Le paradis c'est ici ! - le blog

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dimanche 20 novembre 2016

Le tome 1 de "Savourer le chant des Saisons" est arrivé!

Il est vendu au prix de 22 euros.
_1000747.JPG Vous pouvez le commander en m'envoyant un mail, un commentaire ou un sms, avec votre adresse... et un chèque de 29,5 euros (port inclus) envoyé à l'adresse indiquée dans mon deuxième commentaire.
Vos commentaires seront les bienvenus pour améliorer le prochain tome. Pour être sûrs qu'il vous arrivera avant le début de la saison, je commence à plancher directement sur le tome 4, le printemps! Et je continuerai en attendant les tome 2 et 3 l'année prochaine de publier des billets et des recettes de saison.
A suivre... et merci encore.

Nous venons de traverser le nuage de météores des Léonides, et il me semble qu'il est particulièrement actif cette année: une impression d'air poisseux en traversant Paris... et l'apparition de personnages errant dans les rues qui semblent absents les autres jours. Une petite purge relèguera tout cela au bon endroit: triphala, mélasse médicinale, beurre clarifié allié à des substances amères... dissiperont le froid intérieur et l'impression de crasse, tandis qu'une bougie allumée dans la maison purifiera l'atmosphère. C'est un temps pour le cocon, l'hiver devrait approcher maintenant... et nos flammes briller dans le froid pur.

vendredi 11 novembre 2016

Une autre super lune

P1000726_-_Copie.JPGJe n'ai pas la possibilité de détailler mais ne manquez pas le spectacle de la super pleine lune qui approche: la prochaine fois que la lune sera aussi proche de la terre sera en 2034 (la dernière fois était en 1948)! Evidemment, elle aura aussi de supers pouvoirs... A chacun de nous de trouver comment profiter de la fraîcheur, de la douceur, de la compacité... qu'elle amènera.

jeudi 20 octobre 2016

Diwali, la Toussaint, la St Martin et les festins de lumière...

P1000657_-_Copie.JPGCes jours, autour de la nouvelle lune, nous célébrons la Toussaint, tandis que dans le Nord de l'Inde, les hindous fêtent la victoire de Rama sur le démon Ravana, dont l'effigie sera brûlée dans les villages, comme flambe dans la nature le feu accumulé de l'été; mais ils fêteront aussi le retour de Sita, la douce, qui accompagne le retour de la fraîcheur, de la douceur, de la tendresse. Avec Halloween, mais aussi avec, là où quelques traditions ont été préservées, le soir de la St Martin, ou 11 novembre, devenu célébration de la fin d'une guerre charriant son lot de récits horrifiques, les anciens(nes), ou les programmes télé, raconteront toute la nuit aux enfants, et aux plus grands parfois, des histoires terrifiantes, au moment où le froid de l'hiver étend ses premiers doigts glacés sur nos épaules, et où les chaudes journées succédant aux nuits fraîches nous font parfois perdre de vue les terrestres réalités.

Arbousier en fruits et fleurs, jardin des Plantes A la St Martin, on sacrifiait les animaux qui ne passeraient pas l'hiver, ou dont l'entretien serait trop lourd. C'était le temps d'agapes dont la richesse répondait aux ors de l'automne et aux moissons de feuilles promettant un riche printemps. Le gras et le sucré nourrissaient le flamboiement pour éviter que le feu qui monte ne consume la vie même, en plus des nécessaires sacrifices de la saison. On s'offre donc en Inde de nombreuses pâtisseries en se souhaitant une année aussi douce et riche que leur saveur. Après avoir nettoyé toute la maison, en particulier les ouvertures, on y place des bougies, symboles de pureté et de clarté, puis on s'habille de nouveaux vêtements pour commencer une nouvelle année, en espérant que la Déesse visite la maison, attirée par la clarté, la beauté et la pureté. Souvent sur le pas de la porte, on dessine des mandala de fleurs ou de couleur et des traces de pas pour guider les Siens.

P1000668_-_Copie.JPG Voici quelques idées pour profiter de cette fête: les beignets de pâte de lait ou gulab jamun (recette ici), la crème de yaourt (recette ici), les beignets de pâte d'amande au safran (recette dans mon premier livre)...; plus traditionnel chez nous, ce sont les tartes tatin (pomme, poire, coing, endives...), les confits de châtaignes ou de canards, les rillettes d'artichauts (recette dans le tome 1 du "Chant des saisons") ou de chair animale... et quelques photos de la splendeur de cet automne à Paris sous le ciel pur. Moi, en ce moment, je petit-déjeune avec une pomme au four, des sandwichs de mozzarella et roquette, arrosés de vinaigre balsamique, de za'atar et d'huile de noix, et un thé de frêne à l'angélique et à la cannelle.Dahlias sur les quais de Seine
Sur les quais...
Rillettes d'artichaut
Ingrédients : 4 artichauts, ½ coing, ½ bouquet d'aneth, 1 c. à soupe de beurre clarifié, sel, poivre au moulin, 1 feuille de laurier.
Préparation : cuire les artichauts à l'eau et au gros sel, manger les feuilles, ôter le duvet et découvrir le cœur. Placer les cœurs d'artichauts dans une casserole plate où ils ne se couvrent pas, ajouter le beurre clarifié et le laurier, puis le coing en tranches fines. Couvrir d'eau et faire cuire à feu fort jusqu'à évaporation de l'eau et transformation en crème. Saler, poivrer. En pulsant le tout au mixeur, mais pas trop longtemps pour garder une texture grumeleuse, on obtient des rillettes de cœurs d'artichaut. A tartiner sans modération...

Nous sommes notre Terre...

La terre ne refuse rien, elle est suffisamment généreuse,
Les vérités de la terre attendent continuellement, elles ne sont pas si cachées d'ailleurs,
Elles imprègnent toutes choses et se transmettent elles-mêmes volontiers,
Transmettant un sentiment et une invitation, je ne cesse de dire quelque chose,
Je me tais, pourtant si vous ne m'entendez pas, à quoi vous suis-je utile?
Enfanter, améliorer, si j'en suis incapable, à quoi donc suis-je utile?
Walt Whitman, Chant de la terre qui tourne
Coucher de soleil automnal sur Tours Pour nous qui passons notre temps à examiner notre singularité, à coup d'extrêmisme parfois, il est difficile d'accepter à quel point nous sommes liés à notre univers. Pourtant si on veut comprendre comment fonctionnent les doshas, ou humeurs du corps, il n'y a rien à lire, ou à apprendre, mais juste à observer: comment Pitta diminue quand le Soleil est obstrué, comment Vata augmente avec le vent, comment Kapha resplendit avec la Lune pleine... Si des nuages plombent le ciel, les humeurs et la lourdeur s'accumulent dans le corps; s'il pleut, elles se libèrent en nous, saturant notre corps mais aussi courant vers les voies d'évacuation comme l'eau qui tombe du ciel gris. Si le Soleil resplendit, quelque chose en nous resplendit aussi, nourrissant la transformation, la pureté, la clartéLe lac de Vevey en automne... Si la Lune offre sa beauté nacrée aux amoureux de la nuit, entourée d'étoiles dans le ciel sombre, la fraîcheur nous habite, pas celle qui donne froid, celle qui repose, qui offre la quiétude, le retrait, la réserve. Rien de bien compliqué donc, mais du temps, celui de nous reposer en nous-mêmes, celui de la contemplation. Et, bien sûr, cela implique que la manière dont nous traitons les éléments -l'eau, la terre, le feu, l'espace, l'air- nous affecte également, pas seulement parce que notre alimentation, notre respiration même, nous lie à eux d'une manière plus indissociable et plus puissante que la plus puissante des relations amoureuses, ni parce qu'aux tréfonds de nous-même notre âme blessée pleure à l'unisson des éléments pollués, mais parce que leur simple proximité nous modèle au-delà de toute mesure.
Je suis ce dont je me nourris.
DSCF5883_-_Copie.JPG Comment puis-je me nourrir d'aliments morts, m'unir à de la chair animale produite dans la souffrance et l'aveuglement, à des végétaux incapables de se reproduire, comme les OGM ou ces raisins (qu'on trouve en bio!) sans pépins, comment pouvons-nous accepter que nos rivières soient polluées, que les zones sauvages se rétrécissent, que la lumière artificielle nous cache les étoiles, que le vent ne nous apporte pas le parfum musqué d'un animal, la senteur des décompositions automnales ou le chatouillement délicieux d'une floraison, mais l'odeur des voitures, les parfums artificiels, et la trace despotique de la présence humaine? Au prix de la misère intérieure, d'une blessure à l'âme, d'une fermeture des champs de perception, la même qui nous fait tolérer la misère extérieure de nos frères humains au pied de notre immeuble.

Bon, pas toujours facile de vivre à Paris...

mercredi 19 octobre 2016

Programme octobre-novembre

Matin givré- Bilans, thème astrologique, conseil en alimentation, soins... sur RV, à domicile. Tarifs: de 30 à 120 euros.

- Les mardi et jeudi, pratique physique dédiée aux femmes, en extérieur, de 8h30 à 10h30, sur l'île St Louis. Adresse précise sur demande. Participation libre.

- Il reste une place pour une cure de 7 jours, du 12 au 19 novembre, comportant soins, alimentation adaptée, yoga... Tarif tout compris, sauf voyage. Infos sur demande.
Entretien préalable nécessaire.

Mon téléphone: 06 62 38 09 85.

La maquette est finie!!! Bientôt le livre...

Récolte d'olives parisiennes Et, du coup, je retrouve le temps de d'écrire pour ce blog. Cela commence avec une récolte extraordinaire: des olives, en plein Paris! De quoi faire deux à trois bocaux d'olives piquées ou cassée, grâce à mon amie Cécile, et de retrouver un peu la saveur inimitable des olives de St Rémy-de-Provence!
Voici les deux recettes, pour ceux qui ont accès à des olives (elles seront dans mon livre, commentées):

Les olives vertes cassées
La cueillette se fait aux alentours de la St Michel (29 septembre).
Les femmes se rassemblent et l'après-midi passe à donner un petit coup de galet ou de marteau à chaque olive, juste assez pour fendiller la peau sans abîmer la chair. C'est tout un art, qui demande régularité et précision, pour lequel chacune a son outil de prédilection.
On plonge aussitôt les olives dans l'eau fraîche, que l'on change ensuite tous les jours, pendant neuf jours, ce qui permet de réduire l'amertume. Selon votre goût, il est possible de réduire ces 9 jours rituels. Puis on prépare une saumure : pour deux litres d'eau bouillante, 1/3 tasse de gros sel, 1 c. à soupe d'écorce d'orange séchée, quelques feuilles de laurier, une tige de fenouil tronçonnée et ½ c. à café de grains concassés de poivre noir ou de coriandre.
Quand la saumure est froide, on y plonge les olives en les maintenant à l'abri de la lumière. Au bout de quelques jours, elles peuvent être dégustées, mais leur durée de conservation n'excède pas quelques semaines. En même temps, elles sont tellement appétissantes qu'on a tendance à les consommer abondamment.
Ça n'a pas du tout le même goût que les olives qu'on achète, tout comme les olives noires.

Olives piquées
Préparation : On les cueille fin octobre. Piquées avec un bouchon dans lequel on a fiché des épingles, à tête ronde pour ne pas se faire mal aux doigts, on les fait tremper plusieurs jours dans un bain de saumure comme décrit à la recette des olives cassées. Puis on les place dans un panier largement aéré, type égouttoir à salade et on les accroche dans le côté de la cheminée, pas trop haut, mais pas trop bas, là où les broussailles aromatiques des nettoyages d'automne les confiront petit à petit dans leurs bonnes fumées. Ou alors bien au Nord, sous le Mistral, qui les ratatinera et les cuira de son souffle rugueux et pur.

Nous avons connu depuis cet été caniculaire bien des sautes de températures, mais surtout très peu de pluie. Une grande sécheresse se manifeste, même dans les lieux et chez les personnes de nature humide, avec l'arrivée de la fraicheur. Pour que le feu monte sans brûler nos jus, nos yeux, notre mémoire, notre capacité à l'empathie, il est particulièrement important en ce moment de nous rafraîchir les yeux à la beauté des couleurs automnales, d'ouvrir nos perspectives à la contemplation du ciel, de nettoyer le chemin des scories du passé, de consommer des nourritures apaisantes, juteuses et onctueuses, accompagnées de généreuses quantités de beurre clarifié, voire d'en prendre le matin à jeûn, si votre feu vous ronge l'estomac: 1 c. à soupe de beurre clarifié (huile d'olive dans les pays à olives), puis 1/4h après un verre de tisane (houblon, fenouil-romarin-genévrier, angélique...), et seulement plus tard, dès que l'appétit est revenu, votre petit-déjeûner. Cela raffermira le courage défaillant si besoin, donnera du mou aux crispations éventuelles, apaisera la frénésie, et fera de ce merveilleux feu qui monte le feu de joie de nos attachements passés.

lundi 12 septembre 2016

Une super-lune approche

C'est le moment de préparer de l'eau lustrale, autour de cette super-pleine luneP1000541.JPG ou de la prochaine, le 16 octobre.

Ce qu'il faut : de l'eau pure, de pluie, de source...

Préparation : exposer l'eau au Sud, dans une bouteille, un bocal ou une dame-jeanne en verre, à la lumière de la lune et du soleil pendant 9 jours consécutifs, ou seulement un jour et une nuit pour un usage quotidien. S'il pleut ou que des nuages couvrent complètement le ciel, couvrir la bouteille.

Quand /où? Dans les jours qui entourent la pleine lune et l'équinoxe d'automne; quand les contraires nous semblent irréconciliables : la nuit et le jour, le masculin et le féminin, le Bien et le Mal... ; au matin frais avant d'aller voir le lever du soleil, quand on est amoureux (« ...d'amour et d'eau fraîche »), en Provence, à la montagne.

Ça fait quoi ? Ça hydrate en profondeur sans causer de production de sécrétions, ça purifie, ça apaise, ça équilibre, comme la saveur particulière du lever et du coucher du soleil... Ce n'est que de l'eau mais aussi un nectar, il faut le goûter pour le sentir et le croire.

Les travaux de Masaru Emoto sur la mémoire de l'eau peuvent éclairer notre perception de l'empreinte laissée dans l'eau par un mot, une intention, un son, les astres... et on retrouve l'eau lustrale dans plusieurs systèmes de médecine. En Grèce et à Rome, elle servait pour les cérémonies de purification , les lustrations: d'un homme, d'un groupe, des champs, d'une ville... et était censée chasser les épidémies et les mauvais esprits, et protéger les récoltes. Comme l'eau bénite plus tard...

dimanche 11 septembre 2016

La roue des saisons de la Charaka Samhita (traduction personnelle)

« La discipline de chacun lui conserve force et bon teint à condition qu'il ait connaissance de la cohérence nécessaire avec les saisons en ce qui concerne la diététique et l'hygiène de vie.
L'année se divise en 6 saisons. Parmi elles, la période de trois saisons allant des frimas à l'été est connue comme « réceptrice » tandis que le Soleil entame sa course vers le Nord ; l'autre période, allant des pluies d'été à l'hiver, est connue comme « relâchante » alors que le soleil descend plus au Sud.

Dans la période de relâchement, les vents ne sont pas aussi violents que pendant la période de réception ; la Lune, dont la force resplendit, rend la plénitude au monde par ses rayons frais comme le nectar, donc la période de relâchement est caractérisée par fraîcheur et tendreté. Par contre, la période de réceptivité est sous l'influence du feu (de la transformation). C'est ainsi que le soleil, le vent et la lune sont responsables de la manifestation du climat, des saisons, des saveurs, des doshas et de la force physique selon la nature de la période et le cours qu'ils suivent dans le ciel.
Pendant la période de réception, le Soleil reçoit l'onctuosité de la nature et, le vent âpre et brusque la desséchant, produit une sécheresse qui augmente des frimas à l'été et, en augmentant les saveurs amère, astringente et piquante, est la cause de la débilité de la santé à la fin de cette période.

Tandis que pendant les pluies d'été, l'automne et l'hiver, quand le Soleil descend vers le Sud, son ardeur faiblissant en raison du climat, de son cours, des nuages, des vents et des pluies, la puissance de la Lune est sans obstacle, la température ayant fraîchi avec les pluies du ciel, les saveurs non rugueuses -acide, salé et doux- augmentent dans l'ordre, permettant de redonner force aux hommes.
C'est-à-dire : les êtres humains font l'expérience de la débilité au commencement et à la fin, d'une force moyenne au milieu et du maximum de puissance à la fin et au début, des périodes de réception et de relâchement respectivement.

Pendant l'hiver, chez les personnes robustes, le feu digestif, contenu dans le corps par les vents froids, devient de plus en plus fort, capable de consumer toutes les nourritures, même lourdes et en grande quantité. De là, si le feu digestif n'est pas nourri de façon approprié, il consume les jus du corps même et c'est pourquoi l'air froid est vicié pendant la saison froide. Donc pendant l'hiver, chacun devrait user de bouillons onctueux, acides et salés de viandes d'animaux gras, vivant dans l'eau ou dans les marais, ainsi que la viande des animaux qui nichent dans des terriers et des prédateurs chassant en jaillissant sur leur proie. Après cela, la personne devrait boire du vin, du vinaigre et du miel. On protège son espérance de vie si on prend régulièrement des produits laitiers, des produits de la canne à sucre, des graisses, des huiles, du riz nouveau et de l'eau chaude pendant l'hiver. Chacun devrait faire usage de massages, d'onction à l'huile, y compris de la tête, séjourner dans une pièce chauffée, exposée au soleil, dans les étages ou au sous-sol. Pendant la saison froide, on devrait se déplacer en carriole (voiture), utiliser des lits et des sièges garnis de lourds draps de laine, de soie, de fourrure, ou de cheveux tressés et autres couvertures. Les vêtements devraient être lourds et chauds et on devrait appliquer une pâte faite de poudre d'aguru (écorce d'aloès) sur le corps. Quand on est au lit, on devrait dormir, dans les bras d'une femme épanouie ayant une poitrine généreuse et proéminente, enduite de pâte d'aguru, ayant une libido épanouie et éprouvant du désir, et avoir des rapports jusqu'à pleine satisfaction à l'arrivée des frimas. Quand l'hiver commence, on devrait éviter les nourritures qui augmentent Vata, les nourritures et les boissons légères, les régimes, les rafales de vent froid, et les boissons froides.

L'hiver et les frimas sont presque semblables : les frimas sont seulement un peu plus rugueux, en raison du commencement de la période de réception, et froids, en raison des nuages, des vents et des pluies. Donc tout ce qui a été dit pour l'hiver est valable pour les frimas. Pendant les frimas, on devrait résider dans une maison plus chauffée encore et encore mieux protégée du vent. Pendant les frimas, on devrait éviter les saveurs piquantes, amères et astringentes, et les nourritures et les boissons légères, froides, et augmentant Vata.

Pendant le printemps, l'accumulation du dosha Kapha, desséché par le fort rayonnement du soleil, perturbe la circulation de la chaleur corporelle et cause de ce fait de nombreuses pathologies. Donc, pendant le printemps, ce sont les thérapies évacuatives, telles que les émétiques, qui seront utilisées ; les nourritures et les boissons acides, grasses et douces ainsi que la sieste doivent être évitées. Au moment des floraisons, on devrait pratiquer l'exercice physique, l'onction, les fumigations, les gargarismes, l'application de collyres et les bains chauds. On devrait appliquer sur le corps une pâte de bois de santal et d’aloès, et pratiquer une diète à base d'orge et de blé. Pendant le printemps, on mangera de la viande de wapiti, de lapin, d'antilope, de caille et perdrix grise. On boira sans risque des vinaigres et des vins. Ensuite, on se réjouira de la beauté des femmes et des forêts.

Pendant l'été, le Soleil draine par ses rayons toute l'humidité de la nature, ce qui rend les nourritures et les boissons douces, froides, liquides et grasses, particulièrement bénéfiques. La personne qui consomme régulièrement de la boisson mantha (à base de riz et d'orge grillée, proche de l'orgeat, NDLR), de la viande d'animaux sauvages et d'oiseaux, du beurre clarifié et du lait avec du riz ne souffrira de rien en été. Le vin doit être consommé en petite quantité, ou avec beaucoup d'eau, ou pas du tout. Les saveurs salées, acides et piquantes, ainsi que l'exercice physique doivent être évités. On devrait dormir dans une chambre fraîche pendant la journée, et la nuit sur la terrasse (toît) de la maison à l'air libre, rafraîchi par les rayons de la lune, le corps enduit de pâte de santal. Orné de perles et de joyaux, on s’assiéra parmi ses amis en s'éventant, rafraîchi par le contact de mains trempées dans l'eau de santal. Pendant l'été, on devrait s'en tenir aux forêts, aux eaux fraîches, et aux fleurs, ainsi qu'éviter les rapports sexuels.

Le corps affaibli à la fin de la période de réception, la capacité digestive s'amenuise, ce qui s'aggrave avec les perturbations de Vata pendant les pluies d'été. En raison de l'évaporation qui monte de la terre, de l'humidité des nuages, et de l'acidification des eaux, le feu digestif est affaibli et les doshas perturbés. Il est donc recommandé de modérer son activité. Pendant cette période, on devrait éviter les boissons froides, les siestes, la rosée, l'eau de rivière, l'exercice physique, le soleil et les rapports sexuels. On devrait souvent faire usage de nourritures et de boissons mélangées à du miel. Pendant la saison des pluies, quand la lumière est obscurcie par les nuages, qu'il vente et que la température descend, un régime à base d'aliments acides, salés et gras est nécessaire pour pacifier Vata. La personne, protégeant son feu digestif, devrait consommer de l'orge vieille, du blé et du riz avec la viande d'animaux sauvages et de soupes de légumineuses. Comme boissons : du vin ou d'autres types de spiritueux additionnés de miel et, en petite quantité, de l'eau de pluie ou de puits, bouillie et refroidie. On devrait se faire régulièrement frictionner et oindre le corps, prendre des bains, porter des parfums et des guirlandes, des vêtements légers et propres, et résider dans une pièce sèche, appropriée à la saison des pluies d'été.

Pendant l'automne, alors qu'on s'était habitué à la pluie et au froid, on se trouve soudain dans la chaleur des rayons du soleil, ce qui mène à l'aggravation du Pitta accumulé. Pendant cette saison, les nourritures et les boissons douces, légères, rafraîchissantes, légèrement amères et permettant de pacifier Pitta devraient être consommées en quantité appropriée et avec bon appétit. Pendant l'automne, on devrait consommer régulièrement la viande de caille, de perdrix grise, d'antilope, de mouton, de wapiti et de lapin, ainsi que du riz, de l'orge et du blé. On peut prescrire du beurre clarifié mêlé à des substances amères, des purgations et des saignées ainsi que d'éviter le Soleil. On devrait éviter les graisses, l'huile, la rosée, la viande d'animaux aquatiques ou de marais, le sel, le yaourt, les siestes et le vent d'est. L'eau, chauffée par les rayons du soleil le jour et rafraîchie par la lumière de la lune la nuit, cuite par le temps, libre de défauts et purifiée par l'étoile Agastya, est connue sous le nom d'eau lustrale, obtenue en automne, propre et pure. Cette eau est aussi bénéfique que le nectar si elle utilisée en bain, boisson et aspersion. Pendant la saison d'automne, il est recommandé de porter des guirlandes de fleurs de saison, des vêtements propres et de s'exposer aux rayons de la lune lors des premières heures de la nuit.

Voici exposée la conduite à tenir suivant les saisons. Ce qui est approprié à une personne en particulier est appelé le régime personnel. Ceux qui comprennent la cohérence (citée au début NDLR) définissent le régime personnel approprié par les qualités opposées à celle du lieu et des déséquilibres en cours. »

NDLR : la tradition ayurvédique est aussi beaucoup orale, donc certaines obscurités des textes ne peuvent être comprises ou dépassées sans l'explication d'une personne qui a réellement fait l'expérience des fondements ou en a reçu l'enseignement approprié.
Ailleurs, je parlerai aussi de la différence entre les femmes et les hommes, les riches et les pauvres, très perceptible dans ce texte, écrit à une époque où la tradition s'infléchissait déjà.

Ces textes sont mystérieux et on y pénètre avec du temps à mesure que la conscience s'éclaire. Tout n'est pas donné. Comme des koans ou de la poésie, des noeuds apparaissent, qui ne peuvent être défaits par le raisonnement, seulement par l'expérience et la conscience. Et c'est tant mieux! C'est beaucoup plus drôle!
Il s'y mêle aussi des traces d'une culture qui avait quitté la connaissance non-duelle des tantras pour aller vers la morale et la discipline qui permirent la domination brahmanique et la soumission des femmes. Ca, c'est moins drôle...ou encore plus: il faut ré-inventer les textes! Et c'est ce que je m'attache à faire dans les livres que je prépare sur les saisons.
Si quelqu'un voit une erreur dans la traduction, je lui serai vraiment reconnaissante de me la montrer.

vendredi 26 août 2016

Programme de la rentrée

coings sauvés de la chaleur- Mon projet de livre, "Savourer le chant des saisons", est toujours sur Ulule, il ne reste que quelques jours pour participer et le valider. Pour mémoire, si le montant total n'est pas atteint, tous les contributeurs seront remboursés, et le projet abandonné.
Dans les contreparties, il y a un stage d'un ou deux jours pour plusieurs personnes, un repas pour 8 à 20 personnes, le livre, la participation au buffet des contributeurs...
Si vous appréciez ce blog, si vous avez envie que ce livre voit le jour, allez sur

ma page Ulule

et parlez-en autour de vous, likez, diffusez... Merci d'avance.
Il y a aussi d'autres chouettes projet sur Ulule: un média de bonnes nouvelles, une histoire secrète de la construction de la Tour Eiffel, un café zéro déchets...

- Bilans, thème astrologique, conseil en alimentation, soins... sur RV, à domicile. Tarifs: de 30 à 120 euros.

- Les mardi, jeudi et samedi, pratique physique dédiée aux femmes, en salle et en extérieur, de 8h30 à 10h30, au jardin des Plantes, sur l'île St Louis ou à Montreuil. Adresses précises sur demande. Participation libre en extérieur, 5 euros de l'heure en salle. A partir du 15 septembre.

- Il reste une place pour une cure de 7 jours, du 1er au 8 octobre, comportant soins, alimentation adaptée, yoga... Tarif tout compris sauf voyage: 150 euros/jour. Infos sur demande.
Lors de cette cure, une place est également disponible pour un(e) élève-assistant(e). Frais: 15 euros/jour.
Pour les deux options, entretien préalable nécessaire.

Mon téléphone: 06 62 38 09 85.

mercredi 24 août 2016

Rappel de conseils pour la canicule

fleur de chicorée - manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante. En cas de sensation de lourdeur, on peut ajouter des épices et des herbes piquantes ou pénétrantes.

- le matin, rincer doucement le haut de la tête à l'eau fraîche, plusieurs fois d'affilée, tête penchée en arrière comme chez le coiffeur, éventuellement avec une infusion de fleurs adoucissantes (mauve, guimauve, rose trémière, sureau, camomille, bleuet, hamamélis...) dans de l'eau minérale et les yeux ouverts. Ca apaise les maux de têtes, la sensation de chaleur, et redonne de la clarté aux yeux et à l'esprit.
Le soir, presser doucement une éponge trempée dans une bassine d'eau fraîche alternativement sur chaque cheville entre les deux malléoles, les pieds posés sur les bords de la bassine ou au-dessus, aussi longtemps que nécessaire (au moins 10mn). Cela fait redescendre les souffles, apaise des excès de soleil et de chaleur et permet de dormir.

Au bord du ruisseau: reine-des-prés en fleurs et fruits, épis parme de salicaire, et iris dans l'eau - tirer les volets, les persiennes, les stores...du côté où tape le soleil, pour maintenir votre lieu de séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres ouvertes pour permettre la circulation de l'air et humecter régulièrement les rideaux avec des eaux parfumées: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce humidité. Les odeurs de fleurs ou d'herbe apaiseront les souffles et renforceront le sens de l'odorat, nous reliant à la terre. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot de fleur dont on a bouché le trou) sur le rebord des fenêtres, modeste équivalent de la climatisation des plus anciennes civilisations.

- le matin au lever, s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur, et puiser dans la lumière et la chaleur l'inspiration qui nourrira les prochains mois, tandis que nous sommes trop cuits pour conserver nos fixations habituelles: laisser notre ciel s'ouvrir à l'inconnu dans la lumière.

- si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, quitte à faire la sieste. Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel on puisse vraiment s'exposer lors des canicules.

- en Espagne, il y a la sangria, en Touraine la chicolle ou le miot qu'on apportait aux moissonneurs: lors des grandes chaleurs, boire un peu de vin sucré dilué à l'eau, avec des fruits frais éventuellement, comme nous le servait ma grand-mère bordelaise quand nous étions petits lors des canicules de 1975 et 1976 (accompagné de tartines grillées frottées à l'ail), comme le vrai pastis de Provence. Cela rétablit une circulation, une transpiration...

-on peut être irrité: gelée à base d'agar-agar, panna cota, orge, orgeat (à base de farine d'orge grillée par cette chaleur, recette ici), purée d'amandes, lin, mauve, guimauve, voire aloe si on est dans un pays de cactus... peuvent procurer une sensation délicieuse de fraîcheur intérieure. On peut même se nourrir d'orgeat.

- pour rafraîchir les yeux, contempler le lointain: levers et couchers de lune ou de soleil, horizon... et le laisser nous sortir de nos sentiers re-battus. Evacuer complètement le travail intellectuel et les écrans sous peine d'aggraver notre colère et notre chaleur interne.

 - en cas de manque d'appétit, trempette dans la piscine, la rivière, la baignoire... d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe, de reine des prés, d'achillée, de feuilles de noyer, de 4 semences chaudes selon l'endroit où l'on est, ou tartines de chutney de fenugrec (recette ici).

- manger peu à la fois, liquide, parfumé. Préférer les jus (de fruits frais, de légumes, au gingembre frais en l'absence d'angélique fraîche), les bouillons (de céréales, de légumineuses, de légumes...), voire les tisanes... d'aliments rôtis, grillés, puis réhydratés par l'eau (orge, riz...), comme nous. Des jus pour remplacer les nôtres qui s'étiolent. Boire peu à la fois, pour ne pas diluer les sucs digestifs. Consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau, ou du lait ribot, surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le ventre plat et évite l'émaciation et les problèmes de transits, avec un peu de cumin ou du mélange "4 semences chaudes" et un peu de sel.

DSCF7326.JPG -manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante.

Pour les gourmands qui ne manquent pas d'appétit, quand le corps aura évacué l'excès de chaleur impromptu, après le soleil, ce sera le moment des pâtisseries! Des vraies, nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui nourrissent la plénitude et stimulent le feu digestif. Comme aussi ma fameuse tarte aux figues (recette ici). Ce sera aussi le temps des potées de viandes, poissons ou légumes, longuement cuites à petit feu, riches en graisse légères, accompagnées de céréales blanches et onctueuses: couscous, orge grillée, riz grillé... Avant, yaourt battu, pain sec, olives, fruits cuits ou au vin, et un peu de pastis bien dilué, peuvent suffire à réjouir le coeur et l'appétit.

mardi 26 juillet 2016

"Savourer le chant des saisons": mon prochain livre sur Ulule

Ca y est, mes livres sur les saisons sont en voie de coagulation!
Le premier tome, octobre-novembre, sera publié, si on y arrive à le financer avant mi-septembre, début octobre prochain.
Si mon travail vous intéresse, que vous voulez savourer la saison comme jamais, que vous voulez plus de 150 recettes pour ces deux mois, des conseils de vie quotidienne, des remèdes de saison, des idées de cuisine sauvage et de cueillette, une approche des plantes médicinales de saison, une traduction de textes de l'Ayurveda et de notre médecine ancienne sur la saison, des poésies, des réflexions... et des photos glanées dans mes promenades pendant huit ans,

allez sur Ulule en cliquant ici!


Participez, parlez-en, commentez... tout cela concourre à la réussite du projet!
Les 5 premiers contributeurs sont importants: ils permettent au projet d'être visible dans le sommaire d'Ulule.
Si le montant n'est pas atteint le 24 septembre, tout le monde sera remboursé.

samedi 23 juillet 2016

Entrée dans le nuage des Perséides

Pluie d'étoiles filantesDans les cieux de nos nuits, avec l'entrée de la Terre dans le nuage des Perséides, les étoiles filantes tombent comme des larmes, comme les graines des ombellifères ou le grain des épis mûrs, un "grain" qu'on trouve aussi dans les vents qui se lèvent ("le baromètre descend, il faut s'attendre à un gros grain"), et parfois dans nos têtes folles emportées par les souffles de fin d'été ("celui-là, il a un grain!"), tandis que tournoient les soleils fous des benoîtes comme les soleils de Van Gogh.
C'est la fin d'une période, l'atmosphère de la Terre change, le vent se lève et les orages annonciateurs du retour de la fraîcheur déversent leur mousson. Peut-être pas encore cette année... mais la corrosion est là. C'est le moment de se désaltérer au verjus, qui peut être réalisé avec d'autres fruits verts comme la grenade. Leur astringence refermera les ouvertures, leur acidité stimulera les sucs, et le fruit que nous sommes aussi mûrira son sucre et son éternelle jeunesse à l'abri de sa peau, à travers les variations de l'atmosphère. On peut aussi, si le sentiment de frâicheur est fort, ou si le matin est lourd, consommer modérément, à raison d'une ou deux cuillerées à soupe, du vin vieux, des hypocras miellés, des vins tanniques ou infusés de racines astringentes comme l'herbe-à-la-rate, qui soutiendront le feu digestif.
Benoîte de montagne Les 4 semences chaudes (cumin, carvi, anis, fenouil) chasseront les souffles qui s'élèvent, par exemple consommées à raison d'une demi-cuillerée à café avec un peu de sucre après les repas; et les 4 fleurs pectorales de saison (bouillon-blanc, mauve, guimauve, coquelicot, rose trémière éventuellement) adouciront les passages, facilitant l'expectoration. Après les bouillies de céréales nouvelles sucées sur les épis, et les orgeats des grandes chaleurs, on peut avoir besoin de se rassembler en consommant des céréales complètes, des légumineuses nouvelles comme dans la soupe au pistou, des fromages secs, et des grillades de légumes. Aux concombres et courgettes frais de juillet succèdent les solanacées (tomate, aubergine poivron) et d'autres cucurbitacées, les premières de celles qui se garderont longtemps: pâtissons, courge... On peut même avoir envie de jeûner sans graisse ni sucre ni produit animal, comme on le faisait les 14 jours précédant la fête de l'Assomption ou de la Dormition, le 15 août: comme la vigueur des plantes sous le soleil, la Vierge monte au Ciel.
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Ce temps où la végétation entame sa redescente: les grains montés vers le ciel, les ombelles, les fruits, les premières feuilles mortes, la jolie marée verte des prairies maintenant asséchée..., et où le figuier se met en pause, c'est le temps de l'humanité et du retour au coeur après les folles envolées du solstice, dans la quiétude des récoltes engrangées pour l'année, avant que ne s'épanouissent à nouveau les verdures des plantes remontantes sous la pluie, quand les souffles accumulés par la sécheresse et la chaleur se seront apaisés.
Cascade dans le Queyras Cette année, Mars entre bientôt, après une période de rétrogradation (jusqu'à fin juin), dans le Sagittaire, en signe de feu. Il rejoindra Saturne fin août puis formera à la mi-septembre un trigone avec Uranus. Les obstacles et les ralentissements des derniers mois vont brusquement se relâcher, laissant libre cours à l'action individuelle. C'est le moment d'oser... La Rentrée promet d'être agitée.
Dans les soubresauts qui agitent notre monde en changement, particulièrement cet été, il est plus que jamais mis en lumière la préciosité de chaque instant, l'importance de l'union, avec le moment présent, avec l'Autre, et avec cet Autre qui est moi et l'Univers tout entier. La tentation est forte de ne plus voir que ce bout-là de la lorgnette, celui de la peur, des troubles et des larmes, en oubliant la vie, tout le reste de la vie qui s'accomplit dans la grâce. Les deux sont des cadeaux: ce qui nous réveille de notre confort artificiel aux pieds d'argile, et ce qui participe de la grâce inaltérable de chaque instant.

Les nuages s'accumulent dans le ciel comme les humeurs dans le corps, à un moment de l'année où notre capacité à transformer, notre feu digestif, est au plus bas avec la chaleur. Avant que les pluies ne tombent, ou s'il fait frais, on peut s'alléger beaucoup en se frictionnant le corps une fois par semaine au gant de crin ou de hammam, avant de prendre une douche fraîche et de compléter avec un peu de crème: cela fera disparaître la sensation de "rouille" au matin, les tensions intérieures et l'éventuelle frilosité. Quand les nuages relâcheront leur pluie, les doshas satureront le corps, et le processus d'élimination sera favorisé par les substances acides de saison, comme le verjus et les prunes, les verdures, et les aliments cités plus haut.

lundi 20 juin 2016

Une petite pointe de chaleur en vue...

Merveilleuses griotteset les inflammations font rage: la stabilité, la tendresse, la compacité, l'empathie, la réserve, la structure, la lenteur et la douceur... sont des valeurs particulièrement mises à mal en ce moment (surtout à Paris) et leur absence nous rend plus sensibles à tous les changements, dont ceux de température. Une manière de nous rappeler au corps sans doute, à la "nature" dont le virtuel ne nous dédouane pas bien au contraire. Nous n'avons pas régénéré notre fraîcheur intérieure dans le froid de l'hiver, les incertitudes du temps et de l'actualité nous baladent, les causes de trouble s'accumulent, la pleine lune attire les eaux aux sommets ...

Si ça flambe, si la colère gronde, si les humeurs noires nous guettent, on peut:
Fraises des bois - profiter du beau temps pour partir cueillir des cerises dans les vergers (comme ceux des fermes ouvertes à la cueillette autour de Paris): le travail des bras en hauteur a une action rafraîchissante qui fait retomber les souffles et libère les organes.

- manger des framboises, du cassis, des groseilles et de la rhubarbe: oh, c'est de saison!

- se faire une douche des chevilles, quand ça coince, quand la chaleur monte avec le soir, quand on se sent fiévreux, stressé, enragé... ça rafraîchit les reins, fait retomber les souffles, apaise et détend.

Rivière en Ardêche - pratiquer la respiration de l'abeille, en cas de migraine, quand la zone ORL est douloureuse, ou qu'on a l'impression d'être collé au plafond: assis en tailleur ou en lotus, on inspire à fond bouche fermée, puis on bouche les oreilles avec les index et on expire lèvres closes en faisant un son de bourdonnement. Petit à petit, on diffuse la vibration dans tout le corps jusqu'à se sentir léger et frais comme un enfant ou un papillon. En plus, ça fait une belle voix.

- on peut aussi avoir envie de chanter, pratiquer une activité physique de manière modérée mais tonique, s'exposer au soleil pour sécher les tourbes intérieures laissées par les jours de pluie, boire de la bière et transpirer... et goûter enfin la joie, même éphémère, de jours d'été.

- garder dans nos repas une part importante de céréales peu assaisonnées et bien cuites, particulièrement le soir. Leur saveur délicate et douce restaure aussi notre paix.
On peut aussi laisser faire notre corps qui sait éliminer les excès de chaleur interne, et se vider de toute colère...

jeudi 9 juin 2016

Le massage

Aube

''J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.'' Arthur Rimbaud, Illuminations

La place des fées de la forêt Un massage, c'est avant tout la rencontre de deux énergies, avec leurs trous, leurs bleus, leurs bosses, leurs pleins, leurs jaillissements, leur radiance et leur réserve... Aussi y a-t-il aussi peu de règles dans la pratique que pour n'importe quelle rencontre pourvu que celle-ci soit thérapeutique ou "de bien-être" comme annoncé, même si l'apprentissage passe par un certain nombre de protocoles qu'on applique longtemps avant de s'en libérer, ou pas. Et c'est un vrai travail que cette libération attendue.

On peut être massé à l'huile, au ghee ou beurre clarifié, au ghee lavé, à la farine, à la farine et à l'huile, aux tampons d'herbes médicinales secs, aux tampons huilés, aux tampons cuits dans le lait, au lait, à l'eau, au métal, au bois, sans contact de peau, par la vibration du chant ou de la musique... L'éventail des techniques est presque infini et dépend des transmissions reçues au cours de l'apprentissage, des enseignements de la pratique, des affinités personnelles, et de ces précieuses lumières que donne chaque instant où le contrôle et l'intention s'effacent un peu au profit de l'intuition et du lâcher prise par la grâce de la nécessité.

Lac du col des Thures Le massage peut alors devenir une danse, une transe où chaque geste est intuitif et évident, un moment d'éternité partagé où le temps se suspend dans le silence ou le son, une plongée dans les tréfonds vers la source de toute jouvence: la lumière de la relation.

Pour cela, le masseur ou la masseuse doit soigner son prana et son intention, par exemple par des pratiques spirituelles quotidiennes, et lâcher son vouloir. Vouloir guérir est souvent le plus grand obstacle, c'est lui qui fait sortir de ce qui est juste. C'est l'obstacle intérieur de grossièreté qui ne voit pas la délicatesse de la manifestation, l'infini des possibles, et y trace son chemin de ruines dans la certitude du droit. Je connais bien cet obstacle. Il est bien éloigné de la simplicité... Il rend le massage des proches particulièrement périlleux, tant le vouloir peut être fort et emmêlé. Parfois pourtant, le vouloir est nécessaire et juste, aussi.

La Voie Lactée Les mains se posent d'abord sur un corps, puis le corps disparaît peut-être au profit d'un maillage magique et étoilé, de lignes et de routes, de creux où l'énergie stagne ou se concentre, de points de jaillissement, de flots parfois troublés par des cailloux, de terres où l'on s'enfonce et de terres arides, de grottes souterraines, de cascades, de forêts, de mares et de lacs, de volcans rougeoyants et de montagnes escarpées, d'enroulements de plantes grimpantes, de jungles foisonnantes, de forêts ruisselantes de lumière... sur lesquels les doigts courent et prennent les chemins qui s'éclairent au fur et à mesure, débroussaillent, lissent, modèlent. Volcan rougeoyantUn corps, dans le massage, c'est une terre, à la fois présente comme une entité, et multiple dans sa conscience.

Parfois le chemin pris, la station, le mouvement, la plongée ou la pression, font monter des crispations qui peuvent envahir le masseur -la douleur peut être forte- puis se défont en émotions, en larmes, en images, en souvenirs, après une sorte de combat d'acceptation et de transformation, et tout s'apaise comme un grand lac libéré des tempêtes (le combat final entre Néo et l'agent Smith m'y a fait immédiatement penser). Parfois des bulles étrangères, des écailles (comme Haku à la fin du "Voyage de Chihiro") images.jpgou de la grisaille, s'échappent au-dehors, doucement poussées par les doigts, ou par la lumière diffuse qui se réveille, tandis que le paysage se transforme et se révèle.
Dans de très rares cas, quand la nécessité et la justesse y amènent, le masseur, ou la masseuse, peut choisir de déverser un peu de son prana, et de nourrir doucement une rivière asséchée, une crevasse, un trou, pour faciliter le retour à la plénitude que le massé complètera lui-même. Pour cette raison, les textes recommandent que le praticien soit en plénitude d'énergie, même si la plénitude est paradoxale et peut se traduire chez certains par une situation de souffrance, quelle qu'elle soit, nécessaire pour la mise en branle de l'énergie.

Si si, parfois ça fait un peu ça... Ce texte m'a été demandé pour un autre média, sous la forme "pourquoi se faire masser" ou "qu'est-ce qu'un massage ayurvédique", et je n'ai pu répondre à la demande tant l'expérience du massage me paraît personnelle, au-delà des évidences rabâchées. Alors bien sûr, il s'agit uniquement de mon expérience, et pas d'une présentation officielle du massage dit "ayurvédique".

mercredi 8 juin 2016

Pour les yeux irrités qui se multiplient en ce moment

Loin de l'irritation...Quand la chaleur monte vite dans la moiteur de semaines de pluies et de terre lourde, elle peut provoquer de petits maux qui ont chacun leur sens. Je vois et j'entends, et j'expérimente, depuis quelques semaines, des histoires d'yeux irrités pour lesquels voici une collection de petits remèdes de mamans:
- douche des chevilles à l'eau à température ambiante le soir avant le coucher.
Fleurs de nigelle - si les yeux sont irrités avec écoulement nasal sans mucosités, la consommations de fromage frais et de yaourt contribuera à stopper l'écoulement.
- rinçage du haut de la tête, en position comme chez le coiffeur, avec de l'eau à température ambiante ou un peu plus fraîche, de préférence le matin. Si on le tolère, le versement de l'eau, effectué avec douceur et lenteur, peut commencer dans les yeux ouverts, avec une infusion de fleurs de camomille, de sureau, de bleuet, de chèvrefeuille ou de l'eau d'hamamélis, de camomille, Souvenir du Queyrasde rose, de jasmin... les yeux seront plus rouges sur le moment mais bientôt la vue s'en trouvera améliorée, et le confort oculaire également.
- "il pleut, il mouille...", on peut consommer les verdures qui sortent de terre en abondance
- bains de siège frais ou douche du siège à l'eau froide, éventuellement avec de la mauve
- pranayamas spécifiques: l'abeille, anuloma viloma.
- si on le peut encore, contemplation de l'horizon, et jeûne total d'écrans (télé, ordi, mobile). Sortez profiter de l'été et regarder les nuages. Si ce n'est pas possible, prendre au moins 5mn par heure d'ordi ou de révisions pour regarder l'horizon. Si si, c'est possible!
- tisanes et aliments sudorifiques. Oui, c'est l'été enfin et vous voulez manger froid, mais une bonne soupe ou un bouillon de lentilles épicé vous fera transpirer et dissipera l'inflammation.
- dans certains cas, quand il n'y a pas de suppuration, la panna cotta sera bien utile aussi, bien crémeuse, aromatisée à l'amande amère, avec un coulis de fruits rouges...
- et le meilleur de tous les remèdes: s'abandonner à la lumière du solstice qui approche, le laisser nous emplir d'espace, de créativité, de clarté... intérieurs.
En espérant que les yeux de mes petits suisses préférés trouvent eux aussi le repos...

lundi 6 juin 2016

Pour apaiser les tensions...quelques boissons

 Le ciel astral est toujours marqué de la pierre aux quatre angles, celle des situations bloqués et des tensions irrésolues, celle qui nous pousse vers notre âme pour pouvoir respirer. Et la température monte...
Alors, comme l'année dernière, quand il fera chaud, en cas d'inappétence, de souffles bloqués (constipation, maux de tête...), d'anémie, de colère sans raison, pour se rafraîchir, récupérer ses esprits dans la fournaise, et surtout ... parce que c'est délicieux:

Boisson à la rhubarbe et à la rose
Couper 5 belles tiges de rhubarbe bien nettoyées en petit tronçons. Les placer dans une casserole avec 1,5l d'eau. Amener à ébullition et laisser bouillir à petits feux environ 5mn avec éventuellement quelques graines d'angélique ou de cardamome. Eteindre le feu et laisser tiédir.
Filtrer ensuite. Ajouter 2 cuillerées à soupe de sucre blond, et une cuillerée à soupe d'eau de rose.
Petit souvenir de Nostradamus...
Aspérule odorante Boire à température sous un arbre, en écoutant "Les roses roses" de Vanessa Paradis et Benjamin Biolay, ou en regardant les nuages.

Pour passer de la boue à la lumière et ouvrir la voie à la joie, on peut boire un thé d'aspérule odorante.
Pour la mémoire, le repos, la stabilité et la tendresse, une infusion fraîche de santal, camomille et écorces d'orange à la réglisse.
Pour nourrir sa chair, s'emplir de douceur, lisser les noeuds, de l'orgeat et sa version "pastis" à l'anis et à la réglisse.
Pour la tonicité dans l'effort physique et la transpiration qui relie le dedans et le dehors, un peu de vin sucré aux cerises et très allongé d'eau, ou de la liqueur de cailloux allongée d'eau, ou un pastis maison très allongé. Pour retrouver sa voix et décoincer les rouages, une panna cotta arrosée, ou un tiramisu.

samedi 4 juin 2016

Programme parisien, avec les dates

DSCF7174__800x409_.jpgBilans, thème astrologique, conseil en alimentation, soins... sur RV, à domicile et en cabinet, les 3ème et 4ème semaine de chaque mois. Tarifs: de 60 à 120 euros.

Pratiques physiques dédiées aux femmes et à la féminité, issues de différentes traditions: yoga, arts martiaux et danse, en fonction de la saison. Tous les mardis en salle de 8h30 à 9h30, pour la tonicité et la force, et 9h30 à 10h30, pour la plénitude et la relaxation, à Montreuil, m° Mairie de Montreuil. Tous les jeudis en extérieur dans le bois de Vincennes, m° St Mandé-Tourelle, sauf les jours très pluvieux où il est possible que le cours soit déplacé en salle à Montreuil. Participation: 5 euros de l'heure.

Pour les anciens élèves uniquement: pratique spéciale avec tambours les 13ème et 17ème jour de la lune, en extérieur ou pas selon le temps. Tambours bienvenus. Prochaines dates: 18 et 22 juin.

jeudi 2 juin 2016

Sous l'eau, le palais de cristal

Fleur d'Angelica sylvestrisQuelques jours avant, les yeux étaient inhabituellement irrités et les souffles très hauts chez mes amis parisiens croisés dans le métro. Puis, ce fut la pluie, celle qui lave d'abord; celle qu'accompagne la saturation des doshas dans le corps ensuite, qui permet le relâchement; puis celle qui pousse vers le haut, comme une plante annuelle gigantifiée par l'excès d'eau, et dont la vie se réfugierait dans les hauteurs et les souterrains, amenuisant les forces du coeur.
On peut se sentir lavé de son courage, la respiration un peu lourde, le coeur un peu faible pour digérer autant de pluie, dans un contexte social tendu, au milieu des embouteillages et des grincements: laisser avec Angelica archangelicaconfiance son âme à la dérive trouver le chemin du palais de cristal intérieur, là où rayonnent les souvenirs précieux et où résonne le sens, trop content d'y renaître à soi par la magie du chaos pluvieux.
On peut aussi boire un peu de vin vieux, éventuellement chaud et miellé, qui fait monter la joie, se faire masser à l'huile pour nourrir ce qui est délavé et se rappeler à sa forme formante en chassant les souffles en excès, se rapprocher du chou perpétuel, et de l'angélique qui sait illuminer et rayonner les pieds dans l'eau, se nourrir de plats abondants, parfumés et nourrissants, prendre des bains tièdes, infusés de quelques herbes choisies dans le jardin ou d'un petit sachet de flocons d'avoine qui fera la peau douce... Roseaux? Non, plantain, très grandou, si on a quelques lourdeurs à éliminer, profiter de cette période de dilution pour faire le ménage à grandes eaux, intérieur et extérieur, par exemple avec une cuillerée à café de poudre de "triphala" le soir dans un verre d'eau chaude, ou avec une bonne collection de brosses pour nettoyer les recoins de la maison... ou se jeter dans le courant, nager dans la tendresse omniprésente de l'eau tiède et de nos frères humains heureux d'être bousculés de leurs attachements, goûter la saveur particulièrement riche et intense du moment, révélée par l'eau, et la joie du chaos qui déjoue la rigueur, se nourrir de toutes ces contradictions ambiantes et en raviver notre flamme intérieure.

mercredi 1 juin 2016

Juin

« C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes ses haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. » Le dormeur du val, de Arthur Rimbaud

Cueillette dans un jardin ensauvagé Juin, habiter l'espace jusqu'aux éblouissements du solstice
Sur les chemins et au bord des routes, dans les prés et les jardins, dans les bois, tout frémit, tout s'agite. Le végétal se tend vers la lumière, s'étire vers le soleil, à la conquête de l'espace, en épiaisons graciles, en floraisons colorées, et nous aussi.
Élan d'inspiration, d'expansion, de création, d'échanges: ceux de l'air dans les poumons, ceux de l'amitié, ceux de l'esprit qui se partage, se diffuse, s'ouvre, batifole comme le papillon, bourdonne d'activité incessante comme les insectes qui se multiplient, chante comme les oiseaux, danse comme les prairies... Il n'est plus temps pour les régimes et les efforts physiques, mais bien pour la douceur, qui nourrit ces envols en protégeant notre humanité. C'est le temps privilégié de la vie de l'esprit, étirant lui aussi sa substance vers la lumière, dans une quête affairée. Les idées, et les regards, fusent, volages, s'effacent, s'échangent... Peu importe, c'est bientôt l'été, le temps des vacances. « On n'est pas sérieux »... Temps de l'inspiration libérée des contraintes, de l'adaptabilité souriante et légère, de la respiration. Respirer le monde. Respirer au-delà du monde. Se gorger de lumière. Aux sommets, plus près du soleil. Contempler l'espace infini, être inspiré par la vision de l'immensité. Et oublier les démons d'Icare en sautant par-dessus les feux de la St-Jean, rappel à notre incarnation.

 Le piquant, saveur de la saison
Quand la saveur d'une saison n'est pas naturellement présente, on peut l'ajouter dans l'alimentation. Juin, c'est le déploiement des premières aromatiques : après le thym de mai, fenouil, menthe, mélisse, sauge, verveine, origan, hysope, calament, lierre terrestre... particulièrement en terres humides où le piquant du chaud et du sec sont moins présents. Et il semble que ce début de mois voit de l'humidité un peu partout...
S'il fait chaud et sec, on appréciera les saveurs douces, amères et astringentes qui apaiseront le feu. Préparations de céréales en brouets comme dans l'orgeat ou la soupe d'orge, infusions fraîches de camomille ou saveur subtile de branches de mélisse et de menthe laissées dans la carafe le soir, infusion d'écorces ou dilutions de vin tannique comme dans le miot qu'on apportait aux moissonneurs pour les désaltérer, ou la sangria espagnole, ou le vin que ma grand-mère nous diluait avec beaucoup d'eau lors des grosses chaleur, avec des tartines de pain frotté à l'ail. Vins de fleurs, qui ramèneront la transpiration, légumes juteux, céréales onctueuses et légères.
On mange chaud pour soutenir le feu digestif qui se dissipe sous la chaleur ou s'éteint sous la pluie: chaud en température, mais pas en énergie, et léger. Aussi, contrairement à des habitudes bien arrêtées, le repas froid n'est pas forcément celui qui nous fera profiter le mieux des chaleurs de l'été, à moins d'être constitué d'aliments piquants et stimulants, comme la gaspacho espagnol -un peu précoce quand même (non, ce n'est pas non plus la saison des tomates!).

 Juin, temps du repos souriant et enchanté
Si le soleil brille et nous grille, ou même si la pluie tombe, quelque chose en nous s'étire avec l'allongement des jours vers la manifestation, épuisant les réserves. Aussi n'est-ce pas la saison pour s'exposer au soleil, faire des pratiques demandant de l'endurance, avoir une intense activité sexuelle... mais laisser venir l'inspiration et monter l'épanouissement près du chant de l'eau, dans les berceaux de verdure, sous la générosité des futaies ruisselantes de lumière tandis que tout s'élance. Si on suit le rythme du soleil, on dort moins et on peut préserver sa chair et sa pulpe en faisant une sieste quand le soleil est à son zénith. Orgeat, mon favori de l'étéOn peut aussi manger les plus gros repas « à la fraîche », quand la température n'est pas encore ou plus à son maximum. Les massages à l'huile rappelleront au corps sa forme et délieront les tensions.
Cette saison est celle où l'on fait provision de chaleur interne, qui se manifestera à la saison froide.

Se rafraîchir dans la présence à soi-même
Bien sûr, rien de plus rafraîchissant que la présence des amis et des amours, le partage de la tendresse, la contemplation de la beauté de la nature, les soirées à chanter et à rire, l'abandon de soi, la délicatesse... mais aussi un lit couvert de pétales de roses, comme en Inde pour les fiévreux et les amoureux, une maison tenue fraîche par l'humidité des voilages parfumés, une douche des chevilles le soir à l'eau fraîche, les odeurs de fleurs comme le jasmin, le chèvrefeuille, la rose, la fleur d'oranger... fleur de chicorée

Potée de petits pois et courgettes à l'angélique (ou à la cardamome)
Ingrédients : une tasse de petits pois écossés (conserver les cosses pour la soupe), 3 ou 4 courgettes, quelques gousses de cardamome ou quelques graines d'angélique (Angelica archangelica) fraîches, une demi-tasse de crème liquide, sel, poivre, deux cuillerées à soupe de pavot blanc ou d'amandes effilées, quelques feuilles de menthe ou de coriandre.
Préparation : couper les courgettes en cubes et les placer avec les petits pois dans une casserole à fond épais. Ajouter une cuillerée de beurre clarifié et laisser fondre à couvert et à feu doux pendant une dizaine de minutes. Puis ajouter la crème, le pavot blanc ou les amandes effilées rôties à sec, le sel et le poivre, et les gousses de cardamome écrasées ou les graines d'angélique. Laisser à feu doux et à couvert jusqu'à ce que la crème ait imbibé complètement les courgettes. Servir avec menthe ou coriandre ciselée.

vendredi 27 mai 2016

Programme parisien

Sauge sclaréeBilans, thème astrologique, conseil en alimentation, soins... sur RV, à domicile et en cabinet, les 3ème et 4ème semaine de chaque mois. Tarifs: de 60 à 120 euros.

Pratiques physiques dédiées aux femmes et à la féminité, issues de différentes traditions: yoga, arts martiaux et danse, en fonction de la saison. Une fois/semaine en salle de 8h30 à 9h30, pour la tonicité et la force, et 9h30 à 10h30, pour la plénitude et la relaxation, à Montreuil, m° Mairie de Montreuil. Une fois/semaine en extérieur dans le bois de Vincennes, m° Château de Vincennes. Participation: 5 euros. Adresses et jours à suivre

 Cours de cuisine au cabinet le mercredi de 11h à 13h dans le 10ème, m° Château d'eau, sur inscription préalable: réalisation d'un menu en 5 plats correspondant à la saison et au climat. Participation: 50 euros. Prochaines dates: 9 et 23 juin.

Pour les anciens élèves uniquement: pratique spéciale avec tambours les 13ème et 17ème jour de la lune, en extérieur ou pas selon le temps. Prochaines dates: 18 et 22 juin.

Pour tout renseignement, me contacter au 06 62 38 09 85.

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