- et, évidemment, une vie amoureuse incarnée, le partage de la tendresse de nos proches, la lenteur, l'espace, la conscience de la douceur d'habiter ce corps, la contemplation du temps qui passe, des nuages dans le ciel, des étoiles la nuit, des levers et des couchers de soleil, du silence du petit matin...
D'ailleurs, "traiter" n'est pas toujours la solution. La maladie ou le déséquilibre sont aussi des chances, celles d'être poussés vers notre destin, vers notre vocation, ultime mais aussi quotidienne, de nous rapprocher de notre âme par nécessité. Ou ce sont des processus naturels dans la cadre d'une transformation plus profonde, et il faut peut-être laisser faire...

lundi 25 septembre 2017

Le coing, recettes

_1010502_-_Copie.JPGAu printemps, le cognassier donne au sein de ses feuilles veloutées d'un vert amandes des fleurs d'un rose délicat aux pétales fragiles. Sans soin aucun, elles auront laissé place à l'automne à de gros fruits verts puis jaunes d'or à maturité, très odorants, dont le poids fait parfois ployer les branches. Le cognassier n'est pas originaire de nos régions mais plutôt du Caucase. Robuste, il s'est naturalisé surtout autour de la Méditerranée et, peut-être grâce à des cultivars plus résistants au froid, il est remonté vers le Nord.
Qui croirait en le voyant porter fièrement ses lourds fruits dorés dans les champs de Normandie à la fin de l'automne, ou angéliquement couvert de fleurs roses au printemps, qu'il n'est pas originaire de notre terre? Il y grandit en tout cas sans effort.
Il fait partie de ces fruits d'automne à la saveur à la fois bien astringente et plus sucrée après les gelées, aux vertus adoucissantes, comme les précieuses cormes, nèfles, arbouses... qui régulent nos transits enflammés par la beauté et les clairs-obscurs de l'été indien et ravivent notre appétit défaillant, en nous communiquant leur vigueur. photo_9bis_-_Copie.JPGParfois consommé comme un légume, cuit en pâte, en mélasse, en gelée, en soupe, en potée... il est l'artisan d'une magie toute particulière et inspirante: sa ferme douceur acidulée peut convertir les graisses en crème aux usages tant culinaires que médicinaux, comme dans la recette de potée aux coings (tome 1 de "Savourer le chant des saisons"). Il était révéré par les anciens grecs, offrande favorite des Dieux et, aphrodisiaque féminin, un des attributs de la déesse Aphrodite: pommes d'or des Hespérides, et de la discorde, offrandes de Pâris à la plus belle, premier des évènements qui mèneront à la guerre de Troie.
Fleur de coing en avril Voici quelques recettes afin de profiter d'une récolte toujours abondante, sans l'étouffer dans le sucre:
- une fois récolté, de préférence sur la branche, on le pose sur des claies en évitant les chocs. Il ne se gardera pas passé Noël...On peut aussi le couper en tranches et le plonger dans le miel si on dispose d'une récolte abondante. Il y communiquera son parfum et ses propriétés au miel, qui en prendra la douceur.
- si vous appréciez son parfum, dont l'astringence entêtante incommode parfois, il fait merveille dans les placards pour communiquer sa senteur florale au linge et éloigner les mites. Sinon, posé dans une coupe, il embaumera la pièce, mieux qu'un parfum synthétique. A tenir éloigné des autres fruits cependant: son astringence excite la fermentation.
- moi, j'adore la mélasse de coings, ou coignarde. Cela fait deux ans que je n'avais pu en faire mais, grâce à un généreux ami tourangeau, j'en ai réalisé à nouveau en plein Paris avant-hier. Pour cela, comme le birnel, on peut soit passer les coings, une fois leur duvet frotté au torchon, à la centrifugeuse, s'ils sont bien mûrs et un peu juteux (pour une astringence plus prononcée), soit les cuire coupés en quartiers (plus de douceur et de pectine, et une très belle couleur), ni épluchés ni épépinés, en les couvrant d'eau. Ensuite, on laisse réduire le jus débarrassé des éventuels morceaux, à feu fort, jusqu'à réduction au 1/6 à peu près, c'est-à-dire jusqu'au point où une goutte versée sur une assiette devient rapidement collante. Cette mélasse à la belle couleur sang, dont l'astringence persiste légèrement sous la douceur, est délicieuse sur du fromage blanc, avec un fromage en sandwich, dans une soupe, dans une potée de légumineuses, à la cuillère, dans une tarte... et en remplacement de la triste tomate omniprésente.
Mélasse de coing - pour moi, la meilleure méthode de pâte de coing, ou cotignac est la suivante: on cuit les coings dans leur peau au four ou sous la cendre, environ 3/4h à four moyen. Puis on les épluche et on ôte le "gravier" avec les pépins, on les écrase à la fourchette, et on les passe au chinois. Après avoir clarifié du miel, c'est-à-dire l'avoir écumé après l'avoir chauffé à feu doux, on le mêle aux coings, 1 part de miel pour 3 à 4 parts de coings, et on tourne jusqu'à ce que la pâte se décolle de la casserole. On peut ajouter un peu de cannelle et de girofle si on souhaite. Il faut ensuite le laisser "sécher" 24 à 48h dans un endroit sec, idéalement exposé au vent du Nord, avant de découper et conserver dans des boîtes en fer-blanc, entouré de papier gras ou saupoudré de sucre. Délicieux remède aux transits rapides du moment.
- si les grains n'ont pas été cuits, on peut en faire bouillir une cuillerée à café dans une tasse d'eau. Cette gelée a servi de gomina, et me permet de rafraîchir, quand j'y pense, mes bouclettes aplaties par les matins frais. Cette gelée est également un bon remède en cas de toux sèche, de diarrhée avec irritation, de bronchite, de cystite, d'émotions brûlantes, d'angine... toutes inflammations dont nous accompagnons parfois l'enflammement des arbres.
- en 2014, j'avais préparé du vin de coings en mêlant 1 part de miel, 1 part de suc de coings et 3 parts d'eau. Le résultat fut un nectar, qui finit cependant, en l'absence de lieu de conservation correct, par devenir du vinaigre. J'ai gardé longtemps ce vinaigre rose, au goût onctueux de fleur, pour aromatiser avec parcimonie des salades d'exception.
- une autre recette à boire: un coing râpé dans une bouteille d'eau-de-vie, avec un bâton de cannelle, mis au soleil pendant 21 jours. On obtient une liqueur rose que l'on sucre avec du miel ou du sucre, éventuellement relevée de coriandre, de girofle et de cannelle, et qui tourne rapidement la tête à moins d'y jeter quelques amandes amères ou un peu d'extrait d'amande amère.
- une fois cuit, il soulignera le parfum d'une tarte aux pommes, d'un chausson, d'un crumble ou d'une compote si on l'y mêle. Quelques dés dans une salade au céleri rave ou "céleri rémoulade" le rendront émouvant d'équilibre entre les textures (comme dans une recette du tome 1). Quelques tranches de coing cuit au four arrosé de miel accompagneront une glace maison (romarin, roquette, cresson...), à moins que ce ne soit l'inverse.
- coing confit au vin: on coupe le coing en tranches, on met les pépins dans un nouet, et on cuit le tout en couvrant d'un bon vin rouge, ou de moût (jus frais de raisin), qu'on laisse réduire. On sucre au miel quand la préparation est tiède. A souligner éventuellement d'un trait d'eau de rose où des pistils de safran auront rendu leur arôme.
- crème de coing: le coing se marie très bien au potiron, ou aux poireaux comme en Europe de l'Est pour des soupes reconstituantes de soir d'automne. Par exemple comme ceci: faire fondre à feu moyen deux poireaux en lamelles dans du ghee. Ajouter un beau coing coupé en tranches fines et 1 l de bouillon de légumes ou de poulet. Laisser frémir 1/4h. Saler, poivrer. On peut relever au poivre de sichuan, ou avec quelques graines de fenouil frais cueillies dans le jardin, ou quelques baies roses. Un peu de fromage sec ou à pâte dure râpé lui donnera une saveur plus terrestre.
- brioche au coing et à la rose, recette de "S'cuiz in" très légèrement modifiée : la veille, délayer 10g de levure boulangère dans 4 c. à soupe de lait tiède. Ajouter le mélange à 275g de farine T55 mêlée à 20g de sucre et une pincée de sel. Ajouter petit à petit 2 c. à soupe d'eau de fleurs d'oranger, puis deux oeufs entiers et un jaune. Ajouter 150g de beurre mou et pétrir jusqu'à obtenir la texture appropriée. Placer dans un endroit tiède et humide à l'abri des courants d'air, par exemple le four chauffé puis éteint avec le lèche-frite rempli d'eau. Attendre que la pâte double de volume. Puis la mettre au frais pour la nuit.
Rabattre et étaler la pâte uniformément en rectangle. Découper des bandes régulières d'une taille légèrement inférieure à la taille du moule avec couvercle que vous allez utiliser. Rouler une tranche de coing de même hauteur dans chaque bande, puis placer les rouleaux dans le moule de façon à occuper tout l'espace. Délayer 3/4 de tasse de miel rozat ou de sirop de rose maison (eau de rose et sucre) avec le même volume d'eau et remplir une partie du moule où sont les rouleaux. Mettre à four moyen. Quand la pâte monte jusqu'aux bords, couvrir d'une feuille de papier cuisson et d'un couvercle. Vérifier la cuisson et terminer sans couvercle pour laisser colorer. Déguster tiède, avec une chantilly non sucrée, un jour de pluie ou de tristesse, de grande balade en forêt dans les tapis de feuilles, pour un goûter d'enfants aux joues rose vif...
- tatin de coings: cuire les coings au four dans leur peau. Les éplucher, couper en tranches épaisses et disposer au fond d'un moule à tarte généreusement beurré au ghee. Faire un sirop avec du sucre et de l'eau safranée aromatisée de deux clous de girofle. Arroser les tranches de coings, sans excès. Couvrir de pâte feuilletée. Mettre à four moyen. Finir la cuisson en retournant la tatin. Servir avec une chantilly non sucrée.

mercredi 6 septembre 2017

Le temps de la lourdeur et du doute

Ouragan destructeur ou Voie Lactée terrestreLe séisme le plus important depuis 30 ans, l'éruption solaire la plus forte depuis 12 ans, Irma l'ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l'Atlantique... et Harvey, José, Katia...l'astéroïde Florence au plus près de la Terre, Pluton toujours rétrograde (jusqu'au 29 septembre)... C'est peu de dire, ces derniers jours, que l'humanité est ébranlée. Même nous qui sommes en apparence si loin du déchaînement des éléments. Nos racines n'étaient déjà pas si vigoureuses, avec cet été en montagnes russes de canicules, même si les pluies d'été ont bien commencé avec les Perséides cette année, mais violentes, soudaines, ruisselant parfois sur la terre sèche sans la nourrir.
Comme les évènements qui se succèdent dans le monde des hommes, la Terre nous bouscule. Comme les bâtiments, les certitudes, les vieux systèmes, les piliers... vacillent de plus en plus. Ce qui semblait impossible il y a peu continue de devenir possible. Un Renouveau, une Renaissance...après le chaos. Quand la voie de la raison et du contrôle aura failli à nous protéger des soubresauts de la Terre, et de nos âmes si intimement liées à elle. La rétrogradation de Pluton, depuis le 20 avril, nous met en face de ce qui refuse d'évoluer, de cette part sombre qui est à la fois notre réserve, notre sauvagerie, notre secret, notre pouvoir et notre obscurantisme, au niveau collectif comme individuel. Cela alimente tous les doutes, mais renforce un chemin secret, inexprimable et impossible à influencer. Surtout que Neptune, qui nous ouvre au collectif, à ses vagues de lumière comme à ses sombres remous, et Uranus, qui nous ouvre la voie héroïque, l'exigence d'indépendance et de liberté, et l'extrémisme, sont également rétrogrades.
Azuré du serpolet sur fruits de carotte sauvage On peut envisager de se nourrir d'aliments roboratifs et apaisants, de se terrer dans son logis ou son confort, épuisé par le trop-plein de la Rentrée, et nos propres effondrements. On peut aussi faire comme les premiers arbres qui perdent leurs feuilles et donner, se dévêtir, se démunir, faire table rase des ruines, s'ouvrir aux vents des changements et aux pluies, sans craindre de chevaucher le chaos, parce qu'il sera suivi inévitablement de ciel bleu et pur, et d'un nouveau soleil, parce qu'il dénude enfin notre âme et qu'elle y retrouve sa flamme.
En allant vers l'équinoxe, ce moment si particulier de redescente, d'entrée dans le crépuscule de l'année, à mi-chemin entre ombre et lumière: dans la nostalgie de ce qui naît, éclaire, fleurit et fructifie... et l'appréciation du retrait, du dépouillement, du retour vers notre très-bas, notre richesse et notre vérité, là où les habitants de notre coeur sont tout-puissants.
Rose trémière Pour prendre soin de ceux qui nous entourent, on peut cependant:
- frictionner leur peau à l'eau de Cologne et les rappeler à leur enveloppe charnelle en la redessinant à travers les massages
- préparer des soupes de légumes onctueuses et piquantes, pour apaiser les souffles et chasser les grognons, par exemple une soupe aigre-douce de haricots frais aux pruneaux et au verjus...
- alterner le chaud et le froid dans la douche du matin, après avoir fait le vide des intestins
- distribuer des tchaï, le remède universel des Indiens: un thé noir bouilli, infusé de gingembre frais, cardamome, cannelle et clou de girofle, et coupé de lait, végétal ou non, sucré à la réglisse si on peut; boire des jus de carotte-gingembre, de raisins, de pommes, frais, dont la douceur et l'astringence apaisent aussi les souffles du moment
- faire couler lentement de l'eau tiède sur la partie supérieure de la tête pendant quelques minutes, le matin de préférence, ou oindre le sommet de la tête d'un peu d'huile mise sur le bout des doigts
- faire de grandes marches en se laissant porter par le vent qui souffle et qui appelle le mouvement et l'audace
- et, comme d'habitude, partager la tendresse et l'amour que nous inspirent les habitants de notre coeur, à travers les humbles gestes du quotidien, le meilleur des remèdes.Colchique dans les prés... c'est la fin de l'été

Propositions de menus
Petits déjeûners: bsissa cuite au lait, infusion de calament; tchaï à la réglisse et l'angélique fraîche, bradj ou gâteau de semoule; une cuillerée de rinquinquin, pain grillé, beurre clarifié et za'atar ou mélange "sauvage", gelée de sureau et compote de reine-claude; poires confites au gingembre (recette dans mon livre), clafoutis aux baies d'épine-vinette, jus de carotte et angélique; vin de noix, soupe paysanne, pain d'épeautre cuit à la vapeur ou au bouillon.
Déjeûners: tourte de courge, soupe de lentilles corail à l'angélique fraîche et au verjus, brousse, tarte aux figues; bouillon de tomates et fromage caillé à la menthe, galettes rôties de pois chiches et légumes, pesto de consoude et feuilletés d'artichauts; risotto d'orge à la tomate et au basilic, aubergines grillées sauce aigre-douce, salade verte.
Dîners: risotto d'orge et tiges d'angélique, soupe aigre-douce aux pruneaux, pesto de roquette; gratins d'épinards, crackers d'orge, chutney de figues ; bouillon de tomates et petit-lait à la menthe, aubergines « imam bayildi », polenta.

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