Le paradis c'est ici ! - le blog

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vendredi 27 mai 2016

Programme parisien

Sauge sclaréeBilans, thème astrologique, conseil en alimentation, soins... sur RV, à domicile et en cabinet, les 3ème et 4ème semaine de chaque mois. Tarifs: de 60 à 120 euros.

Pratiques physiques dédiées aux femmes et à la féminité, issues de différentes traditions: yoga, arts martiaux et danse, en fonction de la saison. Une fois/semaine en salle de 8h30 à 9h30, pour la tonicité et la force, et 9h30 à 10h30, pour la plénitude et la relaxation, à Montreuil, m° Mairie de Montreuil. Une fois/semaine en extérieur dans le bois de Vincennes, m° Château de Vincennes. Participation: 5 euros. Adresses et jours à suivre

 Cours de cuisine au cabinet le mercredi de 11h à 13h dans le 10ème, m° Château d'eau, sur inscription préalable: réalisation d'un menu en 5 plats correspondant à la saison et au climat. Participation: 50 euros. Prochaines dates: 9 et 23 juin.

Pour les anciens élèves uniquement: pratique spéciale avec tambours les 13ème et 17ème jour de la lune, en extérieur ou pas selon le temps. Prochaines dates: 18 et 22 juin.

Pour tout renseignement, me contacter au 06 62 38 09 85.

mardi 24 mai 2016

Recettes à l'oignon

L'oignon serait, paraît-il chez mes amis indiens, né de la sueur tombée sur terre des Asura se battant avec les dieux pour la possession de l'amrita, le nectar d'immortalité. A ce titre il est de mauvaise réputation chez les yogis et interdit de consommation pour nombre de rituels, tandis que pour d'autres, ceux des divinités courroucées, il est obligatoire.
Disons que lors des situations de transformation, quand le feu monte et brûle, il peut être très utile: pour apaiser l'inflammation du nez dans la rhinite et certaines migraines, ou celle des yeux, celle des urines sombres...après une soirée bien arrosée, au déclenchement de fortes pluies, pour les activités combatives...ou au moment des saints de glace et autres traversée de queues de comètes.
En ce moment, ça tombe bien, il est de saison, tout menu, tout neuf, tout blanc, et il se marie particulièrement bien avec la crème, comme dans la flammekueche.

Flammekueche
Ingrédients: farine, eau, ghee, oignons, crème, quelques lamelles de fromage de chèvre ou de tomme, un peu de verdure
Préparation: faire une pâte avec la farine, l'eau, un peu de ghee et de sel, comme pour une chapati. Etaler la pâte dans un moule ou à plat sur une plaque.
Faire revenir dans du ghee suffisamment d'oignons pour couvrir la pâte d'une couche uniforme. Etaler les oignons légèrement dorés sur la pâte. Verser par-dessus de la crème liquide ou étaler de la crème fraîche. Ajouter quelques lamelles de fromage pour le goût, ou des pousses d'épinards. Saler et poivrer.
Cuire à four chaud (200° environ) pendant une demi-heure, selon la cuisson désirée. Déguster bien chaud en apéritif, ou en plat avec une salade.

Guacamole aux feuilles de printemps
Ingrédients: une poignée de feuilles de violette ou de jeunes feuilles de tilleul, 3 avocats mûrs, 3 petits oignons nouveaux, sel, poivre, le jus d'un gros citron, un trait d'huile.
Préparation: mixer le tout plusieurs minutes jusqu'à une texture uniforme.
L'oignon est particulièrement utile pour nettoyer les yeux et le nez quand il est cru, quitte à mettre son jus directement dans les yeux ou le nez... ou manger un guacamole.

Soupe à l'oignon et au gingembre
Ingrédients: 5 gros oignons, 1 doigt de racine de gingembre ou une branche d'angélique fraîche, ghee, sel, poivre, 1 tasse de vin blanc, 3 feuilles de laurier, 3 carottes, 1 branche de céleri, thym frais, pain, fromage fondant.
Préparation: émincer finement les oignons, éplucher et râper le gingembre ou émincer finement l'angélique. Faire blondir les oignons dans un peu de ghee à feu doux, puis ajouter le gingembre ou l'angélique, et laisser revenir quelques minutes encore. Déglacer avec le vin blanc, ajouter la feuille de laurier, les carottes en tronçons et la branche de céleri ainsi qu'un litre d'eau. Laisser mijoter à feu doux et à couvert en remuant de temps en temps jusqu'à une bonne odeur et une consistance idéalement liée (jusqu'à deux heures). Retirer l'angélique s'il y a lieu, les carottes et le céleri.
Cueillir des sommités de thym fleuri (en ce moment) dans le pot ou le jardin. En garnir quelques tranches de pain au fromage et passer au four pour gratiner. Servir sur la soupe.
Le fromage fondu est important: lui aussi est un remède aux rhinites et autres inflammations sèches de la tête. Si on en mange, on peut ajouter pour un bouillon plus riche un os à moelle.

Confit d'oignon
Ingrédients pour 4 personnes : 4 oignons rouges, mélasse de grenade, 1/2 c. à soupe de miel, 1/4 de tasse de vinaigre (de sureau si possible), 1 c. à soupe de raisins secs, 1 c. à café de graines de fenouil (optionnel).
Préparation : éplucher et émincer les oignons, puis les faire suer dans du beurre clarifié jusqu 'à évaporation complète du jus à feu doux. Ajouter le miel, le fenouil et les raisins, et déglacer au vinaigre de sureau avec un trait de mélasse de grenade puis faire réduire à nouveau à feu moyen en remuant souvent. Saler au goût et mettre en bocal ou servir.

Tarte à l'oignon
Ingrédients: 4 gros oignons, 100g d'amandes entières mondées ou non, 20cl de crème, sel, poivre, 1 branche d'angélique fraîche ou le zeste d'un citron, pâte brisée, ghee
Préparation: monder les amandes à l'eau bouillante si nécessaire et réduire en purée en ajoutant petit à petit la crème fraîche. Emincer finement les oignons et les faire blondir dans du ghee avec le zeste ou l'angélique. Etaler la pâte brisée dans un moule à tarte. Couvrir des oignons dorés et parfumés, puis de la crème aux amandes. Saler, poivrer. Passer au four 30mn, à 200° environ. Servir tiède avec un vin de mai à l'aspérule et une salade sauvage.

jeudi 19 mai 2016

Une perception forte de la "rouille" des saints de glace

Une corrosion est à l'oeuvre en ce moment...Pour remédier à ces tensions, ces tiraillements, ces rougeurs et ces raideurs, l'oignon du printemps, ainsi que l'ail, sont particulièrement indiqués, comme après la corrosion des grosses "cuites": soupe à l'oignon, flammekueche, tarte à l'oignon, confit d'oignon... A suivre: mes recettes à l'oignon.

vendredi 13 mai 2016

En route pour la joie et la fraîcheur!

Fleurs de plantain à la couronne de féeCette année comme l'année précédente, l'effet des "saints de glace" semble légèrement décalé. La baisse est annoncée, par la météo, mais aussi nos corps chauds et notre peau qui anticipent la fraîcheur.

Si on n'a pas fait de petit jeûne, oublié son yoga ou son activité physique quotidienne, passé trop de temps devant un écran au moment de la manifestation du feu dans les yeux et les fleurs, on peut se sentir fatigué, mélancolique, avoir mal à la tête, des gaz, ressentir la corrosion de la "rouille" qui peut affecter les plantes, une absence à soi-même... les effets du bouleversement des souffles si notre feu ne digère pas le nouveau changement de temps et d'atmosphère. Ou, après l'apaisement serein des floraisons: le retour d'une joie tonique et généreuse, une nouvelle vigueur, un élan vers la concrétisation, les révélations de la Pentecôte...

Petite fleur de stellaire si bien nommée, et délicieuse Le repos est important, jusqu'à ce point délicieux de saturation avant la mollesse, où la plénitude est retrouvée et où les sens sont renouvelés. On peut aussi s'abandonner aux mains d'un(e) masseur(se) qui déliera les tensions et redonnera de la force. Si on se sent collé au plafond, toujours le bain de pieds chauds. Dans ce cadre, les nourritures qui donnent la niaque seront celles qui sont rôties ou demandent un effort de mastication: galettes esséniennes bien cuites, tartines grillées, grâtins pas trop gras, légumes croquants... Pour quelques jours, on sort de la suavité du mai fleuri et parfumé. Les aromatiques nous aideront à faire circuler et à purifier ce qui stagne, comme l'angélique, les pousses de menthe, la mélisse...et la guimauve, la camomille, exceptionnellement le santal, à nous placer devant le lac bleu et pur des tréfonds du coeur.

Petite fleur discrète de l'herbe-à-Robert Avant le froid, aujourd'hui, on peut avoir besoin de nettoyer le feu qui monte avec de grandes salades, une poêlée d'épinards ou de bettes au beurre clarifié, de la guimauve, un pesto de galanga... On peut avoir envie de postures qui ancrent dans le sol, comme la posture du guerrier, ou de postures qui massent les organes de digestion. Ou pas, et se sentir parfaitement fluide dans l'instabilité, danser comme un équilibriste sur les soubresauts de température, puiser dans le chaos la certitude de la pureté absolue de toute chose, au-delà des credos et des habitudes, se laisser inspirer par ce temps d'ouverture de l'esprit... puisque tout bientôt ne cessera de parler, d'échanger, de circuler, en nous et autour de nous.

mercredi 11 mai 2016

Propositions de menus et recettes

Tiramisu aux fraisesPetits-déjeûners: galettes esséniennes, pesto de coriandre et galanga, jus de carottes; fromage frais, compotée de rhubarbe, sablés à la rose, infusion de sureau; smoothie d'herbe de blé ou d'orge, pain au lait et miel rozat.
Déjeûners: asperges vertes revenues au beurre, salade de bonnes herbes du jardin, semoule d'orge rôtie aux petits oignons et à la crème; fromage aux baies roses, pesto de fânes de carottes, chou vert-pré, pain grillé; charlotte de légumes primeur, pesto de coriandre et galanga, carottes à croquer.

Dîners: soupe de pois cassés et queues d'asperges, pain au lait; potée de chou chinois et petits pois, croûtons parfumés; gratin de semoule d'orge sur lit de verdure du jardin, pana cotta.

Fleurs de seringat Miel rozat
Après les Saints de Glace, piler une bonne quantité de pétales de roses rouges au mortier jusqu'à obtention d'une purée. Mêler cette purée à une quantité égale de miel liquide et verser le tout dans un bocal en verre qui sera rempli au deux tiers. Placer le bocal au soleil environ deux semaines, afin que le soleil cuise la préparation. Faire bien attention que le bocal ne voit ni la lune ni la pluie, afin que son contenu ne se corrompe pas.
Le confit obtenu est évidemment délicieux sur des tartines, en accompagnement de desserts lactés, seul... et il a en particulier des vertus aphrodisiaques et anti-aphteuses. Pour les aphtes, une autre recette ancienne qui marche très bien: l'infusion de pointes d'épines de ronce.

Consoude fructifiant Galettes esséniennes
On en trouve dans les magasins bio sous ce nom, mais très couramment aussi au printemps en Inde du Sud, les recettes étant très variées. Voici la base: une légumineuse germée (lentilles, pois chiches, pois cassés...), le germe ne devant pas dépasser une demi centimètre (deux jours), quelques oléagineux (amandes concassées, noisettes, noix, graines de courge, de lin, de tournesol...), éventuellement des fruits secs (abricots, figues, raisins...) ou de petits oignons nouveaux en lamelles, un peu de farine pour assurer une cohésion, des aromatiques pour la digestion et le parfum (angélique fraîche, gingembre, menthe, ombellifères, mélanges type cha'at masala ou "alléchant"), une petite dose d'huile, un peu de sel (sauf si on a mis beaucoup de fruits secs).
On passe le tout au mixeur jusqu'à obtention d'une pâte épaisse si on veut faire des galettes, d'une pâte plus liquide si on veut faire des crêpes. On peut cuire au four, dans un peu d'huile ou de beurre à la poêle, ou ... au soleil s'il fait bien chaud et sec en étalant la pâte sur une couche fine.
Cela prend peu de temps, convient à tous les repas, à toutes les heures de la journée, est très riche en énergie, digeste et apprécié de tous car riche en goût.
Divine angélique Si on l'a bien aromatisée, on peut trouver la galette particulièrement délicieuse avec un yaourt ou du fromage frais. Si elle est plus douce, avec un pesto relevé. Si elle est plutôt sucrée, grillée avec un peu de beurre frais et de miel rosat.

Pesto de galanga et coriandre
Réservé aux parisiennes qui peuvent se procurer facilement du galanga dans les épiceries asiatiques... et pas très local, mais c'est ma folie du moment. Pour l'obtention d'une saveur proche et plus locale, on s'adresse à l'estragon.
A quel moment: sur le versant mélancolique et lourd du retour à la pluie, dans les brûlures de la colère et de l'impatience, quand les rouages coincent, quand l'appétit s'enfuit, pendant le grand ménage de la maison ou de soi...
Ca fait quoi: ça rend à la pureté, ça replace au centre des choses, ça enlève les obstructions. Ingrédients: environ 6-7cm de racine de galanga, deux bouquets de coriandre fraîche, le jus d'un citron, un peu de sel (au goût), un demi verre de crème de coco sans additif (de plus en plus difficile à trouver) ou de crème liquide et de poudre de coco.
Préparation: passer le tout au mixeur et manger sur des tartines, avec des pâtes de riz, des crackers, des galettes esséniennes, en accompagnement d'un repas...

dimanche 8 mai 2016

En route vers le ciel

Ombelle de sureauAvec le grand trigone qui se forme au début du mois dans les signes de terre, ce mois de mai, après les soubresauts et les cahots d'avril, marque une période de régénération profonde, de proximité avec les sens et la présence au corps, et de guérison. Mars étant en rétrogradation pour quelques temps, il est possible que les éclosions et la chaleur soient cependant timides encore quelques temps.
L'Ascension de ce jeudi, 40 jours après Pâques, suit les Rogations, ce rite datant de St Mamert (au Vème siècle), faisant suite aux Robigalia des Romains, elles-même suites des fêtes de Beltaine celtes : alors que la Terre traverse le nuage des Eta aquarides (particulièrement observable sous forme d'étoiles filantes aux premières heures du matin du 7 mai, lors de la nouvelle lune), l'atmosphère se modifie.Aspérule odorante Pour protéger les bêtes et les récoltes de la « rouille », des processions avec torches enflammées faisaient le tour des prés, des champs, et des cultures, tandis que les hommes pratiquaient un jeûne assoupli pour les deux premières semaines du mois de Marie, avant de tourner leurs yeux vers le Ciel pour l'Ascension. Si on n'a pas jeûné, si on ne s'est pas engagé dans quelques travaux physiques, un peu de triphala par exemple, la poudre des 3 fruits (magasins indiens ou commande), aidera à ouvrir la voie, à libérer la gorge,et à alléger le corps: une cuillerée à café dans un verre d'eau chaude juste avant de dormir.

La plante de la situation, c'est le sureau. En infusion ou en soupe, les fleurs écrasées ou réhydratées dans du lait tiède, le soir, il ensemencera nos lourdeurs de pureté, et nous aidera à éclore à la lumière, effaçant les rigidités nées de ces dernières semaines de secousses, et nous amenant à notre point de rosée. En infusion que l'on fait couler dans les yeux, à température ambiante, sa fleur a aussi la réputation de soigner les irritations oculaires fréquentes en ce moment. Ses jeunes pousses ébouillantées et revenues dans le beurre font une bienfaisante poêlée de verdure très appréciée en Provence. Et la petite aspérule odorante, la voie lactée des forêts, qui prend naissance dans l'humus sombre des hêtraies, nous apportera sa lumière, sa légèreté et sa joie, en infusion ou en sirop, ou dans le « Maitrank » des alsaciens, le vin de mai.Fleurs d'églantier

Car le mois des fleurs est aussi le mois des yeux. Tandis que le feu se manifeste dans les éclosions et les ouvertures, dans la Nature et en nous-même, notre lumière intérieure éclôt également à travers nos yeux. Temps privilégié pour la contemplation du ciel ou du Ciel, des nuages qui passent, des levers de soleil pas encore trop matinaux ; pour se rafraîchir les yeux dans la contemplation de la beauté à l'oeuvre dans la nature, des folles prairies ensoleillées, des visages aimés ; pour régénérer notre feu en massant nos pieds au beurre clarifié ou au baume de consoude. Une fois par semaine par temps tiède ou chaud, les femmes, en particulier, peuvent s'oindre la tête d'huile pour la journée, en s'entourant la tête d'une serviette. L'onction apaisera les souffles qui montent, rendra petit à petit leur douceur, leur volume et leur couleur à la chevelure, et contribuera à la félicité.

Fleurs de nigelle La Terre commence à déployer sa majesté nourricière. Dans les prairies, les forêts, et même les rares et précieux jardins ensauvagés de Paris : pimprenelle astringente, pousses d'achillée, herbe-à-Robert fleurie, pariétaire montée, jeunes feuilles de tilleul encore collantes, orties en majesté, feuilles de mauve, consoude et ses clochinettes bleutées, stellaire avec ses fleurs, lamier blanc, terminaisons de vesce, racines de bardane... pour notre assiette ; aromatiques comme la mélisse, l'armoise, l'angélique archangélique, les pousses de menthe, le thym, la rue en Provence, le lierre terrestre... capiteuses de mai qui viendront parfumer tisanes, liqueurs, desserts... comme la pivoine, la rose, le sureau, l'acacia, le jasmin aphrodisiaque... ; et les « uniquement » médicinales comme la chélidoine, l'aubépine, les pousses de prunelier...
Risotto d'orge aux orties et salade de feuille de primevère, de plantain, de violette, d'achillée, d'herbe-à-Robert aux fleurs de consoude, de thym et de lamier Pour accompagner la verdure, l'acidité de la rhubarbe changera du citron qui n'est plus de saison, et fera prendre l'huile en mayonnaise. Les produits laitiers aussi sont à l'honneur, ainsi que les fermentations (pâte levée, hydromel et limonades, fromage blanc...) retrouvées de l'après-Carême. Beurre avec les radis, les petits pois, la laitue ou les asperges, crème avec les premières fraises et un soupçon de poivre, Fontainebleau avec un coulis de rhubarbe, tiramisu à l'angélique ou au café, orge au lait au sirop de fleurs d'acacias (pour changer du riz au lait)... pour nourrir notre tendresse avant l'embrasement attendu de l'été et la montée aux feux de la St Jean.

Propositions de menus et recettes à suivre...

mercredi 30 mars 2016

Un p'tit air de printemps

Bourgeons de saule poussinantMoi aussi, je me suis allongée sous le lilas de mon jardin et je me suis laissée enivrer par son odeur que la chaleur intensifiait, les yeux errant sur les petites assemblées étonnées de pensées nouvelles dressées au-dessus du lamier finissant, émergeant des salves de graines de cardamine qu'un effleurement du vent fait jaillir, à applaudir la danse toujours renouvelée des éphémères, le corps légèrement enfoncé dans la terre moelleuse et fraîche, enroulée dans l'atmosphère parfumée, au fait de l'ouverture printanière de tous mes sens, à ce moment où on sent l'humidité arriver, la lourdeur du retour à la fraîcheur, et déjà une nostalgie de l'instant passé si intense, comme un petit automne qui ouvre les éventails du coeur et le gonfle de tendresse humide et fraîche comme un baiser. Le vin de lilas de l'année dernière a mûri sa douceur, il est prêt à être dégusté.

Pissenlit prêt à livrer ses nacelles au vent C'est le moment de compter un autre temps sous le cerisier à l'odeur d'amande, au fil des pétales qui parsèment peu à peu le corps comme une neige, de regarder les cirrus élégants à travers les branches, de se retourner pour surprendre le déploiement des nacelles d'un pissenlit juste après notre passage, d'allumer son âme au miroitement plein de promesses de l'eau, ou à cette lumière nouvelle dans les yeux des amis et des passants, contagieuse comme un embrasement. A ce moment, qu'importe que je sois le bourgeon qui perce sa gangue, l'oiseau qui déploie ses ailes au vent, le passant, le mouvement de la rivière... Quelque chose s'est rompu comme une digue. Je suis le parfum du peuplier, le jeune homme sur son vélo, le héron qui chasse, la guirlande de poussins du saule, la fleur qui laisse place au fruit, les notes de ma chanson, l'atmosphère caressante et légèrement brumeuse...Tout s'unit dans un même élan vers la manifestation.
Fleurs de glycine Aussi, chaque matin, je me lance dans les accumulations de salutations au soleil, une petite course dans la nature, une danse joyeuse dans ma maison... assez d'activité physique et de transpiration pour accompagner les accouchements et les résurrections de la nature, et me garder des cahots et des éblouissements. Si la gangue de l'hiver m'enveloppe encore, un petit massage à la farine m'aide à défaire les inflammations, et ouvrir les voies de communication.
Bien sûr, j'ai à la fois faim et très peu d'appétit. La multiplicité des parfums, des couleurs, des reflets, des textures... me comble, même si la promeneuse conserve un solide appétit, étanché par une salade sauvage d'herbes et de fleurs, un riz au lait, une soupette, des tartines de pesto, un pain de graines germées aux fruits secs... tout ce qui croque, craque et croustille, ce qui pétille de vie en devenir, ce qui se manifeste avec force sans qu'on ait veillé dessus, et les saveurs piquantes, aromatiques, amères et astringentes...
Cardamine en graines, pensées, lamier finissant Si l'embrasement retarde le sommeil, la douche des chevilles (padadhara) ramène à la terre, ce rituel du lavement des pieds si apaisant par son humilité, sa simplicité et sa lenteur: au-dessus d'une bassine, on presse une éponge alternativement au-dessus de chaque cheville de l'embra(s)sé(e), pendant le temps qu'il faut à un bienheureux relâchement des tensions, celles de la joie qui porte hors de soi, de la fièvre, du stress, des paroles empoisonnées, de la chimiothérapie... Cela demande de quelques minutes à parfois quelques heures... On peut aussi marcher dans l'herbe tendre, ou masser les pieds au beurre clarifié.
Si les yeux se sont brûlés à la multiplicité, si on s'est exposé au soleil, de l'eau fraîche sur le sommet de la tête, une boisson à l'eau de rose, voire le thandaï que l'on sert lors des fêtes de Holi en Inde, quand les rires, les désirs et les courses effrénées de la célébration du printemps reprennent force et humanité avec un verre de lait safrané.

Iris ensauvagé Hilbeh (origine yéménite, tradition juive)
Quand ? Quand les hausses de température nous tourneboulent, dans l'intensité du printemps, quand les trop-pleins de la manifestation nous vident de désir et de faim..., quand on a un peu abusé des graisses ou du sucre en ces temps de fête perpétuelle.
Ca fait quoi ? Nausée partie, pensées clarifiées, vision dégagée, relâchement de la pression vers le haut...
Préparation : Mettre en poudre 2 cuillerées à soupe de fenugrec. Il faut que la poudre soit très fine et sans grumeaux.
Arroser d'eau bouillante et laisser reposer une nuit.
Le lendemain, évacuer le liquide qui reste par-dessus la gelée qui s'est formée.
Ajouter du sel, du poivre, du concentré de grenade ou du jus de citron (environ 2 c. à soupe), 1/2 c. à café de carvi en poudre, et 1/2 c. à café de cardamome fraîchement moulue.
Fouetter ensuite la préparation jusqu'à l'obtention d'une texture d'écume...et déguster seul ou avec du pain grillé, comme un chutney ou une sauce ou un dip.

DSCN7747__800x600_.jpg Thandaï pectoral (Inde)
Quand ? Après une course effrénée dans les premières chaleurs et les premiers soleils, quand les fleurs s'épanouissent (pushpa) : celles des amoureux, des jeunes filles de 16 ans, des femmes enceintes, des cycles féminins, des femmes qui ont cessé de concevoir, de la lune haute... et celles des prairies colorées.
Ca fait quoi : ça donne vigueur aux élans, ça nourrit le feu qui brûle, ça redonne la douceur de la respiration...
Ingrédients : 1l d’eau, 1l de lait cru, ½ tasse de miel de fleurs ou de dattes, ½ c. à café de graines de cardamome grossièrement pilées, ½ c. à soupe de graines de fenouil, 1 pincée de filaments de safran, 1 c. à soupe d’eau de rose véritable, 1 c. à soupe de purée d’amandes blanches, 1 c. à café de grains de poivre, quelques tronçons de racine de guimauve.
Préparation : Amener l’eau à ébullition. Laisser dissoudre le miel, ou tremper les dattes dénoyautées et coupées en rondelles, dans la moitié de l'eau. Si on a utilisé les dattes, au bout de 20 mn, passer l'ensemble au mixeur puis filtrer.
Dans le reste de l’eau, faire tremper le fenouil, la cardamome, le poivre, le safran, la guimauve et la purée d'amandes, pendant 20 minutes.
Egoutter et réserver le liquide.
Ajouter le lait et l’eau de rose, ainsi que l’eau miellée ou sucrée aux dattes.
Servir frais avec des pétales de rose.

mardi 22 mars 2016

Suite des podcasts de France Bleu Touraine

telechargement.jpg Isabelle Dorso, de France Bleu Touraine, m'a invitée à faire une chronique bien-être de 2 mn diffusée chaque semaine à 8h40, depuis septembre, en variant les jours. C'est chouette et disponible en podcast! Et en plus, je ne suis pas la seule à intervenir: chaque jour, un praticien de médecine alternative différent! Vous pouvez écouter les podcast ici. Voici les derniers diffusés: le 30 mars, le 23 mars, le 10 mars, le 29 février, le 25 février, le 18 février, le 4 février, le 26 janvier, le 21 janvier, le 12 janvier, le 5 janvier, le 24 décembre, le 16 décembre, le 9 décembre, le 1er décembre, le 25 novembre, le 17 novembre, et le 12 novembre.

lundi 14 mars 2016

"La Voie Lactée" sur le site de la Fnac!

Pour tous ceux qui disent que "La Voie Lactée" est dure à commander: cliquer ici pour le commander à la Fnac.
Sauf à Tours, parce qu'il y a "Lire au Jardin", un libraire indépendant qui possède ce livre en rayon et vous permet d'éviter la grande distribution, et même les frais de port.

vendredi 11 mars 2016

Pour Sophie, recette des iddlis que nous venons de manger

SONY DSC Ingrédients: 1 tasse de riz blanc, 1/8 tasse de urad dal (mondé), 1/4 cuillerée à café de graines de fenugrec, levure boulangère fraîche éventuellement, noix de coco râpée.
Préparation: faire tremper le riz, le fenugrec et le dal dans l'eau pendant 2h. Egoutter légèrement et passer au mixeur jusqu'à obtention d'une pâte assez lisse, et liquide comme de la crème fraîche battue. Laisser fermenter et gonfler dans un endroit humide et chaud, ou ajouter 1/8 de cube de levure boulangère fraîche, environ 1 nuit. Huiler les moules de l'iddli-cooker, ou tout autre moule pour cuire à la vapeur, verser de la pâte dans chaque moule en pensant que la pâte va gonfler et doubler de volume et, quand l'eau bout, placer les moules dans la vapeur pendant environ 10mn suivant la taille des moules. Si on le souhaite, à mi-cuisson, on peut saupoudrer le dessus de la pâte de noix de coco râpée.
Idéal au printemps avec une soupe aigre-douce aux pruneaux et racines (recette dans "Cuisine ayurvédique" p. 76 ou "Un goût de paradis"), un pesto et un chutney de noix de coco (recette dans "Un goût de Paradis" ou "Cuisine ayurvédique"p. 134), par une belle journée ensoleillée où l'amour vous monte au coeur et où la splendeur du re-doux vous transporte de pureté.

jeudi 10 mars 2016

Stage d'une journée en Auvergne, le 24 avril

salade"La Maison de chez nous", en Auvergne, accueillera le 24 avril, de 9h30 à 17h30, un stage sur le thème "Savourer les saisons: les surgissements du printemps", que j'animerai dans ce très beau lieu.
Pour être hébergé sur place, contacter directement La Maison: lamaison@cheznous.coop / 06.70.75.89.51
Tarif du stage: 60 euros, plus 10 euros de participation pour le lieu
Programme:
- découverte des plantes sauvages du jardin et cueillette,
- réalisation d'un repas en 7 plats, dégustation,
- partage guidé sur les saveurs/textures/activités de la saison, du moment et du lieu, selon l'Ayurveda et nos traditions locales,
- réponse aux questions.
Mon téléphone: 06 62 38 09 85

mardi 1 mars 2016

le temps incertain des frémissements du printemps

ail des ours en fleurLes alliacées sont sorties de terre: ail des ours parfois déjà fleuri, cébette, aillet sur nos étals en provenance du Sud... Les violettes et les fleurs de prunellier parfument subtilement l'air, les primevères, les jonquilles et les narcisses colorent les prairies, la bardane et la consoude commencent à étirer leurs feuilles, les pâquerettes sortent de terre... Malgré l'hiver doux, la terre joue tranquillement sa petite musique de printemps. Et, même si les lamiers sont déjà passés, même si le souci a fleuri... un rythme perdure dans le désordre apparent, au risque que les fragiles floraisons rencontrent de tardives froidures.

Infusion de buis fleuri qui guérit tout Aussi, même si nous sommes tout le mois en Carême, une période de jeûne dont les racines sont au-delà de la religion, peut-être ne doit-il pas être trop rigoureux cette année, puisque l'hiver n'a pas apaisé les feux, que la terre n'a pas cessé de produire et que ce mois de mars s'annonce frais.
Les préparations onctueuses mais légères, éventuellement aux alliacées pour ceux qui en consomment habituellement, adouciront les flambées : béchamel, sauce à la crème, lassi même pour prévenir les irritations fréquentes en ce moment ... ou utiliser les crèmes d'oléagineux. L'abondance des herbes, sauvages ou cultivées, ne s'est pas démentie depuis le printemps dernier, alors continuons de les utiliser : en salades, en pestos, en soupe... Si on se sent lourd et sans appétit, une tasse d'eau chaude entre les repas ou au lever peut apporter un subtil réconfort, ou une cuillerée de vin le matin à jeûn, ou un peu de bière. Si on est enflammé, les joues rouges et l'appétit en berne, la musculature aussi détendue que celle d'un chat, un peu de kéfir de lait ou de lassi redonnera de la vigueur.Chapati aux herbes et fleurs sauvages On oublie le sucre, éventuellement remplacé par de la réglisse ; le gras, sur la peau comme dans l'alimentation ; les épices forts en goût, les parfums trop puissants, le café, l'alcool ... et l'exposition au soleil s'il y en a, comme mes grand-mères me le répétaient il y a longtemps. Si on sent que notre matrice ou notre hara manque de vigueur, on table sur les bulbes et les racines, y compris la puissante angélique qui a la propriété de tonifier tous les organes, pour puiser dans la terre les surgissements de Pâques, et sur les exercices toniques et vigoureux au lever: accumulation de salutations au soleil, course à pied... On peut aussi avoir envie de veiller plus tard le soir et se lever plus tard le matin, quand la froidure s'est adoucie.

Soigner ses ouvertures pour préparer le renouveau pascal
Primevères Au moment du re-doux, peut-être après Pâques, les massages à la farine feront circuler ce qui stagne et ne peut éclore en nous. En attendant, les laits, les crèmes, le ghee lavé, le yaourt... garderont la douceur de notre peau et sa perméabilité.
Yogi Bhajan, le créateur des Yogi Teas, recommande aux femmes de se masser le corps une fois par semaine avec du yaourt fait maison, voire de se frictionner avec 4 à 5 litres de yaourt, puis d'y ajouter de l'eau chaude pour un bain où l'on reste 20mn, avant de se frictionner à nouveau, avec une serviette, au sortir de la douche, jusqu'à ce que la peau rougisse.
Le matin, le nez peut être nettoyé à l'eau salée, la langue raclée délicatement avec une cuillère ou un gratte-langue, les oreilles nettoyées à la bougie, l'éclat des yeux ravivé avec un khôl camphré.

 Propositions de menus:
Petits-déjeûners: galette essénienne de graines germées (recette ici), kéfir de lait, écorces confites, infusion de buis fleuri; pain de seigle grillé, pesto de persil, jus de carotte-mandarine au gingembre; bière de gingembre et citron, galettes de lentilles germées, pesto de lierre terrestre; salade de graines germées et fruits secs, hydromel de sureau; un peu de bière, compote de fruits secs à la cannelle, pesto de fânes de carottes et tartines grillées; une cuillerée de vin de noix ou un verre de kombucha (non pasteurisé) ou de sève de bouleau (ou de vigne) naturellement fermentée, hoummous de pois chiches germés, crackers d'orge, jus de céleri rave et carottes.
Déjeûners: pâtes fraîches à la crème, salade sauvage; salade de pousses, fondue de feuilles de chou rave, boulgour d'orge, confit d'oignon, noix au miel; confit d'épine-vinette, tsampa, bouillon d'épluchures, pesto de pissenlit; poêlée d'orties et consoude, fouées, confit de cynorhodon.
Dîners: bouillon de légumes; soupe au lait; soupe de vermicelles.

lundi 8 février 2016

Frilosité

Je le dis parfois dans mes petits billets mais c'est un cas que je rencontre souvent: une personne frileuse persuadée qu'il faut se couvrir et se reposer pour y remédier. Cela paraît logique... mais pas toujours.
La frilosité est en lien avec les souffles: mauvaise circulation, excès de froid et de sec dans le corps, dans l'âme, dans le climat, dans l'alimentation. Chez certaines personnes, une alimentation carencée peut en être la cause, soit par malnutrition dûe à la pauvreté, soit par excès de régime ou de discipline alimentaire; ou le manque de sommeil, l'excès de travail... des causes naturelles.
J'ai un ami pourtant très actif physiquement qui jusqu'à il y a peu et un certain nombre de massages à la farine se considérait comme très frileux: il s'est découvert chaudière au contraire. Parce que parfois, c'est précisément l'excès de chaleur interne qui est la cause de la frilosité. C'est pour cela que lors de certains états fiévreux, on frictionne le corps avec de l'alcool: il s'agit moins de le réchauffer que de faire circuler la chaleur figée et provoquer une transpiration salutaire. Pour ce type de personnes, non carencées, non astreintes à des travaux épuisants, se réchauffer revient à faire circuler la chaleur bien présente, à travers pranayama, étirements, frictions, alternances de chaud et de froid, sudations... délices du hammam ou du sauna par exemple. Couvrir le corps de vêtements chauds, vivre avec le chauffage trop haut, manger froid parce qu'une certaine soif persiste et le besoin de frais... augmente la stase de la chaleur, et la frilosité avec.

Jours de tempête

un ciel constellé dans l'herbe, photo de Patrick GentyLe vent d'ouest et ses brusques bourrasques ébouriffe les toîts, nos nuits et nos pensées.

Porteur de renouveau, de légèreté et de fraîcheur, il nous soulage des lourdeurs et des tourbes laissées par l'hiver tiède. On peut avoir envie de se livrer à sa caresse purifiante, le temps qu'il faut mais pas plus, et rentrer avant qu'il n'emporte aussi notre enthousiasme, notre feu, notre force; se laisser habiter par lui, se laisser emporter, inspirer, et dépasser les limites, comme la nature où les myosotis et les pensées côtoient les soucis ou les roses de Noël... courir, cabrioler, danser, sauter et rire. Vent de Carnaval et de Nouvel An asiatique pour se moquer de tout, sauter toutes les barrières, s'envoler au-dessus des mornes visions de l'habitude, et commencer un autre chemin.

On peut aussi se sentir trop bousculé, affaibli et rafraîchi par les bourrasques, et se réfugier dans un bain tiède où transpirer (ou un hammam) avant de s'étirer dans une pièce close, sous la lourdeur apaisante d'un massage à l'huile, dans la détente d'un bain de pieds à la moutarde... qui chasseront la migraine, le rhume, les douleurs, la sciatique... que les souffles perturbés ont pu provoquer.  Les nourritures qui tiennent au corps, en petites quantités si l'appétit est faible, toujours chaudes, aideront à restaurer la présence. Le beurre clarifié peut nous sembler soudain particulièrement appétissant avec des verdures ou dans une soupe épaisse -ou toujours avec des tranches de citron et du sucre-, ou l'huile avec un plat de pâtes. Les aliments aux saveurs acides, salées et douces, aux textures craquantes, sèches, onctueuses, dont les souffles ont été chassés par une cuisson à l'étouffée, seront particulièrement bienvenus: pommes de terre ou patates douces au four avec du beurre clarifié et un pesto, galette esséniennes et mozzarella di buffala en sandwich, potée de légumes racine qui nous ancrent... ainsi que toutes les ombellifères aromatiques: carvi, anis, fenouil, cumin, angélique, âche... et les alliacées: soupe à l'oignon, pissaladière, potée de poireau et brocoli... Le thé au lait de fleurs de sureau provoquera au soir une bienfaisante rosée et un relâchement bienvenu pour le sommeil.

mardi 2 février 2016

Le beurre clarifié ou ghee: recette, propriétés et utilisation

Transparent comme de l'eau, doré comme de l'orIngrédient : Beurre non salé de la meilleure qualité possible

Préparation:
- Mettre le beurre à fondre dans une casserole à fond épais et à feu très doux. Laisser la mousse monter puis se changer en croûte translucide. C'est plus facile avec au moins 500g de beurre, voire 1 kg.
Ecumer la préparation, comme c'est parfois recommandé, fait perdre les minéraux contenus dans l'écume, et appauvrit le beurre, même si l'écumage est tout à fait recommandé pour la cuisson d'autres aliments comme les légumineuses.
- Dès que l’odeur qui s’en dégage vire à la noisette ou au caramel, que la préparation a fini de faire entendre ses petits craquements, qu'en-dessous de la surface le beurre est transparent comme de l'eau et doré comme de l'or, éteindre le feu et filtrer à travers un linge fin. Ce bon moment dure peu avant que le beurre ne brûle.
Si le fond de la casserole a brûlé, à cause d'un feu trop fort ou d'une cuisson trop longue, le beurre est devenu impropre à la cuisine... de même que si sa couleur a foncé.
Les matières blanches qui ont été filtrées sont traditionnellement données aux enfants sur des tartines. Si le goût ne vous attire pas, elles seront également un élément de choix pour votre compost. Une fois filtré, le beurre ne contient plus d'allergènes et peut donc être consommé par les personnes intolérantes aux produits laitiers.
- Conserver à l’abri de la lumière dans un bocal clos mais pas au réfrigérateur, ce qui lui ferait perdre ses qualités. A moins de 25°, le ghee se solidifie.
- On peut ajouter au beurre toutes sortes de substances pendant la clarification : plantes fraîches, fruits, décoction de plantes sèches... qui vont ainsi s'y mêler intimement soit pour porter leurs propriétés médicinales dans les tréfonds du corps, soit pour les délices de la cuisine.
Il est idéal en cuisine où il apporte une rondeur qui magnifie n'importe quel plat. Egalement délicieux sur des tartines grillées, des chapatis tout juste cuites, un plat de verdure... La bonne pâtisserie est faite au beurre clarifié, comme jusqu'à une époque récente, celle des frigos et de l'abondance. Il est logique dans la préparation des tartes, quand le beurre brûle lors de la cuisson. Avec l'huile de carthame, il possède le point de fumée le plus élevé de toutes les graisses et est donc particulièrement sain pour les fritures par exemple.

Se soigner avec le beurre clarifié:
- c'est une des principales substances médicinales, à la base de certaines pilules de médecine et d'un grand nombre de préparations dont la mélasse Chyavanprash, très utilisée, dont on trouve des variantes dans beaucoup de cultures. On dit que sa belle couleur doré confère chance et prospérité à celui qui le consomme, de même qu'il améliore la vue, la vigueur sexuelle des hommes, la mémoire, l'intelligence, l'éclat... Il convient particulièrement dans toutes les conditions d'aridité, de climat ou de terrain. Il donne un corps tendre, une belle voix, la jeunesse... et remédie à l'émaciation et aux rides.
Egalement aux troubles psychologiques, à ce qu'on appelle les problèmes thyroïdiens, aux états inflammatoires aigus comme la consomption, aux séquelles de blessures et d'opérations, ou de brûlures. Dans ces cas en particulier, on fait usage de ghee de 10 ans ou le plus âgé possible, conservé dans la terre cuite, que les médecins se transmettent parfois de génération en génération : plus le ghee est âgé, meilleur est censé être son effet.
- le beurre clarifié a une nature fluide qui s'insinue dans tous les tissus du corps et en restaure la perméabilité. A ce titre, il permet une détoxification complète, en particulier quand des substances non digérées se sont accumulées dans les tissus profonds, et c'est pour cela qu'on l'utilise pour les thérapies amaigrissantes.
- la perte de poids excessif par l'ingestion de quantités importantes de ghee est une thérapie qui demande une grande vigilance au praticien. Le ghee s'insinue peu à peu dans tous les tissus, restaurant tous les feux digestifs avec l'augmentation des quantités, et surtout il emmène avec lui les amas de substances non digérées. Maigrir simplement en se privant de graisse ou en absorbant beaucoup de protéines favorise au contraire la formation de ces amas dans les articulations, les artères, la chair....ce qui stoppe les symptômes mais déclenchera un trouble parfois des années plus tard, et un vieillissement plus rapide.
- en cas de rhume, de douleurs cervicales, de constipation rebelle, d'état inflammatoire sans fièvre ni production de mucosités, de certains cas de surdité... le beurre clarifié va restaurer le souffle du bas et permettre les éliminations naturelles. De même que lorsqu'il est appliqué en onction de la tête...
Ghee lavé à l'eau de fleur d'oranger et au benjoin Allié à des écorces astringentes, il permet par exemple la régularisation des cycles féminins dans certains cas de métrorragie.
- au printemps, et pour les gens plus fragiles du foie, ou des artères, on peut ajouter au beurre fondu, avant qu'il ne se soit clarifié, ½ c. à café de poudre de curcuma pour 1 kg de beurre, ou une autre plante amère locale spécifique du sang. Plus léger que les huiles, la graisse d'oie, et toutes les autres graisses, il est mieux toléré par le foie, et c'est un excellent remède au ... cholestérol.
- fouetté patiemment -108 fois dit-on- jusqu'à absorption d'une quantité égale d'eau, de décoction de plantes, d'eau florale... c'est du « ghee lavé », un merveilleux remède pour les peaux sèches et enflammées qui n'absorberont pas l'huile, ou simplement une crème de beauté, à conserver en pot à l'abri de la lumière et à prendre avec une spatule propre.
Mélangé à des graines de moutarde écrasées et un peu d'eau florale, cela peut permettre de préparer l'allaitement quand les seins sont douloureux ou engorgés, également soulager les seins au moment des règles, diminuer la mastose, stimuler la sensibilité et la fermeté de cette zone...
- symptômes de trop-plein : quand les selles sont chroniquement molles ou grasses, quand la peau prend une odeur de beurre, quand l'envie de beurre s'estompe, si les fleurs des femmes se ralentissent ou s'alourdissent sans autre cause manifeste... il est temps de diminuer les quantités, et de revenir à une consommation d'autres graisses, voire simplement de beurre, surtout en terrain humide.

mardi 26 janvier 2016

Suite des podcasts de France Bleu Touraine

telechargement.jpg Isabelle Dorso, de France Bleu Touraine, m'a invitée à faire une chronique bien-être de 2 mn diffusée chaque semaine à 8h40, depuis septembre, en variant les jours. C'est chouette et disponible en podcast! Et en plus, je ne suis pas la seule à intervenir: chaque jour, un praticien de médecine alternative différent! Vous pouvez écouter les podcast ici. Voici les derniers diffusés: le 4 février, le 26 janvier, le 21 janvier, le 12 janvier, le 5 janvier, le 24 décembre, le 16 décembre, le 9 décembre, le 1er décembre, le 25 novembre, le 17 novembre, et le 12 novembre.

lundi 25 janvier 2016

Stage de printemps

 Après une année d'interruption, un stage en résidence est en cours d'organisation: du 16 au 23 avril, en Ardèche, à 700m d'altitude, dans une propriété où la vie foisonne, au bord d'une rivière pure où nous nous baignerons si le temps le permet.

Nous ne ferons pas de théorie, je répondrai uniquement aux questions.
Nous commencerons au lever du soleil avec des pratiques de yoga et de pranayama, puis la préparation de repas en accord avec le lieu et la saison, des temps de liberté, des cueillettes sauvages dans les alentours foisonnant de la maison, des temps d'observation des plantes en commun, et une réflexion commune sur la perception des saveurs et des rythmes de la saison. Le soir, des pratiques de contemplation, de chant, de danse... seront proposées, et sans doute quelques balades nocturnes sous la lune pleine, selon le temps.

Infos pratiques:
- arrivée et départ de la gare de Valence, pour ceux/celles qui ne viennent pas en voiture, où un transporteur sera prévu.
- participation aux frais de nourriture et d'hébergement selon le nombre de personnes, probablement autour de 200 euros, selon le couchage en chambre ou en dortoir.
- prix du stage: 480 euros (sauf situation particulière)
- date limite d'inscription: le 20 mars. Inscription par versement d'un acompte de 240 euros.
- mon téléphone: 06 62 38 09 85

Sueurs et rosées

Baies d'épine-vinetteSeulement le 25 janvier, et le Vivant a basculé vers la manifestation. Les halos autour des arbres et des plantes se sont changés en rosée, scintillante ce matin sous le soleil, jouant à travers les brumes, et les premiers bourgeons se gonflent et s'entrouvrent de plaisir. Des raies de lumière encore rase, veloutée par la brume, lumineuse magie d'une céleste baguette, réveillent la vie endormie ça et là dans les prairies que les perce-neige ont colonisées, sous les feuilles où le pressentiment d'un mouvement après l'immobilité de l'hiver réchauffe l'humus des futures germinations, et nimbent la forêt de pureté angélique comme la chair d'un nouveau-né. Tout transpire... et nous aussi, nous laissons échapper cette eau qui s'est remise à courir en nous, qui emporte le superflu et nous baptise d'aube et de printemps dans les lumières bleutées de l'hiver.Boules de gui
Si ce n'est pas le cas, pour remettre la chaleur en mouvement, nous pouvons ensemencer nos réveils d'un peu de bière, nous engager dès le réveil dans des pratiques physiques toniques (course à pied, enchaînements d'arts martiaux, chorégraphie...), puis quand nous avons atteint notre point de rosée et que la conscience est bien installée dans le corps, avant d'être fatigué, attendre que l'appétit revienne pour prendre un premier repas. C'est un temps pour les cuissons à la vapeur, ou au bouillon, de céréales légèrement fermentées,dont la texture résiste aux corrosions et absorbe les trop-pleins, nourrissant la transformation et les élans: iddlis, miques de blé tendre, pâtes, crozets... avec la douceur pectorale et légère de préparations à la crème. Les premiers pestos, de persil, les complètent délicieusement. A moins que l'on ait envie des textures sèches, craquantes et rugueuses, toniques aussi, des crackers, gratins, tartes de pâte sablée, fruits secs... Soir tombant sur l'Indrepour retrouver l'appétit et se rassembler sous la chaleur vite montée, toujours avec un peu de vert. Si ça coince, on peut avoir envie de la douceur de la pomme compotée au four, des tisanes de sureau au lait, des fromages frais, du chou et ses jolies bronchioles vertes...

Une autre recette de mique à la vapeur
pour mon ami Patrick
Ingrédients pour 12 miques: une tasse de semoule de blé blanche (grosse), une tasse d'eau tiède ou d'un mélange d'eau et de lait cru, 1 c. à café d'huile ou de beurre clarifié, du sel, une lamelle de cube de levure boulangère fraîche
Préparation: mélanger les ingrédients dans un bol du double du volume. Faire chauffer le four quelques minutes avec le lèche-frite plein d'eau, puis l'éteindre et y placer le bol. Attendre à peu près deux heures que la préparation ait doublé de volume. Placer 1 cuillerées à soupe dans un ramequin huilé allant dans un cuiseur vapeur ou le moule d'un iddli-cooker huilé, ou dans un four à vapeur, ou un four chauffé avec le lèche-frite plein d'eau et rempli régulièrement. Lancer la cuisson à la vapeur. Au bout d'environ 20mn, démouler les petits pains vapeur, tout chauds, et les consommer avec une préparation de légumes à la crème, ou un pesto, ou des dips.
C'est nourrissant et apaisant, pur et léger, poussinant et légèrement gluant. Miam!

jeudi 14 janvier 2016

Un petit épisode de fraîcheur

Lotus de glace sur la Loire en Février 2012Après ces quelques semaines amollies par la douceur, on sent monter enfin une tonicité, une joie, peut-être même une insensibilité au froid pour l'instant relatif, qui augurent de quelques jours, au moins, de fraîcheur très bienvenus. Le feu monte comme à la fin de l'été indien et nous pouvons avoir envie, pour passer ces deux ou trois jours d'acclimatation, de nous laver la tête; de manger beaucoup de salades avant le gel, du pesto de persil, des fruits cuits, plutôt du beurre clarifié (terrain aride) ou de la crème (terrain humide) que de l'huile, des nourritures sèches; d'élargir nos horizons en contemplant les levers et les couchers de soleil dans un ciel souvent dégagé; de nous étirer, de danser; de tout nettoyer, de jeûner, de nous extirper des boues et des décompositions...
Puis, peut-être les nourritures onctueuses nous attireront: plats de céréales et porridges, fruits cuits au four, potée de légumineuses au gras... et les pratiques physiques privilégiant la lenteur et la tenue de postures en tension, en extérieur, tandis que la joie s'épanouira, relèvera les paupières et animera les regards, et que la pureté poussinante des matins gelés ou enneigés nous insufflera une nouvelle jeunesse. Les tensions et la chaleur accumulées ces 6 derniers mois pourront se dissoudre dans la fraîcheur. L'amour qui n'avait peut-être pu s'épanouir, manquant de force, à la fin de l'année viendra éclairer notre chemin, nos projets reprendront de la vigueur, et nous aurons la concentration nécessaire, nourrie par le froid, pour leur donner forme.
 Si les changements gonflent nos abdomens, ou qu'ils nous montent à la tête, un thé bien fort ou une tisane astringente nous aideront à ne pas nous envoler et relâcher les vents en excès. Dans la perspective des médecines traditionnelles, l'"épidémie" de gastro actuelle est une réaction de nettoyage au changement de temps, pas un virus à proprement parler: le froid s'élève, et notre corps l'anticipe en élevant notre capacité de transformation et notre chaleur interne, comme une chaudière. Si le ramonage n'a pas été fait, si des excès alimentaires ou la mollesse de la douceur ont laissé des éléments non digérés sur son chemin, la chaleur interne les conduit vers l'évacuation... et c'est bien aussi.
Pour prévenir cela, on peut jeûner si on se sent sans appétit, boire des citrons chauds ou une boisson au gingembre et citron, avoir une activité physique qui demande de brûler les suppléments (à jeûn le matin de préférence)... Cela peut aussi venir d'une irritation générale, dû à un manque d'onctuosité, de douceur, de fraîcheur interne, ce qu'une bonne tarte au citron peut soulager.
Quand l'enthousiasme redescendra, ou/et l'appétit, on pourra avoir envie de s'engager dans des pratiques physiques plus toniques pour évacuer l'excès de chaleur interne et revenir à la douceur. Ou de passer au hammam ou au sauna, de se faire masser à la farine... tandis que les yeux conserveront un temps la douceur et l'éclat paisible des moments de fraîcheur.

e Porridge aux châtaignes
Porridge inspiré du chè vietnamien et du kheer indien
Ingrédients: lait cru, boulgour, noisettes, châtaignes sèches réhydratées une nuit, raisins secs, cardamome et anis ou racine d'angélique fraîche, eau de rose, vanille ou cannelle, sucre, agar-agar.
Préparation: faire chauffer 1 tasse d'un mélange d'eau et eau de rose avec 1/2 de c. à café d'agar-agar. Laisser bouillir 2-3 mn à feu doux, y dissoudre une cuillerée à soupe de sucre blond, puis éteindre et verser dans un contenant de manière à obtenir une couche d'environ 1 cm. Quand le mélange a refroidi, mettre au frais.
Faire rôtir à sec une poignées de noisettes étalées dans une poêle ou une casserole pendant environ 10 mn (le temps qu'elles exhalent une bonne odeur), puis les placer dans un torchon qu'on replie sur elles et les frotter encore chaudes à 'intérieur du torchon. Toute la peau ne partira sans doute pas... Concasser ensuite les noisettes.
Arbre entouré de son halo sous la neige Verser un litre de lait cru et 1l d'eau dans une casserole de 3l, avec 4 c. à soupe de boulgour, une grosse poignée de châtaignes coupées en 4, la poignée de noisettes, 1 c. à soupe de raisins secs type sultanas (non acides), un petit morceau de racine d'angélique fraîche ou 1 c. à café de graines de cardamome pilées et 1/2 c. à café d'anis, et un peu de cannelle (avec l'angélique) ou de vanille (avec la cardamome): 1/2 bouchon d'extrait, ou les graines d'une gousse fendue et évidée. La vanille et la cannelle permettent de mettre moins ou pas de sucre. Laisser cuire feu doux jusqu'à épaississement léger et réduction d'1/3.
Quand le mélange a tiédi, ajouter la gelée d'eau de rose coupée en petits dés. Sucrer si on le souhaite. Servir tiède ou froid selon l'envie.
Quand? Au moment où les sucs se concentrent pour l'arrivée du froid, quand la chaleur interne monte et bouillonne, après une longue marche dans la forêt fraîche et humide, pour les nuits ensemble.

dimanche 10 janvier 2016

Réactions en vrac: l'avortement, les rides, les régimes minceur, la maladie

Foetus_de_5_mois.pngLes internautes français se déchaînent contre le site ivg.net, accusé de présenter l'avortement de manière peu flatteuse. Après un tour approfondi sur le site, il s'avère que c'est faux, et que ce site a le mérite de poser un acte très courageux: aller à l'encontre d'une forme de dictature de la pensée, et présenter aussi des expériences malheureuses. Je ne suis ni pour ni contre l'avortement: être pour serait aussi absurde que d'être contre, mais je suis complètement et absolument pour le droit à l'avortement librement choisi en toute connaissance des éventuelles conséquences, actuellement largement minimisées pour ne pas avoir l'air d'être du côté des anti-IVG. J'ai eu l'occasion de voir de nombreuses fois en entretien des jeunes femmes pour qui cela avait eu des conséquences désastreuses, physiquement et psychologiquement. Femme_et_lune.jpgComment croire que porter la mort dans le berceau de la vie puisse être anodin? Cet acte pris comme une victoire du féminisme, et il l'est, demande aussi une gestion plus humaine, plus féminine, qu'elle ne l'est pour l'instant, sans parti pris. Comme de nombreux tabous de la pensée binaire qui prévaut en ce moment et contribue à toutes les fractures sociales et à tous les extrémismes.
Il existe de nombreuses autres façons d'aborder une grossesse non désirée, comme d'aborder la contraception et l'accouchement, et leurs conséquences, avec respect et tendresse pour les incroyables processus en cours. Et, là encore, les sociétés traditionnelles, dont le rapport à la vie est plus fluide et moins binaire que le nôtre, peuvent nous apprendre beaucoup, pour peu qu'on s'y intéresse et qu'on sorte des récits d'épouvante sur les sorcières et les "faiseuses d'anges".

Chaque fois (rarement) que j'ouvre un magazine féminin, je tombe sur des articles ou des pubs pour des crèmes de beauté ou des anti-rides aux résultats miraculeux, sans parler des collections de visages célèbres refaits, et du point de vue de l'Ayurveda, c'est étonnant: si le visage s'affaisse et se creuse, c'est avant tout un symptôme de dépression des organes internes, donc une crème ou une huile ne peuvent que très faiblement y remédier et une opération, ou cet incroyable traitement chinois à base de coups sur le visage, n'y remédiera que temporairement.Visage_ride.jpg Un affaissement des paupières indique une faiblesse des reins par exemple, des rides autour de la bouche et sur le menton, un déséquilibre des souffles, un assèchement du colon, ou un dysfonctionnement des organes féminins, la présence de nombreuses rides pointe un manque de sucs corporels ou un excès de chaleur interne, ou l'exposition à trop de chaleur sèche... interprétations que l'on peut aussi faire en examinant les gonflements ou l'émaciation de zones du visage, la coloration, la texture... En revanche, nous avons tous déjà eu l'occasion de remarquer que telle ou telle amie tombée amoureuse semblait soudain rajeunir: comme le kama-sutra le précise, le meilleur aphrodisiaque, c'est l'amour. Deepika_Padukone__star_indienne_au_visage_plein.jpgQu'il soit destiné à un être unique ou plus universel, l'amour amène la plénitude, physique et psychologique, qui trouve son reflet dans la plénitude du visage.
Le visage est un livre ouvert des troubles de santé, effacer les symptômes de ces troubles n'efface bien sûr pas les causes. Il vaut donc mieux s'attaquer aux causes pour espérer "rajeunir"... en consultant un thérapeute approprié en médecine chinoise, ou en Ayurveda, ou une autre médecine traditionnelle. Ou en pratiquant la compassion, en tombant amoureuse...

A toutes les époques de l'année leur régime minceur, et j'ai aussi donné le mien. Dans les textes de l'Ayurveda, il est précisé que faire maigrir quelqu'un sans contribuer à raccourcir sa vie est un exercice extrêmement difficile pour un thérapeute et, comme j'adore le redire et le ré-écrire, le beurre clarifié est l'ingrédient essentiel des thérapies amaigrissantes. En consommer régulièrement, avec des aliments chauds, est non seulement un plaisir mais le moyen de fluidifier et de faire circuler tout ce qui est non-digéré dans le corps et s'accumule dans les tissus et les organes, tant que les premières fleurs n'apparaissent pas dans la nature après l'hiver, pot_de_beurre.jpgque les selles ne deviennent pas grasses ou chroniquement molles, ou que les "fleurs" des femmes ne se dérèglent pas, symptômes qu'il n'est plus approprié. Le beurre clarifié allié aux plantes amères nettoie le sang du cholestérol, allié à une plante astringente spécifique il remédie aux hémorragies utérines et aux saignements, avec la nourriture il porte les nutriments dans les tissus profonds du corps et contribue à les régénérer... Ce beau liquide transparent et doré a aussi la réputation de conférer plénitude, chance et fortune! Maigrissons à coup de beurre, quoi de plus subversif? Pour un amaigrissement important, il vaut mieux consulter un thérapeute approprié qui proposera probablement une cure en résidence. Mais maigrir, c'est-à-dire perdre des surplus non digérés, ne doit jamais faire perdre la plénitude du visage, car alors c'est la vitalité qui est "digérée".

L'un des autres méfaits de la pensée binaire est celui-ci: la séparation fondée sur des analyses statistiques normatives entre malades ou fous et bien-portants ou normaux. La séparation est-elle si claire? Et même, existe-t-elle? La maladie existe-telle vraiment? C'est une question...
Le_chapelier_fou.jpg J'ai commencé à me la poser pendant mes études de littérature comparée, lors d'un séminaire sur la folie dans la littérature, un concept culturellement récent, et absent de beaucoup d'autres cultures. Puis, en constatant que des personnes présentant des réalisations impressionnantes du point de vue du yoga (capacité de marcher des centaines de kilomètres presque sans dormir ni manger, de supporter des froids extrêmes avec aisance, d'apaiser les animaux sauvages ou les chiens de garde, aux sens sur-développés ...), dans un état transitoire de confusion, voire de violence vis-à-vis de toute contrainte, bien compréhensible, étaient considérées chez nous comme anormales donc malades mentales, et internées, rendant de ce fait la confusion non plus transitoire mais permanente, et justifiant le caractère maladif de ces réalisations. Comment l'acquisition de "super-pouvoirs" ou "siddhis", spontanés, accidentels ou consécutifs à des pratiques intensives de yoga (ou autre), pouvait être considérée autrement qu'avec dévotion, admiration ou au moins étonnement: avec condescendance. Rabelais, reste où tu es, ce siècle n'est pas pour toi!
HH_le_Gyalwang_Drukpa.jpg A ce régime, j'ai croisé dans les montagnes de l'Himalaya un certain nombre de psychotiques, marchant pieds nus dans la neige, seulement vêtus d'un pagne, s'abritant dans des anfractuosités de rocher pour dormir, à 4000 ou 5000m d'altitude. Sans aller si loin, je vois de plus en plus de jeunes, voire d'enfants, plus que sain(t)s qui présentent des "symptômes" d'une semblable "folie", rapidement écartés du système puis mis dans des institutions spécialisées aptes paraît-il à gérer leur inadaptation au monde, ce monde producteur de déchets (et peu à peu, j'ai réfléchi à la manière de les accompagner vers leur lumière).
Je me souviens encore de cet homme que je croisai un jour d'hiver en descendant des Alpilles, vêtue seulement d'un T-shirt sous les rafales de Mistral et qui crut bon de me prévenir que j'avais des problèmes de thyroïde. Et moi qui croyais que j'étais simplement en forme et que ma ballade sauvage m'avait emplie de joie et de chaleur! La maladie, ce serait donc l'anormalité.
Celle, par exemple, de mon amie qui vit depuis une décennie avec un taux de fer si bas qu'un médecin "normal" l'enverrait se faire transfuser immédiatement, ou mon autre ami qui vit avec un taux de fer si haut qu'on lui annonce sa mort depuis sa naissance (il a 81 ans maintenant...:-))).
Une autre de mes amies me raconta avoir répondu au médecin qui lui montrait l'agrandissement du "papillon" de la thyroïde pour en justifier l'ablation planifiée: "Mais, si ses ailes poussent, c'est pour s'envoler!". Oui, tout va son chemin, non?
papillon_sortant_de_sa_chrysalide.jpg Et puis il y eut aussi des cancers autour de moi. Et je fus frappée de voir la joie, presque l'exaltation, éprouvée par certains avant l'annonce du "cancer", le mot qui tue. Et il me sembla que, pour le coup, le mot tuait au milieu d'un envol, sans parler du fait que la finesse des diagnostics conduit à traiter maintenant des tumeurs de taille ridicule. Frappée aussi parfois de l'effet addictif de la chimio, au point de penser que certaines rechutes pouvaient provenir de cette addiction, de ce besoin de se brûler au feu des produits chimiques, jusqu'à oublier toute émotion, et toute tristesse. J'eus aussi des proches atteints de troubles neurologiques importants ou de maladies auto-immunes en rémission "incompréhensible" ou "miraculeuse", des erreurs de diagnostic bien sûr.
Il me semble maintenant, avec une compréhension peu à peu plus subtile de l'Ayurveda, qu'il y a la ligne droite des moyennes, des exigences de la société et des règles, qui détermine la maladie, et sépare le dit malade, indésirable, des autres (en reste-t-il?), et la courbe des cycles humains qui, comme la lune, ont leurs phases de plénitude et leurs phases d'absence, même si lors de la phase d'absence, la mort peut apparaître, mais... c'est la vie.
Estampe_de_Minotaure__de_Picasso.jpg La maladie, pourquoi ne serait-ce pas plutôt se conformer à un idéal de personnalité formaté sans lien avec notre âme, chercher à contrôler le flot de la vie pour tout plier à nos idées, ignorer les interrogations que posent le supposé "désordre" et ses symptômes comme ses cadeaux, refuser le Minotaure porteur de vie au fond de soi, couper des morceaux de son corps ou de celui des autres en voulant chasser le monstre miroir, voiler sa conscience ou celle des autres avec des drogues légales pour rentrer dans les cases de la normalité sociale...? Prendre un médicament pour la goutte au lieu d'interroger sa consommation de viande et d'alcool, des médicaments pour maigrir ou avoir une meilleure circulation au lieu de faire de l'exercice, couper sa vésicule au lieu de s'interroger sur ses désirs inassouvis, ou se débarrasser de sa thyroïde au lieu de chercher sa paix...? Un confort factice et bien vendu que je n'ai pas vu mener au bonheur. Mais cela n'a jamais été le rôle du confort... et heureusement, même ça, l'être humain est capable d'en faire une voie.
Voie_lactee.jpg Et même, pourquoi ne pas accepter de faire confiance à la Vie, sans intervenir? Que cette énergie en surplus qui se manifeste par des symptômes de désordre ne soit pas plus à craindre que le pénible déchirement de la chrysalide du papillon? Que l'équilibre inhérent à toute chose, si incroyablement complexe et beau, n'ait aucun besoin d'être restauré, mais seulement reconnu? Que le déséquilibre précède simplement un nouvel équilibre, une nouvelle forme? Et, dans ce cadre, soigner ce serait simplement tendre un miroir, sans aucun jugement, regarder comme une mère regarde son enfant.
NB: bien sûr, je ne suis pas seule à remettre en cause le concept de maladie, au moins mentale: le féminisme et le mouvement d'anti-psychiatrie l'ont également fait en leur temps, et en ont démontré l'interprétation tendancieuse; d'autres ont élargi le débat à la remise en cause de l'obligation du bonheur et de la réussite, idéal de société patriarcale et verticale, ce à quoi j'adhère pleinement.

Ta Katie t'a quitté, de Boby Lapointe
Un autre fou: Eminem, "Just loose it"

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