Le paradis c'est ici ! - le blog

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samedi 23 mai 2015

Recette de l'orgeat

Ancolie fleurissant et fructifiantJe ne sais pas si la pluie a lavé nos cieux mais il me semble qu'une certaine corrosion est à l'oeuvre. C'est le moment de préparer de l'orgeat.

Orgeat à l'ancienne

Le bon moment: Quand l'irritation monte, quand la chaleur brûle, quand la colère ou la fièvre nous emportent, quand on a du mal à respirer ou que les bronches sont irritées. En temps de chaleur forte et de matin frais. A la saison des amandes fraîches et des bourdonnements d'insectes.

Ca fait quoi? Ca apaise, ça repulpe, ça rafraîchit, ça allège et ça décrispe. Cela favorise aussi l'expectoration, empêche catarrhes et saignements (avec le benjoin), et permet à la joie pure de monter.

Ingrédients: 1/2 tasse d'orge perlée, 200g d'amandes fraîches ou 2 cuillerées à soupe de purée d'amandes blanches ou 200g de graines des 4 semences froides (courge, citrouille, melon, concombre), Fleurs de seryngasucre au goût, 1/2 cuillerée à café de teinture de benjoin ou d'extrait d'amandes amères.

Préparation: Faire cuire l'orge perlée dans 1,5l d'eau jusqu'à ce que l'eau prenne une teinte laiteuse, environ 3/4h. Filtrer et ajouter les amandes fraîches décortiquées et pilées ou la purée d'amandes. Redonner un bouillon. Laisser refroidir et filtrer à travers un torchon propre et mouillé.
Fleur de nigelle Sucrer au goût et ajouter l'extrait d'amandes amères ou la teinture de benjoin. On peut aussi aromatiser à la fleur d'oranger en plus. Servir à température. Garder au frais, pas plus de 24h, sauf avec la teinture de benjoin.

On peut réutiliser l'orge en risotto, et le reste d'amande fraîche filtrée pour épaissir une soupe ou une autre préparation.
On trouve la teinture de benjoin sur internet, les pharmacies ne l'utilisant plus pour leurs préparations.

jeudi 14 mai 2015

Rogations et Ascension

Branche de sureau en fleurs''S'il fait beau aux Rogations
Le premier jour, il fera beau pour la fauchaison;
Le deuxième jour, il fera beau pour la moisson;
Le troisième jour, il fera beau pour la vendaison (vendanges).''
Ce dicton se vérifie assez souvent, j'en ai trouvé un tableau sur Google Bhagwan! Les Rogations sont une fête particulière, trois jours précédant immédiatement l'Ascension (jusqu'au concile de Vatican II): instituées au Vème siècle par St Mamert, l'un des trois saints de glace, leur nom vient du latin rogare qui veut dire demander.Sous un hêtre rouge En effet, l'évangile du dimanche précédent comprend le passage « demandez ce que voudrez et cela vous sera accordé » (Jean 15, 7). Elles prennent la place des robigalia du calendrier romain, célébrations cultuelles pour la protection des céréales contre la rouille. Des processions au flambeau parcouraient les champs pendant 3 jours, qui étaient jeûnés (jeûne protéique) également.
Mon professeur Philippe Cougnot nous avait expliqué la fonction toute physique, sans préjuger du reste, de ces processions: l'atmosphère de la Terre chargée par le passage dans les queues de comète,Pousses de prêle à l'origine du refroidissement observé autour des Saints de glace (cette année, Rogations et Saints de glace sont aux mêmes dates), était localement purifiée par la réaction chimique entre le feu et le gaz (peroxyde d'azote) à l'origine de dommages pour les récoltes en cette période de "lune rousse", le gaz se dégradant en eau. Pas besoin de procession ces jours, l'eau tombe bien du ciel en abondance...
L'Ascension, des céréales, des coeurs, de l'âme, pouvait ensuite se faire dans une atmosphère pure, ouverture de la porte de la Terre vers le Ciel, avant les révélations descendues à la Pentecôte.
DSCN7995__800x601_.jpg L'interdiction rituelle des mariages pendant les 3 semaines qui suivent le dimanche des Rogations, commune à d'autres cultures, me reste mystérieuse...
Quand on n'a pas jeûné, et qu'on se trouve fort rafraîchi, voire affaissé comme les fleurs, par la baisse des températures, on peut prendre du vin, par exemple celui tout juste prêt des 4 fleurs de mai, en petite quantité avant les repas, de la soupe aux pruneaux poivrée, des porridges à l'angélique ou au gingembre, des risottos, des bains de pied sinapisés... tout ce qui correspond à la saison des pluies d'été, et qui adoucira aussi la corrosion ressentie éventuellement.

samedi 9 mai 2015

Recettes du jour et explosion de fleurs

DSCN8059__600x800_.jpg"Houses and rooms are full of perfumes, the shelves are crowded with perfumes,
I breathe the fragrance myself and know it and like it,
The distillation would intoxicate me also, but I shall not let it.

The atmosphere is not a perfume, it has no taste of the distillation, it is odorless,
It is for my mouth forever, I am in love with it,
I will go to the bank by the wood and become undisguised and naked,
I am mad for it to be in contact with me.» (...)
Walt Whitman, « Song of Myself » (1892)

En rentrant de ma cueillette matinale, quand l'air encore frais sépare les bouffées odorantes et suaves de l'acacia, du chèvrefeuille, des roses, du jasmin et du sureau, je prépare immédiatement une liqueur de mai avec ces fleurs: dans un bocal, je superpose les couches de fleurs alternant avec des couches de sucre blond, sauf le sureau qui a tendance à noircir et que je fais à part en le surveillant, puis je couvre d'alcool de grains (gin en l'occurrence) à ras-bord et laisse macérer 8 jours avant de filtrer. Il est difficile de décrire le parfum qui en résulte, toute la saveur du mai fleuri! On peut aussi le faire avec du vin et utiliser les pivoines odorantes, l'aspérule...Roses Seul en cachette, sur un Fontainebleau, un nuage de Chantilly, des fraises, un tiramisu aux fraises, en sorbet, dans une boisson... Recette inspirée du livre "La saveur des fleurs", de Jelena De Belder-Kovacic, malheureusement épuisé.
Puis mon déjeûner. Mes yeux sont un peu irrités avec la chaleur qui monte vite, une soupette un peu piquante fera monter l'humidité aux narines et rafraîchira ma vue. Des pois cassés ont cuit depuis mon départ, à tout petit feu, et se sont complètement défaits, j'y ajoute un peu de lait et des queues d'asperges, puis je mixe et passe, et remets à feu doux avec sel, poivre fraîchement pilé, beurre clarifié et tige d'angélique en lamelles. J'ajoute quelques baies roses pour souligner les saveurs après avoir éteint le feu.
Pendant ce temps, des tranches de pain ont rôti avec du fromage de chèvre frais et délicieusement crémeux, ramené du marché Beaujardin, d'autres seront destinées au pesto de fânes de carottes: les fânes de la botte une fois bien rincées et épongées entre deux torchons, sont éventuellement débarrassées des tiges les plus rigides puis passées au mixeur avec quelques touffes de fenouil, de la purée d'amandes, le jus d'un citron, un peu de carvi mis en poudre et du sel.
Fleurs de marrronier Dans le jardin, les feuilles de violette, d'angélique, de menthe, de pissenlit, d'ancolie, d'arroche, de pariétaire et de cymbalaire fourniront une salade savoureuse, soulignée par une "mayonnaise" faite d'une décoction concentrée de rhubarbe, refroidie au frigo, puis montée avec de l'huile de noisette et du sel. Quelques carottes crues à croquer tremperont aussi dedans.
Pour le dessert, avec mon ratafia des 4 fleurs de l'an dernier, les premières fraises de la saison, dans la lumière délicieusement fraîche du jour, tandis que la félicité ouvre les éventails du coeur.
Jeune lapin sur les bords du Cher Un peu plus tard, quand la chaleur monte, pour me rafraîchir de mes travaux du jardin, de ma course dans les bois, de ma balade à vélo, je boirai un thandai local: une infusion dans de l'eau bouillante de pétales de rose, avec un soupçon de cannelle, des graines d'anis vert et une tige d'angélique émincée, moitié avec du lait cru mêlé de purée d'amandes et de sucre, à boire à température ambiante voire frais. Ou un orgeat véritable. Recette plus classique du thandai ici.
DSCN8055__600x800_.jpgJasminDSCN8058__600x800_.jpg

jeudi 30 avril 2015

Prochains stages

Champ de coquelicots devenu tableau dans mon appareil photoFleurs de seringat

- Stage de cuisine à Tours de 10h à 17h, les 2 et 3 mai, avec cueillette de plantes et travail sur les yeux. 160 euros, repas et goûters inclus. 8 personnes maxi. Réservation par téléphone au 06 62 38 09 85 et versement d'un acompte.

-Conférence sur les nourritures d'été le 22 mai à Béthune à 19h30. Entrée libre.
Stage de cuisine à Béthune le 23 mai, de 10h à 17h, Entretiens personnalisés le 24. RV au 06 62 38 09 85.

-Causerie à Tours, à la libraire "Lire au jardin": "Savourer le chant des saisons: les éblouissements de l'été", le 5 juin à 19h30. Entrée libre, mais prévenir la librairie si possible avant (il y a peu de places) au 02 47 47 13 12.

- Retraite d'été du 19 au 25 juillet. Des pratiques de yoga et de méditation seront proposées en plus des randonnées, de la cueillette sauvage, de la cuisine, de causeries sur les bases de l'Ayurveda et la saison en cours, et de la préparation de petits remèdes de saison, dans un chalet près de Briançon. Inscriptions avant le 19 juin par versement d'arrhes. Maximum 8 personnes. Prix du stage, incluant l'hébergement et la nourriture: 980 euros.

samedi 18 avril 2015

Le régime parfait et idéal pour tous, et autres propos

"The wind circles among the trees
DSCN7766__600x800_.jpg And it bangs about the new-made leaves
For it is breathless without you
The fox chases the rabbit round
The rabbit hides beneath the ground
For he is defenceless without you
The sky of daytime dies away
And all the earthly things they stop to play
For we are all breathless without you
I listen to my juddering bones
The blood in my veins and the wind in my lungs
And I am breathless without you
Still your hands
And still your heart
For still your face comes shining through
And all the morning glows anew
Still your soul
DSCN7774__800x600_.jpg Still your mind
Still, the fire of love is true
And I am breathless without you."
Chanson de Nick Cave and the bad seeds

Souvent, on me demande, et le propos de ce blog peut être trompeur, « que dois-je manger ? ».
Quelle drôle de question !
Question culturelle. Question de pays d'abondance, où l'on peut s'amuser avec la nourriture, rattraper des excès par un régime, être malade d'avoir trop mangé...
Cerfeuil musquéVoici donc en réponse le régime idéal et parfait aujourd'hui dévoilé pour vous seulement, en quelques lignes :
- se rappeler avant tout ce que l'on nourrit : ce moi, avec ses désirs, avec l'aspiration essentielle qui le porte et qui est une part de la lumière universelle, ce que nous ne supporterions pas de mourir sans avoir réalisé,
- attendre d'avoir vraiment faim, donc au moins trois heures après un précédent repas qui se sera terminé avant d'atteindre la satiété, afin d'être bien digéré,
- à ce moment, se demander de quoi on a envie, vraiment, en ouvrant tous les possibles. Comme un femme enceinte, pas comme un commercial en train de choisir quelle pizza lui irait dans la carte,
- quand la nourriture est enfin prête, nul besoin de bénédiction formelle : la félicité éprouvée à l'approche du moment de satiété, tandis que les sens sont aiguisés, est spontanément pleine de reconnaissance et d'amour, deux très bons alliés de la « digestion ».
Coeurs de Marie A nouveau, se nourrir jusqu'à ce moment très subtil où l'estomac n'est pas complètement plein, où on n'est pas complètement lassé de la personne, du lieu, de la situation... et, avec délicatesse et reconnaissance, parce que nous n'avons que ce monde, que cette personne, que ce repas dans le moment présent... partir accomplir nos oeuvres.

Le propos de ce blog n'est pas de dire quoi faire et quoi manger, mais seulement de proposer des options peut-être inhabituelles, des chemins de traverse ou d'école buissonnière, loin des autoroutes, au cas où, peut-être, cela augmente notre félicité, notre conscience... dans le moment présent.

Propositions de menus:
Petits-déjeuners: graines germées et fruits secs réhydratés à l'oseille et à l'angélique, boisson à la rhubarbe; bsissa (recette ici); blinis aux fleurs d'alliacée, confit de boutons de pissenlit, crème aigre, thé de frêne.
Cardamine des prés Déjeuners: mesclun aux fleurs (cardamine des prés, chou, navet ou colza, cresson de jardin...) et aux graines, fougasses chaudes, crème fouettée, mélange d'épices acidulé (za'atar, cha'at masala...), hoummous; asperges sauvages ou jets de houblon sauce au bleu, pâtes aux fleurs de romarin, pesto de consoude; roquette, cresson et laitue aux aromatiques (cerfeuil musqué, fenouil, angélique, mélisse...), crème de petits pois, riz blanc au thym frais.
Dîners: soupe d'ortie aux croûtons et boutons de pissenlit, crème battue, polenta grillée, gelée d'aubépine; crème de primevères, riz safrané, pesto de pimprenelle; endives braisées au fromage, orge grillée, crumble de rhubarbe.

mardi 14 avril 2015

Volcan de fleurs et ouverture du coeur

Lilac Wine

DSCN7747__800x600_.jpg "I lost myself on a cool damp night
Gave myself in that misty light
Was hypnotized by a strange delight
Under a lilac tree
I made wine from the lilac tree
Put my heart in its recipe
It makes me see what I want to see
and be what I want to be
When I think more than I want to think
Do things I never should do
I drink much more that I ought to drink
Because (it) brings me back you..."
chantée par Nina Simone puis Jeff Buckley

DSCN7690__800x600_.jpg Moi aussi, je me suis allongée sous le lilas de mon jardin et je me suis laissée enivrer par son odeur que la chaleur intensifiait, les yeux errant sur les petites assemblées étonnées de pensées nouvelles dressées au-dessus du lamier finissant, émergeant des salves de graines de cardamine qu'un effleurement du vent fait jaillir, à applaudir la danse toujours renouvelée des éphémères, le corps légèrement enfoncé dans la terre moelleuse et fraîche, enroulée dans l'atmosphère parfumée, au fait de l'ouverture printanière de tous mes sens, à ce moment où on sent l'humidité arriver, la lourdeur du retour à la fraîcheur, et déjà une nostalgie de l'instant passé si intense, comme un petit automne qui ouvre les éventails du coeur et le gonfle de tendresse humide et fraîche comme un baiser. bourgeon de charmeLe vin de lilas (recette dans le blog) de l'année dernière a mûri sa douceur, il est prêt à être dégusté.
C'est le moment de compter un autre temps sous le cerisier à l'odeur d'amande, au fil des pétales qui parsèment peu à peu le corps comme une neige, de regarder les cirrus élégants à travers les branches, de se retourner pour surprendre le déploiement des nacelles d'un pissenlit juste après notre passage, d'allumer son âme au miroitement plein de promesses de l'eau, ou à cette lumière dans les yeux des amis et des passants contagieuse comme un embrasement. Bourgeons de sauleA ce moment, qu'importe que je sois le bourgeon qui perce sa gangue, l'oiseau qui déploie ses ailes au vent, le passant, le mouvement de la rivière... Quelque chose s'est rompu comme une digue. Je suis le parfum du peuplier, le jeune homme sur son vélo, le héron qui chasse, la guirlande de poussins du saule, la fleur qui laisse place au fruit, les notes de ma chanson, l'atmosphère caressante et légèrement brumeuse...Tout s'unit dans un même élan.
Bien sûr, j'ai à la fois faim et très peu d'appétit. La multiplicité des parfums, des couleurs, des reflets, des textures... Dames d'onze heuresme comble, même si la promeneuse conserve un solide appétit, pourtant étanché par une salade sauvage, un riz au lait, une soupette...Si l'embrasement retarde le sommeil, la douche des chevilles ramène à la terre, ce rituel du lavement des pieds si apaisant par son humilité, sa simplicité et sa lenteur: au-dessus d'une bassine, on presse une éponge alternativement au-dessus de chaque cheville de l'embra(s)sé(e), pendant le temps qu'il faut à un bienheureux relâchement des tensions, celles de la joie qui porte hors de soi, de la fièvre, du stress, des paroles empoisonnées, de la chimiothérapie... :myosotisCela demande de quelques minutes à parfois quelques heures... On peut aussi marcher dans l'herbe tendre, ou masser les pieds au beurre clarifié.
Si les yeux se sont brûlés à la multiplicité, si on s'est exposé au soleil, de l'eau fraîche sur le sommet de la tête, une boisson à l'eau de rose, voire le thandaï que l'on sert lors des fêtes de Holi en Inde (recette dans un billet d'octobre 2010, et dans chacun de mes livres), quand les rires, les désirs et les courses effrénées de la célébration du printemps reprennent force et humanité avec un verre de lait safrané.

Propositions de menu:
 Petits-déjeûners: hilbeh (recette ici) sur tartines grillées ou fougasse au beurre, confit de pétales de roses, riz au lait, infusion de jasmin; graines germées et fruits secs au citron et à l'angélique fraîche (ou au gingembre râpé), orgeat; infusion d'aspérule odorante et menthe, pain au lait, gelée à la rose et à l'aloe, fontainebleau.
Déjeûners: soupe de légumes épicée aux pruneaux, pain vapeur, pesto; salade de fleurs et d'herbes (boutons d'arbre de Judée, fleurs de glycine, pissenlits, pâquerettes, mélisse, angélique, persil, fenouil...), semoule parfumée aux écorces d'orange et aux fleurs d'hysope, hilbeh; pain de graines germées aux fruits secs, pesto de pissenlit, hilbeh, soupette aux 4 semences chaudes.
Dîners: croquettes de millet, crème d'orties aux amandes; tarte sablée à la verdure, pesto d'oseille, carottes vichy; potée de laitue et petits pois, pancakes de lentilles, pesto de coriandre.

Enfin, notre site traiteur bio-catering-mariage s'améliore: ici.

jeudi 2 avril 2015

L'éclipse du 4 avril, les lances du bélier et la résurrection pascale

Les piques et les rougeurs du peuplierLe temps s'est suspendu entre les deux éclipses, mûrissant une oeuvre ingrate aussi incertaine que le temps de la Passion, un volcan de fleurs va naître pour la Pâque. Demain samedi, comme déjà les jours précédents, nous connaîtrons peut-être des sommets d'émotion, toujours en relation avec la place de moi et de l'autre. La pyramide que Saturne est venu compléter en signe de feu prend le pas sur le carré d'Uranus à Pluton, tandis que la Lune éclipsée en Balance près du Noeud Nord donne la direction à suivre: maîtrise du feu de l'affirmation individuelle et de la transformation, oeuvrant pour la réconciliation et le dialogue, prenant le pas sur les lourdeurs structurelles et les rancoeurs héritées du passé.
Après, dès dimanche, la résurrection, la transfiguration, la libération... promettent d'être éclatantes, fleuries, jaillissantes... Le carré de Saturne à Neptune pouvant aider à garder l'esprit clair et à ne pas se laisser emporter dans des illusions.
Feu follet flottant sur l'eau? Aussi les conseils de saison sont-ils un peu différents de la "roue des saisons" ou rtu çarya de l'Ayurveda: toujours beaucoup de verdure, de pousses, de rosettes, de bières éventuellement si la lourdeur triomphe, ainsi que des lances qui jaillissent de terre ou dans les airs (jets de houblon, d'asperge sauvage, de prêle...), de saveurs piquantes, amères et astringentes, mais aussi la protection du beurre clarifié dans lequel on fait revenir chou, épinards, laitue..., la fraîcheur et la tendresse des gelées (de pommes, de coings, d'agar-agar...), du lait cru, de la guimauve, des céréales qui ne fermentent pas (orge, maïs...), des compotes de fruits secs... Et, surtout, comme souvent depuis l'entrée d'Uranus en Bélier en 2011, la tendresse de nos proches, les joues fraîches de nos enfants, le regard attendri de nos aînés, la douceur de l'amour partagé, l'eau qui coule, la paix du travail accompli, la lenteur.... pour garder nos réserves et notre humanité. Des étirements aussi, l'usage délicieux du hammam quand les matins sont frais et les journées chaudes et ensoleillées, la contemplation du lointain, du lever du soleil, des fleurs et des pousses, l'ouverture des sens au printemps pétillant... peu d'activité physique. Il suffit de se laisser traverser par le printemps qui s'épanouit et accomplit son oeuvre en nous.
DSCF6540__800x533_.jpg Idées de menu:
Petits-déjeûners: orge au lait, miel rosat, infusion de feuilles de noyer; pétales de céréales, fruits rouges séchés, lait, tisane "Mâtins purs"; pois chiches germés à l'angélique et au citron, fruits secs réhydratés.
Déjeûners: poêlée de chou pointu aux pommes et au carvi, risotto d'orge, salade sauvage des 7 herbes de Carême;pesto de pissenlit, tartines grillées, confit d'oignons, salade sauvage aux noix, polenta fleurie; pesto de violette, crackers d'orge aux graines, potée de racines semi-confites dans leur jus.
Dîners: salsifis de bardane au beurre, salade sauvage; tatin d'endives au cumin, salade sauvage; gratin d'épinards aux amandes, salade sauvage.

dimanche 8 mars 2015

Les hésitations de mars, prochaine sortie de "Cuisine ayurvédique", etc...

"Morning Has Broken"

DSCN7677__600x800_.jpg Morning has broken, like the first morning
Blackbird has spoken, like the first bird
Praise for the singing, praise for the morning
Praise for the springing fresh from the Word

Sweet the rain's new fall, sunlit from heaven
Like the first dewfall, on the first grass
Praise for the sweetness of the wet garden
Sprung in completeness where His feet pass

Mine is the sunlight, mine is the morning
Born of the one light, Eden saw play
Praise with elation, praise every morning
God's recreation of the new day

Hymne d'Eleanor Farjeon, chanson de Cat Stevens et Rick Wakeman

Bourgeons de charmeCe texte me chantonnait à l'oreille il y a deux semaines, ou même encore jeudi dernier, mais aujourd'hui il semble bien loin, sous la pluie et le froid retrouvés. Xavier Matthias, du Champ de Pagaille, nous parle de temps "épileptique" ces dernières années, ce n'est pas faux...
Dans le soleil rare se manifeste toute la préciosité des bourgeons de charme, délicatement ébouriffés dans un arrangement de couleurs digne d'un paon, d'une courtisane à la cour de Louis XIV, d'une folle perruque, d'un dragon chinois, d'un bal de débutantes... Le saule, lui, fait soleil avec les siens, tandis que le peuplier nourrit l'oeil de son généreux rouge et le nez de sa résine parfumée.Les prunus perdent déjà leurs pétales, donnant un semblant de lenteur, ou l'idée d'une suspension, dans cette course hésitante.
Grande marée, éclipse...l'eau a éclipsé le feu, ce pourquoi une tradition en Inde recommande de se plonger dans l'eau jusqu'au cou le temps de l'obscurcissement. Les mouvements des eaux en nous et à l'extérieur de nous ont été violents, les souffles s'apaisent maintenant peu à peu. Bourgeons de saule poussinantOn peut les y aider en faisant comme tous ceux que je croise sur les bords de Loire: en s'adonnant à une activité tonique, surtout le matin, mais aussi en consommant des nourritures un peu moins austères que normalement en cette saison, des alliacées, beaucoup de verdure, de pousses, de rosettes... et en jeûnant d'internet et de paroles. Une bonne friction une fois par semaine au gant de hammam, ou au gant de crin, ou à la farine, peuvent ramener au souvenir de notre enveloppe, notre forme formante, faire circuler, et remettre les pieds sur terre, mais aussi soulager les crampes intestinales, les douleurs diffuses, la sensation de lourdeur, les éruptions de toute sorte...

Certaines d'entre vous m'ont posé la question de la disponibilité de "Cuisine ayurvédique", épuisé: mon éditrice, Florence, m'annonce sa sortie pour janvier prochain avec un nouveau titre et une nouvelle couverture. Donc encore un peu de temps avant de le retrouver éventuellement dans les étals de la Fnac ou sur Amazon...ou, beaucoup mieux, chez votre libraire si vous avez encore la chance d'en avoir un.

Buis fleuri Propositions de menus:
Petits-déjeûners: un demi-verre d'hydromel pétillant au sureau, puis une salade de graines germées et fruits secs de toutes les couleurs; une compote de fruits secs, du pesto et des tartines grillées, avec une infusion de feuilles de noyer, bien plus savoureuse que le thé; un demi-verre de bière puis des céréales craquantes, de la compote de cynorhodon, un petit fromage frais une infusion de buis fleuri.

Déjeûners: polenta grillée à l'hysope, écorces d'orange, et petits oignons grillés, salade mi-sauvage aux mille saveurs (par exemple: jeunes fenouil, angélique, persil, pissenlit, roquette, violette, coriandre, moutarde, feuille de chou rave, pousses de brocoli, alliaire, stellaire, lamier, cardamine...), confit d'oignon; fondue de feuilles de chou rave, pesto de pissenlit, tartines grillées, noix trempées dans le miel; boulettes de farine d'orge grillée, bouillon de légumes, salade sauvage, confit d'épine-vinette.
Fleurs de pêcher Dîners: crackers, pesto de pousses d'orties, soupe à l'oignon; potée de haricots et amandes, poêlée de verdure, chutney de prunes; gratin de kasha au safran, chutney de pommes, céleri râpé.

Enfin, voici une vidéo de blogueuse, que youtube m'a suggérée, où je découvre aujourd'hui une critique de "Cuisine ayurvédique" (vers la 30ème minute) puis, juste après, d'un livre de mon amie Anne Brunner: ici.

dimanche 1 mars 2015

Prochains stages (mis à jour)

Feuilles d'herbes et de lumièrefleurs de pêchers en avril 2010

-Conférence le 20 mars à 19h30 à Lille sur les nourritures de printemps.
Stage de cuisine dans le Nord Pas-de-Calais, le 21 mars.
Possibilité d'entretiens personnalisés.

-Causerie à Tours, à la libraire "Lire au jardin": "Savourer le chant des saisons: l'épanouissement du printemps", le 3 avril à 19h30. Entrée libre, mais prévenir la librairie si possible avant (il y a peu de places) au 02 47 47 13 12.

- Stage de cuisine à Marseille les 25 et 26 avril, de 10h à 17h, avec repérage de plantes sauvages et fleurs comestibles de saison, dans le cadre idéal de Samena. 160 euros, repas et goûter inclus. Inscriptions par mail et téléphone (06 62 38 09 85), et versement d'un acompte de 50 euros.
Journée d'entretiens personnalisés sur St Rémy-de-Provence le 28 avril.

- Stage de cuisine à Tours de 10h à 17h, les 2 et 3 mai, avec cueillette de plantes et travail sur les yeux. 160 euros, repas et goûters inclus. 8 personnes maxi. Réservation par téléphone au 06 62 38 09 85 et versement d'un acompte.

-Stage de cuisine en Gruyère, les 8 et 9 mai, avec repérage de plantes sauvages, précédé d'une conférence en accès libre le 7 mai. Détails à venir. Renseignements: irene-galim@bluewin.ch
Possibilités d'entretiens personnalisés.

-Conférence sur les nourritures d'été le 22 mai à Béthune à 19h30. Entrée libre.
Stage de cuisine à Béthune le 23 mai, de 10h à 17h, Entretiens personnalisés le 24. RV au 06 62 38 09 85.

-Causerie à Tours, à la libraire "Lire au jardin": "Savourer le chant des saisons: les éblouissements de l'été", le 5 juin à 19h30. Entrée libre, mais prévenir la librairie si possible avant (il y a peu de places) au 02 47 47 13 12.

- Stage d'été du 19 au 25 juillet. Des pratiques de yoga et de méditation seront proposées en plus de la cueillette sauvage, de la cuisine, de causeries sur les bases de l'Ayurveda et la saison en cours, et de la préparation de petits remèdes de saison. Lieu et tarif non encore fixés.

- Stage d'été en résidence, du 4 au 10 août, dans un magnifique jardin mi-sauvage à flan de colline, près de Lisieux en Normandie. Des pratiques de yoga et de méditation seront proposées en plus de la cueillette sauvage, de la cuisine, de causeries sur les bases de l'Ayurveda et la saison en cours, et de la préparation de petits remèdes de saison. Prix: 980 euros, tout compris. Confort sobre. Maximum 8 personnes. Inscriptions par téléphone au 06 62 38 09 85 et versement d'arrhes.

fleur d'églantiersalade

vendredi 27 février 2015

Février

DSCN7557__800x400_.jpgMoi aussi, j'aime le mois de février. J'aime ce frissonnement que l'on ressent en profondeur, comme la première bulle de l'hydromel mis à fermenter à la Chandeleur remontant à la surface. Rien n'a encore changé, sous la neige, la pluie ou le soleil, mais quelque chose dans l'allongement des jours fait frémir la vie réfugiée dans les racines, l'idée d'une éclosion, d'une percée, un dessin qui prend forme, le projet d'un épanouissement à la lumière du soleil qui transpire doucement en brume et en rosée, fermente et mousse intérieurement.
DSCN7571__800x600_.jpg En Touraine, la végétation prend cette coloration irréelle dominée par l'anis phosphorescent des mousses qui couvrent les troncs, l'or vert des boules de gui, l'orangé des branches de saules nues, et le rougeoiement des premiers bourgeons. Elle nimbe la Loire de magie serpentine dans les brumes matinales, et on y sent la trace des Mélusine et autres êtres mouvants à la croisée des mondes. En Gruyère, la neige a beau être retombée, la lumière a changé, une aube entoure les arbres et la terre d'un halo, promesse de vie à venir.
Février, mois des fièvres.
Hellébores du jardin Le Vivant s'est saturé, avec la descente du soleil vers le Sud, de froid et d'immobilité, de réserve et de stabilité, de nuit et de féminité. La goutte de lumière révélée avec le divin enfant dans les tréfonds et les très-bas de l'hiver commence son oeuvre encore toute intérieure. Avec la Chandeleur, la fête de la purification de la Vierge, Terre mère Brigit, ancienne fête mystérieuse d'Imbolc, on est sur le fil du basculement vers la manifestation. c'est l'aube de l'année, avec sa pureté et sa joie montante. Cette année, l'attrait vers la manifestation est impérieux, violent.

"Que Brigide,la vierge et la bonne,
Brigide notre flambeau et notre soleil
Brigide, la rayonnante et l'invisible,
Nous conduise au Royaume éternel." Colum Cill (VIème s.)

Il peut rendre tant de transformations nécessaires que la grippe nous plaque au lit pour une mise à jour complète et sans concession. Pour passer ce moment plus en douceur, si c'est possible, on peut être attentif à la stimulation du souffle du bas: bains de pieds aux graines de moutarde le soir au couchant, ou au gros sel, verres de lait chaud avant le sommeil, DSCF8005__800x533_.jpgadoucissants comme la guimauve qui permet de préserver l'équilibre des liquides ou la tarte au citron ou les écorces d'agrumes (cédrat, orange amère, citron bergamote...) confits au miel et au beurre clarifié ou les compotes de fruits pectoraux (dattes, raisins secs, figues, jujubes) ou laxatifs (pruneaux), transpiration accompagnant la transpiration de la terre, bière ou hydromel en cours de fermentation (en quantité modérée) au lever avant l'exercice physique, ensemençant le corps de transformation et de rosée...
Dans la médecine ayurvédique, on sert des boissons fermentées au printemps, sortes de bières ou de limonade, mais qui ne contiennent ni orge ni houblon. Si notre bière actuelle, anaphrodisiaque pour les hommes, aphrodisiaque pour les femmes, en paraît très éloignée, c'est que nous avons oublié les bières du Moyen-Age dans la composition desquelles rentraient toutes sortes d'herbes médicinales, et dont on vantait les vertus soit céphaliques, soit analgésiques, soit... DSCF7988__532x800_.jpgsuivant les herbes qui l'aromatisaient. Les anglais qui n'ont pas de vigne, ont mieux conservé, quant à eux, la tradition des bières (ale) et des vins de plantes ou de fleurs, dont la plus populaire reste le ginger ale, une fermentation tonique de miel et de gingembre à laquelle on ajoute du citron. Les propriétés médicinales de l'eau gazeuse furent quant à elles à l'origine de la création par un horloger suisse, m. Schweppes, d'une société bien connue.
L'hiver n'ayant été que peu froid, on peut avoir besoin de créer ces réserves que le froid ne nous a pas incité à faire: porridges émollients, risotto d'orge, orge au lait, panna cotta... Toutes ces préparations onctueuses et tendres qui stabilisent les élans et les nourrissent. Une activité ancrée dans les cuisses (ski, roller, chi qong...), les massages quotidiens également, avec les étirements . Mais point encore d'activité physique trop tonique.
Le rythme du Vivant est encore modeste, hésitant, comme le chant des oiseaux. Avec l'allongement des jours, on peut dormir moins, un peu moins. Le Carême a commencé, quasi en même temps que la nouvelle année chinoise et tibétaine cette année. et pourtant il me semble cette année que les austérités peuvent attendre encore un peu,même si les premières fleurs -ficaire, violette, pissenlit, lamier, perce-neige, et les étoiles des prunus...-violettes_spontanees_du_jardin.JPG sont sorties, apposant leurs timides touches de couleur sur la pâleur de l'hiver finissant. Les saveurs dominantes sont l'acide, le doux et le salé. Les textures sont frémissantes, mousseuses, pétillantes, en transformation, douces, émollientes, tendres, en gelée, craquantes en contrepoint. Donc point de fromage à pâte cuite, de fruits secs non réhydratés, de charcuterie... sauf si on est dans les hauteurs enneigées.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: hydromel, porridge d'orge ou de blé noir aux fruits secs, compote de pruneaux aux écorces de citron bergamote, infusion de sureau; pain au lait aux raisins secs et à la fleur d'oranger, tranches de citron confites au beurre et au miel, infusion d'angélique fraîche; pancakes, sirop de bourgeons de pins, beurre fondu, noix concassées, citron chaud au miel; tartines au beurre et à la compote de cédrat corse, jus de carottes et mandarine.
 Déjeûners: pesto d'avocat et feuilles de violettes sur pain grillé, pounti, tarte au citron bergamote; pesto de cardamine des prés ou de cresson, risotto d'orge aux poireaux, soupette de pois cassés, tiramisu; pesto de persil, galettes d'épeautre, chouée (feuilles de chou-rave très doucement fondues dans le beurre), compote de fruits secs et panna cotta au lait d'amandes.
Dîners: soupe de haricots secs aux carottes, ou minestrone; soupe de pois cassés au citron; soupe au chou.
Une petite recette tourangelle: le confit de pruneaux au Vouvray
Verser la bouteille de Vouvray dans une casserole avec 1/2 tasse de sucre blond, de la vanille, de la muscade, un zeste de citron. Cuire 20mn, filtrer et remettre à bouillir. Ajouter 1 livre de pruneaux trempés 1h. Couvrir et réduire. Mettre au frais pour 3 jours. Servir avec de la crème Chantilly, un Fontainebleau...
Variante: Faire une infusion de vanille, sucrer, ajouter du gingembre frais et du zeste de citron gratté à la mandoline. Filtrer et faire cuire les pruneaux couverts du liquide.

"Bientôt sera fait échec à l'hiver ;
Jonquilles Bientôt se délaceront fondront les ligatures glacées — Encore un peu,
L'air, la terre, la vague seront inondées de douceur par la nature épanouie
— mille formes apparaîtront
Aux mottes de terre sourdes, aux courants d'air montés comme du fond des caveaux.
Tes yeux tes oreilles — tes meilleurs attributs —
tout ce qui prend connaissance de la beauté de la Nature,
S'éveilleront, s'empliront. Tu percevras les spectacles simples,
les miracles délicats de la Terre,
Le pissenlit, le trèfle, l'herbe émeraude, les parfums les fleurs précoces,
L'arbousier sous la semelle, le vert jaune du saule pleureur, le prunier le cerisier en fleurs ;
Avec eux le rouge-gorge, l'alouette la grive, chanteront leurs chants
— le rouge-gorge aux ailes vives ;
Tous les spectacles que la pièce annuelle rejoue."
Poème extrait de "Feuilles d'herbes" de Walt Withman (trad. Jacques Darras).
Printemps des poètes du 7 au 22 mars 2015 à Tours, cité par "Lire au jardin" sur sa feuille mensuelle.

mercredi 28 janvier 2015

Réflexions après la foudre

C'était difficile d'écrire... Beaucoup ont dit ce qui semblait juste, mais surtout cette foule amassée partout en France, ce record de 4 millions, parlait d'autre chose que d'attentats, d'islam et de peur. Une véritable insurrection des coeurs, allumée par une grosse blessure...

Les travaux de Masaru Emoto sur la cristallisation de l'eau montrent que les cristallisations les plus vilaines n'apparaissent pas là où le message est la haine ou le chaos, mais là où il n'y a rien, dans l'eau qui n'a pas été vue, pas considérée, prise pour de l'eau seulement. L'eau véhicule chaque message qu'on y met, et nous sommes aussi constitués d'eau, cette eau qui nous permet de ressentir ce que les autres vivants sentent.

Mon maître nous racontait cette histoire: une vieille femme vivait à côté d'un maître très connu et respecté, qui n'était presque jamais là tant il était demandé partout. Quand il était dans son village enfin, il se plaisait à passer du temps dans son jardin, entretenu avec soin. Plusieurs fois, la vieille femme avait demandé à le rencontrer, mais elle était trop insignifiante, vieille et rabougrie, et les disciples ne l'écoutaient pas, oubliaient sa demande, ou trouvaient que le maître n'avait pas à être dérangé par elle... Elle n'arrivait pas à lui parler. Un jour qu'il était parti, elle entra dans le jardin et le saccagea complètement. Tout le monde fut indigné, sauf le maître, qui comprit que dans sa foi elle avait trouvé le seul moyen de créer un lien avec lui, et non seulement il lui pardonna mais il lui demanda pardon lui-même.

Les exclusions peuvent être de toute sorte: ignorer l'autre qui appartient à un monde qui me fait peur, qu'il soit musulman, rom, juif, catho, athée, irrévérencieux, sdf, bizarre, ivrogne, pauvre, riche..., qu'il soit mon parent, mon enfant, mon voisin, mon ami, mon employé, mon ennemi...qui a tort quand j'ai raison; ignorer cette âme en moi qui crie et aspire à autre chose que ce que mon train de vie infernal lui impose (et c'est le burn out)...; ignorer la beauté du Vivant, parfait en lui-même, toujours plus mis en ordre, et de tous les esprits non visibles qui le peuplent...
Mais un jour l'ignoré saccage le jardin, à la recherche d'amour. Et lui aussi, il a raison. Parce que tout le monde devrait être dans le jardin. Je souhaite qu'en 2015, nous invitions tout et tous dans le jardin des délices.

lundi 5 janvier 2015

Programme des stages à venir (mis à jour)

Soleil levant sur St Pierre-des-corpsDSCN5193__800x601_.jpgSoleil levant sur la LoireDSCN5174__800x600_.jpgDSCN5171__800x600_.jpg

-Conférence au Mans le 8 janvier à 18h sur les nourritures des frimas, et les produits laitiers, avec signature de "La Voie Lactée", à la librairie Thuard.

-Stage de cuisine en Corrèze les 10 et 11 janvier 2015, suivi d'entretiens personnalisés.

-Causerie à Tours, à la librairie "Lire au jardin", à 19h30, entrée libre.

-Stage de cuisine à St Rémy de Provence les 14 et 15 février, précédé de journées de soin et d'entretiens.

-Conférence à la librairie Bien-Etre à Fribourg le 19 février.
Conférence au salon Santé et Bien-Etre à Martigny (Suisse) le 21 février à 15h.
Stage de cuisine des frimas en Gruyère, le 22 février.
Entretiens personnalisés du 19 au 23 février.

-Stage de cuisine en Corrèze le 14 mars, et participation à "La Bourse aux graines" de l'association "Le battement d'ailes", précédé de journées d'entretiens.

-Stage de cuisine dans le Nord Pas-de-Calais, le 21 mars, suivi de journées d'entretiens personnalisés.

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samedi 3 janvier 2015

Un hiver très froid

 Contrairement aux prévisions saisonnières de MétéoFrance, et aux pics de douceur que nous traversons en ce moment pendant la conjonction du Soleil et de Pluton, l'hiver s'annonce très rude, comme le lisait encore ce matin un ancien sur le marché, observateur des oiseaux qui migrent en masse. Les glands sont très gros, les châtaignes aussi, et les peaux de l'oignon nombreuses... plusieurs signes traditionnellement annonciateurs de froidure également, peut-être pour la Chandeleur, ou juste avant, avec la nouvelle lune.
Préparez vos pulls et vos bonnets, vos chaussettes et vos gants, pour être prêts à plonger dans le froid, celui qui ravive l'élan de vie, régénère le feu digestif et annonce de futures transfigurations au moment du re-doux, quand le coeur embrasé s'ouvre à la douceur, et que fleurissent les premiers bourgeons.
Préparez aussi votre corps, qui a probablement faim de sucres (céréales, légumineuses, fruits) et d'onctuosité (des porridges, des risotto, du gras animal...), à moins qu'il n'ait commencé préalablement un nettoyage par la grippe ou la gastro, et de sommeil. Ce n'est pas le moment de jeûner, ou de faire un régime!
A moins que les oiseaux et la végétation, et les anciens qui les lisent, ne soient pas plus doués que les météorologues pour ressentir le temps...
Les matins sont douillets sous la couette en ce moment, le ciel gris et bas et les matins brumeux incitent en Touraine à préférer la compagnie des nuages de plumes. Si vous êtes attentifs, vous avez dû sentir ces dernières semaines la montée de Vata dans le corps, le nôtre et celui de la Terre, attisé aussi par les scintillements uraniens et les vacillements des températures: le froid et le sec perturbent parfois la concentration, incitent aux longues veillées et aux levers tardifs, font rechercher le salé et l'acide... Non?
Quoi qu'il en soit, plus que jamais, avec les fluctuations de température, il importe de manger et faire ce dont on en a envie, profondément, ce que l'on sent juste, dans l'instant, sans suivre de régime, ni de programme.

lundi 22 décembre 2014

Propositions de menus, et après les fêtes...

Les aléas des températures demandent toujours plus d'ancrage, et une rate bien accrochée! Re-doux, presque chaleur, puis froid de saison à nouveau, avant un nouveau re-doux, avec des écarts de températures importants en 24 ou 48h...
Tout ce qui est rôti à sec, piquant, astringent, noir, enraciné... va nous y aider: cardamome noire, oléagineux, légumineuses et céréales rôties (farine de pois chiches grillée, farine d'orge grillée ou tsampa, poudre de fenugrec rôti...), genévrier, galanga, radis noir, angélique...Ainsi que les postures de l'hiver, enracinées dans les cuisses, tout en lenteur ou en immobilité comme la nature autour de nous.
Voici quelques propositions de menus:
Dans les Alpes maritimes Petits-déjeûners: bsissa aux fruits secs(recette dans un précédent billet) et infusion d'hysope; porridge, thé, banane rôtie; pomme au four, pain d'épices, chantilly et infusion d'aspérule.
Déjeûners: salade de radis noir et roquette, potée de haricots et légumes racines aux coings, semoule de blé aux raisins secs et la fleur d'oranger, pesto de cresson ; toasts de purée d'olives vertes, canard à l'orange, marrons chauds, poêlée d'épinards et fromage caillé aux baies d'épine-vinette, pain d'orge, pesto de cresson, tatin de poires.
Dîner: patates douces au four, tatin d'endives; soupe de lentilles, carotte et céleri, pain de kamut ; bouillon d'épluchures, tsampa (farine d'orge grillée).

Avant la neige, les délicates floraisons du réséda Ressusciter après les fêtes
Cette année encore, Pluton nous joue des tours juste après les fêtes... Après la lumière et la joie des retrouvailles, de la fête et des cadeaux, la lourdeur va dominer quelques temps, que ce soit sous forme de neige pure ou de pluie tiède et abondante. Pour qu'elle n'obscurcisse pas les trésors que les fêtes nous auront offert, voici quelques propositions pour se nettoyer après les agapes et les excès, si on n'a pu les éviter, pendant ou après ces douze jours entre Noël et la Chandeleur où tout était en suspens.
En hiver, quand la saison n'offre pas le temps de saison, ou quand le feu digestif est affaibli, on s'en remet à la saveur piquante pour remettre en mouvement ce qui s'est figé, même dans les profondeurs, redonner de la légèreté et de la subtilité là où il y a de la lourdeur, et pallier à l'affaiblissement du métabolisme: piquant du raifort, du poivre, de l'angélique, du miel et des plantes aromatiques, mais aussi de l'alcool par temps froid et humide...Jeux de brume
Si on a trop bu, une soupe à l'oignon gratinée bien poivrée, avec un peu de vin blanc, ou une poêlée de chou chinois ou Daubenton au carvi et au beurre clarifié, ou une soupe de vermicelles au lait salée, apaiseront les souffles. Un passage au hammam en climat sec, au sauna en climat humide, avec alternance de bain ou douche froide, également... En prévention des excès de boisson: 6 amandes amères, un très ancien "truc".
Si on a trop mangé, on peut éviter de brutaliser à nouveau son corps par un jeûne: manger léger, bien cuit, en s'arrêtant juste avant la satiété, arrosé avec le bouillon de potées longuement mijotées à tout petit feu, et boire de l'eau chaude entre les repas, avec éventuellement du gingembre sec ou de la racine d'angélique, du miel et du citron.
Couleurs irréelles sous un arc-en-ciel d'orage Si on se sent écoeuré au matin, ou assoiffé par la nuit tiède, du citron encore et toujours, ou de la mélasse de grenade, du verjus, du jus d'épine-vinette... tous ces acides rafraîchissants qui ont disparu de nos étagères, et qu'on trouve encore dans les épiceries exotiques. A défaut, de l'eau vinaigrée, au vinaigre de cidre...​
Si la voix s'est cassée de trop de chant, d'alcool ou d'exposition à l'humidité, voici un remède délicieux: faire revenir les tranches entières d'un citron dans du beurre clarifié jusqu'à ce qu'elles soient translucides, ajouter un peu de sucre qu'on laisse très légèrement caraméliser, et consommer immédiatement.
Et, d'une manière générale, pour chasser le froid de l'hiver, l'Ayurveda recommande vivement le sport sous la couette, sans oublier les fous rires et les câlins, panacées universelles!

lundi 8 décembre 2014

Enfin du froid!

En forêtIl se fait rare ces dernières années, le froid. Alors profitons-en! Sortons contempler les lumières douces et infinies de l'hiver à travers les arbres dénudés et ses reflets angéliques sur le givre, sortons nous gorger de fraîcheur qui rougit les joues et fait monter la joie tonique et la conscience, sortons fouler les feuilles qui crissent leur moisson de richesses à venir dans les bois... C'est la saison où il est permis de tout manger, parce que le feu qui nous anime, avivé par le froid extérieur, consume tout... et il faut le nourrir, comme un enfant gourmand et joyeux.
C'est lui qui nous permet d'explorer nos désirs, qui nous porteront jusqu'au printemps, épurés par la faim et le froid, et d'éclairer notre conscience. Il nourrit notre joie présente et notre fraîcheur intérieure à venir, celle qui nous gardera des brûlures des émotions et du soleil dans quelques mois, de la vieillesse dans quelques années. Il nourrit aussi notre tonicité. C'est le moment pour la pratique lente et toute en intériorité d'exercices physiques demandant de l'endurance comme le chi gong, et certaines pratiques de yoga et de pranayama... qui donnent la joie de jouer avec le froid.
DSCN5177__600x800_.jpg On peut aussi se retirer dans la maison et en soi-même et y mûrir comme les arbres notre floraison à venir, y rencontrer notre lumière intérieure, y contempler à travers de patients travaux (fabriquer les cartes et les cadeaux peut-être) la beauté qui passe à travers nous, et y préparer les nourritures qui mèneront jusqu'à la Pâques des premiers fruits et des premiers légumes nouveaux.
En cette saison où le feu impatient peut nous ronger, on peut commencer par manger tous ces fruits astringents que le gel a adoucis: les prunelles, l'épine-vinette, les coings, les cormes... même les poires et les pommes comme mon ami qui ne les mange que blettes, les kakis là où ils poussent, les olives... Et puis, il sera temps de profiter de ce feu qui chauffe continuellement la maison pour faire cuire à tout petit feu de grandes potées de viande, ou de légumineuses et de racines, aux herbes, aux épices, au vin, dont le parfum humide infusera la maison de bonheur, adoucissant la sécheresse du chauffage. Et de même que le liquide riche aura pénétré chaque chair, de même notre chair sera pénétrée de sucs riches et régénérants, et de douceur, nourrissant notre patience, notre mémoire et notre compassion.
DSCN5179__800x600_.jpg Si le froid nous a congelé trop vite, et que cela nous a monté à la tête, une cuillerée à soupe de vin de noix le matin à jeûn peut aider, ou de l'eau chaude en boisson (oui!), ou un bain de pieds aux graines de moutarde le soir, ou une friction au gant de crin en climat sec, ou une danse effrénée, ou de gros câlins vigoureux, ou jouer à chat avec ses enfants... Si la bronchite menace, du miel entre les omoplates et sur la poitrine, des feuilles de chou écrasées au rouleau par-dessus, un T-shirt bien près du corps, un bon lait chaud au miel et à la fleur d'oranger, et au dodo: si ça n'a pas guéri dans la nuit, les sécrétions se feront au moins plus facilement le lendemain. Propositions de menus:
Petits-déjeûners: tranche de pain d'épice, chantilly, pomme au four, thé; soupe de légumes, tranches de pain noir, beurre; miques farcies au fromage caillé et à la verdure, sauce crème au raifort, compote de pommes; crème de marron au Grand-Marnier, fromage frais, meringue, tisane des 4 fleurs pectorales.

dimanche 7 décembre 2014

Halte aux extrémismes! Ca fait mal!

Il y a quelques années déjà, j'ai vu arriver un jour dans mon petit restau une jeune fille aux beaux traits, mais vraiment maigre, accompagnée de 2 gentils garçons. Leur commande servie, j'apprends qu'ils sont vegan, et bien sûr ma serveuse ne s'est pas rendue compte que, si aucun produit laitier ne figure au menu, tout est cuit au beurre clarifié à cette saison de l'année. Une fois la jeune fille dûment renseignée, la voilà qui se précipite dans les toilettes pour s'y faire vomir de façon... disons... sonore le repas avalé, pendant que les garçons s'excusent... Nous en étions tous interloqués! Car cette jeune fille n'avait aucune allergie alimentaire, non, elle refusait simplement de "participer à l'esclavage des animaux".
Aujourd'hui, je ne m'étonnerais plus, mais je m'étonne encore des principes mortifères qui régissent parfois nos vies, et qui me semblent de plus en plus présents. Certes, la discipline peut être la voie vers une certaine clarté de la conscience, mais pas quand elle refuse la vie, et fait de nous des cellules en guerre contre les fluctuations du Vivant, et tous les autres humains qui ne pensent pas comme nous. Manger cru au risque de la dépression et de l'anorexie, ce que j'ai vu, pour "ne se nourrir que d'aliments pleins d'énergie" me semble aussi incompréhensible que mettre des gants pour vendre du poisson en plein désert sous prétexte de modestie musulmane (une courte scène du film "Timbuktu"). Nos cervelles sont devenues nos tyrans.
poster3.jpg Où est le plaisir, où est la félicité, sources de compassion? Suspects eux aussi? Aucune théorie ne fera jamais plier la vie qui coule en nous, notre destin qui a besoin de se réaliser, nos aspirations... Manger cru en plein hiver sous nos latitudes, qui plus est des nourritures importées de pays lointains, est un acte tyrannique vis-à-vis de soi, comme se priver de produits laitiers si on les aime parce qu'on a lu que ce n'était pas bon.
Le questionnement est bon, mais faire son évangile de chaque théorie en faisant fi de ses aspirations, de ses désirs et de sa santé me paraît plus douteux: la certitude mortifère au détriment du doute chemin de conscience. D'autant plus si on est activement prosélyte voire prompt à imposer notre charia personnelle.
Moi, je n'ai aucune envie de boire de l'eau chaude quand je me lève le matin. Jamais. Même s'il paraît que c'est bon pour la santé (en pays chaud et humide d'ailleurs), même s'il paraît (mais je ne l'ai jamais entendu venant de mes professeurs et amis médecins) que c'est de l'Ayurveda. L'hiver, j'aime boire froid quand je me lève ou que je rentre de balade, après la pratique physique ou un massage, et c'est ma saison préférée pour les glaces. Et puis, c'est rigolo, mais ça correspond à ce que disent les textes de médecines chinoise et ayurvédique sur les saisons... Si moi-même ou quelqu'un de mon entourage est malade en revanche, sur le versant d'un refroidissement ou d'une indigestion, je lui proposerai de l'eau chaude, ou un grog, ou un vin chaud, peut-être.
Pain d'épices pur miel, pur seigle, sans levure ni chimieCe qui m'amène à un autre questionnement, à quoi bon rechercher sans arrêt la santé, comme si on était malade tout le temps? Moi, je trouve que c'est cela qui rend malade: cela nous empêche, comme les infos, de contempler la perfection, en nous-mêmes et en les autres, et d'y trouver le petit bonheur de chaque instant, probablement une plus grande source de santé d'ailleurs. Surtout dans des pays où c'est notre confort qui est notre plus grand problème.
Allez, une petite vidéo rigolote pour finir: ici. et une photo de mes pains d'épices de 6 mois, déjà presque finis, parfaitement en accord avec cet après-midi froid et pluvieux, accompagnés d'un nuage de chantilly et d'une tisane chaude. Mmmm...

mardi 11 novembre 2014

Programme 1er semestre (à nouveau mis à jour)

Cette année, les stages et les cours seront plus courts et centrés sur la cuisine et l'Ayurveda, les autres pratiques faisant l'objet de moments séparés. A chaque stage, les participants auront la possibilité d'avoir un entretien personnalisé en dehors du temps de stage, voire des soins selon les lieux.
-Stage de cuisine dans les Alpes maritimes, les 13 et 14 décembre.
- Journées d'entretiens sur Paris les 17 et 18 décembre.
-Conférence au Mans le 8 janvier à 18h sur les nourritures des frimas, et les produits laitiers, avec signature de "La Voie Lactée".
-Stage de cuisine en Corrèze les 17 et 18 janvier 2015, suivi d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine au Mans les 24 et 25 janvier.
-Stage de cuisine à Marseille les 7 et 8 février, suivi de journées d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine à St Rémy de Provence les 14 et 15 février, précédé de journées de soin et d'entretiens.
-Conférence au salon Santé et Bien-Etre à Martigny (Suisse) le 21 février à 15h.
Stage de cuisine des frimas en Gruyère, les 22 et 23 février, suivi d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine en Corrèze le 14 mars, et participation à "La Bourse aux graines" de l'association "Le battement d'ailes", précédé de journées d'entretiens.
Graines de clématite empluméesFleurs d'arbousier

vendredi 24 octobre 2014

Nouvelle lune d'automne

DSCN7314__600x800_.jpgSe fondre dans les matins brumeux où s'effacent les limites du monde, laisser surgir de la brume la fée ou l'oiseau, écouter, sentir, dans les voiles tendres, humides et frais, où le battement d'ailes sonne autrement, où les feuilles tombantes marquent un autre temps, parfois en suspens, une autre grâce.
Saison des couleurs... Le passage de la terre dans la queue de la comète de Haley, ou nuage de météores des Orionides, colore nos cieux et nous plonge dans les ailleurs de Brumaire, ancien nom du mois en cours. Regarder tournoyer les essaims d'oiseaux à la formation géométrique et gracieuse, l'éclat fuschia du couchant sur une chevelure qui traîne dans le ciel, sentir le vent ou la brume monter doucement dans l'ivresse du crépuscule, les hérons s'envoler... et ne plus jamais rentrer. Rester à la croisée des mondes...
DSCN7348__800x600_.jpg DSCN7367__800x400_.jpgDSCN7368__800x400_.jpg Le 23 octobre, c'était la nouvelle lune, celle qu'on fête en Inde par des célébrations à la déesse Durga, la rouge, celle qui a coloré les feuilles, les écharpes du couchant, les joues au crépuscule frais...et qui enflamme en nous un chemin de pureté et de dépouillement, celui de l'hiver à venir. DSCN7333__600x800_.jpgComme peut-être celui des lichens de cette prairie fantomatique et poétique, que la Reine des Glaces semble avoir figé dans le temps, où les tiges noires ou grises sont la trace des soleils de l'onagre, des grappes de langues violettes de la vipérine, ou des chandeliers de molènes. Dans le soleil ras et la rosée, les velours des molènes renaissantes et les feuilles torsadées de porcelle brillent de vie secrète.
C'est le moment où la chaleur accumulée l'été se manifeste. Il est temps de purger le corps pour apaiser le feu qui monte, à moins qu'il ne nourrisse les transmutations de l'amour, de la création, du combat... Si ce feu nous brûle, la meilleure des graisses est le beurre clarifié, en massage, en onction de la tête, en ingestion, dans le nez et les oreilles; il infusera tout le corps, y remettant en mouvement ce qui s'est figé, sans alourdir le foie. Mais en pays humide la cuisine profitera aussi de la douceur de la crème aux périodes chaudes de la journée.
 Propositions de menus:
Petits-déjeûners: pomme au four au beurre clarifié, infusion de menthe et réglisse, tartines; jus de carottes, noix fraîches, châtaignes, thé au beurre; fruits frais, bsissa au beurre et au lait (recette dans un précédent billet), infusion de sureau.
Déjeûners: potée de légumes de saison à la crème, tartines grillées, pesto; salade de roquette, cresson et capucine, boulettes d'orge, chutney de prunes; poêlée de brocoli et romanesco, gratin de kasha, coeurs d'artichauts confits.
Dîners: soupe au lait, pain d'épeautre ou de seigle; purée de pommes de terre ou céleri, salade aux croutons; pain de légumes, coulis d'épine-vinette, bouillon de lentilles à la crème.

vendredi 10 octobre 2014

Chemin de feu

Jardin enchanté en CorrèzeUn grand nettoyage, pas seulement celui de la maison, est en cours en ce moment, avec le trigone entre Uranus et Jupiter, et, s'il se heurte encore aux résistances plutoniennes, c'est le feu de la transformation qui triomphe pour le moment. Les arc-en-ciels le disent, les couchers de soleil, la beauté poignante de l'embrasement des arbres...Tout est possible...
Pour certains d'entre nous, cela peut avoir avoir accéléré le transit depuis plusieurs semaines, et affaibli notre ancrage: avec la pluie, les repas de châtaignes rôties, les noix fraîches épluchées, cadeaux des vadrouilles enchantées dans les brumes et les flamboiements des forêts d'automne, les odeurs de terre et d'humus, les potées paysannes de haricots frais,Patidou dans son écrin bibida bidibou le feu de bois dans la cheminées qui sèche les humeurs, les tourtes et les gâteaux de farine ou de semoule rôtie, les raves crues et croquantes aux parfums de fruits, les moissons de verdure renouvelée... peuvent ralentir le temps et nous installer dans la béatitude du présent.
Les massages à l'huile avant la douche aussi, s'il pleut. Ou quand il fait sec, les frictions à la farine, ou au gant de crin, pour nous rappeler à notre forme, parfaite comme nous-mêmes dans le dessin du Vivant, et faire circuler l'oeuvre de la transformation.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: jus de pomme frais, châtaignes rôties, légumes confits; raisin, pommes, chou rave et jus de carottes; muesli croquant, noisettes, coulis de framboises, panna cotta.
Collybie visqueuse, photo de Florent Machat Déjeûners: salade de pousses d'automne, tourte de patidou, poêlée de brocolis, romanesco et chou-fleur aux graines de moutarde, pesto de capucine, graines de fenouil fraîches au sucre; salade sauvage, poêlée de repousses d'orties et racines de consoude, pesto de basilic, galettes non levées.
Dîners: soupe de courge sucrine ou musquée et lentilles corail, gratin d'orge; crumble de courge, pain d'orge; soupe d'orties et courgettes, pain vapeur farci à la pâte de haricots.

lundi 6 octobre 2014

Quelques jours d'automne

Héron sur la LoireUne petite descente de températures ce matin, qui a peut-être envoyé les souffles de nombre d'entre nous au plafond de notre tête...
Il peut être temps de manger un peu plus gras, acide et salé, voire un peu piquant, de s'adonner à la bernache (moût de raisin fermenté), au cidre, ou au poiré pour infuser de légèreté nos humeurs en berne, de se remettre aux pratiques d'énergie interne: chi qong, pranayama, etc... Si malgré tout on se sent "collé au plafond", absent à soi-même, le nez qui coule, les yeux qui piquent, au bord de la déprime...: un petit bain de pieds bien chaud au gros sel, ou mieux encore aux graines de moutarde noire, un trait de khôl au camphre, ou un bon verre de vin chaud aux épices ou aux noix, ou un tchaï au lait, une pomme cuite au four, de la pâte de coings, un bradj (recette dans le blog) aux dattes, des crucifères et des courges, un peu d'alliacées (oignons, poireaux, ail, ciboulette...)...devraient détendre les rouages et lester les envols avant que les températures ne remontent doucement.

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