Le paradis c'est ici ! - le blog

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dimanche 10 juin 2018

Ca va très vite!, pétition pour reconnaître des droits à la Nature

Noix vertesLes noix vertes sont déjà prêtes à être cueillies, le millepertuis est en fleurs, les cerises sont presque passées... Chaque année en mai et juin, je me sens un peu comme le lapin d'Alice toujours en retard, à courir après les feux d'artifice de la nature, mais cette année tout est vraiment sorti en même temps.
Ou pas tout à fait... Les plantes précoces sont celles coutumières de la saison des pluies et des orages de fin d'été, pendant les Perséides. La noix verte nous donne sa force, à travers astringence et amertume, pour évacuer les noirceurs et grandir en les traversant, l'achillée redresse notre courage abattu, le millepertuis nous offre sa lumière sous les torrents d'eau, la passiflore apaise notre coeur tourmenté par l'indigeste lourdeur, la sauge des prés nous dynamise, avec les autres lamiacées, la mauve empêche l'irritation... notre meilleur médecin est partout autour de nous, comme toujours.

Cerises sauvages Je viens de trouver cette pétition, relayée par l'avocate environnementaliste Valérie Cabanes, à laquelle je ne peux qu'adhérer totalement:

"Aujourd’hui, en droit, la nature est traitée comme une propriété. N’ayant pas de personnalité juridique, elle ne peut pas être représentée devant les tribunaux. Pourtant, la nature sous toutes ses formes est un être vivant, doté du droit d’exister, de perdurer, de conserver et de renouveler ses cycles vitaux. Nous ne devons donc plus la considérer comme une propriété – une ressource à consommer.
Nous faisons tous partie de la Terre Mère, communauté de vie indivisible impliquant des relations d’interdépendance. Pour la communauté scientifique et pour les citoyens du monde entier, il est évident que toutes les formes d’exploitation et de contamination de la Terre Mère ont causé d’importantes destructions et déprédations.
Sur cette base, nous lançons aussi un appel à l’ONU pour qu’elle prenne en compte notre pétition pour l’adoption d’une déclaration universelle des droits de la Terre Mère. (...)"

Je vous engage très vivement à la signer et à la diffuser autour de vous.

lundi 4 juin 2018

Temps orageux, béatitude et fatigue

CentauréeLe temps orageux se poursuit pour la troisième semaine consécutive... On peut se sentir fatigué, lourd, découragé, l'appétit en berne et sans forces. Voire être inhabituellement pâle, étranger à soi-même, sans émotions. Le ciel nous met face à nos lourdeurs, tandis que la nature s'épanouit outrageusement, dans une sorte de débauche insolente sous les orages. Comme cette Vénus qui depuis plusieurs jours trône en Cancer dans une configuration de "diamant", exaltée par 3 planètes collectives en signe d'eau. Le Soleil peut bien se fatiguer de recevoir les océans parfois troublés de Neptune, les illusions peuvent nous berner, l'épanouissement persiste, quitte à être scandaleux.

Cascade dans le Queyras Quand la saison n'agit pas selon son cycle, on peut avoir spontanément besoin de la remplacer: le piquant absent de la saison peut nous attirer, à travers les aromatiques ou les saveurs poivrées et pimentées, de même que les textures grillées, l'exposition au soleil quand il est là, pour réduire un peu toute cette lourdeur, puis à la fraîcheur relative de l'eau. Les plantes qui vivent en milieu humide et en terre lourde peuvent aussi nous sembler particulièrement savoureuses, qu'elles soient de consommation courante ou à vocation médicinale: noix vertes, fraises des sous-bois, aspérule odorante, épilobe, marjolaine, prêle, menthes, consoude, cardamine, frêne, cassis... De même que tout ce qui pétille de vie: les prairies qui moussent de rayons, les eaux vives, le kombucha, la bière, le kéfir de fruits, les trésors colorés de notre palais intérieur, les arc-en-ciels de nos amours, l'espièglerie de nos enfants, les éclats de rire, la danse...

Propositions de menus:
Iris sauvages Petits-déjeuners: fraises cuites, fromage blanc, brioche, kombucha maison; soupe de lentilles aux légumes, pain de riz vapeur, confit de citron; clafoutis chaud aux cerises, thé au jasmin, confit d'angélique; pesto de menthe, tartines grillées, kéfir; naans, taboulé aux herbes et fromage caillé grillé, jus de carotte et gingembre.
Déjeuners: radis et mayonnaise de rhubarbe, artichauts Clamart au safran, risotto (orge) poivré au citron; artichauts poivrade, riz aux pointes d'asperges, crème et aneth, sauce aux poivrons (type ajvar ou muhammara; salade d'herbes de saison, cocotte de légumes de saison à la crème (brocolis, courgette, pois, fèves...), pavé grillé de céréales germées, pickles de gingembre ou wasabi; crème d'artichauts sur crackers, pastilla de légumes, feuilles de vigne farcies, salade mi-sauvage à la féta et achards.
Goûters: glace aux noix vertes et gelée d'herbes à la réglisse, tapioca au lait et cerises, bavarois, crème glacée de roquette (recette dans "La Voie Lactée"), gelée de gomme de cerisiers ou d'amandiers, ravioles de fraises et thym.
Dîners: crème d'orge germée aux amandes amères; soupe de vermicelles au lait; crème passée de cosses de pois et queues d'asperges; soupe de lait aux grains d'orge, cubes de gelée d'herbes, et mini-quenelles végétales.

Prairie de dentelle Artichauts Clamart au safran
Parer une douzaine de petits, ou deux gros, artichauts violets. Les plonger dans une casserole d'eau bouillante additionnée d'un peu de jus de citron jusqu'à mi-cuisson. Laisser tiédir. Pendant ce temps, découper une laitue en chiffonnade, et écosser une livre de petits pois. Puis préparer un sirop de safran bien foncé. Enlever la barbe et les bractées des fonds d'artichauts, que l'on place dans une casserole basse avec 1 c. à café de beurre. Ajouter la chiffonnade, les pois, un peu d'eau, 1 c. à café du sirop de safran, puis saler et poivrer. Laisser cuire à feu doux et à couvert dans un premier temps, puis à découvert pour que les jus se concentrent. Beurrer à nouveau si besoin. Servir avec un peu de menthe ciselée.

samedi 26 mai 2018

Infos pratiques: association, cures et stages, lancement tome 2

fleur de chicoréeL'assemblée générale de l'association "Le Paradis, c'est ici" aura lieu à Paris à 19h le 15 juin dans un lieu communiqué à ceux qui souhaitent y participer et se manifesteront en me contactant. Nous voterons sur une modification de l'objet et le remplacement du bureau actuel. Nous y évoquerons également l'abandon du blog au profit d'une newsletter pour les membres uniquement, la campagne de financement participatif du tome 2 de "Savourer le chant des saisons", la prise en charge des premiers stages (vannerie sauvage, cueillette de plantes sauvages), l'opportunité de créer une autre cellule dédiée à la protection des forêts sauvages ou de nous joindre à un groupe déjà existant ainsi que, j'espère, l'accueil de nouveaux membres. Voici les statuts et l'objet actuel. Pour me contacter: un sms au 0662380985, ou un commentaire (non publié si besoin) sur ce blog.

- l'association propose tous les 15 jours un atelier gratuit de 2h de pranayama, pour ses membres, le mercredi de 18h à 20h, à Paris dans le 5ème. Pratiquer ensemble augmente les bienfaits des exercices et permet de mieux connaître son corps, de restaurer l'équilibre des souffles et des circulations, d'avoir une meilleure concentration...

- la campagne de financement participatif pour le tome 2 a démarré. Elle est sur le site dédié de la Nef, auprès de laquelle mon restaurant avait trouvé son prêt. A la différence d'Ulule, même si le montant total n'est pas atteint, à partir des 1000 premiers euros, les sommes collectées restent acquises.
Il y a aussi d'autres chouettes projets sur Zeste, financés ou à venir: https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/
J'ai adoré celui-ci, déjà financé.

Dans une cuisine de cmpagne, la splendeur d'un bouquet de jardin - les prochaines cures et stages prévus, où il reste des places (le montant de la participation ne doit pas être un obstacle, ni pour le praticien ni pour le participant):

cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, en Bretagne dans une très jolie propriété, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions. Une cure où on se repose beaucoup, pour permettre au corps de régénérer ses jus tandis que la nature se dessèche: étirements, lavements, massages. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour. 3 personnes maximum.

stage de jeûne alterné, du 1er au 8 août, en Bretagne dans une très jolie propriété: pour nettoyer nos coeurs et nos corps de tous leurs coins sombres, dans le chant, le silence et l'activité physique. 10 participants maximum. Il y a des volontaires pour poursuivre et plus on est de fous, plus ... on poursuit facilement vers la traditionnelle période de 17 jours. On en sort plus souple, plus joyeux, plus ferme, avec une meilleure capacité de digestion, un appétit plus mesuré et, surtout, le coeur ensoleillé. Selon le nombre de participants, de 60 à 100€/jour souhaités.

Loin de l'irritation... cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, près du Puy-en-Velay, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation. Après l'épanouissement puis la sécheresse de l'été, dans la lourdeur des pluies de fin d'été et des premières fraîcheurs, les massages de saison deviennent plus toniques. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour.

cure des Orionides, du 29 septembre au 7 octobre: la cure est en milieu fermé jusqu'à l'avant-dernier jour. Elle permet de se purger des vieilles colères, tensions, raideurs... et de redonner du moelleux et de la plénitude aux organes pour l'hiver. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour.

Mélasse de coing stage de préparation de mélasse, du 27 au 28 octobre, dans le cadre de l'association: plusieurs d'entre vous ont expérimenté les effets de cette version européenne du chyavanprash dont une recette légèrement simplifiée est dans le tome 1 de "Savourer le chant des saisons": pour les asthmatiques, le vieillissement, la maigreur, la station prolongée devant des écrans, certaines faiblesses de digestion, l'absence à soi-même... Mais elle est très longue à préparer.
Cueillir, égrener, dénoyauter, et cuire ensemble permettra de réduire son coût et d'en faire bénéficier tous les membres qui le souhaitent, en même temps qu'apprendre aux participants à la préparer eux-mêmes à partir des plantes récoltées ensemble (au moins en partie). Evidemment, pratiques matinales et bons repas également au programme. Participation souhaitée: 100€/jour, fournitures et pot de mélasse compris. Lieu à définir proche de Paris.

stage de préparation de mélasse près de Monaco du 3 au 4 novembre: les ingrédients seront légèrement différents, très locaux, puisque le climat est particulier à cette région unique de France où poussent oranges bigarades et citrons. Patricia nous accueille dans son jardin et son gîte. Tarif et inscription auprès d'elle: patricia.paviaorengo@gmail.com.

cure de la St Martin, du 10 au 18 novembre: cure en milieu fermé, en moyenne montagne, permettant de se défaire des colères, raideurs, griefs, tensions... et de redonner leur plénitude aux organes. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour. Selon l'évolution du temps et des demandes, il est possible que cette cure se transforme en jeûne alterné, avec une participation souhaitée entre 60 et 120€/jour selon le lieu et le nombre de participants.

Je cherche un/une assistant/e pour la cure des Perséides et celle de la Rentrée.

Orages et grognons

La chaleur est montée bien vite avec la Pentecôte et les grognons encore ensommeillés dans notre corps rechignent parfois à circuler ou se bousculent au portillon. Nous pouvons ressentir de la lourdeur, de la gêne articulaire, une profonde fatigue, des difficultés de transit, prendre conscience de griefs inexprimés, ressentir un appel à la pureté... Pourtant, juste derrière ces nuages, il y a la joie et l'ouverture du coeur de la saison chaude. Alors nettoyons!

Avec des pestos (comme le pesto de coriandre ou de menthe), une orgie de fraises au matin, un verre d'eau avec une cuillerée de vinaigre de framboises, la boisson à la rhubarbe et à la rose (recette dans "Cuisine ayurvédique" ou "Un goût de paradis"), de la bière de gingembre et citron au miel (idem), de l'orgeat à la gomme de cerisier ou à la teinture de benjoin, du kombucha, des saveurs piquantes pour pallier à la baisse de feu digestif, du riz au citron, du céleri, des radis, des courgettes, des artichauts, des soupettes chaudes de légumineuses, des nourritures qui rassemblent, des crèmes glacées sur un lit de gelée ... et même un petit café.

En nettoyant le corps et ses ouvertures, la maison, les vêtements, les recoins oubliés... et en faisant brûler du benjoin ou une autre résine, en tamponnant son front à l'eau de rose ou de jasmin, en portant des vêtements parfumés à l'encens, bien repassés et immaculés, des fleurs dans les cheveux, des bijoux brillants, en s'exposant au soleil en alternance avec l'eau fraîche... La sieste est de saison, mais pas en temps d'orage.

En pratiquant uddiyana bandha, toutes les postures d'étirement, utthanasana (que j'appelle posture de la grenouille) et toutes les postures/danses/activités stimulant les cuisses et les fessiers sans fatigue, la douche des chevilles, la générosité, la cuisine... et tous les humbles gestes du quotidien qui nous ramènent à la terre, aux échanges et à la joie d'habiter ce corps.

samedi 19 mai 2018

Menus pour temps de matins frais et de soleil pur, avant l'embrasement de la Pentecôte

Aubépine en majestéPetits-déjeuners: pain de graines germées grillé, fromage frais aux pointes d'estragon et de sarriette, jus de carotte, compote de fraises et rhubarbe; pois chiches germés au citron et gingembre, pesto de menthe, pain de seigle grillé, infusion de sureau, lilas et écorces de mandarine; croissants, thé à la menthe, panna cotta aux framboises, taboulé libanais, lait ribot; pain de seigle, burrata, salade aux fleurs et aux herbes aromatiques (estragon, marjolaine, menthe, coriandre, aneth...), jus de fraises; tartare de consoude ou de courgette, pain noir, lait ribot ou kéfir.

Caché dans les herbes, la lumière dorée d'un buisson de gaillet odorant Déjeuners: soupette de lentilles, carottes et céleri branche, boulgour d'orge au poivre, asperges cuites à l'ancienne, sauce hollandaise; potée de pois chiches et angélique, risotto bien sec aux courgettes, artichauts grillés, tartelette fraises et rhubarbe aux amandes; galettes non levées, potée de courgette et petits pois aux amandes grillées, pesto de menthe, kéfir; artichauts Clamart (avec petits pois et laitue), pain intégral grillé, pesto de persil, fromage frais.

Quand le feu monte, redonner de l'espace Goûters: orge au lait; clafoutis; bavarois; fraisier ou framboisier; kombucha; lime and ginger ale; limonade au sureau; thandaï au benjoin.

Dîners: semoule au beurre clarifié, potée d'artichauts, petits pois, asperges et carottes aux épices, pois chiches; crème de pois cassés et queues d'asperges aux 5 poivres, semoule d'orge grillée au mélange "floral"; spaghettis de courgettes sautés au carvi, kasha gratiné au safran, confit d'artichauts grillés.

jeudi 10 mai 2018

Après l'agriculture bio, biodynamique, en permaculture... une médecine qui respecte le Vivant?

A l'heure où la médecine ayurvédique achève sa mutation vers une version commercialisable et internationalisable, où les labos ayurvédiques ont pris le pas sur la pratique individuelle du médecin, et où l'enseignement de l'Ayurveda est réduit en Inde à une sous-catégorie pour riches touristes de la médecine moderne, au moment où je trouve dans un magasin bio le seul magazine dédié à l'Ayurveda entièrement rédigé par un labo (comme si Sanofi éditait son propre magazine), il est temps de se poser quelques questions sur cette évolution. Moi, les médecins ayurvédiques que j'ai rencontrés, ils soignaient sans tarif ni sécu chaque personne qui se présentait à eux, voire ils allaient exercer leur mission dans les zones d'épidémie où plus personne ne pouvait les payer, avec les moyens offerts par la nature autour d'eux.

L'Ayurveda soigne les personnes, pas les maladies. Comme toutes les médecines traditionnelles, elle échappe aux règles de la société de consommation, parce qu'elle n'est en rien reproductible, elle dépend des relations qui s'établissent entre l'homme et l'univers. Son succès ne vient pas des plantes ou des formules qu'elle utilise mais du chemin qu'elle propose à l'âme. Chemin qui peut passer accessoirement par des plantes, des traitements, des massages... sans certitude, sur le fil de la relation qui se tisse entre le patient et son âme, dont le praticien n'est qu'un reflet choisi.

Notre société nous fait vivre dans le mensonge qui voudrait que tout s'achète, y compris la santé. Nous savons tous quelle part de notre félicité s'échappe dans cette illusion. Parce que oui, chaque maladie, chaque déséquilibre, chaque accident même, est une occasion pour notre âme d'aller vers sa lumière. L'ignorer pour les propositions consommables de contrôle et de confort, c'est aussi la laisser mourir à petit feu au fond de nous (Comme cet homme qui a répondu devant moi à sa femme qu'il pouvait continuer à consommer autant de fromages, de charcuterie et d'alcool qu'il souhaitait puisque son médicament contre le cholestérol marchait!).

La disparition des médecines traditionnelles est inéluctable si notre société continue de centraliser les richesses et les pouvoirs, parce qu'elles représentent un danger, une alternative à la consommation imposée de masse, comme par exemple la vaccination. Il semble d'ailleurs vraiment étrange, quand nous sommes si proches d'intégrer le respect de la Terre à la sacro-sainte Croissance, de continuer de considérer que multiplier les agressions du corps nous protégera des maladies à venir. Autant continuer avec les engrais et les pesticides alors. Les cancers se multiplient, les troubles mentaux aussi, les maladies auto-immunes... et nos chevaliers se transforment en terroristes.

Peut-être qu'il est temps de repenser le monde... au moins celui qui est autour de nous, à commencer par notre véhicule de chair. Pas comme une entité où notre argent nous donne des droits d'accès à un confort aveuglé mais comme une terre de beauté et d'amour qui nous offre à chacun le meilleur chemin pour aller vers notre lumière et notre félicité.

lundi 9 avril 2018

Printemps

Tulipes sauvages dans les vignes bioDeux jours, jeudi et vendredi, de soleil, de ciel bleu, de fleurs partout, de chaleur... Chaque année, comme un accouchement, on oublie la félicité printanière, l'exultation des corps, le débordement des coeurs, l'épanouissement des regards et des fleurs... qui nous surprennent au détour d'un jour de soleil.
Une tulipe sauvage penchant légèrement sa corolle dorée au gré du vent peut suffire soudain à combler tous les désirs de grâce et de beauté. Ou le reflet du soleil dans l'herbe tendre, la rosette joyeuse des pissenlits, la pureté frémissante des buissons de pruneliers fleuris, un chemin de muscaris, un parterre de violettes... Et l'ivresse du parfum des fruitiers en pleine floraison, tous les désirs de senteur et de paix. Prunelier comme un blanc poussin griffuLa main caresse l'herbe douce, la mousse, les feuilles juteuses d'alliacées, les frais embrassements des tulipes et des jonquilles, fouille les rosettes de bourse-à-pasteur et de pâquerettes ou les feuilles de violettes, chatouille les pousses d'achillée... suivie par le corps qui ne peut résister à l'embrassement de la terre tiède, humide, et si féconde, puis à l'union au travers de la consommation de la récolte sauvage.
A cet épanouissement irrésistible, le pressentiment de la pluie, la nostalgie déjà de ces beaux jours qui ne seront plus demain rend la conscience, gonflée de reconnaissance, de l'instant, précieux parce qu'il va passer.
Et c'est sans doute le plus beau cadeau de ce dérèglement du climat qui est en route, avec ses montagnes russes de plus en plus brutales: nous rappeler à nous-mêmes, nous sortir de notre confort, nous souligner la préciosité d'un instant de printemps sauvage et le parfum de notre âme. Le Paradis, c'est ici.
JonquilleCeux qui ne suivent plus la danse, que ce printemps fatigue, dont la stabilité intérieure peine sous les désordres, retrouveront la paix à l'odeur des pruneliers en fleurs, qui nettoient les grognons boueux de l'âme et du corps, avant de faire du vin d'épine pour être moins piquants, quand les pousses jailliront des branches. L'aspérule montre aussi sa voie humble et étoilée dans les sous-bois, en même temps que les bourgeons de cassis: un thé quotidien peut aider à ramener pureté et joie. Comme les souffles sont perturbés par les changements, et que l'arrivée de la chaleur a été soudaine, on peut se raidir et se gonfler sous la pluie revenue: les pissenlits sont toujours les meilleurs compagnons, avec beaucoup de salades sauvages du moment, mais aussi la sève de bouleau, la bière, l'orge rôtie en porridge... et un passage au hammam avec gommage pour redonner de la perméabilité et du mouvement, suivi d'un petit sauna en cas d'excès d'eau dans le corps ou de chairs débordantes et molles.Muscari Aux enfants qui pleurent faiblement et opiniâtrement dans la chaleur, on peut donner de l'orgeat, comme aux adultes blessés par les épines, humaines ou végétales.
Le temps pluvieux appelle un peu plus de gras et d'acide dans la nourriture, pour nourrir en nous le pouvoir de transformation, tandis que toute la nature se transforme aussi. Au printemps, les saveurs principales sont le piquant qui disperse, liquéfie, révèle et nous débarrasse de nos piquants en nous faisant expérimenter la sagesse semblable au miroir; l'amer qui évacue et débarrasse de l'amertume et des regrets; et l'astringent qui tonifie, et évacue les peurs. Cela peut être la boisson "tonique", gingembre et citron; une poignée de plantes sauvages avec du raifort ou du cresson, ou la saveur des premières alliacées crues, qui dégagent le nez et la tête; un écart du locavore vers les plats de terres humides et chaudes (Thaïlande, Kerala, Amérique du Sud...); les premières pousses d'angélique, ou leur angélique racine...

Mars avance sur Pluton et forme en ce moment, avec Saturne et la lune noire, un faisceau de tensions en Capricorne, signe des structures. Je doute que les grèves s'arrêtent... En sextile à Neptune et Jupiter, cela augure cependant d'une belle occasion de régénération, voire de guérison collective. A titre individuel également, même si certains d'entre nous risquent de basculer du "côté obscur de la Force"... provisoirement. Parce que, comme le dit Albus Dumbledore sur le mur de la chambre de Sacha, "vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres... Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière"!

samedi 31 mars 2018

Mise à jour des dates de cure et stages, nouvelle asso à venir, menus de printemps

 En plus des cures proposées, et à la suite du dernier stage effectué en Provence, j'ai ajouté deux stages à destination des (relativement) bien-portants:
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.
- stage intensif d'Ayurveda, du 10 au 18 juin : transmission à travers l'expérience: pratique intensive de différentes techniques de méditation sur le corps, les éléments, les courants telluriques, les plantes..., cueillettes, cuisine et préparations, soins collectifs. 10 personnes maximum.
- cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions.
- stage de jeûne alterné, du 1er au 8 août: pour nettoyer nos coeurs et nos corps de tous leurs coins sombres, dans le chant, le silence et l'activité physique. 10 participants maximum.S'il y a des volontaires, cela peut aller jusqu'au 15 août.
- cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation.
Plus vous vous inscrivez tôt, moins les billets de train et les locations de gîte sont chers... Pour s'inscrire, me contacter: 06 62 38 09 85.

Fleurs de pêcher La pratique du jeûne alterné est issue de la tradition tibétaine. Il y aura 24 ans exactement j'en faisais pour la première fois l'expérience pleine de félicité en monastère, pendant 17 jours. Chez les tibétains, c'est également un moyen de se soigner de maladies, psychologiques et physiques. La consommation de repas permet de stimuler le feu digestif pour transformer les éléments non digérés (matières, émotions) au lieu de sécher le corps.
Il se pratique par périodes de deux jours: le premier jour, le petit-déjeûner et le déjeûner sont consommés normalement, puis plus que des liquides jusqu'à la tombée du jour. De la tombée du jour au surlendemain après la première session du petit matin, plus de liquide, ni nourriture, ni parole. Le jeûne est rompu par une préparation adéquate en très petite quantité pendant le rituel du petit matin. Dans la journée, quatre sessions de 2 à 3h, selon la capacité des participants, font alterner chant et exercices physiques relativement intenses. Le chant met le corps en vibration, l'activité stimule les éliminations physiques et psychologiques. Le silence permet d'entendre les murmures de l'âme et de l'univers, occultés la plupart du temps par notre incessant discours intérieur. Le rapport à la nourriture change souvent fortement, le corps s'assouplit beaucoup.
Pissenlit Evidemment, beaucoup d'émotions peut faire surface, donc participer demande une certaine discipline et un véritable engagement, y compris lors du retour à la vie quotidienne (pas d'orgie de viande ou d'alcool tout de suite après, par exemple). Malheureusement, ce stage ne peut être ouvert à ceux qui éprouvent d'insurmontables difficultés à plier les genoux, ou à faire de l'exercice de façon relativement soutenue.


Ces dernières semaines, j'ai évoqué un nouveau projet, autour des forêts sauvages. Aujourd'hui, j'ai réfléchi à plusieurs axes importants et je vous propose d'étoffer cela d'une réflexion commune avant de monter l'association. Elle doit être distincte de l'association "Le Paradis, c'est ici", parce que cette asso est très personnelle et orientée vers l'Ayurveda.
Il y a une urgence certaine à la protection des forêts: le nouveau directeur de l'ONF P1000209.JPGnommé par m. Sarkozy a déjà mis les forêts domaniales en coupe réglée à destination de la Chine, et il existe un mouvement de fond visant à mettre en exploitation les forêts appartenant à des particuliers en tant que "richesse" inexploitée. M. Macron protège la chasse à courre et encourage l'exploitation de la forêt. La disparition des oiseaux, des insectes, des abeilles sauvages en particulier, se poursuit à un rythme qui a encore augmenté ces deux dernières années. Le monde sauvage se rétrécit comme peau de chagrin et les pratiques de chasse bouleversent la faune forestière restante. Il est temps de réaliser que c'est notre âme et une part vitale de notre écosystème qui disparaissent.

Bien sûr, encore une fois, je conseille à tout le monde le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres", mais aussi celui de Jean-Baptiste Vidalou (que j'ai contacté), "Etre forêts".

Je crois qu'il y a quatre axes importants:
- racheter des parcelles de forêt grâce aux donations et au crowdfunding, et les garder ou les rendre "sauvages";
- soigner les forêts malades, quand les causes de déséquilibre (pollution, plantation de résineux..) ont été stoppées, grâce entre autres à l'Ayurveda des arbres, dont j'ai déjà fait l'expérience (mais d'autres amoureux des arbres apporteront leurs soins aussi j'espère);
- sur les parcelles d'une certaine importance, favoriser l'implantation de "gardiens" pédagogues ayant une formation spécifique pour les protéger, impliquer les locaux, et favoriser en bordure la croissance de petits fruitiers sauvages pour les oiseaux, qui offriront également une protection et favoriseront la croissance, tout en respectant les obligations de débroussaillement en bord des routes;
- quand l'association aura une certaine ampleur (je suis optimiste), militer et faire du lobbying pour une loi qui reconnaisse à chaque citoyen le droit à l'accès à une surface sauvage à proximité de chez lui.​
Pour arriver à cela, il me semble important, quand nous serons constitués en groupe, de faire des partenariats avec la LPO (ligue pour la protection des oiseaux), certains forestiers pas toujours heureux d'appliquer les nouvelles directives, l'association Robin des Bois, un ou plusieurs avocats environnementalistes, les locaux bien sûr (c'est pour eux)... et de parlementer avec les chasseurs.

001__6_.JPG Cette idée est (un peu) inspirée du travail du Green Circle, un cercle confidentiel de milliardaires dont certains membres fréquentaient occasionnellement mon restaurant et m'ont invitée à des réunions, en particulier celui de Doug Tompkins (The North Face, Esprit: ex-PDG), plus grand propriétaire de terres au Chili, à travers des rachats, dont la veuve vient de faire donation au Chili, dans des conditions très strictes, de 407 000ha de forêts prêts à devenir des parcs nationaux, où le maintien de tribus locales a été favorisé entre autres pour prévenir le braconnage et les trafics.
Nous n'avons plus de tribus dans nos forêts mais nous avons des zadistes, et d'autres concitoyens simplement sauvages, trop pour notre société de consommation. Favoriser leur maintien dans ces forêts serait également un moyen de les intégrer en les respectant.


Le printemps est là, avec la pleine lune de Pâques, et les températures continuent de remonter. Le monde sauvage nous appelle, là où tout froufroute, s'épanouit, se lance hors de terre, gorgé d'énergie enfantine et joyeuse. Les meilleurs aliments sont donc verts et jeunes, avec une pointe d'alliacées, et un peu de gras quand même en raison des pluies.

049.JPG Petits-déjeûners: tartines grillées, beurre de noisettes et gelée d'orange amère, infusion de buis fleuri; salade de graines germées et fruits secs, hydromel de sureau; un peu de bière, compote de fruits secs à la cannelle, pesto de fânes de carottes et tartines grillées; jus de carotte-céleri rave-gingembre, crackers d'orge, hoummous de pois chiches germés; bsissa aux fruits pectoraux, lime and ginger ale.
Déjeûners: khitcheri aux bébés amandes; poêlée d'orties et consoude, fouées, confit de cynorhodon; pain de seigle grillé, pesto de violettes et avocat, soupe de lentilles épicée aux pruneaux; pâtes fraîches, poêlée de verdure.

jeudi 15 mars 2018

Humble pâquerette, incertitudes de mars, vie de l'association et tome 4

Un exemple de texte publié l'année dernière sur le blog, qui aurait dû être intégré au tome 4:Pâquerettes et pissenlitsFleur de Pâques... Ses pétales, en fait des fleurs ligulées, font une corolle de blancheur à un coussin poussinant de fleurs tubuleuses jaunes. Elle vient sur les pelouses et les prairies, même très tondues, où elle repousse opiniâtrement au ras du sol ou... "des pâquerettes". S'il va pleuvoir, elle fronce son nez qui peut rosir comme les joues des enfants sous le froid ou la pluie. Sa rosette pulpeuse et duveteuse, aux feuilles très légèrement dentelées, est délicieuse en salade avant la montée des fleurs, étonnamment odorantes quand on s'en approche. Toute petite, tout près de la terre, elle offre sa douceur avec constance à chaque printemps, quand la tiédeur met en lumière les raideurs et les lourdeurs,Pâquerettes aux joues roses en Tourainequand les épanchements, les bourgeonnements et les floraisons, en nous-même ou dans la nature, laissent des cicatrices que son huile répare, même sur les terrains arides parce que trop traités, trop rasés, trop arpentés...
Pour faire de l'huile de pâquerette: remplir un bocal de "fleurs", couvrir d'huile, de tournesol par exemple, et mettre au soleil au moins 8 jours, puis filtrer. Rentrer le bocal quand il pleut et quand il fait nuit. L'huile, douce et onctueuse, apaise les raideurs intérieures et certains eczémas en massage, répare les blessures et les cicatrices, dégonfle les ecchymoses, efface les rides... De même que l'infusion des fleurs et des feuilles, ou leur consommation en salades.Bouquet de pâquerettes à l'ombre Elle apaise également l'inflammation des orteils chez les messieurs aimant les nourritures riches, et les poumons des enfants à la poitrine étroite qui pleurent jusqu'à se "casser la voix". Elle permet au ventre de relâcher les humeurs lourdes du printemps et les selles qui ne passent pas et, en apaisant l'inflammation intérieure, dégonfle les rétentions d'eau.
Vin de pâquerette: 2 poignée par bouteille de vin blanc sec, macérer 8 jours. A consommer à raison d'une à deux cuillerées à soupe le matin à jeûn quand on est tout raide, ou sujet aux allergies.
Huile de pâquerette en macérat solaireEn cas d'état inflammatoire, on peut aussi boire sa décoction et se couvrir pour transpirer abondamment. Et son effet "fondant" fait merveille sur les duretés qui peuvent venir aux seins tant elle sait raviver la douceur de ce qui jaillit, se gonfle, fleurit et s'épanouit.

Le stage qui a eu lieu en Provence, ainsi que la cure près du Puy, m'ont révélé l'aridité extrême cette année du Sud-Est de la France, qui souffre d'un déficit de pluies, ainsi que les pathologies caractéristiques de ce genre de déséquilibre. J'y range d'ailleurs la destruction à la débroussailleuse par son nouveau propriétaire de la forêt enchantée et intouchée qui se trouvait au pied des Alpilles près de St Etienne-du-Grès, et qui fut longtemps mon lieu favori de photos et de cueillette, parcouru amoureusement dès le lever du jour à la belle saison ou sous le Mistral, pour y saisir les premières lumières, y croiser ses habitants pas encore réfugiés dans les profondeurs, y respirer leur odeur, m'allonger quelques instants sur la mousse encore humide... L'aridité, du coeur aussi, et le vent chaud de la colère s'accordent mal avec la subtilité, la délicatesse, le sauvage et la poésie.
Aurouze, en Haute-Loire En attendant que les cieux y versent une ondée assez douce et constante pour pénétrer les croutes, ses habitants peuvent se soigner aux fruits pectoraux: jujubes, raisins secs, figues, dattes même... Cuits en compote ou en sirop, ils apaiseront les inflammations de toute sorte, et empêcheront éventuellement les raideurs des débuts de grippe. Tout ce qui est gélifié également: panna cotta, gelée de cuisson des pois chiches, aspics végétaux... Si la raideur a déjà bien attaqué, et que les douleurs sont violentes, de l'"eau de feu" redonnera circulation et paix du corps: frictions à l'eau de Cologne, ou bière au lever avant l'exercice physique pour ramener de la vie qui pétille et froufroute. Guimauve pour les irritations de l'écoulement des eaux du corps, orge rôtie pour tous les jours, salade de pâquerette aussi.
Crocus à Aurouze, photo d'Estelle C.
Dans la moitié nord de la France, les températures préparent un nouveau plongeon, comme fin février. Tant de montagnes russes augmente les souffles, raideurs, difficultés de concentration, colère (en plus du trigone Mars-Uranus)... et rend la douceur, la lenteur, la tendresse... d'autant plus précieuses. Les chatons duveteux, de saule, de noisetier..., et les salades astringentes dominent, apportant tonicité et douceur: plantain, herbe-à-robert, achillée, orties, pimprenelle, patience... (Ce billet contient photos et descriptions de plusieurs salades de printemps)

Comme je l'ai annoncé dans la colonne de droite, le 10 mars est passé sans que les derniers 1000€ nécessaires à la publication du prochain tome soient trouvés. Cela a curieusement mis en valeur mon déficit de communication et remis en question la poursuite de la publication de ce travail profond sur les saisons. Tous vos commentaires sont bienvenus à ce sujet. Ma très chère assistante a proposé de s'occuper de remettre le projet en financement participatif, mais il pourrait également être facilement financé si tous les exemplaires restants du tome 1, environ 250, étaient vendus. Quoiqu'il en soit, les donateurs seront remboursés par Paypal dans le courant du mois. Merci à tous les donateurs de leur précieuse confiance et de leur générosité.
Pulmonaire encore toute petite, Aurouze Un autre projet , de très grande ampleur, et qui me tient à coeur depuis mon enfance, est en cours d'étude et vous sera bientôt présenté dans le cadre d'une nouvelle association. En attendant, je vous conseille à nouveau le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres"
Grâce aux suggestions de curistes et de stagiaires, je réfléchis à des dates pour une cure pour les "bien-portants", qui sera sans doute aussi un stage intensif d'Ayurveda, ainsi que pour un jeûne alterné de 15 jours, probablement au début de la saison des pluies d'été, à la mi-juillet ou début août.

lundi 26 février 2018

Remontée brutale des températures

Après un plongeon salutaire dans le froid, l'atmosphère va passer de l'hiver au printemps en parfois 24h cette semaine et, si une ouverture du coeur explosive est à prévoir, la remontée peut aussi se traduire par gastro, nausées, douleurs, cauchemars, grognons, maux de tête, problèmes ORL...
Dès mercredi, il est probable que l'appétit soit en berne, voire dès aujourd'hui ou mardi, le corps anticipant le temps à venir. Pas besoin de se forcer: le plus facile est de jeûner pour passer le changement en douceur, de préférence avec beaucoup d'activité physique, afin de ramener l'énergie dans le corps. Eviter complètement les écrans pour deux ou trois jours également. Les souffles étant perturbés, nos pensées le seront aussi, de même que notre circulation, alors pas la peine d'essayer de se concentrer non plus. Ouvrir plutôt son coeur et son esprit à l'irruption printanière.
Rapidement les premières herbes sortiront de terre, surtout dans le Sud. Il sera temps après le jeûne de se nourrir des pousses et des salades sauvages offertes par les cueillettes... ou les marchés. En plus des saveurs amères et purgatives des verdures, la saveur astringente de la bière, ou des farines rôties, peut nous aider à raffermir notre corps dans la présence. Ainsi que le régime de Carême...
A la découverte d'un printemps fusée!

lundi 5 février 2018

Frimas, froid, frémissements, février

"Bientôt sera fait échec à l'hiver ;
Bientôt se délaceront fondront les ligatures glacées —
Encore un peu,
L'air, la terre, la vague seront inondées de douceur par la nature épanouie — mille formes apparaîtront
Aux mottes de terre sourdes, aux courants d'air montés comme du fond des caveaux.
Tes yeux tes oreilles — tes meilleurs attributs — tout ce qui prend connaissance de la beauté de la Nature,
S'éveilleront, s'empliront.
Tu percevras les spectacles simples, les miracles délicats de la Terre,
Le pissenlit, le trèfle, l'herbe émeraude, les parfums les fleurs précoces,
L'arbousier sous la semelle, le vert jaune du saule pleureur, le prunier le cerisier en fleurs ;
Avec eux le rouge-gorge, l'alouette la grive, chanteront leurs chants — le rouge-gorge aux ailes vives ;
Tous les spectacles que la pièce annuelle rejoue."
Poème extrait de "Feuilles d'herbes" de Walt Withman (trad. Jacques Darras).

Roses dans le jardin de l'ArsenalLe coeur a d'abord frémi au gonflement du fleuve, débordant joyeusement les cadres pesants de la vie citadine, donnant à Paris l'aspect d'une Venise ou d'une station balnéaire ou spatiale, gonflement de vie hivernale venu apaiser et moquer la frénésie humaine et les fleurs trop précoces.
Puis la neige est arrivée, déversant ses dentelles d'eau et de lumière pétillante, voilant de pureté les frémissements de la Chandeleur, fête de la purification de la Vierge, ancienne fête d'Imbolc, de la Terre Mère Brigit. Au petit matin angélique de l'année, dans les rosées, les frimas, les lumières blanches et roses, les profondeurs frétillent de vie, pas encore visible, vibration intérieure répondant à l'allongement des jours et à la course de la Terre. L'hiver peut bien être reparti pour 40 jours encore, ça froufroute, ça pétille, ça chante doucement au fond de nous, avec une vigueur nouvelle.
Puis le soleil est revenu et notre coeur s'est rapidement épanoui dans la clarté et la joie, tandis que les températures descendaient, soutenant notre élan. Elles vont descendre encore, nous promettant une renaissance que les années précédentes n'ont plus connue, un printemps fleuri et coloré, et une forme de purification après les ébranlements de 2017, ravivant notre feu intérieur, et nous permettant de faire provision d'ancrage et de fraîcheur intérieure.
mimosa fleuri
Le Carême a commencé cette année le lendemain de la fête des amoureux, le 15 février. Quand il était strictement observé, on faisait "maigre" toute la journée à ce moment, sauf le dimanche. C'est-à-dire qu'on ne mangeait que ce qu'il reste normalement à cette époque de l'année, quand on exclut importations et serres chauffées (pour notre planète aussi): des fruits secs, quelques fruits d'automne dans les années fastes, des céréales, des légumineuses, des racines, pas de gras, pas de sucre, pas de produits animaux. Les oeufs et les pâtes levées également sont réservées à la sortie du Carême et à la fête pascale. Certains ne mangeaient qu'un seul repas à la tombée du jour, et on s'engageait, spontanément comme le paysan préparant sa terre, ou le nomade obligé de parcourir plus d'espace pour trouver de quoi se nourrir, ou diligemment comme les moines ou les yogis, dans des pratiques physiques toniques et importantes au moment où les premières fleurs sortaient. A notre époque où l'onctuosité des corps s'amenuise, on peut adopter un régime moins contraignant, ou moins longtemps.
 Néanmoins, pour faciliter l'enfantement des floraisons à venir, et le feu qui se manifestera en nous avec le retour de la douceur, on peut trouver agréable de manger "maigre", en ne conservant peut-être, pour apaiser les souffles au moment de la descente, que le lait et la crème. C'est le moment de puiser dans la cuisine vegan, à condition de rester local et de saison. Si l'énergie stagne avec le froid, on peut baisser le chauffage et pratiquer des frictions à l'eau de Cologne, des bains de pieds chauds aux graines de moutarde noire, et des inhalations d'infusion de plantes (romarin, menthe...). Les saveurs principales restent l'acide, le doux et le salé. La mélasse aux 27 plantes (recette dans le tome 1) peut être particulièrement efficace à cette époque. Tandis que les gelées liquéfient nos lourdeurs, prêtes à ruisseler à la tiédeur, emportant les réserves de l'hiver, les plats en gelée peuvent nous plaire. Si la vie ne pétille pas au fond de nous, on peut l'ensemencer d'un verre à liqueur de bière, à jeûn le matin, éventuellement additionnée de plantes. Moi, j'aime y ajouter de la mélasse de grenade. La bière resserrera notre intérieur, stimulera la circulation figée et contaminera tout notre corps de ses froufrous.
Dans la maison, le chauffage assèche l'atmosphère et contribue à figer la circulation, ce qui s'ajoute aux gelées extérieures: c'est le moment de laisser mijoter longuement à tout petit feu un plat qui parfumera la maison, donnera de la souplesse à l'atmosphère et stimulera les appétits et les désirs. Jardin de l'Arsenal

Propositions de menus:
Petits-déjeuners: hydromel, porridge d'orge ou de blé noir aux fruits secs (bsissa), compote de pruneaux aux écorces de citron bergamote, infusion "frimas" (hysope, écorce d'orange, thym, origan) ; bière à la grenade, crackers d'orge aux graines, pâte de purée d'amandes-mélasse de raisin-fleurs d'oranger, infusion d'angélique ou "Matins purs"; compote de fruits secs, pomme au four, jus de pomme-carotte-gingembre; thé noir au beurre, farine d'orge grillée, gelée de pommes; cidre ou poiré, gâteau de châtaignes ou "castagnaccio", compote d'airelles, panna cotta d'amandes.

Déjeûners: pounti, potée de carotte et panais, chutney de pommes, salade de radis noir; gratin d'orge aux poireaux, carottes vichy, compote de poires; galettes d'épeautre, chouée (feuilles de chou-rave très doucement fondues dans le beurre), compote de fruits secs, panna cotta au lait d'amandes; potée de pois chiches à l'angélique et purée de noisettes, aspic de légumes, galettes non levées, crème de châtaignes et fromage blanc ou tofu soyeux; gratin de crozets, soupe à l'oignon, compote de cornouilles ou airelles; poêlée de topinambours aux pommes, potée de châtaignes au safran; terrine de racines en gelée, cubes de courge rôtis au four au romarin, boulettes d'épeautre.

Dîners: soupe de haricots secs aux légumes, ou minestrone; soupe de pois cassés au cresson, croutons; potée de chou et croutons, gratin d'endives; soupe miso aux légumes, gratin de purée pomme de terre-céleri; patates douces caramélisées dans leur peau, soupe miso; panais cuits dans leur peau, crackers, bortsch; risotto de courge et amandes; lasagnes de courge butternut au tofu et farine d'orge rôtie; roulades de chou chinois farcies à la farine d'orge grillée et épine-vinette, compote de pommes; crème d'orge aux carottes et baies acidulées.

A noter: pour trouver les billets d'une année précédente, ajouter /archive à l'adresse du blog. On tombe sur les billets classés par mois et année.

La prochaine causerie est le 12 mars. Ce sera une conférence suivie de questions, pour plus de clarté.

dimanche 21 janvier 2018

Journée internationale des câlins, temps de pluie

calin_de_koala.jpgJe découvre avec émerveillement cette journée du 21 janvier consacrée aux câlins depuis 1970! C'est fantastique! Une journée consacrée à la meilleure de toutes les thérapies pour tous les maux, y compris ceux de la Terre... Et là, on parle de câlins sans attente, en particulier sexuelle: les câlins d'amour, ceux qu'on fait aux habitants de notre coeur quand il déborde, quand chaque parcelle d'eux nous émeut et nous émerveille, qui nous permettent d'en faire à des proches un peu moins proches, la forme de contagion la plus lumineuse de la terre, qui fait danser de joie nos cellules, pétiller nos yeux, et tourbillonner la vie en nous. Je nous souhaite de partager beaucoup de câlins aujourd'hui, et à partir d'aujourd'hui tous les jours de notre vie!
Sur Imagine ou Sunrise, Spiegel im Spiegel...

Il pleut... Tous les jours ou presque, contrairement aux deux années passées, et avec Jupiter en scorpion cela risque de se prolonger. Un relâchement se produit en nous, le retour de la tendresse, de la tristesse, de la profondeur, de la délicatesse, d'une certaine sensibilité, celle qui a travers l'eau porte les émotions et les informations de corps en corps, d'âme en âme... tandis que le feu monte en nous pour digérer toute cette eau et cette absence de lumière. On peut se sentir frigorifié, rechignant à sortir de notre terrier, voire de notre lit, avec des articulations douloureuses, de l'eczéma même... Bain chaud, frictions au gant de hammam voire au gant de crin, thé au lait (et câlins!) peuvent nous aider dans un premier temps à faire circuler les souffles et profiter de la vigueur nouvelle arrivée avec l'eau.
Comme l'air et le feu accumulés dans le corps avec la sécheresse et la chaleur passées se remettent à circuler, on peut avoir principalement un blocage du souffle du bas, conduisant à des accumulations de souffle ascendant: dyspepsie, maux de têtes, troubles ORL, rhume, syndrome grippal, inappétence ou nausées, voire aggravation de symptômes cardiaques ou de hernies hiatales... Il est temps pour les salades de radis noir ou de céleri rave, les écorces d'orange amère confites, les jus de carotte et la mélasse aux 12 racines (recette dans le tome 1), voire pour une diète vu la température. Les bains de pieds chauds, avec du gros sel ou des graines de moutarde noire, le lavage des nez encombrés avec de l'eau salée, ou les cataplasmes d'argile sur le bas-ventre pour la nuit, peuvent également procurer un vrai soulagement.
Si les mucosités ont commencé à se former, et que nos pensées sont pleines de remugles, une préférence pour les aliments secs, grillés, rôtis, compacts (hors fromage à pâte dure) alliés à des bouillons de légumes ou des jus de fruits frais, des fromage frais, de la crème... a pu voir le jour. Nougats, perles de coco, tajines, potées grillées, tsampa, tartines de pain grillé, gratins, tartes sablées de légumes, crackers...

Mais on peut aussi se sentir plein de vigueur renouvelée, avec l'envie de danser sous la pluie, de marcher de longues heures, de grimper des hauteurs, de faire des câlins, tandis que remontent comme des bulles légères les émotions emprisonnées sous la chaleur et la sécheresse, enfin libres.

mardi 16 janvier 2018

Deux petites douceurs pour bien se tenir dans les rafales et sous la pluie

Nougat de dattes
J'en faisais souvent sur le marché bio de Tours, en cette terre amoureuse qui draîne toute énergie montante...On peut en faire une variante aux noix, sans huile de sésame ni graines.
Ingrédients : 1 kg de pâte de dattes, 800 g de miel, 1kg d'amandes/noisettes émondées et grillées, 1 c. à soupe de feuilles de verveine séchées, 1 c.c. de cannelle, 1/2 c.c. de poivre, le zeste d'une orange amère ou d'une mandarine, graines de sésame, huile de sésame pour former les barres.
Pour émonder les noisettes, les faire griller à feu doux et à sec, puis les frotter dans un torchon. Pour les amandes, les laisser tremper quelques minutes dans l'eau bouillante, puis enlever la peau qui se décolle.
Dans une casserole à fond épais, faire chauffer le miel à feu doux. A l'ébullition, écumer, puis ajouter la purée de dattes. Mélanger sur le feu à la cuillère en bois jusqu'à ce que se forme une boule qui se détache de la casserole. Cela demande un peu d'huile de coude mais plus on malaxe la préparation sur le feu, plus le nougat durcit.
Quand la préparation a une consistance satisfaisante, la retirer du feu et y ajouter les épices avec le zeste, puis malaxer avec les amandes ou noisettes et laisser refroidir.
Quand la préparation est tiède, enduire les mains et le plan de travail d'huile, détacher une boule de nougat que l'on façonne entre les mains en barres rectangulaires ou en boudins. Plus on met d'huile, plus le nougat sera dur.
A la fin, tremper les nougats dans les graines de sésame grillées à sec. Servir découpé en carrés ou en rondelles.
Je sais que l'Ayurveda déconseille de chauffer le miel, mais de nombreuses recettes traditionnelles dans nos régions comportent du miel chauffé, et écumé. Si je me fie à mon palais, effectivement, il n'a plus cette dureté désagréable une fois écumé...


Perles de riz gluant farcies au sésame noir
Mélanger de la farine de riz gluant avec un peu d'eau et une pincée de sel de façon à former une pâte de type pâte à chapati. Bien travailler la pâte, pendant au moins 10mn.
A part, faire griller à sec des graines de sésame noir. Les écraser puis les amalgamer avec du sucre et un peu d'huile de sésame ou de noix de coco. Mettre la préparation au congélateur quelques minutes pour qu'elle durcisse.
Pendant ce temps, former des boules de pâte de riz.
Former autant de boules plus petites de pâte de sésame.
Creuser un trou avec le pouce et enfoncer la petite boule de sésame dans le riz, bien refermer. Faire ainsi pour toutes les boules, que l'on roule dans la noix de coco râpée pour éviter qu'elles ne collent. Les faire cuire à la vapeur et les servir, éventuellement arrosées d'eau de pandanus ("kewra" chez les indiens), ou de lait de coco, ou les deux...
On peut remplacer le sésame, pour une version plus traditionnelle, par des haricots mungo cuits, si possible sans peau, et réduits en purée avec un peu de ghee et de sucre. La farce est alors jaune au lieu de noire. On peut aussi réaliser une farce rouge avec des haricots azukis.

mercredi 10 janvier 2018

Mise à jour des dates de cures et infos sur le tome 4

Les prochaines cures auront lieu, comme d'habitude, dans un gîte isolé et confortable en moyenne montagne, en pleine nature. Participation sur entretien. 3 curistes maximum. Pour s'inscrire, me contacter au 06 62 38 09 85.

- cure des frimas, du 29 janvier au 5 février, pour ensemencer le frémissement de la vie qui s'étire vers les surfaces dans les ébullitions et les sudations.
- cure de Carême, du 2 au 9 mars, pour nous défaire de nos lourdeurs à travers les pratiques physiques.
- cure des Lyrides, du 12 au 19 avril, dans le jardin du Paradis: le moment des cueillettes sauvages et de l'exercice physique.
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.
- cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions.
- cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation.
Plus vous vous inscrivez tôt, moins les billets de train et les locations de gîte sont chers...

La différence de prix pour 250 exemplaires étant minime, même en rognant sur ceci ou cela, elle ne permet pas de faire quelque chose avec la somme que nous avons, compte-tenu du fait que le tome 4 comporte 60 pages de plus que le tome 1. Il nous faut donc aller jusqu'au total de 5495€ pour pouvoir imprimer le tome 4. Cela a le mérite de mettre un point final à la collecte: si elle n'est pas achevée pour le 10 mars, la graine n'aura pas eu la force de sortir de terre et le projet de tome 4 sera abandonné. Vous serez donc tous remboursés. D'autres graines germeront... A partir du 17/01, le tome 1 est en vente sur Amazon.

mercredi 27 décembre 2017

Conséquences écologiques de la loi de finances à venir, déjà les frimas, vie de l'association

Une forêt de buis

En pleine tempête de joie fraîche et revigorante, éphémère puisque la remontée des températures est imminente, je prends connaissance des conséquences écologiques de la loi de finances 2018 encore en discussion au Sénat et pour lequel le Conseil Constitutionnel a été saisi. Si cette loi était appliquée, l'objet de l'association deviendrait prioritairement, et en dehors de l'affectation au tome 4 des sommes collectées pour cela, l'achat de parcelles de forêts et de prairies sauvages pour les préserver de la construction ou de la mise en exploitation, volonté désormais officiellement affichée, et la promotion d'une "agriculture sauvage". La photo d'en-tête du blog en ce moment est vraiment représentative de ce qu'est une forêt quasi sauvage, et de la magie qui s'y déploie: Elle a été prise en décembre 2013 en forêt de Courçay, une petite forêt privée, chaos de verdure fertile et enchanté, que les propriétaires (merci à eux!) laissent ouverte aux promeneurs, dans la vallée de l'Indre, et la seule à laquelle je trouve encore de la magie en Touraine, autour du moulin désaffecté de la Doué. J'en ai vu des morceaux en Ardêche aussi, dans les Landes, le Béarn, la Corrèze... mais les très vieux arbres se font rares et je me souviens encore de ma découverte de la "forêt" d'Orléans, plus grande "forêt" d'Europe, lors d'un stage: l'impression horrible d'une dévastation totale, d'un camp de concentration, submergée par une tristesse proche du désespoir devant tant de gâchis, comme je le suis quand je passe à proximité de l'odeur de mort des élevages en batterie. D'autant que, comme nous, la forêt, les animaux et la terre produisent plus et mieux sans contrainte, avec pour seule motivation la joie de l'échange, autre nom de l'Amour!

Gui en forêt de Courçay Il est possible que vous vous sentiez un peu de langueur en ce moment, sans que les températures rebondissantes n'en soient complètement responsables, ni peut-être les gros repas des fêtes. Le 26 décembre ont commencé les "12 jours", ceux qui permettaient de faire la jonction entre calendrier lunaire et solaire, jours traditionnels de latence ou "trêve des confiseurs" pendant lesquels on se gardait de rien commencer. Jours d'observation aussi, du retour incertain de la lumière, mais aussi du temps des 12 mois à venir, essentiel pour les récoltes (pour l' année dernière, c'était assez juste). Suspendus à l'orée de l'année, entre Noël et l'Epiphanie, quand il deviendra certain que la Lumière reviendra ainsi que les printemps, c'est le temps pour puiser dans notre lumière intérieure, d'autant que, le 3 janvier, s'est achevée également la rétrogradation d'Uranus entamée à la mi-novembre, en trigone à Saturne: un retour très constructif sur les oeuvres de transformation, de métamorphose, et d'héroïsme, particulièrement chez ceux que le transit d'Uranus en Bélier avait submergé de trop d'énergie pour qu'éclosent les changements annoncés.

Branchette de fragon en forêt de Courçay Les astres et le temps de décembre nous promettent un hiver froid, peut-être à partir de la Chandeleur, quand les relents boueux de la conjonction entre le Soleil et Pluton, autour du 8 janvier, mais qu'on peut ressentir maintenant déjà, se seront dissipés pour révéler l'alchimie plutonienne et sa pureté, après aussi tempêtes et trombes d'eau jusqu'à la troisième semaine de janvier. Pour apaiser les souffles et les esprits tempétueux, hammam, jeûne d'écrans, frictions à l'eau de Cologne ou au gant, sorbet (de mandarine, ou de citron bergamote, de saison), vin ...
Je nous souhaite à tous une magnifique année 2018, qui nous garde dans la présence! Puissent les changements amorcés se généraliser, particulièrement en ce qui concerne les droits des femmes! Qu'elles contribuent à étendre la nature féminine à la société, pour des sociétés plus maternelles, où chacun a une place, même les vilains petits canards (vieux, migrant, pauvre, chômeur, fou, pas dans le moule...) que la société de consommation productiviste tend à généraliser, et le sauvage, berceau de la Vie, dont le domaine se rétrécit comme peau de chagrin au moment où on prend conscience de son "utilité". Cette année de droit des femmes, qui a vu commencer un tsunami que j'espère voir aller jusqu'au bout, est aussi une année où j'ai encore constaté que presque toutes les femmes qui venaient en cure ou en entretien avaient subi des violences liées à leur sexe, souvent déchirantes, insoutenables, intolérables... auxquelles elles ont survécu, seules, avec leur courage, leur détermination et leur amour.

Cresson de fontaine et son écheveau de racines, à Courçay Le deuxième lundi soir de chaque mois, dans le cadre de l'association (dont le dossier est en préfecture depuis 4 mois maintenant! délai moyen de traitement: 33 semaines...), je donnerai une causerie à 19h en accès libre, pour les membres, sur les thèmes suivants: comment réagir à l'impact des écrans sur notre vie le 8 janvier, la saison des frimas le 12 février, le jeûne le 12 mars, la saison des plantes sauvages le 8 avril... Vous pouvez aussi faire des suggestions de thème, bien sûr. Pour s'inscrire à l'association, la cotisation est de 1€ pour la journée, et de 10€ à l'année. Les stages, conférences, causeries... à venir se feront tous dans le cadre de l'association et de son assurance. Pour s'inscrire, il suffit de contacter le 06 62 38 09 85.
Dans la colonne de droite, deux nouveaux liens vers des chaînes youtube bien documentées en terme d'écologie et autres sujets polémiques (sans fake news!).

Je ne sais si c'est un proverbe tibétain, mais c'est un bon conseil pour la nouvelle année!

mardi 21 novembre 2017

Association "Le Paradis, c'est ici"

Toujours en attente de publication au J.O. des nouveaux statuts, bureau et siège social de l'association, nous sommes cependant heureux d'annoncer que l'association a trouvé un "terrain de jeu" où faire l'expérience des savoirs manuels, de la cueillette sauvage, de l'"agriculture sauvage"... et de beaucoup de restauration de bâtiment, à partir de savoir-faire traditionnels, à proximité relative de Paris.
C'est son trésorier actuel qui le lui fournit: un domaine de plusieurs hectares de forêt, un peu de prairie, un étang, de nombreux bâtiments... où favoriser la fécondité et la vie.
Donc, dès que ce sera possible, et au début pour les plus courageux, compte-tenu des conditions spartiates d'hébergement pour le moment, des stages y seront organisés, pour lesquels je serai en cuisine. Calendrier à suivre dans les prochaines semaines. Seuls les membres de l'association pourront y participer, pour des questions d'assurance. Le premier sera sans doute la fabrication de briques et de tuiles à partir de l'argile local, avec un maître potier.

Parallèlement, j'envisage la publication du tome 4 à 250 exemplaires, au lieu de 500, en espérant que cela permette d'avancer avec la somme déjà collectée. Il manque en effet encore 1400 € environ pour atteindre les 500 exemplaires. Les réfections nécessaires sur le domaine pour la tenue de stages et de cures seront, au début, financées par la vente des prochains tomes de "Savourer le chant des saisons", ce qui permettra à l'association de prendre des parts dans le domaine.

Il reste aussi des exemplaires du tome 1... Merci à tous de vos participations et de vos actions pour diffuser tout cela autour de vous. J'espère vous retrouver bientôt sur place, dans l'action!

Et un rapport d'expert, signalé par Luc, puisqu'il faut en passer par la science pour démontrer des évidences, sur les "bienfaits" fictifs de la chasse et les réels méfaits de son business.

dimanche 19 novembre 2017

Pour une agriculture sauvage

La forêt de Ballan en TouraineDepuis mon plus jeune âge, je me suis toujours étonnée que personne autour de moi, à part peut-être ma grand-mère à sa façon, ne considère les végétaux et la Terre comme des êtres vivants. Je pleurerai encore longtemps mon ami le chèvrefeuille retrouvé mort au retour de vacances d'été, ce qui me laissa inconsolable pendant des semaines.
De nombreuses fois dans ma vie, j'ai fait l'expérience de la relation particulière et nourricière qui se tisse avec le règne végétal quand on envisage ses éléments comme des êtres sensibles. Heureusement maintenant, grâce à de beaux livres comme "La vie secrète des arbres", la pensée évolue, même s'il est dommage qu'il faille en passer par la "science" pour cela, tant c'est une expérience que chacun peut faire au quotidien.

Décomposition sur bois mort Il est donc temps d'aller un peu plus loin et d'imaginer une "agriculture" qui ne mette pas la terre et le sauvage en coupe réglée. Je l'ai pratiquée dans tous mes jardins, avec le même émerveillement renouvelé. Quand on prend soin de la terre, elle devient réellement nourricière, pour peu qu'on ré-apprenne à se nourrir de ce qui y pousse sans soin, dans une cohabitation mutuellement nourrissante, nous conférant la vigueur du végétal spontané, parfaitement à sa place sur ce sol sous ce climat, et qui n'a besoin de nulle protection. Si "je suis ce que je mange", alors pourquoi manger des animaux domestiques et des plantes qui ont besoin de nombreux soins après des siècles de sélection pour pouvoir grandir?
Dans une forêt exploitée (quel mot horrible qui contredit aussitôt l'idée de forêt!), les ronces et les épines de toutes sortes poussent pour protéger la forêt et la formation de nouveaux arbres. Y passer le motoculteur sans arrêt, croire qu'il faut enlever le bois mort pour que de nouveaux arbres poussent, est intrigant. Surtout quand on regarde les forêts intouchées: le sol s'y éclaircit naturellement des épines autour des arbres qui grandissent quand ces "mères du bois" ont fait leur travail, et le bois mort nourrit toute une petite faune, ainsi que la terre.
Berceau de vie Comme ce paysan en Suisse qui ne décolérait pas contre le rumex envahissant son terrain régulièrement puriné et ratiboisé par les vaches: sa terre tentait simplement de rétablir un équilibre et de réagir à l'éradication de toute microbiologie sous l'acide du purin... Ou cet arboriculteur en biodynamie qui veut passer la consoude d'une parcelle au motoculteur pour la remplacer par des fruitiers, sans comprendre que la terre de cette parcelle ne s'y prête pas, malgré les traitements perfectionnés et "naturels" qu'il projette. Une terre parfaite pour la consoude, cette maman nourricière de vie, peut accueillir aussi des noyers, des sureaux, des noisetiers, même des figuiers... mais pas de pommier ou de poirier, encore moins de pêcher. Ou ce riche propriétaire qui s'obstina plusieurs années, en bordure des Alpilles, à faire croître une haie protectrice autour de son domaine, sur une ligne tellurique: les arbustes, des lauriers exotiques, ne cessèrent de se dessécher pour laisser de grandes trouées qu'il fallait sans cesse reboucher. Il aurait sans doute suffit de déplacer la haie de deux mètres, ou d'y favoriser des essences friandes de ces fractures.

Champ d'oliviers bleutés au coucher du soleil Oui, il est temps d'envisager que simplement prendre soin de la terre, la nourrir, y jeter ça et là des graines et des fruits peut-être, suivre ses lignes -ses "méridiens"-, puisse être aussi nourricier, voire beaucoup plus, que la broyer, l'asperger, la griffer, la labourer... une mise en ordre du Vivant à laquelle nous croyons devoir être astreints depuis que nous avons été, dit-on, chassés du jardin prolifique du Paradis et que nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front, une mise en ordre qui est source de fierté tant le "Progrès" nous paraît le fruit de la brutalité.
Le Paradis, c'est ici. Il suffit de le laisser émerger avec tendresse pour se remplir de félicité.
Un article de Reporterre sur un oasis en Bretagne.

vendredi 17 novembre 2017

Prochaines cures, prochain stage, vie de l'association

Le prochain stage de cuisine aura lieu les 10 et 11 mars en Provence. Participation: 160€
A travers une mise en conscience, nos cueillettes et notre cuisine de ce WE, nous ferons l'expérience des saveurs, qualités et éléments dominants de ce mois de mars, et commencerons une approche des plantes et de la cueillette. Nous éclairerons ensuite cette expérience des textes de l'Ayurveda concernant la saison, et des traditions locales.
Informations et inscriptions: ph.hansroul@skynet.be et www.ayurveda-provence.com

Les prochaines cures auront lieu, comme d'habitude, dans un gîte isolé et confortable en moyenne montagne, en pleine nature. Participation sur entretien. 3 curistes maximum. Pour s'inscrire, me contacter au 06 62 38 09 85.
- cure des Géminides, du 10 au 17 décembre, pour que notre feu pétille au fond de l'hiver.
- cure des Quadrantides, du 1er au 7 janvier, pour bien commencer l'année, en nettoyant les trop-pleins des fêtes... et des années précédentes.
- cure des frimas, du 29 janvier au 5 février, pour ensemencer le frémissement de la vie qui s'étire vers les surfaces dans les ébullitions et les sudations.
- cure de Carême, du 2 au 9 mars, pour nous défaire de nos lourdeurs à travers les pratiques physiques.
- cure des Lyrides, du 12 au 19 avril, dans le jardin du Paradis: le moment des cueillettes sauvages et de l'exercice physique.
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.

L'association attend toujours le feu vert de la préfecture et la publication au Journal Officiel. J'en suis à mon troisième envoi de dossier... Mais je me réjouis que l'objet de l'association aille très exactement dans le sens de l'appel des 15000 scientifiques du monde. Où que l'association trouve son logis, elle s'attachera à préserver la vie sauvage sous toutes ses formes, à être auto-suffisante et à ne produire aucun déchet. Egalement, à développer une "agriculture" sauvage, plus proche du jardin du Paradis que de l'idée de gagner son pain à la sueur de son front, en utilisant force machines et techniques de contrainte ou théories compliquées.

mercredi 4 octobre 2017

Les poux, les puces, les tiques et les moustiques... ça vient aussi de l'intérieur!

Petite_fille_et_poux.jpgAvec la Rentrée, comme chaque année, fleurissent sur les panneaux publicitaires des grandes villes les campagnes pour les marques de produits anti-poux. Et c'est fou comme il y a peu de poux en vacances... Nous connaissons sans doute aussi tous une personne avec qui il est doux d'être en soirée dans un endroit humide et tiède: les moustiques semblent ne s'occuper que d'elle! Et peut-être avons-nous été piqué par une ou plusieurs tiques un jour de colère et de balade en forêt alors que ce n'était jamais arrivé avant...

Je pourrais aussi parler des puces, des guêpes et autres frelons... Dans l'Ayurveda, tout est signature. La piqûre vient là où il y a des piquants. En clair, les personnes dont le sang chauffe, "piquantes" ou "piquées", sont les cibles de ces désagréments. Ces désagréments sont des indicateurs d'un déséquilibre, d'une fracture du système immunitaire, et retrouver l'équilibre fera aussi sûrement disparaître les bestioles que le rumex sur un terrain trop agressé.

Pour les enfants, ce sang qui chauffe peut à voir avec
- le stress de la vie d'écolier actuelle, qui ne respecte pas les rythmes de l'enfant, et les confine souvent des heures durant dans un espace trop petit, trop bruyant, trop violent... mais surtout l'impossibilité d'exprimer ce stress, ou de s'exprimer tout court;
- parfois même, le fait d'être en but à l'agressivité du fort en gueule de la classe, ou à l'hostilité des autres, ou de la maîtresse (ou du maître) débordée, ou trop sévère, sans avoir trouvé une voie pour l'exprimer;
souffrance-psychologique-adolescents-stress-enfants.png - le stress des parents;
- de longues heures passées devant un écran, j'en parle souvent: de nombreuses études montrent une baisse de l'acuité visuelle, de l'intelligence discriminative, de la créativité, de la présence au corps, du Q.I., de l'expression des émotions...;
- l'absence d'activité physique. Et là je ne parle pas de sport avec des objectifs, mais de jeux libres, sans performance, sans direction, inspirés par la folle imagination des enfants, au gré de leurs méandres, et de leur propre exigence de performance. Ah les longues heures de notre enfance passées à inventer des scénarios que nous jouions, jouer à chat, grimper aux arbres, faire une dînette de plantes, ou regarder les fourmis ...
- une alimentation manquant d'équilibre, ou servie dans des conditions de stress, ou déficiente...

Bien sûr, le remède principal est le jeu dans un espace aussi ouvert que possible, remède universel des enfants. Mais aussi
enfants_jouant.jpg - la lenteur, la douceur, la compréhension, l'écoute, la tendresse, le rire
- un jeûne d'écrans
- les massages: massage-jeu, massage enveloppant du corps tout entier au ghee lavé, friction à l'eau de Cologne, au gant qui grattouille...
- une alimentation qui rafraîchit: crudités (légumes), fruits cuits, saveurs subtiles ou peu de saveur, lait, céréales qui ne fermentent pas (maïs, châtaignes, céréales rôties à sec avant cuisson)...
et, éventuellement, la consultation d'un praticien qualifié si cela se produit de manière chronique.

Le traitement anti-poux marchera peut-être, mais lui aussi fera de l'invasion des poux un évènement ennuyeux, générateur de travail harassant pour celui/celle qui fait les machines et les shampooings, au lieu d'être le départ d'une régénération, porteuse de bonheur et de conscience pour l'enfant comme pour ses parents. Et il faudra recommencer...
Sans compter que les traitements agressifs fragilisent l'équilibre, les cheveux, le cuir chevelu, les yeux... Sans doute au moins faudrait-il leur préférer une application d'huile de neem (chez les indiens, par exemple Tulsi, passage Brady à Paris), ou une dilution d'huile de cade (plus facile à trouver en Provence qu'ailleurs en France).
Ou plus simple, le remède est-il peut-être dans le désagrément, comme me l'a rappelé ma fille et ce poème de Rimbaud qu'elle aime:

Scène d'épouillage, détail d'un tableau de Jan Siberechts Les chercheuses de poux

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

dimanche 1 octobre 2017

Andropause, Ayurveda et bon sens

A l'âge où les femmes connaissent les premiers remous de la fin de fécondité physique, leLe dieu singe, Hanuman, qui aida Rama et Sita à se retrouvers hommes connaissent aussi quelques troubles... A moins d'une excellente santé, et de très bonnes raisons de prolonger sa vie et ses facultés créatrices, l'énergie du corps se replie lentement vers le divin, comme celle des adventices qui ont fructifié. Un ami m'a fait remarquer qu'en toute parité, un billet à ce sujet manquait.
Il existe un certain nombre de facteurs qui rendent l'andropause plus palpable:
- la consommation excessive d'excitants dans les années précédentes: café, thé, alcool, tabac...,
- l'absence d'activité physique, ou son excès,
- les troubles du métabolisme, comme l'hyperthyroidie, et leurs traitements,
- le stress,
- un certain nombre de médicaments, comme j'ai pu le constater, parce qu'ils bloquent le souffle du bas,
- l'excès de discipline, de rigidité, d'abstinence, ou le contraire: une sexualité frénétique,
- un excès de sécheresse, trop d'écrans, la perte d'engagement dans les humbles tâches quotidiennes...
Mais surtout, la recherche de performance, la poursuite d'un but coûte que coûte, la focalisation sur un objectif, une vision binaire du monde... Vient le temps de la sagesse, de l'acceptation nécessaire, de la contemplation, et une autre manière de rayonner.

Gardiens ailés assyriens Pour remédier aux sueurs nocturnes, à l'irritabilité, la perte de libido et la mollesse de ce qui s'érigeait fièrement autrefois:
- une vie amoureuse équilibrée avec un(e) partenaire de longue date, ce qui donne une certaine confiance. Comme pour les femmes, c'est souvent l'âge où les enfants quittent le nid et où l'énergie des parents peut se ré-investir dans la vie amoureuse. On peut avoir la tentation de rallumer la flamme avec un nouvel amour, souvent plus jeune. Cela peut faire brûler plus vite aussi...
- une plus grande proximité avec son âme, ses désirs, ses aspirations parfois mises de côté; la fin des objectifs, des performances, de l'endurance...
- le chyavanprash ou mélasse de plantes et de racines. et autres rasayana (rajeunissants) ou vajikarana (aphrodisiaques nourrissants), spécialités de l'Ayurveda, et qu'on peut fabriquer à base de plantes locales, incluant souvent des racines.
- parmi ces plantes promotrices de jus: l'épine-vinette et la griotte.
- le ghee, le plus simple des aphrodisiaques.
- les substances amères.
- le pissenlit: à toutes les époques de l'année et dans toutes ses parties.
Pissenlit - les diurétiques et les bières, avec modération, et sous la conduite d'un praticien.
- le café et la chicorée. En particulier une préparation que je vendais autrefois sur le marché Beaujardin, et que seuls les messieurs venaient spontanément acheter: un café d'orge et de chicorée torréfiées longuement et à petit feu. Et, oui, le café, avec modération, peut être, en l'absence d'orge et de chicorée, un bon stimulant du souffle du bas, à condition de ne pas déjà en avoir pris toute sa vie.
- la consommation de racines, qui permettent d'ancrer l'énergie.
- toutes les pratiques permettant de stimuler le souffle du bas et la fraîcheur: la marche, vajrasana (de même que pour les femmes), bhastrika (le soufflet) avec uddiyana bandha, la contemplation de la beauté...en particulier celle des levers et couchers de soleil: j'ai vu plusieurs de mes professeurs âgés y être très attachés.

Cela me ramène à mon vieux voisin de Provence, Jean-Marie, absent de chez lui lors de mon passage à St Rémy, parce qu'il était avec sa nouvelle petite amie. Un monsieur extrêmement respectueux de tout, qui m'a appris l'économie, celle qui ne produit pas de déchets, où tout est récupéré et transformé, et fut un précieux informateur sur les plantes, et un généreux pourvoyeur de figues fraîchement cueillies dont la saveur me manque. A 87 ans, il réparait encore des voitures anciennes avec passion et partait cueillir ses plantes médicinales dans les Alpilles chaque printemps. L'andropause n'avait pas dû avoir beaucoup de prise sur lui... Son amour des petits riens avait dû le porter au-dessus.

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