Le paradis c'est ici ! - le blog

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mercredi 28 janvier 2015

Réflexions après la foudre

C'était difficile d'écrire... Beaucoup ont dit ce qui semblait juste, mais surtout cette foule amassée partout en France, ce record de 4 millions, parlait d'autre chose que d'attentats, d'islam et de peur. Une véritable insurrection des coeurs, allumée par une grosse blessure...
Les travaux de Masaru Emoto sur la cristallisation de l'eau montrent que les cristallisations les plus vilaines n'apparaissent pas là où le message est la haine ou le chaos, mais là où il n'y a rien, dans l'eau qui n'a pas été vue, pas considérée, prise pour de l'eau seulement.
Mon maître nous racontait cette histoire: une vieille femme vivait à côté d'un maître très connu et respecté, qui n'était presque jamais là tant il était demandé partout. Quand il était dans son village enfin, il se plaisait à passer du temps dans son jardin, entretenu avec soin. Plusieurs fois, la vieille femme avait demandé à le rencontrer, mais elle était trop insignifiante, vieille et rabougrie, et les disciples ne l'écoutaient pas, oubliaient sa demande, ou trouvaient que le maître n'avait pas à être dérangé par elle... Elle n'arrivait pas à lui parler. Un jour qu'il était parti, elle entra dans le jardin et le saccagea complètement. Tout le monde fut indigné, sauf le maître, qui comprit que dans sa foi elle avait trouvé le seul moyen de créer un lien avec lui, et non seulement il lui pardonna mais il lui demanda pardon lui-même.
Les exclusions peuvent être de toute sorte: ignorer l'autre qui appartient à un monde qui me fait peur, qu'il soit musulman, rom, juif, catho, athée, irrévérencieux, sdf, bizarre, ivrogne, pauvre, riche..., qu'il soit mon parent, mon enfant, mon voisin, mon ami, mon employé, mon ennemi...qui a tort quand j'ai raison; ignorer cette âme en moi qui crie et aspire à autre chose que ce que mon train de vie infernal lui impose (et c'est le burn out)...; ignorer la beauté du Vivant, toujours plus mis en ordre, et de tous les esprits non visibles qui le peuplent...
Mais un jour l'ignoré saccage le jardin. Et lui aussi, il a raison. Parce que tout le monde devrait être dans le jardin. Je souhaite qu'en 2015, nous invitions tout et tous dans le jardin des délices.

lundi 5 janvier 2015

Programme des stages à venir (mis à jour)

Soleil levant sur St Pierre-des-corpsDSCN5193__800x601_.jpgSoleil levant sur la LoireDSCN5174__800x600_.jpgDSCN5171__800x600_.jpg

-Conférence au Mans le 8 janvier à 18h sur les nourritures des frimas, et les produits laitiers, avec signature de "La Voie Lactée", à la librairie Thuard.

-Stage de cuisine en Corrèze les 10 et 11 janvier 2015, suivi d'entretiens personnalisés.

-Causerie à Tours, à la librairie "Lire au jardin", à 19h30, entrée libre.

-Stage de cuisine à St Rémy de Provence les 14 et 15 février, précédé de journées de soin et d'entretiens.

-Conférence à la librairie Bien-Etre à Fribourg le 19 février.
Conférence au salon Santé et Bien-Etre à Martigny (Suisse) le 21 février à 15h.
Stage de cuisine des frimas en Gruyère, le 22 février.
Entretiens personnalisés du 19 au 23 février.

-Stage de cuisine en Corrèze le 14 mars, et participation à "La Bourse aux graines" de l'association "Le battement d'ailes", précédé de journées d'entretiens.

-Stage de cuisine dans le Nord Pas-de-Calais, le 21 mars, suivi de journées d'entretiens personnalisés.

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samedi 3 janvier 2015

Un hiver très froid

 Contrairement aux prévisions saisonnières de MétéoFrance, et aux pics de douceur que nous traversons en ce moment pendant la conjonction du Soleil et de Pluton, l'hiver s'annonce très rude, comme le lisait encore ce matin un ancien sur le marché, observateur des oiseaux qui migrent en masse. Les glands sont très gros, les châtaignes aussi, et les peaux de l'oignon nombreuses... plusieurs signes traditionnellement annonciateurs de froidure également, peut-être pour la Chandeleur, ou juste avant, avec la nouvelle lune.
Préparez vos pulls et vos bonnets, vos chaussettes et vos gants, pour être prêts à plonger dans le froid, celui qui ravive l'élan de vie, régénère le feu digestif et annonce de futures transfigurations au moment du re-doux, quand le coeur embrasé s'ouvre à la douceur, et que fleurissent les premiers bourgeons.
Préparez aussi votre corps, qui a probablement faim de sucres (céréales, légumineuses, fruits) et d'onctuosité (des porridges, des risotto, du gras animal...), à moins qu'il n'ait commencé préalablement un nettoyage par la grippe ou la gastro, et de sommeil. Ce n'est pas le moment de jeûner, ou de faire un régime!
A moins que les oiseaux et la végétation, et les anciens qui les lisent, ne soient pas plus doués que les météorologues pour ressentir le temps...
Les matins sont douillets sous la couette en ce moment, le ciel gris et bas et les matins brumeux incitent en Touraine à préférer la compagnie des nuages de plumes. Si vous êtes attentifs, vous avez dû sentir ces dernières semaines la montée de Vata dans le corps, le nôtre et celui de la Terre, attisé aussi par les scintillements uraniens et les vacillements des températures: le froid et le sec perturbent parfois la concentration, incitent aux longues veillées et aux levers tardifs, font rechercher le salé et l'acide... Non?
Quoi qu'il en soit, plus que jamais, avec les fluctuations de température, il importe de manger et faire ce dont on en a envie, profondément, ce que l'on sent juste, dans l'instant, sans suivre de régime, ni de programme.

lundi 22 décembre 2014

Propositions de menus, et après les fêtes...

Les aléas des températures demandent toujours plus d'ancrage, et une rate bien accrochée! Re-doux, presque chaleur, puis froid de saison à nouveau, avant un nouveau re-doux, avec des écarts de températures importants en 24 ou 48h...
Tout ce qui est rôti à sec, piquant, astringent, noir, enraciné... va nous y aider: cardamome noire, oléagineux, légumineuses et céréales rôties (farine de pois chiches grillée, farine d'orge grillée ou tsampa, poudre de fenugrec rôti...), genévrier, galanga, radis noir, angélique...Ainsi que les postures de l'hiver, enracinées dans les cuisses, tout en lenteur ou en immobilité comme la nature autour de nous.
Voici quelques propositions de menus:
Dans les Alpes maritimes Petits-déjeûners: bsissa aux fruits secs(recette dans un précédent billet) et infusion d'hysope; porridge, thé, banane rôtie; pomme au four, pain d'épices, chantilly et infusion d'aspérule.
Déjeûners: salade de radis noir et roquette, potée de haricots et légumes racines aux coings, semoule de blé aux raisins secs et la fleur d'oranger, pesto de cresson ; toasts de purée d'olives vertes, canard à l'orange, marrons chauds, poêlée d'épinards et fromage caillé aux baies d'épine-vinette, pain d'orge, pesto de cresson, tatin de poires.
Dîner: patates douces au four, tatin d'endives; soupe de lentilles, carotte et céleri, pain de kamut ; bouillon d'épluchures, tsampa (farine d'orge grillée).

Avant la neige, les délicates floraisons du réséda Ressusciter après les fêtes
Cette année encore, Pluton nous joue des tours juste après les fêtes... Après la lumière et la joie des retrouvailles, de la fête et des cadeaux, la lourdeur va dominer quelques temps, que ce soit sous forme de neige pure ou de pluie tiède et abondante. Pour qu'elle n'obscurcisse pas les trésors que les fêtes nous auront offert, voici quelques propositions pour se nettoyer après les agapes et les excès, si on n'a pu les éviter, pendant ou après ces douze jours entre Noël et la Chandeleur où tout était en suspens.
En hiver, quand la saison n'offre pas le temps de saison, ou quand le feu digestif est affaibli, on s'en remet à la saveur piquante pour remettre en mouvement ce qui s'est figé, même dans les profondeurs, redonner de la légèreté et de la subtilité là où il y a de la lourdeur, et pallier à l'affaiblissement du métabolisme: piquant du raifort, du poivre, de l'angélique, du miel et des plantes aromatiques, mais aussi de l'alcool par temps froid et humide...Jeux de brume
Si on a trop bu, une soupe à l'oignon gratinée bien poivrée, avec un peu de vin blanc, ou une poêlée de chou chinois ou Daubenton au carvi et au beurre clarifié, ou une soupe de vermicelles au lait salée, apaiseront les souffles. Un passage au hammam en climat sec, au sauna en climat humide, avec alternance de bain ou douche froide, également... En prévention des excès de boisson: 6 amandes amères, un très ancien "truc".
Si on a trop mangé, on peut éviter de brutaliser à nouveau son corps par un jeûne: manger léger, bien cuit, en s'arrêtant juste avant la satiété, arrosé avec le bouillon de potées longuement mijotées à tout petit feu, et boire de l'eau chaude entre les repas, avec éventuellement du gingembre sec ou de la racine d'angélique, du miel et du citron.
Couleurs irréelles sous un arc-en-ciel d'orage Si on se sent écoeuré au matin, ou assoiffé par la nuit tiède, du citron encore et toujours, ou de la mélasse de grenade, du verjus, du jus d'épine-vinette... tous ces acides rafraîchissants qui ont disparu de nos étagères, et qu'on trouve encore dans les épiceries exotiques. A défaut, de l'eau vinaigrée, au vinaigre de cidre...​
Si la voix s'est cassée de trop de chant, d'alcool ou d'exposition à l'humidité, voici un remède délicieux: faire revenir les tranches entières d'un citron dans du beurre clarifié jusqu'à ce qu'elles soient translucides, ajouter un peu de sucre qu'on laisse très légèrement caraméliser, et consommer immédiatement.
Et, d'une manière générale, pour chasser le froid de l'hiver, l'Ayurveda recommande vivement le sport sous la couette, sans oublier les fous rires et les câlins, panacées universelles!

lundi 8 décembre 2014

Enfin du froid!

En forêtIl se fait rare ces dernières années, le froid. Alors profitons-en! Sortons contempler les lumières douces et infinies de l'hiver à travers les arbres dénudés et ses reflets angéliques sur le givre, sortons nous gorger de fraîcheur qui rougit les joues et fait monter la joie tonique et la conscience, sortons fouler les feuilles qui crissent leur moisson de richesses à venir dans les bois... C'est la saison où il est permis de tout manger, parce que le feu qui nous anime, avivé par le froid extérieur, consume tout... et il faut le nourrir, comme un enfant gourmand et joyeux.
C'est lui qui nous permet d'explorer nos désirs, qui nous porteront jusqu'au printemps, épurés par la faim et le froid, et d'éclairer notre conscience. Il nourrit notre joie présente et notre fraîcheur intérieure à venir, celle qui nous gardera des brûlures des émotions et du soleil dans quelques mois, de la vieillesse dans quelques années. Il nourrit aussi notre tonicité. C'est le moment pour la pratique lente et toute en intériorité d'exercices physiques demandant de l'endurance comme le chi gong, et certaines pratiques de yoga et de pranayama... qui donnent la joie de jouer avec le froid.
DSCN5177__600x800_.jpg On peut aussi se retirer dans la maison et en soi-même et y mûrir comme les arbres notre floraison à venir, y rencontrer notre lumière intérieure, y contempler à travers de patients travaux (fabriquer les cartes et les cadeaux peut-être) la beauté qui passe à travers nous, et y préparer les nourritures qui mèneront jusqu'à la Pâques des premiers fruits et des premiers légumes nouveaux.
En cette saison où le feu impatient peut nous ronger, on peut commencer par manger tous ces fruits astringents que le gel a adoucis: les prunelles, l'épine-vinette, les coings, les cormes... même les poires et les pommes comme mon ami qui ne les mange que blettes, les kakis là où ils poussent, les olives... Et puis, il sera temps de profiter de ce feu qui chauffe continuellement la maison pour faire cuire à tout petit feu de grandes potées de viande, ou de légumineuses et de racines, aux herbes, aux épices, au vin, dont le parfum humide infusera la maison de bonheur, adoucissant la sécheresse du chauffage. Et de même que le liquide riche aura pénétré chaque chair, de même notre chair sera pénétrée de sucs riches et régénérants, et de douceur, nourrissant notre patience, notre mémoire et notre compassion.
DSCN5179__800x600_.jpg Si le froid nous a congelé trop vite, et que cela nous a monté à la tête, une cuillerée à soupe de vin de noix le matin à jeûn peut aider, ou de l'eau chaude en boisson (oui!), ou un bain de pieds aux graines de moutarde le soir, ou une friction au gant de crin en climat sec, ou une danse effrénée, ou de gros câlins vigoureux, ou jouer à chat avec ses enfants... Si la bronchite menace, du miel entre les omoplates et sur la poitrine, des feuilles de chou écrasées au rouleau par-dessus, un T-shirt bien près du corps, un bon lait chaud au miel et à la fleur d'oranger, et au dodo: si ça n'a pas guéri dans la nuit, les sécrétions se feront au moins plus facilement le lendemain. Propositions de menus:
Petits-déjeûners: tranche de pain d'épice, chantilly, pomme au four, thé; soupe de légumes, tranches de pain noir, beurre; miques farcies au fromage caillé et à la verdure, sauce crème au raifort, compote de pommes; crème de marron au Grand-Marnier, fromage frais, meringue, tisane des 4 fleurs pectorales.

dimanche 7 décembre 2014

Halte aux extrémismes! Ca fait mal!

Il y a quelques années déjà, j'ai vu arriver un jour dans mon petit restau une jeune fille aux beaux traits, mais vraiment maigre, accompagnée de 2 gentils garçons. Leur commande servie, j'apprends qu'ils sont vegan, et bien sûr ma serveuse ne s'est pas rendue compte que, si aucun produit laitier ne figure au menu, tout est cuit au beurre clarifié à cette saison de l'année. Une fois la jeune fille dûment renseignée, la voilà qui se précipite dans les toilettes pour s'y faire vomir de façon... disons... sonore le repas avalé, pendant que les garçons s'excusent... Nous en étions tous interloqués! Car cette jeune fille n'avait aucune allergie alimentaire, non, elle refusait simplement de "participer à l'esclavage des animaux".
Aujourd'hui, je ne m'étonnerais plus, mais je m'étonne encore des principes mortifères qui régissent parfois nos vies, et qui me semblent de plus en plus présents. Certes, la discipline peut être la voie vers une certaine clarté de la conscience, mais pas quand elle refuse la vie, et fait de nous des cellules en guerre contre les fluctuations du Vivant, et tous les autres humains qui ne pensent pas comme nous. Manger cru au risque de la dépression et de l'anorexie, ce que j'ai vu, pour "ne se nourrir que d'aliments pleins d'énergie" me semble aussi incompréhensible que mettre des gants pour vendre du poisson en plein désert sous prétexte de modestie musulmane (une courte scène du film "Timbuktu"). Nos cervelles sont devenues nos tyrans.
poster3.jpg Où est le plaisir, où est la félicité, sources de compassion? Suspects eux aussi? Aucune théorie ne fera jamais plier la vie qui coule en nous, notre destin qui a besoin de se réaliser, nos aspirations... Manger cru en plein hiver sous nos latitudes, qui plus est des nourritures importées de pays lointains, est un acte tyrannique vis-à-vis de soi, comme se priver de produits laitiers si on les aime parce qu'on a lu que ce n'était pas bon.
Le questionnement est bon, mais faire son évangile de chaque théorie en faisant fi de ses aspirations, de ses désirs et de sa santé me paraît plus douteux: la certitude mortifère au détriment du doute chemin de conscience. D'autant plus si on est activement prosélyte voire prompt à imposer notre charia personnelle.
Moi, je n'ai aucune envie de boire de l'eau chaude quand je me lève le matin. Jamais. Même s'il paraît que c'est bon pour la santé (en pays chaud et humide d'ailleurs), même s'il paraît (mais je ne l'ai jamais entendu venant de mes professeurs et amis médecins) que c'est de l'Ayurveda. L'hiver, j'aime boire froid quand je me lève ou que je rentre de balade, après la pratique physique ou un massage, et c'est ma saison préférée pour les glaces. Et puis, c'est rigolo, mais ça correspond à ce que disent les textes de médecines chinoise et ayurvédique sur les saisons... Si moi-même ou quelqu'un de mon entourage est malade en revanche, sur le versant d'un refroidissement ou d'une indigestion, je lui proposerai de l'eau chaude, ou un grog, ou un vin chaud, peut-être.
Pain d'épices pur miel, pur seigle, sans levure ni chimieCe qui m'amène à un autre questionnement, à quoi bon rechercher sans arrêt la santé, comme si on était malade tout le temps? Moi, je trouve que c'est cela qui rend malade: cela nous empêche, comme les infos, de contempler la perfection, en nous-mêmes et en les autres, et d'y trouver le petit bonheur de chaque instant, probablement une plus grande source de santé d'ailleurs. Surtout dans des pays où c'est notre confort qui est notre plus grand problème.
Allez, une petite vidéo rigolote pour finir: https://www.youtube.com/watch?v=TX9EAavxrus, et une photo de mes pains d'épices de 6 mois, déjà presque finis, parfaitement en accord avec cet après-midi froid et pluvieux, accompagnés d'un nuage de chantilly et d'une tisane chaude. Mmmm...

mardi 11 novembre 2014

Programme 1er semestre (à nouveau mis à jour)

Cette année, les stages et les cours seront plus courts et centrés sur la cuisine et l'Ayurveda, les autres pratiques faisant l'objet de moments séparés. A chaque stage, les participants auront la possibilité d'avoir un entretien personnalisé en dehors du temps de stage, voire des soins selon les lieux.
-Stage de cuisine dans les Alpes maritimes, les 13 et 14 décembre.
- Journées d'entretiens sur Paris les 17 et 18 décembre.
-Conférence au Mans le 8 janvier à 18h sur les nourritures des frimas, et les produits laitiers, avec signature de "La Voie Lactée".
-Stage de cuisine en Corrèze les 17 et 18 janvier 2015, suivi d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine au Mans les 24 et 25 janvier.
-Stage de cuisine à Marseille les 7 et 8 février, suivi de journées d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine à St Rémy de Provence les 14 et 15 février, précédé de journées de soin et d'entretiens.
-Conférence au salon Santé et Bien-Etre à Martigny (Suisse) le 21 février à 15h.
Stage de cuisine des frimas en Gruyère, les 22 et 23 février, suivi d'entretiens personnalisés.
-Stage de cuisine en Corrèze le 14 mars, et participation à "La Bourse aux graines" de l'association "Le battement d'ailes", précédé de journées d'entretiens.
Graines de clématite empluméesFleurs d'arbousier

vendredi 24 octobre 2014

Nouvelle lune d'automne

DSCN7314__600x800_.jpgSe fondre dans les matins brumeux où s'effacent les limites du monde, laisser surgir de la brume la fée ou l'oiseau, écouter, sentir, dans les voiles tendres, humides et frais, où le battement d'ailes sonne autrement, où les feuilles tombantes marquent un autre temps, parfois en suspens, une autre grâce.
Saison des couleurs... Le passage de la terre dans la queue de la comète de Haley, ou nuage de météores des Orionides, colore nos cieux et nous plonge dans les ailleurs de Brumaire, ancien nom du mois en cours. Regarder tournoyer les essaims d'oiseaux à la formation géométrique et gracieuse, l'éclat fuschia du couchant sur une chevelure qui traîne dans le ciel, sentir le vent ou la brume monter doucement dans l'ivresse du crépuscule, les hérons s'envoler... et ne plus jamais rentrer. Rester à la croisée des mondes...
DSCN7348__800x600_.jpg DSCN7367__800x400_.jpgDSCN7368__800x400_.jpg Le 23 octobre, c'était la nouvelle lune, celle qu'on fête en Inde par des célébrations à la déesse Durga, la rouge, celle qui a coloré les feuilles, les écharpes du couchant, les joues au crépuscule frais...et qui enflamme en nous un chemin de pureté et de dépouillement, celui de l'hiver à venir. DSCN7333__600x800_.jpgComme peut-être celui des lichens de cette prairie fantomatique et poétique, que la Reine des Glaces semble avoir figé dans le temps, où les tiges noires ou grises sont la trace des soleils de l'onagre, des grappes de langues violettes de la vipérine, ou des chandeliers de molènes. Dans le soleil ras et la rosée, les velours des molènes renaissantes et les feuilles torsadées de porcelle brillent de vie secrète.
C'est le moment où la chaleur accumulée l'été se manifeste. Il est temps de purger le corps pour apaiser le feu qui monte, à moins qu'il ne nourrisse les transmutations de l'amour, de la création, du combat... Si ce feu nous brûle, la meilleure des graisses est le beurre clarifié, en massage, en onction de la tête, en ingestion, dans le nez et les oreilles; il infusera tout le corps, y remettant en mouvement ce qui s'est figé, sans alourdir le foie. Mais en pays humide la cuisine profitera aussi de la douceur de la crème aux périodes chaudes de la journée.
 Propositions de menus:
Petits-déjeûners: pomme au four au beurre clarifié, infusion de menthe et réglisse, tartines; jus de carottes, noix fraîches, châtaignes, thé au beurre; fruits frais, bsissa au beurre et au lait (recette dans un précédent billet), infusion de sureau.
Déjeûners: potée de légumes de saison à la crème, tartines grillées, pesto; salade de roquette, cresson et capucine, boulettes d'orge, chutney de prunes; poêlée de brocoli et romanesco, gratin de kasha, coeurs d'artichauts confits.
Dîners: soupe au lait, pain d'épeautre ou de seigle; purée de pommes de terre ou céleri, salade aux croutons; pain de légumes, coulis d'épine-vinette, bouillon de lentilles à la crème.

vendredi 10 octobre 2014

Chemin de feu

Jardin enchanté en CorrèzeUn grand nettoyage, pas seulement celui de la maison, est en cours en ce moment, avec le trigone entre Uranus et Jupiter, et, s'il se heurte encore aux résistances plutoniennes, c'est le feu de la transformation qui triomphe pour le moment. Les arc-en-ciels le disent, les couchers de soleil, la beauté poignante de l'embrasement des arbres...Tout est possible...
Pour certains d'entre nous, cela peut avoir avoir accéléré le transit depuis plusieurs semaines, et affaibli notre ancrage: avec la pluie, les repas de châtaignes rôties, les noix fraîches épluchées, cadeaux des vadrouilles enchantées dans les brumes et les flamboiements des forêts d'automne, les odeurs de terre et d'humus, les potées paysannes de haricots frais,Patidou dans son écrin bibida bidibou le feu de bois dans la cheminées qui sèche les humeurs, les tourtes et les gâteaux de farine ou de semoule rôtie, les raves crues et croquantes aux parfums de fruits, les moissons de verdure renouvelée... peuvent ralentir le temps et nous installer dans la béatitude du présent.
Les massages à l'huile avant la douche aussi, s'il pleut. Ou quand il fait sec, les frictions à la farine, ou au gant de crin, pour nous rappeler à notre forme, parfaite comme nous-mêmes dans le dessin du Vivant, et faire circuler l'oeuvre de la transformation.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: jus de pomme frais, châtaignes rôties, légumes confits; raisin, pommes, chou rave et jus de carottes; muesli croquant, noisettes, coulis de framboises, panna cotta.
Collybie visqueuse, photo de Florent Machat Déjeûners: salade de pousses d'automne, tourte de patidou, poêlée de brocolis, romanesco et chou-fleur aux graines de moutarde, pesto de capucine, graines de fenouil fraîches au sucre; salade sauvage, poêlée de repousses d'orties et racines de consoude, pesto de basilic, galettes non levées.
Dîners: soupe de courge sucrine ou musquée et lentilles corail, gratin d'orge; crumble de courge, pain d'orge; soupe d'orties et courgettes, pain vapeur farci à la pâte de haricots.

lundi 6 octobre 2014

Quelques jours d'automne

Héron sur la LoireUne petite descente de températures ce matin, qui a peut-être envoyé les souffles de nombre d'entre nous au plafond de notre tête...
Il peut être temps de manger un peu plus gras, acide et salé, voire un peu piquant, de s'adonner à la bernache (moût de raisin fermenté), au cidre, ou au poiré pour infuser de légèreté nos humeurs en berne, de se remettre aux pratiques d'énergie interne: chi qong, pranayama, etc... Si malgré tout on se sent "collé au plafond", absent à soi-même, le nez qui coule, les yeux qui piquent, au bord de la déprime...: un petit bain de pieds bien chaud au gros sel, ou mieux encore aux graines de moutarde noire, un trait de khôl au camphre, ou un bon verre de vin chaud aux épices ou aux noix, ou un tchaï au lait, une pomme cuite au four, de la pâte de coings, un bradj (recette dans le blog) aux dattes, des crucifères et des courges, un peu d'alliacées (oignons, poireaux, ail, ciboulette...)...devraient détendre les rouages et lester les envols avant que les températures ne remontent doucement.

dimanche 28 septembre 2014

Brume, rosée et pureté

DSCN7017__800x652_.jpg Les matins sont frais et chargés de rosée, parfois aussi de brume, démasquant les araignées qui ne sont pas encore réfugiées dans les maisons, matérialisant les voiles de la réalité, unissant toutes choses sous les premiers rayons du soleil. On peut avoir envie de s'alléger avec une cuillère à soupe de vin de noix à jeûn ou, comme mon grand-père et en cas de travaux physiques, avec une lichette d'armagnac dans la soupe de légumes matinale. Oui, moi j'ai plus envie de consommer une bonne soupe de légumes avec de petits pains cuits à la vapeur au petit-déjeûner en ce moment qu'une assiette de céréales sucrées! Avec le feu qui monte, on peut aussi avoir l'estomac trop chargé, et se contenter de vin de noix et de pommes crues qui nettoieront les trop-pleins, et s'adonner à la bernache en journée.
DSCF7565__533x800_.jpg Si notre corps n'exsude pas spontanément comme les plantes et la terre en ce moment, un petit tour au sauna peut aussi éviter ou atténuer les douleurs articulaires et les maux de dos; ou le travail physique au soleil chaud de l'après-midi, comme le grand nettoyage de la maison dans lequel nous sommes nombreuses à nous être lancées spontanément.
Le corps appelle des nourritures onctueuses, digestes, humides, douces, amères et astringentes... acides aussi pour régénérer le feu digestif, et la tomate n'est pas le seul fruit qui le soit: les dernières framboises et fraises, les premières baies mûres d'épine-vinette, les prunes, les poires, les pommes locales, les coings, le coulis de prunes sauvages... Les fruits de Provence sont certes plus goûteux et sucrés, mais moins adaptés à notre climat doux et humide, ils peuvent être facilement écoeurants; comme l'huile d'olive, parce qu'ici la tradition est l'huile de noix, ou la crème, et c'est bon!
Château dans le ciel rose Cet automne nous offre surtout ses couchers de soleil, quand tout flamboie tendrement, quand sur le miroir de la Loire apaisée, dans la lumière qui s'éteint et la célébration des oiseaux tournoyants, tandis que se délitent les nuages et les rocs, se reflète comme un rêve l'espace infini du ciel, effaçant tout attachement dans la félicité dansante de l'union.

L'angélique et la berce ont déjà entamé leur retrait vers les racines, l'épine-vinette a mûri ses fruits, les prunelles sont goûteuses, les arbres roussis... L'hiver va arriver vite et sera très froid, je pense.
Propositions de menus:
Petits-déjeûners: vin de noix, soupe paysanne, pain d'épeautre cuit à la vapeur ou au bouillon; chantilly au raifort et aux amandes, confit de légumes, tartines grillées, tisane; salade de pommes et céleri crus; céréales croustillantes au lait de riz, gingembre ou angélique râpés, épine-vinette et graines de chanvre.
Déjeûners: radis noir et roquette à la crème, tarte sablée à la verdure; tourte de courge, pesto de cresson; pâte de prunelles, semoule grillée aux poireaux et aux raisins secs; châtaignes grillées, sauce acidulée à l'épine-vinette ou aux airelles, bâtons de chou rave et carottes crus .
Dîners: patate douce cuite au four ou sous la cendre, poêlée de brocolis, panna cotta à la gelée de coings; risotto d'orge, bouillon de légumes, pesto de roquette; gratins d'épinards, crackers d'orge, chutney de prunes à la cannelle, riz au lait.

Avis de recherche: lieux de stage dans le nord et l'est de la France: Alsace, Lorraine, Champagne-Ardennes, Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Bourgogne.

mardi 23 septembre 2014

Prochains stages et tour de France!

Angélique sylvestre en fleursPour enrichir ma perception des différents terroirs, afin de pouvoir terminer la rédaction de mon livre sur les saisons, les prochains stages, conférences, journées d'entretiens individuels... auront lieu de manière plus rapprochée, un peu partout en France et en Suisse.
Je vais essayer de tenir à jour le planning qui est en train de se faire et qui passe pour l'instant par Paris, la Corrèze, la Gruyère, la Provence... en attendant la confirmation pour d'autres lieux, plus au nord aussi j'espère. N'hésitez pas à en proposer, sachant qu'il me faut à chaque fois un lieu où donner les stages de cuisine sur un ou deux jours, et un lieu où recevoir pour les entretiens individuels.
A chaque fois, lors du stage de cuisine, une introduction à l'Ayurveda sera faite, ainsi qu'une présentation de la saison en cours, dans ce terroir et ses traditions en particulier, illustrée en partie par les recettes que nous cuisinerons ensemble, mais aussi par quelques pratiques et par les réponses aux questions qui seront posées.
Dans certains lieux, une conférence en accès libre précédera le stage. Il sera lui-même suivi ou précédé d'une série d'entretiens selon la demande.

samedi 23 août 2014

Garder la tête froide

Fleur de capucineUn bel été indien commence avec un peu d'avance. La joie monte et ouvre les "éventails du coeur" dans la pureté des matins de rosée, le chatoiement des couleurs d'automne, déjà, et les verts printaniers des plantes "remontantes". Les lumières répondent aux contrastes de température, à cette valse hésitation entre la mort et la vie qui commence, entre le retrait et la manifestation. Après l'été en suspens, on sent une montée, quelque chose arrive, en l'attente duquel tout frémit.Houblon et vigne vierge
Le houblon installe ses cônes blancs sur les pourpres de la vigne vierge, la Loire resplendit -les hérons daignent à nouveau fréquenter ses bords-, les capucines et les ipomées accrochent leurs volutes colorées sur les grilles... C'est une période propice au travail des yeux, à la contemplation du lointain, à l'inspiration créatrice, et à l'ouverture du coeur. Pour garder la tête froide, et les pieds sur terre malgré les envolées éblouies, une version moins glacée et plus quotidienne d'"ice bucket challenge" peut être agréable.
Ipomées Le soleil nous a manqué cet été, mais s'y exposer maintenant, tandis que le rougeoiement de la nature apparaît précocement, peut contribuer à toutes les formes d'inflammation, particulièrement dans la zone de la tête. Contempler ses lumières, ses reflets, son éclat au levant ou au couchant est sans doute plus propice. C'est la période de l'année où on peut avoir envie de s'entourer de blanc, de surfaces liquides parce que réfléchissantes, de boire de l'eau fraîche à tout moment. Particulièrement celle placée sous les rayons de la lune puis du soleil, et ainsi purifiée. Ou aromatisée d'un trait de mélasse de grenade et de quelques gouttes d'une eau de rose véritable; ou accompagnée d'un mélange de graines d'anis et de fenouil sucré, pour chasser les souffles capricieux; ou rafraîchie par quelques graines de basilic mises à tremper dedans la veille.L'épine-vinette a sorti sa très riche palette de couleurs
On peut aussi, comme les plantes grimpantes qui fleurissent ou fructifient en ce moment, avoir envie de s'étirer à travers des postures de yoga, afin que la lumière nous traverse et resplendisse dans nos yeux sans nous rigidifier ni nous sécher. Un bon moment aussi pour un passage au hammam.
C'est la pleine saison pour le beurre clarifié, à consommer sur des préparations chaudes, éventuellement avec de l'origan, en fleur en ce moment, ou le mélange "sauvage" qui en contient; mais aussi pour les légumineuses et les solanacées de saison: soupe au pistou, minestrone, soupe paysanne, tarte... comme on veut, tous les jours pour apaiser le feu qui monte en nous. MuflierA cette saison, comme en été, les saveurs rafraîchissantes sont privilégiées: doux, amer et astringent,ainsi que les textures sèches, rôties, onctueuses mais légères, pectorales, et des saveurs subtiles, modestes devant l'éclat de la manifestation, camphrées comme le basilic, la menthe, la lavande ...
La chaleur qui monte le soir peut être apaisée par un bain frais au couchant avant un repas onctueux, ou une marche tonique, ou une douche des chevilles à l'eau fraîche, ou de vastes perspectives, ou le chant... Toute activité endurante, demandant de puiser dans la fraîcheur intérieure, est à éviter, particulièrement pour les femmes: pas de vélo, de longue marche au soleil, de record à battre, de long travail sur l'ordinateur...
Le besoin de pureté peut nous conduire à faire le grand ménage de la maison, celui de l'automne, et à nous dessaisir de ce qui ne nous sert pas, pour contribuer à faire circuler les biens matériels, et faire comme les arbres qui laissent leurs feuilles, les plantes annuelles qui commencent leur retrait vers la terre, et nous préparer d'un coeur léger au mouvement d'accélération du trigone d'octobre entre Jupiter et Uranus, et au dépouillement de l'hiver, grâce auquel donner de l'espace à nos rêves.

Sérénité maternelle d'un lac de montagne Un nouveau mélange d'herbes est venu me chatouiller, puis adoucir et parfumer mes minestrone: camomille, anis, romarin, etc... Il s'appelle "L'enfantin". J'en aurai sur le prochain marché.

Propositions de menus:
Petits-déjeûners: thé vert, Reine-claude, céréales croustillantes aux baies d'épine-vinette, yaourt battu à lamenthe; infusion des 4 fleurs pectorales, poires, porridge de farine d'orge grillée; smoothie de fenouil et pourpier, potée de légumes, galette non levée.
Déjeûners: poêlée de verdure et fromage caillé, riz sucré au safran, pesto de menthe; tartines grillées de brouillé de lait, salade tomates et basilic, confit de légumes tiède, tourte de reine-claude; salade fleurie, pesto de feuilles de capucine, tarte sablée aux poireaux; salade de roquette et radis noir ("la vigoureuse"), riz blanc, gaspacho.
Dîners: minestrone, feuilles de vigne farcies, pesto de basilic et tartines; boulettes d'orge, bouillon de légumes au beurre clarifié, fromage frais; potée de haricots verts et pommes de terre, Fontainebleau au coulis d'angélique,
Et quelques photos de cet été...avant une petite expo tout le mois de novembre chez mes amis de la librairie "Lire au jardin" à Tours.
La grâce omniprésente de la reine-des-présL'impeccabilité de la grande astranceLa fleur de carotte fructifiant repliée en nidLes graines bien rangées de l'épilobe Un bouquet de réséda blanc et de margueriteLes curieuses fleurs de la renouée vivipareLes éventails plumeaux de la linaigretteUn lever de pleine lune sur la montagne

mercredi 16 juillet 2014

"Rise like a phenix"

Nuages sur le pays basqueAvec l'entrée de Jupiter en Lion, en même temps que le Soleil, puis le trigone qu'il formera à l'automne avec Uranus toujours carré à Pluton, après un début d'été pluvieux et lourd à souhait, la transformation prime à nouveau, de manière éclatante, surprenante, enflammée, sur toute lourdeur; le besoin impérieux de se réaliser à titre d'individu, quitte à en brûler, prend violemment l'ascendant sur les résistances et les structures du passé. La générosité de cette configuration devrait aussi nous apporter des flamboiements d'altruisme, d'ouverture, de fraternité, de compréhension,d'innovation, et des volte-faces éclatants. Le papillon sort de sa chrysalide et déploie ses ailes, les cartes sont complètement redistribuées. Et, dans ce contexte, le conflit israëlo-palestinien vaut témoin. Comme l'activité volcanique et/ou nucléaire et les nouvelles technologies.  Les vierges folles dont la lampe s'éteint faute de tendresse, de douceur, de compréhension, d'altruisme, de moelleux, d'humidité et de fraîcheur pourraient se radicaliser ou se brûler. Les écarts vont se creuser encore. Plus que jamais, le lait de la tendresse humaine, l'eau fraîche, la douceur, le choix d'emprunter un chemin qui nourrit le coeur et l'âme... sont de précieux remèdes. Prendre de la hauteur, dans les montagnes ou en soi-même, également, comme les magnifiques molènes à l'odeur fraîche et suave qui dressent leurs chandeliers jaunes vers le ciel, les douces onagres de la nuit, les ombellifères confiantes s'offrant au soleil... coucher de soleil sur ToursS'entourer de blanc, écouter le chant de l'eau, contempler le lointain, ramener humidité et parfum dans la maison en aspergeant les voiles d'eau de fleur, rincer les chevilles à l'eau fraîche ou marcher dans les ruisseaux, passer les heures chaudes à l'ombre des forêts bruissantes, manger "à la fraîche", et le reste du temps grignoter des baies, du vin sucré dilué d'eau ou de limonade, des pâtisseries à base d'oléagineux, des boissons chaudes et astringentes, de l'orgeat, utiliser le hammam local, apaiser les brûlures intérieures au contact de la nature... afin que s'accomplisse en nous dans la paix l'oeuvre du temps.
Propositions de menus:
Millepertuis arbustif Petits-déjeûners: panna cotta, infusion des 4 fleurs pectorales, muesli aux fruits rouges; lassi au cumin, galette non levées, pesto de verdure, infusion de camomille et écorce de citron; fromage caillé frais au za'atar ou aux herbes de Provence, crackers, soupe de concombre à la menthe et aux noix fraîches, pâte de prunes sauvages ou cuir de framboises.
Déjeûners: Potée de courgettes et pois chiches, pesto de menthe, semoule de blé, yaourt ; pain d'orge, potée de légumes et haricots frais, pesto de basilic; soupe froide de céleri, khitcheri (recette dans "Cuisine ayurvédique"), yaourt battu.
Goûters, snacks: orgeat, orge au lait, crème glacée au safran, sangria locale, pâtisseries orientales, panna cotta, baies acides et astringentes, fruits pulpeux et juteux, tartes sablées aux fruits.
Dîners: légumes grillés, semoule à la fleur d'oranger, pois chiches au bouillon d'épluchures, pâte de prunes sauvages; soupe froide au verjus, tian de légumes, fougasses, fromage frais; flan végétal aux pruneaux, tartare de consoude, salade.

jeudi 10 juillet 2014

Interview sur MedNat en mars à propos de "La Voie Lactée"

dimanche 8 juin 2014

Pesanteur et humanité, site internet traiteur

notre logoNotre nouveau site traiteur est presque achevé! Il n'y manque que les photos de nos prestations communes: www.latabledemelusine.fr (lien dans la colonne de droite)
A noter: une conférence gratuite à l'explOratoire le 17 juin à 19h30 sur les nourritures d'été, par moi-même. D'autres conférences auront lieu à la rentrée, à commencer par celle de Christine Causera, le 8 octobre, sur les plantes sauvages.
Mon professeur, qui avait travaillé sur les langues sifflées avec un couple d'amis chercheurs au CNRS, se référait souvent aux sons d'un mot pour en approfondir la signification. Tours, la porte de la lourdeur...n'est certes pas une ville de rayonnement. Et en ces jours orageux finalement assez fréquents par ici elle appelle à ce très-bas très humain à la fois stabilisant, apaisant, profond et obscur. Celui aussi des fruits lourds, de la chair, pulpeuse, gonflée de sucs, nourrissante.Consoude fructifiant Quand tout orgueil s'incline vers la terre sous la pesanteur des jours... Le temps devrait s'alléger avec le contraste de la lune pleine dans les prochains jours. Mais déjà quelques "grognons" peuvent nous attrister ou nous alourdir, s'ils ne nous ancrent pas. L'aspérule qui fleurit en ce moment amènera la joie et la légèreté avec les premières fleurs de tilleul, la camomille et l'écorce de frêne douceur et tonicité, la menthe fera bouger ce qui stagne. On peut se sentir attiré par les plats colorés, à base de légumineuses décortiquées (pois cassés, lentilles, pois chiches et fèves...),  qui corrigent l'acidité ambiante, la légèreté des préparations de céréales fermentées ou soufflées dans la journée et l'apaisement des céréales onctueuses cuites à l'eau ou au lait pour le soir, les verdures toujours présentes tandis que blondissent les champs de céréales, et les odeurs d'une nourriture délicatement parfumée par les herbes aromatiques en train de fleurir et les épices, répondant aux touffes d'odeurs qui partout nous enveloppent à nous toucher: rose, jasmin, chèvrefeuille, tilleul déjà, graines en formation sur les arbres, terre humide, herbe, odeurs humaines et animales... dans une palette de couleurs à l'intensité tropicale.
On peut avoir envie de s'exposer à la caresse apaisante du soleil retrouvé pour assécher un peu les humeurs, ou jardiner, cueillir, récolter, éclaircir, pratiquer ... et sentir comme le soleil nous nourrit, tandis que, comme les plantes, nous perlons de rosée rafraîchissante. Fleurs de seringatPuis de se plonger dans l'eau fraîche (même dans la baignoire), ne serait-ce que les chevilles, et regarder le lointain, les nuages qui passent, l'horizon pur ou embrumé, tandis qu'autour de nous dans l'air dense tout échange, s'unit et se reproduit.
Propositions de menus:
Petit-déjeûners: assiettes de framboises, de fraises des bois et de groseilles, panna cota à la rose, infusion fraîche de camomille; pains de riz vapeur, gelée de rose, pesto, café d'orge; scones, gelée de pissenlit, soupes de fraises au lait d'amande, infusion des "3 piquants"; beurre d'angélique et miel rosat sur pain grillé, thé à la menthe; soupe aigre-douce aux pruneaux, petits pains de riz, pesto.

jeudi 5 juin 2014

Vive la tendresse, le gluten et les produits laitiers!

"Le gluten et les produits laitiers, c'est pas bon pour la santé." J'adore! C'est vrai que c'est un refrain, voire un diktat, que j'entends souvent... C'est un peu catégorique quand même!
Fleur elfiqueEt, souvent, ce sont précisément les tempéraments qui ont en ont le plus besoin qui deviennent allergiques, intolérants... ou qui, pour aller encore "plus mieux", s'astreignent seuls à ne pas en consommer. J'ai vu ces prescriptions d'interdiction pour des enfants autistes, pour des femmes et des hommes pressés, pour des personnes âgées et desséchées... toujours sans résultat profond, mais perpétuées comme une prière qui serait forcément exaucée à force de discipline.
Comme je l'ai dit dans "La Voie Lactée", il est intéressant de constater que notre culture, qui s'éloigne de la tendresse, de la douceur, de la présence au corps, de la lenteur, de la stabilité intérieure... aboutisse au bannissement des produits non carnés qui nourrissent le plus ce caractère absent: la tendresse inconditionnelle. En fait, nous n'avons plus la capacité de "digérer" la tendresse: elle est rapidement assimilée à la mollesse, à la facilité, à l'infantilisme, au laisser-aller, voire immédiatement dévoyée en sexualité ou moquée, intolérable. Elle n'a pas sa place dans un environnement de plus en plus sec, rigide, efficace, maîtrisé, réactif, rapide. Pourtant elle est fantasmée, recherchée, comme une déesse absente...
Tiramisu aux fraises Alors oui, c'est vrai que se passer de produits laitiers et de gluten peut temporairement apporter un certain soulagement: le soulagement de se couler dans notre environnement culturel, d'être comme un paysage de la Beauce, comme un site internet, comme un TGV... Mais, souvent, ceux qui se mettent à ce régime, prescrit ou auto-décidé, sont précisément ceux dont le feu intérieur bien présent n'a pas rencontré suffisamment de tendresse, intérieure et extérieure, pour être apaisé, asséchant la capacité à transformer produits laitiers et gluten.
Le pain, oui, surtout notre pain quotidien contemporain, avec sa farine blanche, n'a pas sa place dans les saisons et les pays ou la fermentation ne se fait pas naturellement: la Provence et son Mistral souvent, l'été partout, l'été indien quand il est très rougeoyant, les pays d'eau et de forte pluie... On se souvient peu que la miche était cuite dans le bouillon dans les terres du Centre et de l'Est, que le pain levé était rare en Provence...
Et, je ne vais pas retranscrire mon livre, mais le lait et ses dérivés peuvent être des poisons, aussi. Et, si on en envie, des soins...
Récolte du jardin ensauvagé De même que nous nous dirigeons vers des céréales sans gluten, céréales de terre pauvre (millet et sarrasin) ou très arrosée et d'origine lointaine (maïs et riz, sorgho et teff), les terres appauvries par les fléaux rabâchés de l'agriculture moderne se prêtent de mieux en mieux à leur culture. Tandis que l'orge, riche en gluten, plus ancienne céréale cultivée, sauvage dans nos régions, consommée couramment du Maghreb au Tibet, a été progressivement abandonnée depuis le Moyen-Age au profit du blé, dont on connaît les multiples transformations. Pourtant les méthodes de préparation traditionnelle de l'orge la rende digeste, et en font un aliment idéal, nettoyant du sang, tonifiant, re-pulpant, adoucissant, rafraîchissant...
Se passer de gluten et de produits laitiers est une solution rapide et efficace, mais qui peut être génératrice de plus de sécheresse à terme, surtout chez les végétariens, de problèmes osseux, d'asthénie sexuelle, de rides, de rigidité, de perte des émotions et des sensations, de moins de féminité et de force...
Mieux vaut peut-être faire le choix de la lenteur et de la conscience, s'attarder à restaurer la capacité à digérer la tendresse, le bon lait, les préparations de céréales onctueuses et locales, en consultant éventuellement le thérapeute approprié, qui ne corrige pas mais éclaire, et contribuer à la tendresse du monde, sans avoir peur. Ou peut-être pas, laisser partir les folles prairies grasses et fleuries, les assiettes de crème Chantilly après la ballade mouillée dans la forêt, la caresse d'une joue pulpeuse, la lenteur des après-midi ensoleillées à regarder les nuages, le porridge du matin d'hiver, les soirées à parler et à chanter ensemble... parce qu'on n'a pas le temps, pas l'argent, plus la force...ou qu'on a peur. Ou pour essayer, un temps, pour voir... et ressentir.

jeudi 22 mai 2014

Jours de tempête et de comète

Plafond de ND de la Garde à MarseilleTandis que 209P/LINEAR se rapproche avec son cortège d'étoiles filantes (qui cette comète emportera-t-elle?), que le vent du Sud joyeux et chaotique souffle le sec et l'humide, les doshas s'accumulent dans le corps avec les nuages. La lourdeur domine.
On peut se sentir légèrement nauséeux le matin tandis que, secoués par les bourrasques, nos humeurs nous remontent à l'estomac, ou que nos obscurités sont mises à jour; ou au contraire, sensible à la sécheresse, un appétit Parterre de nigelle sur le point d'écloreflamboyant comme une rage; ou pas d'appétit, aussi absent que nous, emporté dans les remous... Se nourrir de saveurs légères, parfumées et délicates, qui traceront leur route au-dedans de nous, et y feront un peu de lumière: pamplemousse du matin, premières fraises, rhubarbe, eaux de fleurs..., salades, légumes verts rapidement revenus, pain grillé ou crackers, tartes et tourtes, soupe de légumineuses bien parfumée et poivrée.
Fleurs d'églantier Si, vraiment, on est trop absent, un peu de nourriture tamasique aidera à restreindre les champs de perception et à tenir ses souffles: ail, oignon, charcuterie poivrée, céréales et oléagineux grillés, fromages secs, liqueurs de plantes, cacahuètes... tout en stimulant la capacité à digérer.
L'aspérule odorante, en tisane, aide à conserver la joie et à fleurir pendant les jours sombres, en fluidifiant la circulation, alliée à la pureté tranchante de la menthe peut-être, ou à la douceur enfantine de la camomille. La bière, les hydromels et les limonades liquéfieront les lourdeurs et nettoieront les humeurs collantes et noires, de même que les saveurs piquantes: raifort, moutarde, poivre long, piment éventuellement.
Champ de coquelicots devenu tableau dans mon appareil photo L'été, du 15 mai au 15 juillet, est la saison de la saveur piquante: si elle n'est pas naturellement présente dans la sécheresse et la chaleur de la saison, on la recrée dans l'alimentation...
Envie de se laisser baigner par les éléments si présents jusqu'au coeur de nos cellules en nous exposant au vent, à la pluie, à la tempête; ou, dans le secret de la maison, plonger dans l'eau fraîche, se faire masser aux herbes, ou à la crème fraîche et au gros sel, et faire disparaître les raideurs et les irritations avec un cataplasme de feuilles de frêne ébouillantées et la transpiration bienfaisante qu'il procure.

mardi 20 mai 2014

Précisions sur les stages à venir

Fleurs de nigelle

A la rencontre de la lumière

Pour les myopes, ceux qui passent du temps devant des écrans, qui ont les sourcils froncés... et les autres
Stage à Tours, du 6 au 9 juin (Pentecôte), de 10h à 17h, repas inclus, 200 euros.
Tandis que les plantes ouvrent leurs yeux de couleurs, un long WE pour raviver notre regard, et laisser là nos béquilles de lentilles et de lunettes:
- soins ayurvédiques: pieds, tête
- exercices de yoga: posture, souffle, regard
- technique de marche héritée de bergers
- plantes nettoyantes spécifiques
- points d'énergie
Assez pour faire l'expérience de quelques dioptries de plus, garder un petit bagage à pratiquer seul facilement, et soigner ses yeux d'enfant.

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Femme, mère

Pour les femmes qui souhaitent retrouver un équilibre pour elles et leur famille grâce à des outils simples spécifiques de la nature féminine.
En Gruyère, à 800m d'altitude, du 21 au 24 juillet.
Nous profiterons de la conjonction de Jupiter et du Soleil pour rejoindre les sommets à travers des randonnées quotidiennes. Sur le chemin, cueillette et repérage de plantes, pratiques de yoga au soleil levant, cuisine, point sur les pratiques féminines et destinées aux enfants, questions-réponses. Logement en sus, possible aux Laviaux, le gîte qui nous accueille souvent, au bord du lac de Gruyère. Prix, repas inclus: 400 euros.

lever de soleil à St Rémy

Purifier les souffles

Retraite ayurvédique d'été, du 26 au 31 juillet, pour le centre Kalachakra de la Sarthe (réservation et tarif au 01 40 05 02 22)
Pendant cette retraite, au moment de l'accumulation des souffles dans le corps dûs à la sécheresse et à la chaleur, nous ferons un nettoyage complet du système digestif (qui métabolise aussi les émotions, les pensées et les actions), si le temps le permet, après plusieurs jours de préparation par la pratique des postures, du pranayama, du yoga nidra, la cueillette et la cuisine de plantes sauvages et cultivées. Pratiques de 5h30 à 22h. Arrivée le 25 au soir. Inscription sur entretien téléphonique préalable.

Vue sur la Vallée Etroite

La montée au sommet

Retraite d'été et marche en montagne, du 4 au 10 août : le tour du mont Thabor(3178m), 84km de marche.
Sur ce très beau circuit du parc national de la Vanoise, riche en lacs de montagne, également voie de pèlerinage vers la chapelle Notre-Dame des 7 douleurs au sommet du Thabor: méditation, yoga et marche devenant silencieuse à l'approche du Mont Thabor, repérage de plantes sauvages et médicinales dans la très riche Vallée Etroite, observation des animaux sauvages, point sur la saison en cours (pluies d'été). Matériel de randonnée indispensable: bonnes chaussures de marche(pierriers) et chaussures plus légères, sac à dos confortable, "sac à viande", tenue chaude pour le soir...
Coût des séjours en refuge avec les repas (sauf déjeûner): 250 euros/personne pour 6 nuits
Coût du stage: 450 euros/personne (7 jours)

dimanche 6 avril 2014

Printemps et propositions de menus

Bourgeons de saule poussinantEn ce temps d'entre-deux encore, d'incertitude, entre la mort et la naissance inachevée, laisser la mort faire tendrement sa féconde récolte d'enveloppes obsolètes tandis que la vie jaillit de toute part et de toute couleur, s'allonger sur la branche du cerisier et regarder le temps se suspendre au rythme des blancs pétales tombant un à un, Bouffée de glycines'étourdir aux bouffées de giroflées, de violette, de lilas, de glycine....et des traces parfumées des animaux qui hantent le jardin, contempler les jeux de la lumière dans les jeunes feuilles, y écouter le chant du vent, aussi délicat dans les branches nouvelles qu'une patte de chat, se rassasier les yeux de l'or tendre des saules blancs, des petites lunes des fleurs de poirier, Fleurs de poirierdu rayonnement propre à chaque fleur, du foisonnement et de la perfection des pousses le nez dans l'herbe -et se souvenir avec émotion de notre nature aussi parfaite-, regarder les lances sortir de la terre et des écorces: jets de houblon, de bryone, de fragon, de tamier, de prêle...,, pousses de guimauve, jeunes branches gorgées de jus du prunellier, bourgeons du peuplier...et se déployer en un éventail vert ou rouge... Prendre refuge en l'instant printanier et réveiller nos mémoires endormies aux souvenirs de soleil pour cultiver notre coeur.
Cramaillotte
Propositions de menus:
Petits-déjeûners de matins frais: pétillant de sureau, tartines grillées de cramaillotte, jus de carotte à l'orange; 1 cuillerée de vin de bourgeons de peuplier, compote de fruits secs, graines germées, jus de carottes; limonade de racine d'angélique, tartines de pesto de consoude.
Huile de pâquerettes en train de macérer Déjeûners: bière de gingembre, tarte sablée aux poireaux, salade d'herbe-à-Robert et feuilles de violette, avocat aux boutons de pissenlits; tsampa, potée d'orties et consoude au poivre long, pesto de lierre terrestre; asperges poêlées, salade de plantain, primevère, et pissenlit, pommes de terre sautées aux pétales de souci, limonade de pissenlit.
Goûter: tartine de pesto de consoude, salade sauvage, boisson à la rhubarbe Dîners: vin de lilas, crème d'ortie aux amandes, croûtons au raifort; soupe au chou de Daubenton, ortie, consoude et poireaux, tartines au beurre de raifort, vin de peuplier; soupe de feuilles de violette, tartines grillées au beurre clarifié.

De même que les fleurs s'ouvrent et que les pousses surgissent, nos canaux s'ouvrent et le feu monte en nous: c'est le moment de faire de l'exercice au petit matin, jusqu'à la transpiration, de se frictionner après la douche à la farine ou à l'alcool si le matin est frais, de consommer des nourritures sèches, croquantes, rugueuses, aux saveurs piquante, amère et astringente principalement, comme les fleurs, les herbes sauvages, et les restes conservés de l'année précédente: fruits secs, céréales, légumineuses... ainsi que les boissons fermentées, en particulier à base de miel, qui transformeront nos excès en énergie.
Reflets de la lumière dans l'eau et les jeunes feuilles de peuplier Mesure de fleurs de lilas pour faire le vin, et récolte de soucis

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