Le paradis c'est ici ! - le blog

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samedi 31 juillet 2010

Jeûne de fin d'été

A la sortie de l'hiver, le corps et l'âme bénéficient grandement d'un jeûne prolongé, celui du temps de Carême à peu près, qui permet de faire le ménage des réserves de l'hiver.
Au début du mois d'août, période traditionnelle de jeûne plus modéré, temps du passage des Perséides dans le ciel et des pluies d'étoiles filantes, temps chez les Chrétiens de la préparation à la fête de la Mère de Dieu (ou de la mère de Lug des Celtes), le jeûne permet de ranimer le feu digestif de tous les tissus du corps, mis à mal par les chaleurs, et de préparer l'arrivée des premières pluies, coïncidant souvent avec le 15 août. Il donne la pêche et repulpe le corps. Il modère aussi l'appétit, développe le sens du goût et les autres, le bonheur (qui peut comparer sa félicité à celle d'un jeûneur absorbant sa première boisson, ou sa première nourriture?), la résistance physique, apaise les émotions, augmente la compassion, la créativité, l'intuition...et permet d'éliminer les excès dans de bonnes conditions.
C'est la première thérapie en cas de maladie grave et je connais des cas de guérison par ce seul moyen. Idem dans les cas de perturbation émotionnelle: séparation, dépression...
Comment jeûner? Il y a différentes traditions, bien sûr. S'abstenir de manger et de boire entre le lever et le coucher du soleil (traditions musulmane et chrétienne); manger sans aucune graisse ni sucre ni aucun produit animal (tradition orthodoxe); monodiète, classiquement avec du raisin noir; prendre un petit-déjeûner et le déjeûner, puis seulement des liquides jusqu'au soir, puis rien, dans le silence et les chants, jusqu'au surlendemain après le lever du soleil, et ajouter ainsi les périodes de deux jours (tradition tibétaine) tout en pratiquant une activité physique.
Oui, c'est une composante importante du jeûne: il ne doit en aucun cas modérer l'activité quotidienne, au contraire. Sinon, la circulation des souffles s'en trouve bloquée, et on en perd les bienfaits. D'où aussi la pratique du chant, tandis que la voix n'a jamais été aussi belle.
Il y a aussi des règles à respecter pour sortir du jeûne: on doit se réalimenter modérément d'abord, de choses légères et faciles à digérer. Commencer par un gruau ou de la crème d'orge, salée avec un peu de ghee (beurre clarifié), facilite beaucoup la transition et évite les débordements physiques et émotionnels qui pourraient se produire.

Après une période de jeûne, on a tendance à se nourrir avec moins d'aliments et moins de boisson. Et je me souviens de mon ami Philippe le jardinier qui en parlait comme de la meilleure des pratiques quand les revenus se font modestes, ou très très modestes. C'est aussi une forme de décroissance: au lieu de rechercher des nourritures de plus en plus appétissantes, en grandes quantités, variées, de consommer le monde, on découvre la quantité, la variété, l'appétit, dans ce qui est là, maintenant. La clé du bonheur.

Alors bon jeûne, et une pensée fraternelle à tous ceux et celles qui se lancent.

mardi 27 juillet 2010

Lait

Ca y est, c'est envoyé: un petit manuscrit sur le lait, en ces temps de bannissement. Voici un extrait, parce que la question du lait est souvent posée pendant mes cours.

« L'eau c'est la vie, le lait c'est l'âme » Proverbe Touareg*

"Choisir son lait:
Oui, pas n'importe quel lait, cela change tout. Le lait des mamans d'hommes comme celui des mamans vaches reflète leurs états, d'âme et de corps. On a vu des bébés refuser le lait d'une maman trop stressée, et il y a encore peu on se répétait des histoires de bébés morts d'avoir bu du « lait contrarié »*. Et cette tradition de faire couler du lait de son sein avant d'allaiter si une colère ou un souci sont venus perturber la plénitude du jour. Pourquoi considérer que la vache diffère de la femme en ce sens?
Donc pas de vache stressée, pressurisée par des traies excessives, gavée d'antibiotiques, cloîtrée, victimes de mammites répétées, nourrie à l'ensilage, maltraitée quotidiennement parce que perdue dans le nombre...
C'est une des raisons du culte indien des vaches: on les laisse faire ce qu'elle veulent, allaiter leur veau, aller paisiblement là où elles le souhaitent, même si elles bloquent une avenue très passante, ou un train... parce qu'elles portent le précieux nectar.
Et peut-être une des raisons des allergies réelles au lait, que j'ai vues souvent miraculeusement disparaître ou ne pas se manifester en usant d'un bon lait dans de bonnes conditions ou tout simplement avec tendresse. Parce que ce n'est peut-être pas le lait qu'il faut accuser, mais bien les dérives de son mode de production et de consommation.
Le lait, de préférence cru, doit sentir bon, une odeur d'amande, de douceur, de délicatesse... Il doit avoir une belle couleur, lumineuse, avec un éclat doré, ni bleuté ni grisé. Une goutte de lait posée sur l'ongle doit pouvoir s'y tenir, ferme et bombée, sans que l'eau du lait ne se sépare du blanc.
Boire du lait:
Le lait ne se prend pas n'importe quand ni n'importe comment. La pratique des milk-shakes ou du lait froid systématique le matin s'est développée très récemment. On savait il y a encore peu que le lait était indigeste bu de cette façon, pouvant provoquer l'accumulation de substances non digérées dans le corps, donc une certaine lourdeur de corps et d'esprit, et des infections à répétitions, ou la formation de concrétions.
Il se boit dans la région où il est produit, même si la pasteurisation nous permet d'en obtenir de tous horizons; de l'animal qui paît dans la région, chèvre, vache ou brebis; quand on en a envie, occasionnellement donc; à température du corps, coupé d'eau parce que-c'est vrai- nous ne sommes pas des veaux et qu'il vaut mieux le prendre coupé d'eau qu'écrémé; avec un petit quelque chose qui permette de mieux le digérer éventuellement: eau de fleur d'oranger, eau de rose, miel, cardamome, safran...et qui souligne si bien sa délicatesse.
Il se boit seul, en dehors des repas, parce que l'alliance d'un produit laitier et d'autres produits animaux est réputé très indigeste, de même que le lait bu avec des fruits acides, comme le lait-banane-fraise populaire dans mon enfance.
Bu ainsi, ou dans les multiples préparations qui suivent, c'est un nectar, et une panacée. Certains en font aussi leur unique aliment, comme ces yogis et ces saddhus que j'ai croisés dans les Himalayas dont le feu intérieur nécessite d'être rafraîchi et purifié quotidiennement par le lait.
Le « lait de mai » était très prisé, panacée de saison, mais pendant le carême précédant mai, aux débuts incertains du printemps, on s'abstenait complètement de lait et de produits laitiers."

  • citation trouvée dans un texte publié par l'OCHA

mardi 20 juillet 2010

stage du 1er au 7 août: se ressourcer autour de l'Ayurveda

Stage à St Rémy de Provence "Se ressourcer autour de l'Ayurveda", du dimanche 1er août au samedi 7 août
Prix global: 450 euros fournitures comprises
Possibilité de faire tout ou une partie du stage, ou de s'associer à nous quotidiennement pour une pratique. Me contacter sur contact@pomana.net.
Voici le détail du programme:
- 6h30 à 8h30 yoga, yoga des yeux et pranayama au lever du soleil sur les hauteurs de St Rémy
- 8h30 à 10h30 dégustation du petit-déjeûner emporté, redescente avec repérage et/ou cueillette de plantes
-10h30 à 13h principes de diététique et d'hygiène de vie de saison, application à la préparation du repas
-13h à 16h temps libre (sieste...)
-16h à 18h préparation du petit-déjeûner du lendemain, et/ou de produits d'hygiène et de beauté, massage des pieds, beauté des cheveux...
-18h à l'ombre retrouvée, enchaînements de mouvements de penchak silat (art martial) ou yoga nidra (yoga du sommeil)

Yoga des yeux

Le feu extérieur étant particulièrement fort, nous sommes dans une saison privilégiée pour travailler les yeux, en relation avec l'élément feu. Aussi ce matin y avait-il une session de yoga des yeux.
Dans le quotidien, soigner ses pieds est particulièrement important: les tenir propres, frais (donc pas sur des semelles de plastique), et sensibles renforce la vue. Massages quotidiens entre membres de la famille, gommage de la corne, soin des ongles...Au Liban, au Maroc, en Inde...on se réunit en groupes de femmes pour y consacrer le temps nécessaire, ainsi qu'au soin de la chevelure. Le soin de la tête est également important pour la vue: se laver la tête en début de journée ou aux heures chaudes, à l'eau froide, après application et pose d'huile (amande douce et amère, huile d'olive...) sur le cuir chevelu, massé et ainsi nourri. Le nettoyage du nez aide à clarifier la vue: soit avec une huile réservée à cet effet comme l'anutailam ayurvédique, au moment des premières pluies de fin d'été; soit avec de l'eau salée, pratique appelée jala neti, et qui peut être quotidienne ou hebdomadaire. Enfin, le nettoyage des yeux eux-mêmes, avec une infusion de fleurs -les yeux des plantes- : camomille, bleuet, rose...ou un collyre, surtout après station prolongée devant un écran. Regarder la télévision, travailler sur l'ordinateur et, dans une moindre mesure, aller au cinéma est plus affaiblissant encore pendant l'été.
Quand on se promène, laisser le regard fixer le lointain. Cela oblige à développer une plus grande conscience du corps, et des pieds en particulier, pour ne pas trébucher. Le feu s'en trouve régénéré et, surtout, c'est très agréable.
Pour celles qui étaient présentes au cours, voici le memento des pratiques:
-salutation au solei ou échauffement des articulationsl
-posture de la chandelle sauf en cas de glaucome ou de myopie très grave
-contemplation du soleil levant
-exercices de vision latérale, verticale, tournante, avec précision
-respiration alternée simple d'abord, puis avec rétention et contraction
-trataka ou contemplation de la base d'une flamme
-contemplation de l'espace infini
-méditation sur la lumière intérieure comme expliquée
Comme d'habitude, tout cela se pratique intestins, estomac et vessie à vide. Idéalement après la toilette du matin et avant le petit-déjeûner.

lundi 12 juillet 2010

Extase

Il y a des jours où je crois avoir atteint un sommet. Celui-ci en est un. Il ne s'agit pas de technique culinaire incroyable, ou d'ingrédients extraordinaires, encore qu'inhabituels. ou de recette qui fera date dans l'histoire de la gastronomie... Juste d'un accord avec l'instant.
Quand j'avais le restaurant, j'étais toujours particulièrement déçue: c'était souvent le jour où il y avait le moins de monde. Mystère
En Provence, il y a les voisins.C'est l'un d'entre eux qui a fourni les figues, cueillies à point, presque tombantes, sur son figuier de l'autre côté du mur. Une pâte sablée au ghee et aux graines de fenouil, un fond de grenade, amande, géranium et nard, les figues coupées en deux dont le jus se gélifie doucement en refroidissant....et voilà.
Ah, si vous étiez là!
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jeudi 8 juillet 2010

Merci de vos commentaires

Je ne sais pas comment faire pour afficher vos commentaires....si quelqu'un a une idée...
Moi, j'aimerais vraiment que sur ce blog, vous puissiez poser des questions, demander des ajoûts, faire des observations...c'était le but de départ du blog et de l'association: un échange.
Merci à Rose et Aleth donc, et voici un petit ajoût en réponse à Rose:
si on est écrasé par la chaleur, c'est que le corps manque de frais et d'humide (ben tiens!) et on peut faire plusieurs choses pour le nourrir de fraîcheur et d'humidité
-consommer à tous les repas des herbes de saison: pestos, taboulé libanais, salade d'herbes...elles renouvellent et nourrissent le sang
-consommer des ombelllifères: cumin, carvi, fenouil, anis, et même du vrai pastis (je ne dirai pas quelle marque) sucré à la réglisse et très allongé d'eau (transparent)
-onction et massage du cuir chevelu avec de l'huile ou une décoction fraîche de camomille, lavage des yeux avec de l'eau de camomille ou de bleuet, massage du corps à l'huile avant la douche le matin
-les odeurs sont importantes: présence de fleurs dans la maison, ou de pétales de fleurs sur le lit, ou aspersion d'eau florale sur les murs (pas sur le placoplâtre) ou les voilages, ou quelques gouttes d'eucalyptus ou de menthe dans l'eau de lavage du sol....aérer après la préparation des repas ou cuisiner dans ces cuisines extérieures traditionnelles de Provence si évidemment nécessaires.
-entre 11h et 18h, aux heures très chaudes, manger léger. On peut même ne consommer que des lassis salés (yaourt battu à l'eau) avec éventuellement des herbes du jardin ou de saison: menthe, absinthe, mélisse, origan, sarriette, calament, santoline...
-éviter les salades (hors saison) genre laitue, et tout ce qui est cru aux heures chaudes
-si on peut, se promener en début de matinée dans la forêt, le jardin, sur le bord du canal...
-rester près du sol: petit jardinage, ramassage d'herbes, sieste sur la terre, taî chi ou méditation dans le jardin...
-éviter le plus possible la télé, l'ordi, les jeux vidéos...
-si les pensées s'envolent, fixer une flamme ou le soleil à son lever (pas plus tard, et avec les précautions d'usage)
-et la plus grande source de fraîcheur: la fontaine de Jouvence de la tendresse, la présence de nos proches aimés, le murmure des paroles douces et fleuries, et la poésie: relire Eluard, Kalidasa, Rimbaud, Whitman, St Jean de la Croix, le Cantique des Cantiques...

vendredi 2 juillet 2010

C'est la canicule...

La St Médard, ça ne marche plus?!! En tout cas, il ne pleut plus, comme vous avez pu le constater...Il fait même très chaud et très sec. Ici, en Provence, le vent souffle un peu, rafraîchissant l'air mais accentuant l'impression de sécheresse.
J'y vais moi aussi de mes conseils pour supporter la chaleur:
-tirer les volets, les persiennes, les stores...pour maintenir votre lieu de séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres ouvertes pour permettre la circulation de l'air. Humecter régulièrement les rideaux: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce humidité. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot de fleur sans trou) sur le rebord des fenêtres.
-le matin au lever, s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur. Plus tard dans la journée, danser, chanter...et tout concourre à nous y encourager en été.
-si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, quitte à faire la sieste. Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel on puisse vraiment s'exposer en été, à moins de séjourner à côté d'une rivière, d'un lac, d'une piscine...
-en cas de manque d'appétit, trempette dans la piscine, la rivière, la baignoire...d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe...
-sous climat chaud et sec, consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau, surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le ventre plat et évite les problèmes de transits. Sous climat plus humide, des boissons au lait en dehors des repas.
-manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante.
-boissons de saison: orgeat véritable (eau de cuisson de l'orge, purée d'amandes, extrait d'amande amère, fleur d'oranger, miel), vraie limonade (eau miellée au zeste de citron très légèrement fermentée, puis allongée au jus de citron), thé vert à la menthe, tchaï, autres thés au lait, infusion de mélisse, de menthe, sucrée à la réglisse.
Les souffles s'apaisent avec le lait du soir avant le coucher, la tendresse salvatrice des proches, la contemplation des joues rondes de la lune, les nourritures fraîches en énergie.
Pour les gourmandes, c'est le moment des pâtisseries! Des vraies, nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui nourrissent la plénitude.

mardi 15 juin 2010

C'est l'été (suite)

Il a bien plu à la St Médard (8 juin), il semblerait donc que nous ayons encore de la pluie jusqu'à mi-juillet...Ici, en Provence, la mousson est bien agréable, même si pas au goût de tout le monde. Une sorte de légèreté et de joie flotte dans l'air....Les tensions montées avec la chaleur sèche se relâchent dans la grâce.
Avec la pluie, et l'air qui se rafraîchit, on a envie de plus de liquides -soupes de légumineuses, potée de légumes encore gorgés de jus, bouillons apéritifs...-, de plus d'onctuosité, de boissons fraîches ou à température de pluie, de miel, de beurre clarifié, de pains moelleux et onctueux. La saveur acide prend le dessus, comme à la saison des pluies de fin d'été...En cas de lourdeur, on peut se remettre à manger des céréales complètes -épeautre, riz, blé, millet-, se frictionner vigoureusement, boire un peu d'alcool après les repas...
Le matin au lever, on prend soin de nettoyer les ouvertures du corps, avec de l'huile ou de l'eau salée: narines, oreilles, gorge...
L'exercie physique ou le yoga peuvent être plus toniques, profitant de la force apportée par la pluie: enchaînements de postures après les étirements, katas, chorégraphies....
Exemples de menus:
Petit-déjeûners: pain au lait et miel rosat, fromage frais, thé vert/ soupe de lentilles et légumes, pesto de basilic, pain de riz vapeur/ blinis de farine de pois chiches, compote de pruneaux, bouillon de légumes...
A suivre

mardi 8 juin 2010

C'est l'été depuis longtemps

Après les Saints de Glace, l'été est arrivé. Il est temps de changer notre alimentation et nos modes de vie en douceur pour épouser les forces de la Nature. Le tapis vert a grimpé en hauteur jusqu'à concurrencer notre humaine hauteur, nous sommes presque enfouis par cet élan vers le soleil du solstice. "Un petit val qui mousse de rayons" juillet_2009_005.JPG

Elan d'inspiration, de création, d'échanges: ceux de l'air dans les poumons, ceux de l'amitié, ceux de l'esprit qui se partage, se diffuse, s'ouvre, batifole comme le papillon, bourdonne d'activité incessante comme les insectes qui se multiplient, chante comme les oiseaux...Nos corps traversés de cet élan vers le très haut se tendent, perdant parfois leur moelleux, et le chemin vers la lumière peut être entravé par un noeud dans la gorge, fait de chant retenu. Il n'est plus temps pour les régimes et les efforts physiques, mais bien pour la douceur, qui nourrit ces envols en protégeant notre humanité,
Libérer la parole et le chant, paroles d'amitié dans la fraîcheur des maisons et des berceaux de fleurs, chant quotidien pendant les travaux domestiques répondant au chant de l'oiseau. Le corps est bien accompagné par des postures de yoga toutes en harmonie, tenues plus longtemps, sur plusieurs respirations, sans effort...suspendu dans la fluidité des souffles d'air ambiants, mais aussi par le taï chi, et la danse sous toutes ses formes.
On se rafraîchit les yeux et le foie, comme dans "Les Mille et Une Nuits", par le spectacle de la beauté: fleurs, femmes, enfants, paysages, créations...et contemplation de l'espace, où se dissolvent les excès de feu et les tensions qui n'ont plus prise.
On mange chaud et cuit surtout, on boit chaud aussi, mais des nourritures et des boissons fraîches en énergie: courge, concombre, courgette, laitues, pourpier, cerises, melons, orge, amande, herbes de saison...Tandis que le corps grille sous la chaleur, le palais apprécie particulièrement les mets doux, liquides, onctueux, légers, aux vertus émollientes, adoucissantes, subtiles.
Sirop de violette, thé à la menthe, sirop de coquelicot, orgeat véritable, eau de source où on a laissé macéré une branche d'absinthe, ou de menthe, des écorces de citron..., lait au safran et aux amandes fraîches....toutes boissons fournies en abondance par les plantes de saison. Limonade maison avec ou sans gingembre, sirops fermentés, vins très dilués à l'eau...

lundi 19 avril 2010

Fleurs et silence

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fleur de cognassierlilas rose)
pousse de prêle dans la rosée

mardi 23 mars 2010

C'est le printemps!

Ca frétille dans le jardin, sous les feuilles et dans l'humus, dans les arbres aussi, et ça gazouille, ça miaule sur les murs et ça fleurit dans les champs, en à-plat de couleurs fragiles comme des illusions.
Pas d'erreur, c'est le printemps, 40 jours après la Chandeleur qui annonçait cette année un hiver à rallonge, et à la nouvelle lune de Carême, après les frimas.
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Ici, les floraisons angéliques de l'amandier, du prunier, de l'abricotier et du pêcher se superposent dans la hâte aux odeurs de miel des buis fleuris et du romarin dans les Alpilles. On sent aussi dans les prairies humides après la pluie de ces derniers jours les oignons sauvages sortis de terre; une bouffée de violettes ça et là, et des pousses vertes jaillissant partout, déployant peu à peu leur secret, des rosettes de feuilles avec ou sans fleur, des odeurs encore à peine perceptibles...
Pas d'étonnement donc si c'est le temps des graines germées: le matin avec un peu de sel, de gingembre ou de chaat masala et de citron, de fenugrec, de pois chiches, de mungo...après une tisane astringente qui nettoie l'estomac de ces rejets de l'hiver qui coupent parfois l'appétit et rendent lourd: thé sans sucre ou infusion de feuilles d'arbousier, par exemple.
C'est aussi le temps des sèves: de bouleau si vous pouvez vous en procurer de la fraîche, d'érable diluée, de réglisse... sèves douces au temps où le sucre semble trop acide. Et mâchonner son bâton de réglisse pourrait vous aider à garder la niaque dans les éblouissements de printemps...
Si on regarde bien chez le maraîcher, il n'y a pas grand-chose à manger, de saison: pommes, citrons, choux, carottes, panais, poireaux, et des pousses...et vraiment, ce n'est pas le moment des bananes -sauf avec du citron, de la noix de coco et du miel-, des tomates -sauf confites-, et autres acides.
Alors célébrons le printemps: mangons des pousses! Des tartines de pain maison grillé au pesto de pissenlit, du hoummous, du caillé, et du miel de pissenlit.
Pour porter le frétillement printanier dans nos estomacs, de l'eau miellée et légèrement fermentée, un hydromel très léger qui attendrit et réveille les énergies encore pleines de résistance à l'hiver.
A cette saison, les textes ayurvédiques déconseillent de consommer sucre, graisse, viande grasse et alcools, ainsi que de faire la sieste.
Saveurs douces, subtiles, amères et astringentes; qualités sèches, craquantes, croquantes, légères, rugueuses; énergie en fermentation, en création. Type de cuisson: rôti, grillé, séché. Type d'aliments: boissons fermentées légèrement, pains levés, fruits secs, vieil orge, vieux blé, légumes grillés, miel, viande d'animaux de contrées désertes (si vous en mangez). Des exemples de menu du matin:
Pain au lait au sirop de bourgeons de pin, graines germées au citron, jus de carottes frais
Perles de caillé grillées (type gulab jamun) dans un peu de sève d'érable, tartines grillées
Pains de farine de pois chiches cuits à la vapeur, poêlée d'orge germée, gelée de pommes
Galettes d'épeautre levées, pesto de pissenlit et tahin, jus de citron au miel
J'attends vos commentaires...

vendredi 4 décembre 2009

Pain d'épices

Traditionnellement, le mélange se fait à la St Jean, triomphe de la manifestation des forces de vie: miel d'acacia et farine de seigle, sans eau, puis on surveille la fermentation très lente jusqu'à la St Nicolas (6 décembre). La pâte a gonflé, est alors devenue quasi liquide, gorgée d'énergie, le miel s'est transformé en hydromel, et a digéré le seigle. On ajoute des épices, éventuellement des écorces d'agrumes et des fruits confits, et on cuit, toujours sans eau ni graisse, sauf sur le pourtour. Il marque la fin des décompositions automnales, ensemençant avec les atours du plein été la nouvelle vie qui se manifestera après la dormition de l'hiver.
C'est presque au même moment qu'en Provence, à la Sainte Barbe (4 décembre), on sème la poignée de blé, une survivance du rite égyptien de l'Osiris végétant. A la Noël, la façon dont il a poussé indique pour ceux qui savent le lire l'état de santé pour l'année à venir de chaque membre de la famille...
La fin et le recommencement...

jeudi 26 novembre 2009

Plats du moment

Tandis qu'à Paris, la pluie apporte sa subtilité et sa douceur, le soleil est toujours présent en Provence. Nuits froides, journées tièdes, nous sommes encore dans l'été indien, même si le froid gagne du terrain. Donc, retour à un régime amer, doux et astringent, inspiré aussi par les décompositions finissantes de l'automne et les belles moissons dorées qui recouvrent le sol.
L'usage de gras reste à modérer tant que le froid de la nuit ne se prolonge pas le jour, et tant que les dernières feuilles n'ont pas rejoint le sol. On peut utiliser, de préférence à l'huile ou au beurre, les crèmes d'oléagineux (amandes, sésame, noix de coco...), ou la crème fraîche.
Si la douceur vraiment printanière de ces derniers jours se traduit aussi par de l'énervement, le besoin de tout changer, de nouvelles aspirations, prendre des eaux de fleurs, des pestos (cresson en particulier), des fruits, et ne manger que si on a faim. Si au contraire, en raison d'un fort feu digestif, le transit est trop rapide, ou si on se sent dépourvu de volonté, fondu, une tisane de myrte, écorce de chêne et mélisse, devrait aider à se rassembler, ainsi que du coing, des poires et des pommes. Mais on peut aussi aimer être fondu...

Voici des exemples de menus, pas tous végétariens:

-semoule d'orge grillée au beurre clarifié, poêlée d'épinards aux cubes de fromage caillé, topinambours aux pommes, chutney de poires
-blancs de poulet en ragoût de cresson, pain d'épeautre, pesto de persil, coing cuit au four et sucré au miel.
-poêlée de chou et carottes au carvi, semoule de blé à la fleur d'oranger, soupette d'orties, tarte Bourdaloue (sans oeufs pour nous)
-patates douces au four dans leur peau, pesto de cresson, mâche aux noix et aux écorces d'orange, glace au sésame
-soja vert à la crème et à la cardamome noire, tarte de potimarron, compote de pommes aux épices.
Le matin, nous avons grand faim. Des fruits d'abord: clémentines, pommes, premiers kakis, et toujours les grenades...puis quelques céréales rôties, délayées avec un yaourt allongé d'eau; ou des tartines épaisses et légèrement grillées de pain d'épeautre humide et moelleux avec du beurre clarifié et du miel, ou du sirop de coing ou de grenade; ou de la brousse avec du sirop, et des boulettes d'orge grillée; ou du vrai pain d'épices, fermenté longuement, délicatesse extrême et remède à lui tout seul...
Voilà pour les exemples qu'on me demande souvent...
Prochain billet sur le pain d'épices de la St Nicolas justement.

dimanche 8 novembre 2009

C'est l'hiver?

Ici, les feuilles entassent leur moisson dorée dans les chemins, le soleil fort réserve encore quelques bouffées de salsepareille au promeneur, tandis que des baies rougeoyantes à l'éclat infernal jettent leur capiteux éclat sur le bord des champs, clin d'oeil des tréfonds dans lesquels la nature part se nicher pour l'hiver et auquel répond la pure aurore des grenades et des arbousiers...Il fait froid.
Grenade éclatée
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Salsepareille en fleur sur un buisson de romarin
Baies rouges
Le travail familier de la mort ensemençant la vie commence. Les vers attaquent les derniers fruits, les dernières herbes, les tas de feuilles se décomposent en exhalant leur odeur chère, humble et prometteuse. Richesse de la terre porteuse des graines de l'année à venir sous la sauvegarde bienveillante des décompositions de l'année passée.
Oui, début de l'hiver. Nouvel An en Inde. Fête des lumières, fête des morts. Fin de l'année agricole.
Il est temps d'adapter encore son régime.
A en juger par les élans des roses épanouies de mon jardin malgré la fraîcheur, la montée du feu de l'hiver est rapide. Il sera vite là, et froid...
Pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, il est grand temps de faire le ménage. Du corps, de la maison, de l'âme...Le feu qui monte avec le froid porte joie, amour et clarté, mais attention aux feux de cheminée, alors ramonons.
Tandis que dehors les atours de l'été se défont dans la terre, on peut manger de même des nourritures fermentées: viandes faisandées, vins vieux, hydromel, véritable pain d'épices, vins de fleurs, eau-de-vie de fruits, yaourt. Peu d'herbes, plutôt des épices, peu de fruits frais
Les saveurs sont acides, sucrées, salées. Les textures moelleuses, onctueuses, grasses, liquides.
Le feu digestif est fort, empêché de se disperser hors du corps par le froid extérieur, on peut donc manger ... ce que l'on souhaite.
Commencer la journée avec un massage à l'huile en profondeur, pour aller réveiller l'énergie nichée dans les profondeurs des tissus, puis se laver et se frictionner. Quelques gouttes d'huile de sésame dans le nez, les oreilles et la gorge. Cela encourage les éliminations, détend la zone de la tête, donne une belle voix, de beaux cheveux, un beau regard, un front sans ride... L'exposition au feu, au soleil, et au chauffage est à faire avec précaution, puisque cela disperse le feu intérieur. On peut dormir un peu plus. Pratiquer des exercices d'énergie interne le matin, une acivité qui fasse un peu transpirer, des échauffements de toutes sortes, avant de sortir. Et surtout, aller visiter ses propres profondeurs, se retirer à l'intérieur de soi de temps en temps, là où se retire le soleil.

vendredi 16 octobre 2009

Un nouveau livre

A signaler: la parution de Bidoche, L'industrie de la viande menace le monde, de Fabrice Nicolino, aux éditions Les Liens qui libèrent. Le titre est suffisamment parlant!
Interview de l'écrivain sur lemonde.fr

mercredi 14 octobre 2009

Je suis ce que je mange

Je suis ce que je mange
Tout est dit. C'est fini. Je peux remballer mon cours ou mon livre, tout est là dans cette phrase étonnante et connue, à la portée de chacun.
Nous passons en cuisine.
Non?
On peut aussi écrire des volumes entiers sur cette phrase, des encyclopédies même.
Je suis ce que je mange. Ou ce dont je me nourris, dans une traduction plus vaste.
Tout parle autour de nous. La cerise de juin, pulpeuse, juteuse, ferme et douce, exultant de sang festif, restaure la plénitude de cet organe rougeoyant que l'on nomme vésicule biliaire et, dans la médecine populaire, absorber son noyau broyé dans du vin chasse la pierre (calcul) formée dans l'organe. Soin par la métaphore.
De même que la pariétaire qui casse la pierre pour infiltrer ses racines dans les murs chasse les calculs du corps en les rompant. Le légume à la chair pulpeuse que je grille envoie dans mon corps l'impulsion des éliminations de printemps ou d'automne. De même que la nouille, avatar de pâte trop cuite et dégoût des italiens, me change en... nouille! Le brocoli, avec sa tête de bronchiole verte, apaise mes poumons enflammés, et l'amande fraîche, « histoire » du vocabulaire érotique des Mille et Une Nuits*, nourrit la matrice et la parole, si liées dans l'imaginaire. La crinière verte des orties poilues nourrit la pousse des cheveux, tandis que le jus incarnat des grenades régénère le sang et la chair. Le riz blanc et le lait nacré purifient et rafraîchissent le corps; le ghee au bel éclat doré apporte abondance et richesse, et rend aussi incorruptible que le beau métal en emportant les excès, les rayons de la lune lui rendent fraîcheur et plénitude.
Les textures sèches, rugueuses, craquantes, sèchent mon corps de l'intérieur, empêchent l'avachissement extérieur sous la chaleur, absorbent les trop-pleins, augmentent les souffles. Et la farine d'orge grillée calme la formation de mucosités. Tandis que la crème de riz et le yaourt infusent leur douceur dans ma chair.
Les résines embaument, conservent, et restaurent la forme d'origine, sur une fracture par exemple, comme elles le font pour l'arbre. La sève de bouleau montant au jeune printemps porte le même élan de vie dans mon corps, comme la graine juste germée y envoie l'empreinte du jaillissement, de la manifestation, de la sortie de l'ombre. Les légumes et les fruits pleins de chair et de jus gonflent la chair du corps, tandis que les fruits secs -amandes, noisettes, raisins...- contribuent dans certaines conditions à la formation de concrétions, tout comme les vieux fromages. Le fromage caillé, lui, nourrit la formation des os.
En me nourrissant de saveurs subtiles, j'ouvre les champs de perception de mes sens. Avec les saveurs primaires et couvrantes, surtout quand elles excluent les autres, je recouvre les autres champs de la réalité, qui deviennent imperceptibles jusqu'à paraître inexistants, ce qui peut parfois être nécessaire. (Mais à consommer trop de saveurs totalitaires, on nourrit peut-être le dictateur ou l'ignorant en soi, et la vraie solitude existentielle dans un monde expurgé de sa beauté. )
C'est la théorie des signatures. Mentalité magique peut-être...mais moyen mnémotechnique des médecines populaires du monde, un monde conçu comme une suite de métaphores, un monde de poésie pure où fort heureusement, parce qu'il échappe à la systématisation, parce que tout ne se voit pas à la surface ou au microscope, la métaphore elle-même ne fonctionne pas toujours. Le médecin doit se faire poète et voyant...
Mais le propos dépasse l'aliment ou le remède.
« Ce dont je me nourris » inclue tout ce qui nourrit mes sens et mon intellect. La nourriture ici, ces sont les sons, les odeurs, les textures, les goûts et ce qui se voit ou ne se voit pas, ainsi que les idées et les histoires. Ce que je perçois de la réalité est ce qui me nourrit, et façonne ce que je suis. C'est un « karma », c'est aussi un choix qui fonde ce que je suis, ce que je vis. Ce que je cultive et rêve de ce monde merveilleux est ce qui fonde mon expérience, comme la vieille du conte qui déroule son rêve de bonheur dans la tapisserie brodée au fil des jours et au sang de ses yeux. La tapisserie s'envole à la fin et s'étire pour fusionner avec son pauvre village, devenant réalité. Mais la vieille du conte avait fait silence dans sa solitude et l'ombre de sa maison pour broder et dérouler son rêve de beauté.**

  • l'amande est une métaphore de l'entrée du vagin, dans les Mille et une Nuits et, dans , le héros est chargé de trouver une jeune fille vierge, dont l ' « histoire » serait comme une amande, c'est-à-dire qu'elle n'aurait rien à « dire ».
    • conte raconté par Henri Gougaud

mardi 6 octobre 2009

Automne

En Provence, les feuilles commencent à jaunir et tomber, emportées par le vent.
La fraîcheur incline au retrait dans l'intérieur, surtout la maison douillette le matin. Les montagnettes proches résonnent de temps en temps de bruits de chasse.
J'ai le sentiment que suivre le mouvement des saisons, c'est aussi en ce moment se laisser habiter par le dépouillement de la nature. Laisser là les vieilles feuilles, les réserves inutilisées, dans le corps comme dans la maison, vider les placards trop pleins, tout ce qui a fleuri et fructifié ces derniers mois...et se mettre en route dans la douceur et la profondeur mélancolique de cette saison vers l'or de l'hiver intérieur, délesté de tout bagage. Pour que le printemps soit nouveau...
Et, comme la nature qui offre ses plus beaux fruits en ce moment, offrir à tout va. Ce qu'on a, ce qui ne sert pas, ce qui est précieux, ce qui est beau...Jeûner de ses possessions en quelques sorte.
Diwalî, la fête des lumières, le noël indien, a lieu bientôt.

mardi 29 septembre 2009

Aux couleurs de l'été indien

Il y a des fraises dans mon jardin, des fleurs sur le chèvrefeuille, de nouvelles pousses sur mon rosier, des oignons sauvages qui pointent leurs tiges...Les pluies commencées avant la nouvelle lune se sont vite arrêtées, nous sommes entrés directement dans l'été indien comme dans un nouveau printemps.
Bam!
Ruissellements de lumière, pureté, ciel bleu marine, enthousiasme, inspiration...joie
La grippe hahaha a du mouron à se faire jusqu'à la prochaine lune.
Le régime change à nouveau...
Devant l'éclat du soleil, l'intensité des contrastes, on se fait petit et humble, nourri. Rien à dire. Les goûts restent simples, peu ou pas d'épices, les saveurs amères, douces et astringentes sont à privilégier, un régime de yogi qui accompagne les élans du coeur, donnant au feu qui monte l'espace pour devenir subtil.
Des fruits, de l'eau purifiée par le soleil le jour sur votre fenêtre et par la lune la nuit, des oléagineux (noisettes de saison, noix, amandes...), des légumes verts, de l'orge de préférence aux autres céréales, peu de gras, du lait cru (et bio uniquement, si vous le supportez), des fromages frais. On profite des fruits de saison: coings, arbouses, pommes, poires...mais pas de scoubidous.
Grenade aussi, en jus concentré comme on en trouve en magasin bio, ou à manger délicatement. Particulièrement si on éprouve du dégoût, ou des symptômes de gastro, à l'arrivée des "fleurs" pour les femmes. Belle grenade qui ancre les élans dans la chair pour préserver le feu de l'hiver. Elle n'est pas encore tout à fait mûre en Provence, mais bon.
Quelques boissons très légèrement parfumées: l'eau de cuisson d'une poignée d'orge rôtie à sec, du thé vert à la menthe... on sucre avec de la réglisse, du miel.
Peu ou pas de boissons alcoolisées, le vin coupé d'eau si on en prend (pas pour ceux qui pensent que c'est un sacrilège), des viandes maigres (si vous en consommez), du beurre clarifié.
Des textures sèches, rôties, comme celle des chapatis, du pain grillé ou du miel, mais émollientes aussi. Des nourritures légères, subtiles, douces.
Des étirements mais pas trop d'effort physique, des pratiques douces, de la danse..
Comme les pluies se sont interrompues très vite, on peut être un peu raide, du corps, de l'esprit et du coeur. Chou, carotte, poireau, oignon, cannelle un tout petit peu...
Jusqu'au 18 octobre.

samedi 19 septembre 2009

Suite des pluies de fin d'été: proposition de dinacharya, ou routine quotidienne

Voici comment on peut envisager les journées d'automne, inspiré par l'Ayurveda (Ashtanga Hridaya chap.2), ou le bon sens, ou le plaisir. Comme d'habitude, ce sont des propositions n'ayant aucune valeur coercitive. Surout ne changez pas brusquement, si vous en aviez l'énergie, toute votre routine.
-se lever dans les deux heures précédant le lever du soleil (entre 5h et 7h du matin), particulièrement inspirantes et propices à la création
- contempler la condition de ce corps
-faire ses ablutions après l'élimination des excreta
-se brosser les dents avec des essences de bois astringentes, amères et piquantes*
-appliquer du collyre dans les yeux *
-instiller dix gouttes d'anutailam, ou de ghee ou d'huile de sésame, dans chaque narine
-faire des gargarismes avec une cuillère d'huile
-inhaler de la fumée, par exemple d'encens à base de bois: indien ou tibétain, ou poudre de cade (en vente chez Nature et Découverte)
-mâcher quelques graines de cardamome
-se masser à l'huile*, en particulier la tête, les oreilles et les pieds, puis prendre une douche tiède
-faire de l'exercice jusqu'à la moitié de sa force
-se masser le corps avec des poudres parfumées*
-repasser sous la douche et se frictionner en sortant
-prendre son premier repas et conduire sa journée en conformité avec ses devoirs
Pour ceux et celles qui ont des problèmes de lourdeur, le nez qui coule, la concentration vacillante, l'agacement ou le découragement qui monte, pour ceux et celles qui sont déprimés, atones, émaciés, dégoûtés...parce que la cause peut aussi simplement être... le changement de saison.
Suite au prochain billet

  • produit bientôt disponible sur le site pour les membres de l'association uniquement, et à prix coûtant

jeudi 17 septembre 2009

Stages de l'association

Voici les dates des possibilités pour les stages d'été 2010 qui se dérouleront -je l'espère- au même endroit qu'en 2009:
-du 11 au 17 juillet 2010
-du 1er au 7 août 2010
Les détails sont sur www.pomana.net, en attendant l'ouverture du site de l'association, ainsi que les dates de stage et les cours que je propose en mon nom.
A vos plannings!

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