Le paradis c'est ici ! - le blog

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mercredi 17 octobre 2018

Proposition de séance de Yoga pour cet automne, chaud et sec

Voici le fruit d'une réflexion commune entre Florence Pomana et Florence Ponceau, sur la saison traversée, et comment la vivre pleinement et sans résistance dans une pratique de Yoga, et dans le quotidien, soutenu.e.s par cette pratique.

Ceci signifie que cette pratique ne sera peut-être pas bonne pour l'automne prochain, et que chacun de nous étant fait, à la base, des mêmes composants physiques, mais demeurant unique intérieurement, toutes variantes dans les postures proposées sont possibles. Relié.e.s à vous-mêmes, puis fermement établi.e.s en vous-mêmes, vous serez guidé.e.s vers la pratique adéquate, de la même façon que nous avons le potentiel d'aller vers la nourriture nécessaire à la guérison sans mode d'emploi.

Vous pouvez pratiquer un grand nombre de ces postures sur chaise, en cherchant davantage son effet que sa forme; vous pouvez vous faciliter toutes les assises en plaçant un support sous les fessiers (je pense en particulier aux deux torsions (13) et à gomukhâsana(14)).

Pratiquez de préférence à jeun le matin, et si ce n'est pas possible au coucher du soleil le soir.
Le matin, avant de sauter sur votre tapis, vous pouvez à cette saison (sur la fiche "rituels du matin"):
- boire une tasse de thé vert ou d'eau chaude avec une cuillerée à café de ghee, en cas de faim mordante ou de pas faim du tout;
- faire neti, puis après avoir bien asséché vos narines laisser couler deux gouttes de ghee dans chacune;
- laisser glisser une goutte de beurre clarifié dans chaque oeil (excellent pour approfondir la pratique de Yoga des yeux et en augmenter les effets!).

Pour comprendre la pratique, voici la transcription des abréviations:
IN = inspirez
EX = expirez
R = respiration
xR = maintenez la posture x respirations (chacun.e selon son ressenti)
4x ALT = pratiquez le mouvement 4 fois en alternant de gauche à droite

Le nom des postures les plus spécifiques est indiqué, vous pourrez ainsi en trouver facilement des représentations.
J'espère que les schémas seront suffisants pour les viniyâsa (petits enchaînements), n'hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez une question, les chiffres correspondants à chaque pratique nous permettront de nous y retrouver.


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En cas d'hypertension (artérielle et oculaire), de problème cardiaque ou de prothèse de hanche - et aussi si vous avez un quelconque doute entre la compatibilité de votre état de santé et la pratique - n'hésitez pas à laisser un commentaire avant de pratiquer afin que je puisse vous diriger, car certaines postures ne vous conviennent peut-être pas.

Bonne pratique! Florence Ponceau

lundi 15 octobre 2018

Nostalgie de pluie

The voice of the rain

And who art thou? said I to the soft-falling shower,
Which, strange to tell, gave me an answer, as here translated:
I am the Poem of Earth, said the voice of the rain,
Eternal I rise impalpable out of the land and the bottomless sea,
Upward to heaven, whence, vaguely form'd, altogether changed,
and yet the same,
I descend to lave the drouths, atomies, dust-layers of the globe,
And all that in them without me were seeds only, latent, unborn;
And forever, by day and night, I give back life to my own
origin, and make pure and beautify it;
(For song, issuing from its birth-place, after fulfilment, wander- ing,
Reck'd or unreck'd, duly with love returns.)
Walt Whitman

Pluie.png On nous l'annonce, et elle laisse traîner ses voiles dans l'air, une caresse, un parfum léger, un matin embrumé, déjà lourd de nostalgie... elle est partie!
Pluie, viens, tu nous manques... viens nous gonfler de vigueur et de tendre tristesse, viens couler sur nos certitudes droites et desséchées, viens effacer notre singularité en nous mêlant à nos semblables, viens colorer et parfumer l'automne, viens ruisseler et chanter ton chant semeur de silence et d'intériorité, viens nous montrer la direction de la terre, de nos pieds, du tout-petit, très-humble et très-bas...
J'irai pleurer quelques larmes d'offrande en espérant ta venue, transpirer mes gouttes, frapper le sol des pieds pour te faire apparaître, chanter la comptine magique de la pluie qui tombe... et te chercher dans chaque courbe, chaque ondoiement de fille, chaque tendresse de grands yeux... jusqu'à ce que tu viennes nous envelopper.

samedi 13 octobre 2018

Le nom du monde est jardin

A l'image de sa couverture, une simple feuille de violette où se découpe un petit coeur, c'est le livre très humain, très tendre, plein de bon sens et de contemplation de deux jardiniers tourangeaux d'exception, une transmission de sagesse et d'émerveillement qui fait du bien, même et surtout en l'absence de jardin où faire l'expérience de qui y est dit, et un texte qui se lit comme un poème.
Un article de Reporterre sur le livre, et un lien vers l'éditeur pour pouvoir le commander chez votre libraire indépendant préféré. Livre Patrick et Alain




















Dans la même ligne, un lien dans la colonne de droite vers Lilo, le moteur de recherche français et écolo qui finance des projets avec vos clics. On choisit soi-même les projets à financer, comme le soutien de Reporterre, l'excellent journal en lien également dans la colonne de droite. Peut-être mieux que de financer Google ou Bing...

mercredi 10 octobre 2018

Orionides et Draconides

Sumac fustet et branche d'érable au jardin des PlantesComme je l'ai précédemment expliqué, le passage de la Terre dans les queues de comète exerce une influence relative sur notre santé. Entre le 6 et le 10 octobre, ce sont les Draconides, particulièrement visibles cette année avec l'absence de Lune, dont l'activité a connu un pic important la nuit du 8 au 9 octobre: elles sont visibles au niveau du Dragon, l'une des rares constellations visibles toute la nuit parce que située près du pôle Nord céleste. Leur activité est variable mais cette année elle peut largement être qualifiée d'intense, comme ses effets sur notre Terre. Viennent en même temps les Orionides, du 2 octobre au 7 novembre, dont le pic se situe plus tard, le 21 octobre, et dont l'activité est moyennement intense.

Certains d'entre nous ont pu ressentir l'effet corrosif de cette perturbation de l'atmosphère après la sécheresse remarquable de cette année: état infectieux,P1000657_-_Copie.JPG en particulier de la zone ORL (yeux rouges, angines, rhumes, douleurs aux dents, torticolis...) , douleurs dans les os ou les articulations sans lien avec le mouvement ou son absence, sentiment de froid sans lien avec la température, apparition de brume matinale froide sans lien avec l'humidité du sol, absence d'appétit, en particulier pour les produits animaux, voire angoisse, ressentiment sans déclencheur, cauchemars... Mais cette sensation de froid peut aussi raviver la joie, la légèreté, l'enthousiasme et l'optimisme.

C'est le moment d'offrir au feu qui brûle sans flamme ce qui ne circule plus, ce qui ne se transforme plus, ce qui s'est desséché... En Haute-Loireet de nettoyer encore. Si l'appétit vous mord l'estomac au matin, une cuillerée d'huile d'olive ou de beurre clarifié avec un verre d'eau chaude ou de thé vert assez fort facilitera une redescente des souffles. Si l'appétit fait défaut, on peut sauter un repas, ou prendre un verre d'eau chaude avec de la mélasse de grenade et du miel, ou du hilbeh sur des tartines grillées, ou la fameuse mélasse de plantes du tome 1 avec un verre d'eau chaude. Une diète à la farine d'orge grillée peut aussi être agréable, et de l'eau lustrale à volonté...

mardi 2 octobre 2018

Cures et stages, planning 2019

Roses d'automneLe planning peut toujours évoluer selon les besoins, avec des annulations en l'absence du nombre de participants requis, ou avec des ajouts de dernière minute.

Voici les premiers éléments de 2019 déjà programmés:
- petite cure des Quadrantides: du 1er janvier au soir, au 6 janvier en fin d'après-midi. Pour démarrer l'année en beauté et fêter les Rois, marquant la fin des 12 jours de suspension après Noël.
- WE de pratique des recettes et remèdes du mois de la saison, mentionnés dans le tome 2: les 19 et 20 janvier. Arrivée le 18 au soir possible.Yoga, pranayama, cuisine, pratiques de saison ensemble.
- consultations et soins à Strasbourg les 25 et 26 janvier.
- cure des frimas, du 30 janvier à 14h au 7 février à 14h. Pour "amender" notre corps comme la terre des cultures, afin qu'il fleurisse au printemps et transpire sa rosée.
Les arbouses sont en train de mûrir au jardin des Plantes - WE de pratique des recettes et remèdes du mois de la saison, à venir dans le tome 3: 23 et 24 février.Yoga, pranayama, cuisine, cueillettes selon le temps, pratiques de saison ensemble.
- cure de Carême, du 10 au 18 mars. Pour liquéfier les surplus de l'hiver, et les faire circuler, en réveillant notre corps de l'engourdissement hivernal.
- WE de pratique des recettes et remèdes du mois de la saison, à venir dans le tome 3: 23 et 24 mars. Yoga, pranayama, cuisine, cueillettes selon le temps, pratiques de saison ensemble.
- jeûne alterné du 1er avril à 14h au 15 avril à 14h. Possibilité de faire 4,6,8,10,12 ou les 14 jours de jeûne mais toujours en commençant le 1er avril. Cueillette de plantes sauvages les jours impairs. Pour renaître avec la nature printanière, le corps et le coeur nettoyés.
- WE de pratique des recettes et remèdes du mois de la saison, à venir dans le tome 4: les 20 et 21 avril. Yoga, pranayama, cuisine, cueillette de plantes sauvages, pratiques de saison ensemble.

mercredi 26 septembre 2018

Après l'équinoxe

Dans l'embrasement, l'espace de la mer et du cielLes cieux purs de cet été indien commencé avec la nouvelle lune du 9 septembre, lavés par le froid de la nuit, et alanguis par la douceur des jours, dessinent, après un été où le feu ne s'est jamais relâché, un chemin exigeant de pureté, comme le trigone entre Uranus et Saturne. Mars toujours au noeud Sud après sa rétrogradation, irrité par ses conjonctions avec la lune noire, fait remonter les joies, mais aussi les querelles et les peurs irrésolues, une voie de tentation facile que pourtant le ciel nous invite à quitter pour rayonner, être généreux, être noble, être magnanime. La manifestation de l'embrasement intérieur aura lieu cette année à partir du 9 octobre, nouvelle lune et début des Navratri en Inde.Fusain

Les clairs obscurs sont tranchés, nous invitant à choisir une voie qui n'est pas "du milieu", tandis que les premiers phénix rougeoient dans la nature: vigne vierge, épine-vinette, pêchers, fusains, cornouillers... pointant les bûchers et les sacrifices nécessaires pour traverser cette voie de feu de la saison en nous élevant. Ce feu exceptionnellement concentré cette année peut nous rendre obstiné, voire nous mener à une forme de folie. Quittons justement ce que nous ne voulons pas lâcher, prenons de la hauteur, laissons-nous enivrer d'amour et de pureté, inspirons-nous des arbres qui lâchent leurs feuilles, laissent grossir et tomber leurs fruits, tandis que la vie entame sa descente vers les racines, là où, à l'abri de l'hiver, sera conservé l'élan de la vie.
La contemplation des cieux bleu marine peut beaucoup nous aider: s'abandonner avec confiance à l'espace quelques minutes, se lover du regard dans l'infini comme dans le giron d'une immense mère...Dans une haie de cornouillers et lui dire "rien ne saurait manquer où tu me conduis", faire un feu d'artifices de nos opinions sur la course du monde et de notre vie, se projeter là où on ne peut voir, dans le mystère de notre destin, et le laisser nous inspirer la voie, en cessant notre constant bavardage intérieur.
Faire le ménage aussi. Donner ou recycler de tout ce qui est vieux, inutilisé depuis trop longtemps, en réserve. Nettoyer tous les recoins pour que le feu qui monte n'entraîne pas d'incendie. Nettoyer toutes les ouvertures, les nôtres et celle de la maison. S'habiller de vêtements immaculés, se parer de nacre, et de fleurs,ou en parer la maison. Boire de l'eau lustrale (recette dans le tome 1), si simple.
Le matin, on peut prendre un bain chaud, éventuellement avec un sachet de flocons d'avoine dedans pour un bain de lait comme les reines. Le hammam est plus que jamais bienfaisant, en l'absence de pluie. Le soir, on peut prendre un bain de pieds chaud qui favorisera la détente, ou placer un peu de ghee dans les yeux et les faire larmoyer en les bougeant en tous sens: cela purifie et nettoie le regard, et remédie doucement aux troubles de la vision.
 Et abandonner nos écrans, fenêtres trop petites et trop limitées, pour laisser le monde emplir tous nos sens de son harmonie, qui parfois nous échappe.

Le temps est à la disette, les récoltes sont maigres, ne trichons pas. Les céréales de terre pauvre (orge, sarrasin, millet), les nourritures modestes, les herbes sauvages remontantes et les autres, cultivées, nourriront une ascèse à l'unisson de notre terre qui ne produira aucun déséquilibre. Nous ne sommes pas distincts du sol qui nous entoure et des éléments qui le parcourent et le constituent. Son aridité actuelle nous habite aussi et, en nous unissant à lui, nous sommes portés par la puissance de sa résilience.

Propositions de menu:
Petit-déjeûner: tartines de pesto, faisselle au miel, infusion de calament; bsissa, mélasse de prunes sauvages, infusion de fleurs; compote de carottes aux noix et au miel, tartines beurrées, tchaï; tarte sablée aux prunes, thé noir, panna cotta et mélasse de raisin; pommes au four, porridge d'orge au gingembre.
Déjeuner: salade de roquette et radis noir, pain d'orge, pesto de persil, soupe de maïs et poivrons rouges; galettes non levées, courge spaghetti au beurre et tomates séchées, pesto de basilic; patates douces rôties au four, poêlée de pousses d'orties ou épinards au beurre et raisins secs, pesto de céleri; pesto de fânes de radis, coleslaw, courgettes farcies à la faisselle, pavé de légumes et pois chiches.
Dîner: crumble de carottes et céleri, bouillon d'orge aux herbes; soupe de courge musquée gratinée, pain d'orge; gratin d'épinards et soupe de lentilles; tarte aux poireaux, soupe de carottes et céleri.

mardi 4 septembre 2018

Planning de la rentrée

Coeur de coquelicot de jardinier

Le planning de l'association de la fin d'année 2018


Pratique de pranayama, gratuite pour les membres de l'association, à Paris, de 18h à 20h, les mercredis suivants: 29 août; 5, 12, 19 et 26 septembre; 10, 17, 24 et 31 octobre. Ensuite, si je trouve une salle pour nous accueillir, en fonction de notre nombre, 21 novembre et 17 décembre.

Stage de préparation de la mélasse de plantes décrite dans le tome 1, recettes et pratiques du mois d'octobre, en Bretagne: beaucoup de travail de petites mains à prévoir à cette occasion pour décortiquer, épépiner, éplucher, dénoyauter, filtrer... et se relayer autour du feu qui brûlera sans discontinuer du samedi au dimanche après-midi sous le chaudron de mélasse; aussi yoga, pranayama et bons repas. Bienvenue avec votre récolte de prunelles et d'épine-vinette, de racines, de graines d'angélique...Du 26 octobre au soir au 28 vers 18h. Participation souhaitée: 200€/personne, logés sur place, bocal de mélasse compris.

Une aigrette en chasse sur la Loire Stage de jeûne de l'Avent, du 1er au 9 décembre: jeûne alterné ou "pratique de la générosité", en Bretagne. La pratique du jeûne alterné est issue de la tradition tibétaine. Il y a 24 ans j'en faisais pour la première fois l'expérience pleine de félicité en monastère, pendant 17 jours. Chez les tibétains, c'est également un moyen de se soigner de maladies, psychologiques et physiques. La consommation de repas permet de stimuler le feu digestif pour transformer les éléments non digérés (matières, émotions) au lieu de sécher le corps. Il se pratique par périodes de deux jours: le premier jour, le petit-déjeûner et le déjeûner sont consommés normalement, puis plus que des liquides jusqu'à la tombée du jour. De la tombée du jour au surlendemain après la première session du petit matin, plus de liquide, ni nourriture, ni parole. Rose trémière Le jeûne est rompu par une préparation adéquate en très petite quantité pendant le rituel du petit matin. Dans la journée, quatre sessions de 2 à 3h, selon la capacité des participants, font alterner chant et exercices physiques relativement intenses. Le chant met le corps en vibration, l'activité stimule les éliminations physiques et psychologiques, les visualisations ouvrent l'âme et le coeur. Le silence permet d'entendre les murmures de l'âme et de l'univers, occultés la plupart du temps par notre incessant discours intérieur. Le rapport à la nourriture change souvent fortement, le corps s'assouplit beaucoup, les obstacles intérieurs se lèvent.

Stage de tadelakt, les 15 et 16 décembre: le tadelakt est un revêtement à base de chaux, "caresse", pour les murs et les sols, dont vous avez probablement fait l'expérience dans un bon hammam. Sarriette en fleursTrès écologique, doux au toucher, il a une excellente inertie thermique, ce qui en fait un revêtement idéal, en particulier en zone humide. En Inde du Sud, un mélange assez proche, très apaisant, est utilisé pour les sols, parfois allié à des plantes médicinales dont les vertus se diffusent dans les plantes de pieds qui le foulent.. Il demande peu de matériel mais une très bonne technique pour être posé. Un excellent artisan nous en apprendra les rudiments.

D'autres stages techniques seront proposés dans la cadre de l'association, le temps que je me mette en contact avec les artisans de la région...: vannerie, poterie, tissage...

Planning des consultations et cures de la fin d'année 2018


Dahlias du jardin des Plantes Cure des Orionides, du 29 septembre au 7 octobre, dans les Vosges finalement, dans un très joli gîte en moyenne montagne. La cure est en milieu fermé jusqu'à l'avant-dernier jour. Elle permet de se purger des vieilles colères, tensions, raideurs, excès d'émotions ou de douleurs (conséquences d'opérations)... et de redonner du moelleux et de la plénitude aux organes pour l'hiver, grâce à l'ingestion de ghee en quantité progressivement plus importante. On en sort "libéré, délivré...". 3 personnes maximum. Nous aurons la chance d'avoir avec nous Florence, professeure de yoga à Orléans, et trésorière de l'association.

Cure de la St Martin, du 10 au 18 novembre: comme la précédente. Elle signe le début de l'hiver... tandis que la nature rougeoie. 3 personnes maximum.

Régulièrement, parce que l'Ayurveda n'est pas une marchandise et ne devrait pas être conditionné par les ressources, je prends en cure des personnes qui ne peuvent pas payer. Donner un peu plus, c'est me permettre d'en prendre plus souvent.

lundi 20 août 2018

Après les larmes de St Laurent...

NymphéaSt Laurent sur le grill a pleuré ses étoiles filantes dans le ciel, queue de la comète Swift-Tuttle, et enchanté nos nuits claires depuis la fin juillet. La Terre quitte aujourd'hui l'essaim des Perséides... tandis que les annuelles pleurent leur moisson de graines, inclinées vers le sol où elles déposent leurs trésors.
Nous aussi nous pouvons, avec la baisse des températures, ainsi perçue en raison de la canicule, nous sentir alanguis et incliner notre tête, sans force, prêts à abandonner nos pesants trésors tandis que les premières feuilles jonchent les rues, ou, comme certains fruitiers, porter avec la vigueur qui nous reste nos juteuses oeuvres jusqu'à leur maturité. Ou un peu des deux...Couple de fleurs de chicoréeCommencer cette oeuvre de dépouillement joyeux de l'automne, en donnant nos surplus, ce qu'il nous pèse de garder, ce qui nous prend de l'énergie à retenir: dans nos tiroirs, nos relations, notre vie professionnelle... Se dénuder pour être peu à peu plus proche de sa vérité et de la flamme de son âme, se découvrir fécond et généreux, mais porter ainsi avec une vigueur nouvelle les oeuvres qui le doivent jusqu'à l'hiver.

Le ciel dessine en ce moment un chemin exigeant. Six planètes rétrogrades (moins Mercure dès aujourd'hui), qui posent bien des questions sur notre passé, provoquent blocages et remises en question. Et ce trigone qui dure entre le Soleil, Uranus et Saturne: un triangle de dépouillement et de mise à nu. Mars proche de la queue du Dragon, et en rétrogradation, fait remonter les querelles, les peurs, les désirs mais les joies aussi du passé, parfois sous forme de cauchemars, quand la chaleur accumulée se relâche dans le corps avec le tourbillon des souffles, parfois comme des bulles de joie et de souvenirs qui remontent.

Fleur de rose trémière Il est temps pour le verjus: en sirop, en boisson salée, en sauce de salade, dans une soupe...qui attendrira les humeurs sèches et chaudes; pour les odeurs d'alliacées, oignons, houblon, ail, sarriette... qui ramènent sur terre; pour les solanacées, dont c'est la saison (tomates, poivrons, aubergines, pommes de terre), dont la chaleur aide la digestion; pour les fruits violets aux tannins bienvenus: sureau, mûres, prunes, cassis, raisin mûr... qui chasseront les humeurs noires; pour les substances astringentes qui redonneront un peu de tonus: épinards, chénopode, feuilles de consoude, reine-des-prés, thé noir...; et les diurétiques qui rassemblent à la terre nos souffles dispersés: orge, maïs, chicorée, pissenlit, plantain... On boit moins aussi, pour laisser le corps se débarrasser de l'eau stockée avec les chaleurs.

Les frictions à la farine ou à l'eau de Cologne peuvent aider à disperser la chaleur et ramener la présence, ainsi que les alternances de douches chaudes et froides; la respiration alternée, le pranayama de l'abeille (il nous en a fallu 50 au dernier cours pour un résultat tangible!)Cônes de houblon, le chant... peuvent nous remettre en vibration, rappeler la vie dans les corps alanguis. On peut aussi profiter de la mollesse pour s'étirer avec délectation, sur le souffle, et se découvrir plus souple, comme les grimpantes qui se déploient en ce moment: clématite, salsepareille, houblon, bryone, tamier, ipomée, capucine... Avec la forte chaleur, les odeurs ont disparu, sauf les indésirables des villes, aussi peut-on être apaisé par un buisson de chèvrefeuille, un parfum discret, le fumet d'une potée de légumineuses longuement cuites...
Si on est assoiffé, et que l'eau fraîche ne nous désaltère plus, la bière, le kombucha et l'eau gazeuse seront plus appréciées, ainsi que la boisson au gingembre, le vin vieux, ou miellé, les vin de noix ou de gentiane... L'angélique sylvestre a donné ses graines, avec les autres ombellifères: il est temps de les consommer. Leur saveur réveille nos intérieurs, et replace les souffles dans les canaux appropriés.

dimanche 10 juin 2018

Ca va très vite!, pétition pour reconnaître des droits à la Nature

Noix vertesLes noix vertes sont déjà prêtes à être cueillies, le millepertuis est en fleurs, les cerises sont presque passées... Chaque année en mai et juin, je me sens un peu comme le lapin d'Alice toujours en retard, à courir après les feux d'artifice de la nature, mais cette année tout est vraiment sorti en même temps.
Ou pas tout à fait... Les plantes précoces sont celles coutumières de la saison des pluies et des orages de fin d'été, pendant les Perséides. La noix verte nous donne sa force, à travers astringence et amertume, pour évacuer les noirceurs et grandir en les traversant, l'achillée redresse notre courage abattu, le millepertuis nous offre sa lumière sous les torrents d'eau, la passiflore apaise notre coeur tourmenté par l'indigeste lourdeur, la sauge des prés nous dynamise, avec les autres lamiacées, la mauve empêche l'irritation... notre meilleur médecin est partout autour de nous, comme toujours.

Cerises sauvages Je viens de trouver cette pétition, relayée par l'avocate environnementaliste Valérie Cabanes, à laquelle je ne peux qu'adhérer totalement:

"Aujourd’hui, en droit, la nature est traitée comme une propriété. N’ayant pas de personnalité juridique, elle ne peut pas être représentée devant les tribunaux. Pourtant, la nature sous toutes ses formes est un être vivant, doté du droit d’exister, de perdurer, de conserver et de renouveler ses cycles vitaux. Nous ne devons donc plus la considérer comme une propriété – une ressource à consommer.
Nous faisons tous partie de la Terre Mère, communauté de vie indivisible impliquant des relations d’interdépendance. Pour la communauté scientifique et pour les citoyens du monde entier, il est évident que toutes les formes d’exploitation et de contamination de la Terre Mère ont causé d’importantes destructions et déprédations.
Sur cette base, nous lançons aussi un appel à l’ONU pour qu’elle prenne en compte notre pétition pour l’adoption d’une déclaration universelle des droits de la Terre Mère. (...)"

Je vous engage très vivement à la signer et à la diffuser autour de vous.

lundi 4 juin 2018

Temps orageux, béatitude et fatigue

CentauréeLe temps orageux se poursuit pour la troisième semaine consécutive... On peut se sentir fatigué, lourd, découragé, l'appétit en berne et sans forces. Voire être inhabituellement pâle, étranger à soi-même, sans émotions. Le ciel nous met face à nos lourdeurs, tandis que la nature s'épanouit outrageusement, dans une sorte de débauche insolente sous les orages. Comme cette Vénus qui depuis plusieurs jours trône en Cancer dans une configuration de "diamant", exaltée par 3 planètes collectives en signe d'eau. Le Soleil peut bien se fatiguer de recevoir les océans parfois troublés de Neptune, les illusions peuvent nous berner, l'épanouissement persiste, quitte à être scandaleux.

Cascade dans le Queyras Quand la saison n'agit pas selon son cycle, on peut avoir spontanément besoin de la remplacer: le piquant absent de la saison peut nous attirer, à travers les aromatiques ou les saveurs poivrées et pimentées, de même que les textures grillées, l'exposition au soleil quand il est là, pour réduire un peu toute cette lourdeur, puis à la fraîcheur relative de l'eau. Les plantes qui vivent en milieu humide et en terre lourde peuvent aussi nous sembler particulièrement savoureuses, qu'elles soient de consommation courante ou à vocation médicinale: noix vertes, fraises des sous-bois, aspérule odorante, épilobe, marjolaine, prêle, menthes, consoude, cardamine, frêne, cassis... De même que tout ce qui pétille de vie: les prairies qui moussent de rayons, les eaux vives, le kombucha, la bière, le kéfir de fruits, les trésors colorés de notre palais intérieur, les arc-en-ciels de nos amours, l'espièglerie de nos enfants, les éclats de rire, la danse...

Propositions de menus:
Iris sauvages Petits-déjeuners: fraises cuites, fromage blanc, brioche, kombucha maison; soupe de lentilles aux légumes, pain de riz vapeur, confit de citron; clafoutis chaud aux cerises, thé au jasmin, confit d'angélique; pesto de menthe, tartines grillées, kéfir; naans, taboulé aux herbes et fromage caillé grillé, jus de carotte et gingembre.
Déjeuners: radis et mayonnaise de rhubarbe, artichauts Clamart au safran, risotto (orge) poivré au citron; artichauts poivrade, riz aux pointes d'asperges, crème et aneth, sauce aux poivrons (type ajvar ou muhammara; salade d'herbes de saison, cocotte de légumes de saison à la crème (brocolis, courgette, pois, fèves...), pavé grillé de céréales germées, pickles de gingembre ou wasabi; crème d'artichauts sur crackers, pastilla de légumes, feuilles de vigne farcies, salade mi-sauvage à la féta et achards.
Goûters: glace aux noix vertes et gelée d'herbes à la réglisse, tapioca au lait et cerises, bavarois, crème glacée de roquette (recette dans "La Voie Lactée"), gelée de gomme de cerisiers ou d'amandiers, ravioles de fraises et thym.
Dîners: crème d'orge germée aux amandes amères; soupe de vermicelles au lait; crème passée de cosses de pois et queues d'asperges; soupe de lait aux grains d'orge, cubes de gelée d'herbes, et mini-quenelles végétales.

Prairie de dentelle Artichauts Clamart au safran
Parer une douzaine de petits, ou deux gros, artichauts violets. Les plonger dans une casserole d'eau bouillante additionnée d'un peu de jus de citron jusqu'à mi-cuisson. Laisser tiédir. Pendant ce temps, découper une laitue en chiffonnade, et écosser une livre de petits pois. Puis préparer un sirop de safran bien foncé. Enlever la barbe et les bractées des fonds d'artichauts, que l'on place dans une casserole basse avec 1 c. à café de beurre. Ajouter la chiffonnade, les pois, un peu d'eau, 1 c. à café du sirop de safran, puis saler et poivrer. Laisser cuire à feu doux et à couvert dans un premier temps, puis à découvert pour que les jus se concentrent. Beurrer à nouveau si besoin. Servir avec un peu de menthe ciselée.

samedi 26 mai 2018

Infos pratiques: association, cures et stages, lancement tome 2

fleur de chicoréeL'assemblée générale de l'association "Le Paradis, c'est ici" aura lieu à Paris à 19h le 15 juin dans un lieu communiqué à ceux qui souhaitent y participer et se manifesteront en me contactant. Nous voterons sur une modification de l'objet et le remplacement du bureau actuel. Nous y évoquerons également l'abandon du blog au profit d'une newsletter pour les membres uniquement, la campagne de financement participatif du tome 2 de "Savourer le chant des saisons", la prise en charge des premiers stages (vannerie sauvage, cueillette de plantes sauvages), l'opportunité de créer une autre cellule dédiée à la protection des forêts sauvages ou de nous joindre à un groupe déjà existant ainsi que, j'espère, l'accueil de nouveaux membres. Voici les statuts et l'objet actuel. Pour me contacter: un sms au 0662380985, ou un commentaire (non publié si besoin) sur ce blog.

- l'association propose tous les 15 jours un atelier gratuit de 2h de pranayama, pour ses membres, le mercredi de 18h à 20h, à Paris dans le 5ème. Pratiquer ensemble augmente les bienfaits des exercices et permet de mieux connaître son corps, de restaurer l'équilibre des souffles et des circulations, d'avoir une meilleure concentration...

- la campagne de financement participatif pour le tome 2 a démarré. Elle est sur le site dédié de la Nef, auprès de laquelle mon restaurant avait trouvé son prêt. A la différence d'Ulule, même si le montant total n'est pas atteint, à partir des 1000 premiers euros, les sommes collectées restent acquises.
Il y a aussi d'autres chouettes projets sur Zeste, financés ou à venir: https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/
J'ai adoré celui-ci, déjà financé.

Dans une cuisine de cmpagne, la splendeur d'un bouquet de jardin - les prochaines cures et stages prévus, où il reste des places (le montant de la participation ne doit pas être un obstacle, ni pour le praticien ni pour le participant):

cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, en Bretagne dans une très jolie propriété, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions. Une cure où on se repose beaucoup, pour permettre au corps de régénérer ses jus tandis que la nature se dessèche: étirements, lavements, massages. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour. 3 personnes maximum.

stage de jeûne alterné, du 1er au 8 août, en Bretagne dans une très jolie propriété: pour nettoyer nos coeurs et nos corps de tous leurs coins sombres, dans le chant, le silence et l'activité physique. 10 participants maximum. Il y a des volontaires pour poursuivre et plus on est de fous, plus ... on poursuit facilement vers la traditionnelle période de 17 jours. On en sort plus souple, plus joyeux, plus ferme, avec une meilleure capacité de digestion, un appétit plus mesuré et, surtout, le coeur ensoleillé. Selon le nombre de participants, de 60 à 100€/jour souhaités.

Loin de l'irritation... cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, près du Puy-en-Velay, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation. Après l'épanouissement puis la sécheresse de l'été, dans la lourdeur des pluies de fin d'été et des premières fraîcheurs, les massages de saison deviennent plus toniques. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour.

cure des Orionides, du 29 septembre au 7 octobre: la cure est en milieu fermé jusqu'à l'avant-dernier jour. Elle permet de se purger des vieilles colères, tensions, raideurs... et de redonner du moelleux et de la plénitude aux organes pour l'hiver. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour.

Mélasse de coing stage de préparation de mélasse, du 27 au 28 octobre, dans le cadre de l'association: plusieurs d'entre vous ont expérimenté les effets de cette version européenne du chyavanprash dont une recette légèrement simplifiée est dans le tome 1 de "Savourer le chant des saisons": pour les asthmatiques, le vieillissement, la maigreur, la station prolongée devant des écrans, certaines faiblesses de digestion, l'absence à soi-même... Mais elle est très longue à préparer.
Cueillir, égrener, dénoyauter, et cuire ensemble permettra de réduire son coût et d'en faire bénéficier tous les membres qui le souhaitent, en même temps qu'apprendre aux participants à la préparer eux-mêmes à partir des plantes récoltées ensemble (au moins en partie). Evidemment, pratiques matinales et bons repas également au programme. Participation souhaitée: 100€/jour, fournitures et pot de mélasse compris. Lieu à définir proche de Paris.

stage de préparation de mélasse près de Monaco du 3 au 4 novembre: les ingrédients seront légèrement différents, très locaux, puisque le climat est particulier à cette région unique de France où poussent oranges bigarades et citrons. Patricia nous accueille dans son jardin et son gîte. Tarif et inscription auprès d'elle: patricia.paviaorengo@gmail.com.

cure de la St Martin, du 10 au 18 novembre: cure en milieu fermé, en moyenne montagne, permettant de se défaire des colères, raideurs, griefs, tensions... et de redonner leur plénitude aux organes. 3 personnes maximum. Participation souhaitée: 160 à 180€/jour. Selon l'évolution du temps et des demandes, il est possible que cette cure se transforme en jeûne alterné, avec une participation souhaitée entre 60 et 120€/jour selon le lieu et le nombre de participants.

Je cherche un/une assistant/e pour la cure des Perséides et celle de la Rentrée.

Orages et grognons

La chaleur est montée bien vite avec la Pentecôte et les grognons encore ensommeillés dans notre corps rechignent parfois à circuler ou se bousculent au portillon. Nous pouvons ressentir de la lourdeur, de la gêne articulaire, une profonde fatigue, des difficultés de transit, prendre conscience de griefs inexprimés, ressentir un appel à la pureté... Pourtant, juste derrière ces nuages, il y a la joie et l'ouverture du coeur de la saison chaude. Alors nettoyons!

Avec des pestos (comme le pesto de coriandre ou de menthe), une orgie de fraises au matin, un verre d'eau avec une cuillerée de vinaigre de framboises, la boisson à la rhubarbe et à la rose (recette dans "Cuisine ayurvédique" ou "Un goût de paradis"), de la bière de gingembre et citron au miel (idem), de l'orgeat à la gomme de cerisier ou à la teinture de benjoin, du kombucha, des saveurs piquantes pour pallier à la baisse de feu digestif, du riz au citron, du céleri, des radis, des courgettes, des artichauts, des soupettes chaudes de légumineuses, des nourritures qui rassemblent, des crèmes glacées sur un lit de gelée ... et même un petit café.

En nettoyant le corps et ses ouvertures, la maison, les vêtements, les recoins oubliés... et en faisant brûler du benjoin ou une autre résine, en tamponnant son front à l'eau de rose ou de jasmin, en portant des vêtements parfumés à l'encens, bien repassés et immaculés, des fleurs dans les cheveux, des bijoux brillants, en s'exposant au soleil en alternance avec l'eau fraîche... La sieste est de saison, mais pas en temps d'orage.

En pratiquant uddiyana bandha, toutes les postures d'étirement, utthanasana (que j'appelle posture de la grenouille) et toutes les postures/danses/activités stimulant les cuisses et les fessiers sans fatigue, la douche des chevilles, la générosité, la cuisine... et tous les humbles gestes du quotidien qui nous ramènent à la terre, aux échanges et à la joie d'habiter ce corps.

samedi 19 mai 2018

Menus pour temps de matins frais et de soleil pur, avant l'embrasement de la Pentecôte

Aubépine en majestéPetits-déjeuners: pain de graines germées grillé, fromage frais aux pointes d'estragon et de sarriette, jus de carotte, compote de fraises et rhubarbe; pois chiches germés au citron et gingembre, pesto de menthe, pain de seigle grillé, infusion de sureau, lilas et écorces de mandarine; croissants, thé à la menthe, panna cotta aux framboises, taboulé libanais, lait ribot; pain de seigle, burrata, salade aux fleurs et aux herbes aromatiques (estragon, marjolaine, menthe, coriandre, aneth...), jus de fraises; tartare de consoude ou de courgette, pain noir, lait ribot ou kéfir.

Caché dans les herbes, la lumière dorée d'un buisson de gaillet odorant Déjeuners: soupette de lentilles, carottes et céleri branche, boulgour d'orge au poivre, asperges cuites à l'ancienne, sauce hollandaise; potée de pois chiches et angélique, risotto bien sec aux courgettes, artichauts grillés, tartelette fraises et rhubarbe aux amandes; galettes non levées, potée de courgette et petits pois aux amandes grillées, pesto de menthe, kéfir; artichauts Clamart (avec petits pois et laitue), pain intégral grillé, pesto de persil, fromage frais.

Quand le feu monte, redonner de l'espace Goûters: orge au lait; clafoutis; bavarois; fraisier ou framboisier; kombucha; lime and ginger ale; limonade au sureau; thandaï au benjoin.

Dîners: semoule au beurre clarifié, potée d'artichauts, petits pois, asperges et carottes aux épices, pois chiches; crème de pois cassés et queues d'asperges aux 5 poivres, semoule d'orge grillée au mélange "floral"; spaghettis de courgettes sautés au carvi, kasha gratiné au safran, confit d'artichauts grillés.

jeudi 10 mai 2018

Après l'agriculture bio, biodynamique, en permaculture... une médecine qui respecte le Vivant?

A l'heure où la médecine ayurvédique achève sa mutation vers une version commercialisable et internationalisable, où les labos ayurvédiques ont pris le pas sur la pratique individuelle du médecin, et où l'enseignement de l'Ayurveda est réduit en Inde à une sous-catégorie pour riches touristes de la médecine moderne, au moment où je trouve dans un magasin bio le seul magazine dédié à l'Ayurveda entièrement rédigé par un labo (comme si Sanofi éditait son propre magazine), il est temps de se poser quelques questions sur cette évolution. Moi, les médecins ayurvédiques que j'ai rencontrés, ils soignaient sans tarif ni sécu chaque personne qui se présentait à eux, voire ils allaient exercer leur mission dans les zones d'épidémie où plus personne ne pouvait les payer, avec les moyens offerts par la nature autour d'eux.

L'Ayurveda soigne les personnes, pas les maladies. Comme toutes les médecines traditionnelles, elle échappe aux règles de la société de consommation, parce qu'elle n'est en rien reproductible, elle dépend des relations qui s'établissent entre l'homme et l'univers. Son succès ne vient pas des plantes ou des formules qu'elle utilise mais du chemin qu'elle propose à l'âme. Chemin qui peut passer accessoirement par des plantes, des traitements, des massages... sans certitude, sur le fil de la relation qui se tisse entre le patient et son âme, dont le praticien n'est qu'un reflet choisi.

Notre société nous fait vivre dans le mensonge qui voudrait que tout s'achète, y compris la santé. Nous savons tous quelle part de notre félicité s'échappe dans cette illusion. Parce que oui, chaque maladie, chaque déséquilibre, chaque accident même, est une occasion pour notre âme d'aller vers sa lumière. L'ignorer pour les propositions consommables de contrôle et de confort, c'est aussi la laisser mourir à petit feu au fond de nous (Comme cet homme qui a répondu devant moi à sa femme qu'il pouvait continuer à consommer autant de fromages, de charcuterie et d'alcool qu'il souhaitait puisque son médicament contre le cholestérol marchait!).

La disparition des médecines traditionnelles est inéluctable si notre société continue de centraliser les richesses et les pouvoirs, parce qu'elles représentent un danger, une alternative à la consommation imposée de masse, comme par exemple la vaccination. Il semble d'ailleurs vraiment étrange, quand nous sommes si proches d'intégrer le respect de la Terre à la sacro-sainte Croissance, de continuer de considérer que multiplier les agressions du corps nous protégera des maladies à venir. Autant continuer avec les engrais et les pesticides alors. Les cancers se multiplient, les troubles mentaux aussi, les maladies auto-immunes... et nos chevaliers se transforment en terroristes.

Peut-être qu'il est temps de repenser le monde... au moins celui qui est autour de nous, à commencer par notre véhicule de chair. Pas comme une entité où notre argent nous donne des droits d'accès à un confort aveuglé mais comme une terre de beauté et d'amour qui nous offre à chacun le meilleur chemin pour aller vers notre lumière et notre félicité.

lundi 9 avril 2018

Printemps

Tulipes sauvages dans les vignes bioDeux jours, jeudi et vendredi, de soleil, de ciel bleu, de fleurs partout, de chaleur... Chaque année, comme un accouchement, on oublie la félicité printanière, l'exultation des corps, le débordement des coeurs, l'épanouissement des regards et des fleurs... qui nous surprennent au détour d'un jour de soleil.
Une tulipe sauvage penchant légèrement sa corolle dorée au gré du vent peut suffire soudain à combler tous les désirs de grâce et de beauté. Ou le reflet du soleil dans l'herbe tendre, la rosette joyeuse des pissenlits, la pureté frémissante des buissons de pruneliers fleuris, un chemin de muscaris, un parterre de violettes... Et l'ivresse du parfum des fruitiers en pleine floraison, tous les désirs de senteur et de paix. Prunelier comme un blanc poussin griffuLa main caresse l'herbe douce, la mousse, les feuilles juteuses d'alliacées, les frais embrassements des tulipes et des jonquilles, fouille les rosettes de bourse-à-pasteur et de pâquerettes ou les feuilles de violettes, chatouille les pousses d'achillée... suivie par le corps qui ne peut résister à l'embrassement de la terre tiède, humide, et si féconde, puis à l'union au travers de la consommation de la récolte sauvage.
A cet épanouissement irrésistible, le pressentiment de la pluie, la nostalgie déjà de ces beaux jours qui ne seront plus demain rend la conscience, gonflée de reconnaissance, de l'instant, précieux parce qu'il va passer.
Et c'est sans doute le plus beau cadeau de ce dérèglement du climat qui est en route, avec ses montagnes russes de plus en plus brutales: nous rappeler à nous-mêmes, nous sortir de notre confort, nous souligner la préciosité d'un instant de printemps sauvage et le parfum de notre âme. Le Paradis, c'est ici.
JonquilleCeux qui ne suivent plus la danse, que ce printemps fatigue, dont la stabilité intérieure peine sous les désordres, retrouveront la paix à l'odeur des pruneliers en fleurs, qui nettoient les grognons boueux de l'âme et du corps, avant de faire du vin d'épine pour être moins piquants, quand les pousses jailliront des branches. L'aspérule montre aussi sa voie humble et étoilée dans les sous-bois, en même temps que les bourgeons de cassis: un thé quotidien peut aider à ramener pureté et joie. Comme les souffles sont perturbés par les changements, et que l'arrivée de la chaleur a été soudaine, on peut se raidir et se gonfler sous la pluie revenue: les pissenlits sont toujours les meilleurs compagnons, avec beaucoup de salades sauvages du moment, mais aussi la sève de bouleau, la bière, l'orge rôtie en porridge... et un passage au hammam avec gommage pour redonner de la perméabilité et du mouvement, suivi d'un petit sauna en cas d'excès d'eau dans le corps ou de chairs débordantes et molles.Muscari Aux enfants qui pleurent faiblement et opiniâtrement dans la chaleur, on peut donner de l'orgeat, comme aux adultes blessés par les épines, humaines ou végétales.
Le temps pluvieux appelle un peu plus de gras et d'acide dans la nourriture, pour nourrir en nous le pouvoir de transformation, tandis que toute la nature se transforme aussi. Au printemps, les saveurs principales sont le piquant qui disperse, liquéfie, révèle et nous débarrasse de nos piquants en nous faisant expérimenter la sagesse semblable au miroir; l'amer qui évacue et débarrasse de l'amertume et des regrets; et l'astringent qui tonifie, et évacue les peurs. Cela peut être la boisson "tonique", gingembre et citron; une poignée de plantes sauvages avec du raifort ou du cresson, ou la saveur des premières alliacées crues, qui dégagent le nez et la tête; un écart du locavore vers les plats de terres humides et chaudes (Thaïlande, Kerala, Amérique du Sud...); les premières pousses d'angélique, ou leur angélique racine...

Mars avance sur Pluton et forme en ce moment, avec Saturne et la lune noire, un faisceau de tensions en Capricorne, signe des structures. Je doute que les grèves s'arrêtent... En sextile à Neptune et Jupiter, cela augure cependant d'une belle occasion de régénération, voire de guérison collective. A titre individuel également, même si certains d'entre nous risquent de basculer du "côté obscur de la Force"... provisoirement. Parce que, comme le dit Albus Dumbledore sur le mur de la chambre de Sacha, "vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres... Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière"!

samedi 31 mars 2018

Mise à jour des dates de cure et stages, nouvelle asso à venir, menus de printemps

 En plus des cures proposées, et à la suite du dernier stage effectué en Provence, j'ai ajouté deux stages à destination des (relativement) bien-portants:
- cure des saints de glace, du 10 au 17 mai, pour éclaircir notre regard dans la contemplation et soigner notre tendresse avant les chaleurs de l'été.
- stage intensif d'Ayurveda, du 10 au 18 juin : transmission à travers l'expérience: pratique intensive de différentes techniques de méditation sur le corps, les éléments, les courants telluriques, les plantes..., cueillettes, cuisine et préparations, soins collectifs. 10 personnes maximum.
- cure des Perséides, du 21 au 28 juillet, pour apaiser les souffles, les pensées et les émotions.
- stage de jeûne alterné, du 1er au 8 août: pour nettoyer nos coeurs et nos corps de tous leurs coins sombres, dans le chant, le silence et l'activité physique. 10 participants maximum.S'il y a des volontaires, cela peut aller jusqu'au 15 août.
- cure de la Rentrée, du 22 au 29 août, au moment où la nature commence son retrait, retrouver notre tonicité dans la contemplation.
Plus vous vous inscrivez tôt, moins les billets de train et les locations de gîte sont chers... Pour s'inscrire, me contacter: 06 62 38 09 85.

Fleurs de pêcher La pratique du jeûne alterné est issue de la tradition tibétaine. Il y aura 24 ans exactement j'en faisais pour la première fois l'expérience pleine de félicité en monastère, pendant 17 jours. Chez les tibétains, c'est également un moyen de se soigner de maladies, psychologiques et physiques. La consommation de repas permet de stimuler le feu digestif pour transformer les éléments non digérés (matières, émotions) au lieu de sécher le corps.
Il se pratique par périodes de deux jours: le premier jour, le petit-déjeûner et le déjeûner sont consommés normalement, puis plus que des liquides jusqu'à la tombée du jour. De la tombée du jour au surlendemain après la première session du petit matin, plus de liquide, ni nourriture, ni parole. Le jeûne est rompu par une préparation adéquate en très petite quantité pendant le rituel du petit matin. Dans la journée, quatre sessions de 2 à 3h, selon la capacité des participants, font alterner chant et exercices physiques relativement intenses. Le chant met le corps en vibration, l'activité stimule les éliminations physiques et psychologiques. Le silence permet d'entendre les murmures de l'âme et de l'univers, occultés la plupart du temps par notre incessant discours intérieur. Le rapport à la nourriture change souvent fortement, le corps s'assouplit beaucoup.
Pissenlit Evidemment, beaucoup d'émotions peut faire surface, donc participer demande une certaine discipline et un véritable engagement, y compris lors du retour à la vie quotidienne (pas d'orgie de viande ou d'alcool tout de suite après, par exemple). Malheureusement, ce stage ne peut être ouvert à ceux qui éprouvent d'insurmontables difficultés à plier les genoux, ou à faire de l'exercice de façon relativement soutenue.


Ces dernières semaines, j'ai évoqué un nouveau projet, autour des forêts sauvages. Aujourd'hui, j'ai réfléchi à plusieurs axes importants et je vous propose d'étoffer cela d'une réflexion commune avant de monter l'association. Elle doit être distincte de l'association "Le Paradis, c'est ici", parce que cette asso est très personnelle et orientée vers l'Ayurveda.
Il y a une urgence certaine à la protection des forêts: le nouveau directeur de l'ONF P1000209.JPGnommé par m. Sarkozy a déjà mis les forêts domaniales en coupe réglée à destination de la Chine, et il existe un mouvement de fond visant à mettre en exploitation les forêts appartenant à des particuliers en tant que "richesse" inexploitée. M. Macron protège la chasse à courre et encourage l'exploitation de la forêt. La disparition des oiseaux, des insectes, des abeilles sauvages en particulier, se poursuit à un rythme qui a encore augmenté ces deux dernières années. Le monde sauvage se rétrécit comme peau de chagrin et les pratiques de chasse bouleversent la faune forestière restante. Il est temps de réaliser que c'est notre âme et une part vitale de notre écosystème qui disparaissent.

Bien sûr, encore une fois, je conseille à tout le monde le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres", mais aussi celui de Jean-Baptiste Vidalou (que j'ai contacté), "Etre forêts".

Je crois qu'il y a quatre axes importants:
- racheter des parcelles de forêt grâce aux donations et au crowdfunding, et les garder ou les rendre "sauvages";
- soigner les forêts malades, quand les causes de déséquilibre (pollution, plantation de résineux..) ont été stoppées, grâce entre autres à l'Ayurveda des arbres, dont j'ai déjà fait l'expérience (mais d'autres amoureux des arbres apporteront leurs soins aussi j'espère);
- sur les parcelles d'une certaine importance, favoriser l'implantation de "gardiens" pédagogues ayant une formation spécifique pour les protéger, impliquer les locaux, et favoriser en bordure la croissance de petits fruitiers sauvages pour les oiseaux, qui offriront également une protection et favoriseront la croissance, tout en respectant les obligations de débroussaillement en bord des routes;
- quand l'association aura une certaine ampleur (je suis optimiste), militer et faire du lobbying pour une loi qui reconnaisse à chaque citoyen le droit à l'accès à une surface sauvage à proximité de chez lui.​
Pour arriver à cela, il me semble important, quand nous serons constitués en groupe, de faire des partenariats avec la LPO (ligue pour la protection des oiseaux), certains forestiers pas toujours heureux d'appliquer les nouvelles directives, l'association Robin des Bois, un ou plusieurs avocats environnementalistes, les locaux bien sûr (c'est pour eux)... et de parlementer avec les chasseurs.

001__6_.JPG Cette idée est (un peu) inspirée du travail du Green Circle, un cercle confidentiel de milliardaires dont certains membres fréquentaient occasionnellement mon restaurant et m'ont invitée à des réunions, en particulier celui de Doug Tompkins (The North Face, Esprit: ex-PDG), plus grand propriétaire de terres au Chili, à travers des rachats, dont la veuve vient de faire donation au Chili, dans des conditions très strictes, de 407 000ha de forêts prêts à devenir des parcs nationaux, où le maintien de tribus locales a été favorisé entre autres pour prévenir le braconnage et les trafics.
Nous n'avons plus de tribus dans nos forêts mais nous avons des zadistes, et d'autres concitoyens simplement sauvages, trop pour notre société de consommation. Favoriser leur maintien dans ces forêts serait également un moyen de les intégrer en les respectant.


Le printemps est là, avec la pleine lune de Pâques, et les températures continuent de remonter. Le monde sauvage nous appelle, là où tout froufroute, s'épanouit, se lance hors de terre, gorgé d'énergie enfantine et joyeuse. Les meilleurs aliments sont donc verts et jeunes, avec une pointe d'alliacées, et un peu de gras quand même en raison des pluies.

049.JPG Petits-déjeûners: tartines grillées, beurre de noisettes et gelée d'orange amère, infusion de buis fleuri; salade de graines germées et fruits secs, hydromel de sureau; un peu de bière, compote de fruits secs à la cannelle, pesto de fânes de carottes et tartines grillées; jus de carotte-céleri rave-gingembre, crackers d'orge, hoummous de pois chiches germés; bsissa aux fruits pectoraux, lime and ginger ale.
Déjeûners: khitcheri aux bébés amandes; poêlée d'orties et consoude, fouées, confit de cynorhodon; pain de seigle grillé, pesto de violettes et avocat, soupe de lentilles épicée aux pruneaux; pâtes fraîches, poêlée de verdure.

jeudi 15 mars 2018

Humble pâquerette, incertitudes de mars, vie de l'association et tome 4

Un exemple de texte publié l'année dernière sur le blog, qui aurait dû être intégré au tome 4:Pâquerettes et pissenlitsFleur de Pâques... Ses pétales, en fait des fleurs ligulées, font une corolle de blancheur à un coussin poussinant de fleurs tubuleuses jaunes. Elle vient sur les pelouses et les prairies, même très tondues, où elle repousse opiniâtrement au ras du sol ou... "des pâquerettes". S'il va pleuvoir, elle fronce son nez qui peut rosir comme les joues des enfants sous le froid ou la pluie. Sa rosette pulpeuse et duveteuse, aux feuilles très légèrement dentelées, est délicieuse en salade avant la montée des fleurs, étonnamment odorantes quand on s'en approche. Toute petite, tout près de la terre, elle offre sa douceur avec constance à chaque printemps, quand la tiédeur met en lumière les raideurs et les lourdeurs,Pâquerettes aux joues roses en Tourainequand les épanchements, les bourgeonnements et les floraisons, en nous-même ou dans la nature, laissent des cicatrices que son huile répare, même sur les terrains arides parce que trop traités, trop rasés, trop arpentés...
Pour faire de l'huile de pâquerette: remplir un bocal de "fleurs", couvrir d'huile, de tournesol par exemple, et mettre au soleil au moins 8 jours, puis filtrer. Rentrer le bocal quand il pleut et quand il fait nuit. L'huile, douce et onctueuse, apaise les raideurs intérieures et certains eczémas en massage, répare les blessures et les cicatrices, dégonfle les ecchymoses, efface les rides... De même que l'infusion des fleurs et des feuilles, ou leur consommation en salades.Bouquet de pâquerettes à l'ombre Elle apaise également l'inflammation des orteils chez les messieurs aimant les nourritures riches, et les poumons des enfants à la poitrine étroite qui pleurent jusqu'à se "casser la voix". Elle permet au ventre de relâcher les humeurs lourdes du printemps et les selles qui ne passent pas et, en apaisant l'inflammation intérieure, dégonfle les rétentions d'eau.
Vin de pâquerette: 2 poignée par bouteille de vin blanc sec, macérer 8 jours. A consommer à raison d'une à deux cuillerées à soupe le matin à jeûn quand on est tout raide, ou sujet aux allergies.
Huile de pâquerette en macérat solaireEn cas d'état inflammatoire, on peut aussi boire sa décoction et se couvrir pour transpirer abondamment. Et son effet "fondant" fait merveille sur les duretés qui peuvent venir aux seins tant elle sait raviver la douceur de ce qui jaillit, se gonfle, fleurit et s'épanouit.

Le stage qui a eu lieu en Provence, ainsi que la cure près du Puy, m'ont révélé l'aridité extrême cette année du Sud-Est de la France, qui souffre d'un déficit de pluies, ainsi que les pathologies caractéristiques de ce genre de déséquilibre. J'y range d'ailleurs la destruction à la débroussailleuse par son nouveau propriétaire de la forêt enchantée et intouchée qui se trouvait au pied des Alpilles près de St Etienne-du-Grès, et qui fut longtemps mon lieu favori de photos et de cueillette, parcouru amoureusement dès le lever du jour à la belle saison ou sous le Mistral, pour y saisir les premières lumières, y croiser ses habitants pas encore réfugiés dans les profondeurs, y respirer leur odeur, m'allonger quelques instants sur la mousse encore humide... L'aridité, du coeur aussi, et le vent chaud de la colère s'accordent mal avec la subtilité, la délicatesse, le sauvage et la poésie.
Aurouze, en Haute-Loire En attendant que les cieux y versent une ondée assez douce et constante pour pénétrer les croutes, ses habitants peuvent se soigner aux fruits pectoraux: jujubes, raisins secs, figues, dattes même... Cuits en compote ou en sirop, ils apaiseront les inflammations de toute sorte, et empêcheront éventuellement les raideurs des débuts de grippe. Tout ce qui est gélifié également: panna cotta, gelée de cuisson des pois chiches, aspics végétaux... Si la raideur a déjà bien attaqué, et que les douleurs sont violentes, de l'"eau de feu" redonnera circulation et paix du corps: frictions à l'eau de Cologne, ou bière au lever avant l'exercice physique pour ramener de la vie qui pétille et froufroute. Guimauve pour les irritations de l'écoulement des eaux du corps, orge rôtie pour tous les jours, salade de pâquerette aussi.
Crocus à Aurouze, photo d'Estelle C.
Dans la moitié nord de la France, les températures préparent un nouveau plongeon, comme fin février. Tant de montagnes russes augmente les souffles, raideurs, difficultés de concentration, colère (en plus du trigone Mars-Uranus)... et rend la douceur, la lenteur, la tendresse... d'autant plus précieuses. Les chatons duveteux, de saule, de noisetier..., et les salades astringentes dominent, apportant tonicité et douceur: plantain, herbe-à-robert, achillée, orties, pimprenelle, patience... (Ce billet contient photos et descriptions de plusieurs salades de printemps)

Comme je l'ai annoncé dans la colonne de droite, le 10 mars est passé sans que les derniers 1000€ nécessaires à la publication du prochain tome soient trouvés. Cela a curieusement mis en valeur mon déficit de communication et remis en question la poursuite de la publication de ce travail profond sur les saisons. Tous vos commentaires sont bienvenus à ce sujet. Ma très chère assistante a proposé de s'occuper de remettre le projet en financement participatif, mais il pourrait également être facilement financé si tous les exemplaires restants du tome 1, environ 250, étaient vendus. Quoiqu'il en soit, les donateurs seront remboursés par Paypal dans le courant du mois. Merci à tous les donateurs de leur précieuse confiance et de leur générosité.
Pulmonaire encore toute petite, Aurouze Un autre projet , de très grande ampleur, et qui me tient à coeur depuis mon enfance, est en cours d'étude et vous sera bientôt présenté dans le cadre d'une nouvelle association. En attendant, je vous conseille à nouveau le livre de Peter Wohlleben "La vie secrète des arbres"
Grâce aux suggestions de curistes et de stagiaires, je réfléchis à des dates pour une cure pour les "bien-portants", qui sera sans doute aussi un stage intensif d'Ayurveda, ainsi que pour un jeûne alterné de 15 jours, probablement au début de la saison des pluies d'été, à la mi-juillet ou début août.

lundi 26 février 2018

Remontée brutale des températures

Après un plongeon salutaire dans le froid, l'atmosphère va passer de l'hiver au printemps en parfois 24h cette semaine et, si une ouverture du coeur explosive est à prévoir, la remontée peut aussi se traduire par gastro, nausées, douleurs, cauchemars, grognons, maux de tête, problèmes ORL...
Dès mercredi, il est probable que l'appétit soit en berne, voire dès aujourd'hui ou mardi, le corps anticipant le temps à venir. Pas besoin de se forcer: le plus facile est de jeûner pour passer le changement en douceur, de préférence avec beaucoup d'activité physique, afin de ramener l'énergie dans le corps. Eviter complètement les écrans pour deux ou trois jours également. Les souffles étant perturbés, nos pensées le seront aussi, de même que notre circulation, alors pas la peine d'essayer de se concentrer non plus. Ouvrir plutôt son coeur et son esprit à l'irruption printanière.
Rapidement les premières herbes sortiront de terre, surtout dans le Sud. Il sera temps après le jeûne de se nourrir des pousses et des salades sauvages offertes par les cueillettes... ou les marchés. En plus des saveurs amères et purgatives des verdures, la saveur astringente de la bière, ou des farines rôties, peut nous aider à raffermir notre corps dans la présence. Ainsi que le régime de Carême...
A la découverte d'un printemps fusée!

lundi 5 février 2018

Frimas, froid, frémissements, février

"Bientôt sera fait échec à l'hiver ;
Bientôt se délaceront fondront les ligatures glacées —
Encore un peu,
L'air, la terre, la vague seront inondées de douceur par la nature épanouie — mille formes apparaîtront
Aux mottes de terre sourdes, aux courants d'air montés comme du fond des caveaux.
Tes yeux tes oreilles — tes meilleurs attributs — tout ce qui prend connaissance de la beauté de la Nature,
S'éveilleront, s'empliront.
Tu percevras les spectacles simples, les miracles délicats de la Terre,
Le pissenlit, le trèfle, l'herbe émeraude, les parfums les fleurs précoces,
L'arbousier sous la semelle, le vert jaune du saule pleureur, le prunier le cerisier en fleurs ;
Avec eux le rouge-gorge, l'alouette la grive, chanteront leurs chants — le rouge-gorge aux ailes vives ;
Tous les spectacles que la pièce annuelle rejoue."
Poème extrait de "Feuilles d'herbes" de Walt Withman (trad. Jacques Darras).

Roses dans le jardin de l'ArsenalLe coeur a d'abord frémi au gonflement du fleuve, débordant joyeusement les cadres pesants de la vie citadine, donnant à Paris l'aspect d'une Venise ou d'une station balnéaire ou spatiale, gonflement de vie hivernale venu apaiser et moquer la frénésie humaine et les fleurs trop précoces.
Puis la neige est arrivée, déversant ses dentelles d'eau et de lumière pétillante, voilant de pureté les frémissements de la Chandeleur, fête de la purification de la Vierge, ancienne fête d'Imbolc, de la Terre Mère Brigit. Au petit matin angélique de l'année, dans les rosées, les frimas, les lumières blanches et roses, les profondeurs frétillent de vie, pas encore visible, vibration intérieure répondant à l'allongement des jours et à la course de la Terre. L'hiver peut bien être reparti pour 40 jours encore, ça froufroute, ça pétille, ça chante doucement au fond de nous, avec une vigueur nouvelle.
Puis le soleil est revenu et notre coeur s'est rapidement épanoui dans la clarté et la joie, tandis que les températures descendaient, soutenant notre élan. Elles vont descendre encore, nous promettant une renaissance que les années précédentes n'ont plus connue, un printemps fleuri et coloré, et une forme de purification après les ébranlements de 2017, ravivant notre feu intérieur, et nous permettant de faire provision d'ancrage et de fraîcheur intérieure.
mimosa fleuri
Le Carême a commencé cette année le lendemain de la fête des amoureux, le 15 février. Quand il était strictement observé, on faisait "maigre" toute la journée à ce moment, sauf le dimanche. C'est-à-dire qu'on ne mangeait que ce qu'il reste normalement à cette époque de l'année, quand on exclut importations et serres chauffées (pour notre planète aussi): des fruits secs, quelques fruits d'automne dans les années fastes, des céréales, des légumineuses, des racines, pas de gras, pas de sucre, pas de produits animaux. Les oeufs et les pâtes levées également sont réservées à la sortie du Carême et à la fête pascale. Certains ne mangeaient qu'un seul repas à la tombée du jour, et on s'engageait, spontanément comme le paysan préparant sa terre, ou le nomade obligé de parcourir plus d'espace pour trouver de quoi se nourrir, ou diligemment comme les moines ou les yogis, dans des pratiques physiques toniques et importantes au moment où les premières fleurs sortaient. A notre époque où l'onctuosité des corps s'amenuise, on peut adopter un régime moins contraignant, ou moins longtemps.
 Néanmoins, pour faciliter l'enfantement des floraisons à venir, et le feu qui se manifestera en nous avec le retour de la douceur, on peut trouver agréable de manger "maigre", en ne conservant peut-être, pour apaiser les souffles au moment de la descente, que le lait et la crème. C'est le moment de puiser dans la cuisine vegan, à condition de rester local et de saison. Si l'énergie stagne avec le froid, on peut baisser le chauffage et pratiquer des frictions à l'eau de Cologne, des bains de pieds chauds aux graines de moutarde noire, et des inhalations d'infusion de plantes (romarin, menthe...). Les saveurs principales restent l'acide, le doux et le salé. La mélasse aux 27 plantes (recette dans le tome 1) peut être particulièrement efficace à cette époque. Tandis que les gelées liquéfient nos lourdeurs, prêtes à ruisseler à la tiédeur, emportant les réserves de l'hiver, les plats en gelée peuvent nous plaire. Si la vie ne pétille pas au fond de nous, on peut l'ensemencer d'un verre à liqueur de bière, à jeûn le matin, éventuellement additionnée de plantes. Moi, j'aime y ajouter de la mélasse de grenade. La bière resserrera notre intérieur, stimulera la circulation figée et contaminera tout notre corps de ses froufrous.
Dans la maison, le chauffage assèche l'atmosphère et contribue à figer la circulation, ce qui s'ajoute aux gelées extérieures: c'est le moment de laisser mijoter longuement à tout petit feu un plat qui parfumera la maison, donnera de la souplesse à l'atmosphère et stimulera les appétits et les désirs. Jardin de l'Arsenal

Propositions de menus:
Petits-déjeuners: hydromel, porridge d'orge ou de blé noir aux fruits secs (bsissa), compote de pruneaux aux écorces de citron bergamote, infusion "frimas" (hysope, écorce d'orange, thym, origan) ; bière à la grenade, crackers d'orge aux graines, pâte de purée d'amandes-mélasse de raisin-fleurs d'oranger, infusion d'angélique ou "Matins purs"; compote de fruits secs, pomme au four, jus de pomme-carotte-gingembre; thé noir au beurre, farine d'orge grillée, gelée de pommes; cidre ou poiré, gâteau de châtaignes ou "castagnaccio", compote d'airelles, panna cotta d'amandes.

Déjeûners: pounti, potée de carotte et panais, chutney de pommes, salade de radis noir; gratin d'orge aux poireaux, carottes vichy, compote de poires; galettes d'épeautre, chouée (feuilles de chou-rave très doucement fondues dans le beurre), compote de fruits secs, panna cotta au lait d'amandes; potée de pois chiches à l'angélique et purée de noisettes, aspic de légumes, galettes non levées, crème de châtaignes et fromage blanc ou tofu soyeux; gratin de crozets, soupe à l'oignon, compote de cornouilles ou airelles; poêlée de topinambours aux pommes, potée de châtaignes au safran; terrine de racines en gelée, cubes de courge rôtis au four au romarin, boulettes d'épeautre.

Dîners: soupe de haricots secs aux légumes, ou minestrone; soupe de pois cassés au cresson, croutons; potée de chou et croutons, gratin d'endives; soupe miso aux légumes, gratin de purée pomme de terre-céleri; patates douces caramélisées dans leur peau, soupe miso; panais cuits dans leur peau, crackers, bortsch; risotto de courge et amandes; lasagnes de courge butternut au tofu et farine d'orge rôtie; roulades de chou chinois farcies à la farine d'orge grillée et épine-vinette, compote de pommes; crème d'orge aux carottes et baies acidulées.

A noter: pour trouver les billets d'une année précédente, ajouter /archive à l'adresse du blog. On tombe sur les billets classés par mois et année.

La prochaine causerie est le 12 mars. Ce sera une conférence suivie de questions, pour plus de clarté.

dimanche 21 janvier 2018

Journée internationale des câlins, temps de pluie

calin_de_koala.jpgJe découvre avec émerveillement cette journée du 21 janvier consacrée aux câlins depuis 1970! C'est fantastique! Une journée consacrée à la meilleure de toutes les thérapies pour tous les maux, y compris ceux de la Terre... Et là, on parle de câlins sans attente, en particulier sexuelle: les câlins d'amour, ceux qu'on fait aux habitants de notre coeur quand il déborde, quand chaque parcelle d'eux nous émeut et nous émerveille, qui nous permettent d'en faire à des proches un peu moins proches, la forme de contagion la plus lumineuse de la terre, qui fait danser de joie nos cellules, pétiller nos yeux, et tourbillonner la vie en nous. Je nous souhaite de partager beaucoup de câlins aujourd'hui, et à partir d'aujourd'hui tous les jours de notre vie!
Sur Imagine ou Sunrise, Spiegel im Spiegel...

Il pleut... Tous les jours ou presque, contrairement aux deux années passées, et avec Jupiter en scorpion cela risque de se prolonger. Un relâchement se produit en nous, le retour de la tendresse, de la tristesse, de la profondeur, de la délicatesse, d'une certaine sensibilité, celle qui a travers l'eau porte les émotions et les informations de corps en corps, d'âme en âme... tandis que le feu monte en nous pour digérer toute cette eau et cette absence de lumière. On peut se sentir frigorifié, rechignant à sortir de notre terrier, voire de notre lit, avec des articulations douloureuses, de l'eczéma même... Bain chaud, frictions au gant de hammam voire au gant de crin, thé au lait (et câlins!) peuvent nous aider dans un premier temps à faire circuler les souffles et profiter de la vigueur nouvelle arrivée avec l'eau.
Comme l'air et le feu accumulés dans le corps avec la sécheresse et la chaleur passées se remettent à circuler, on peut avoir principalement un blocage du souffle du bas, conduisant à des accumulations de souffle ascendant: dyspepsie, maux de têtes, troubles ORL, rhume, syndrome grippal, inappétence ou nausées, voire aggravation de symptômes cardiaques ou de hernies hiatales... Il est temps pour les salades de radis noir ou de céleri rave, les écorces d'orange amère confites, les jus de carotte et la mélasse aux 12 racines (recette dans le tome 1), voire pour une diète vu la température. Les bains de pieds chauds, avec du gros sel ou des graines de moutarde noire, le lavage des nez encombrés avec de l'eau salée, ou les cataplasmes d'argile sur le bas-ventre pour la nuit, peuvent également procurer un vrai soulagement.
Si les mucosités ont commencé à se former, et que nos pensées sont pleines de remugles, une préférence pour les aliments secs, grillés, rôtis, compacts (hors fromage à pâte dure) alliés à des bouillons de légumes ou des jus de fruits frais, des fromage frais, de la crème... a pu voir le jour. Nougats, perles de coco, tajines, potées grillées, tsampa, tartines de pain grillé, gratins, tartes sablées de légumes, crackers...

Mais on peut aussi se sentir plein de vigueur renouvelée, avec l'envie de danser sous la pluie, de marcher de longues heures, de grimper des hauteurs, de faire des câlins, tandis que remontent comme des bulles légères les émotions emprisonnées sous la chaleur et la sécheresse, enfin libres.

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