Le paradis c'est ici ! - le blog

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lundi 7 octobre 2019

Bortsch polonais et diplomate

P1010879.JPGVoici une soupe pour ce moment où tout rougeoie, où le feu de l'été se relâche dans les corps et se manifeste dans les flamboiements des arbres, mais aussi pour les soirs d'hiver, pour rassembler son énergie dispersée par le froid.

Ingrédients : 4 betteraves crues, 3 champignons séchés (shiitaké), 4 feuilles de laurier, 1 oignon piqué de 8 clous de girofle, vinaigre et/ou coing ou pomme, sucre, sel, beurre clarifié, 2l de bouillon, aneth ou herbe fraîche.

Préparation : Placer les betteraves entières dans une casserole en les couvrant d'eau. Amener à ébullition et faire cuire à feu doux pendant ½ h environ, jusqu'à ce que les betteraves soient tendres. Puis les égoutter et les placer dans un saladier d'eau froide. Pendant ce temps, faire tremper les champignons dans un peu d'eau.
Quand les betteraves sont tièdes, les peler et les couper en tranches fines après avoir huilé ses mains. Couper l'oignon en deux. Ajouter tous les ingrédients dans une grande casserole, amener à ébullition et laisser mijoter à feu moyen 2 h environ, ou assez pour que les betteraves se défassent dans le bouillon.
Rectifier l'assaisonnement au vinaigre, saler, poivrer. Servir avec un peu de crème fraîche sur le dessus et de l'aneth ou du cresson ciselé éventuellement.
On peut ajouter un coing. Il donnera une texture plus onctueuse et une acidité plus élégante. Idem avec une pomme. Sur la photo, des ravioles au poireau et au comté ont cuit dans la soupe.

Diplomate à ma façonP1010876.JPG Un peu de douceur dans les rouages tandis que notre feu s'élève...
La crème diplomate (sans œufs):
Ingrédients : 2 c. à soupe de farine blanche ou de fécule, 1 c. à soupe de beurre clarifié, 1 ½tasse de lait, 1 tasse de crème liquide, 1 c. à café d'agar-agar, 1 gousse de vanille, 1 c. à soupe d'eau de rose, 2 c. à soupe de sucre.

Préparation : diluer l'agar-agar dans le lait à froid. Faire chauffer le lait avec la gousse de vanille ouverte dans la longueur, ou ½ c. à café de vanille en poudre, et 1 c. à soupe de sucre. Arrivé à ébullition, laisser tiédir. Faire chauffer le beurre dans une petite casserole. Ajouter la farine et laisser blondir, puis diluer avec le lait tiédi versé petit à petit, puis l'eau de rose. Amener de nouveau à ébullition. Laisser refroidir mais pas prendre.
Quand la préparation est presque froide, fouetter la crème en Chantilly avec la c. à soupe de sucre restante, puis l'incorporer au mélange. S'il est trop chaud, la crème tombera. Trop froid et « pris », le mélange ne se fera pas.

Ingrédients : 1 boîte de 12 biscuits à la cuillère, 1 grosse c. à soupe de chaque : écorces d'orange confites, tiges d'angélique émincées pochées au sirop ou confites, griottes à la liqueur ; ½ tasse de raisins secs, compote ou marmelade d'abricots (par exemple l'excellente et sans sucre de la marque bio « Saveurs Attitudes » ), liqueur de griottes ou kirsch, eau de rose.

Assemblage : couper les fruits confits en petits morceaux. Faire tremper les raisins dans l'alcool choisi, avec les fruits confits. Égoutter et émincer les griottes en conservant la liqueur à part. Placer une couche de fruits confits et de raisins dans un moule à charlotte huilé (huile d'amande, d'abricots ou de noisettes), napper de la crème, recouvrir d'une couche de biscuits dont le fond est trempé dans l'alcool, puis d'un peu de marmelade d'abricots et recommencer jusqu'à remplir le moule.
Placer au moins 2h au froid pour que le mélange se fasse et prenne. Servir nappé éventuellement de marmelade d'abricots diluée dans la liqueur et l'eau de rose.
Le diplomate de la photo était un essai et a manqué d'agar-agar et d'angélique confite. Le vôtre sera deux fois plus beau!

mardi 17 septembre 2019

Vers l'équinoxe

Lever de soleil moiré sur la LoireNous approchons de l'équinoxe d'automne qui aura lieu cette année le 23 septembre à 9h50. C'est le moment, variable, où les rayons du soleil seront très exactement perpendiculaires à l'axe de rotation du globe terrestre. A cette date, la majorité des récoltes a été faite et c'est le temps du repos bienvenu après les labeurs épuisants de l'été, dans la paix et la sécurité offertes par les récoltes. C'est le moment de rendre grâce, au moment même où la grâce se manifeste dans la nature rougeoyante, les somptueux couchers de soleil, les matins parés de voiles moirés...

Pourtant cette année, le trigone persistant de Mars et le Soleil avec la conjonction Saturne Pluton toujours rétrograde (Saturne jusqu'au 19/09, Pluton jusqu'au 4/10), partiellement incarné par les deux périodes très sèches qui se sont succédées cet été (à Paris, entre le 21 juin et le 17 juillet, puis depuis le 19 août), Graines de fenouilou par les pronostics de plus en plus inquiétants pour notre avenir et notre présent (réchauffement climatique à 7° en 2100, disparition potentielle de l'humanité...), ou par un sentiment de crasse généralisé, peut nous masquer cette grâce, au lieu que nous y puisions les forces nécessaires pour accepter les changements et les laisser nous inspirer à aller au-delà de nous-mêmes, nous traverser, nous modeler. L'équinoxe d'automne est le moment du retour aux forces de l'intérieur, aux forces non manifestées, à l'inversion de valeurs de la nuit de l'année, quand le démon devient le feu brûlant du Soleil et de la manifestation, et que la vie descend dans les racines, dans le non-manifesté, dans la terre et ses profondeurs.

Coucher de soleil sur la Loire Notre appétit peut être en berne, à moins que nous n'ayons une activité physique régulière, et nous pouvons commencer à ressentir un grand besoin de pureté: un jeûne, une mono-diète ou l'absence de repas du soir peuvent y remédier. Il est possible que les saveurs camphrées soient plus que jamais inspirantes: camphre naturel brûlé sur un charbon, pointe de camphre dans un yaourt grec avec de la fleur d'oranger et du clou de girofle, plats à la menthe ou au basilic... Peut-être que nos tripes sont un peu remuées: panna cotta, gelées de toutes sortes à faire vous-mêmes (de tisane menthe-réglisse, de bouillon de légumes, de pomme, de camomille et écorces d'agrumes...), spaghettis de courgettes... Fruits cuits, légumes crus, peu de céréales, des desserts lactés, des jus, des bouillons, de l'eau lustrale: Fleur de sédumde la simplicité pour accompagner la pureté.

Peut-être manquons-nous de jus, et sommes-nous épuisés, pas par la fatigue mais par la sécheresse accentuée par les écarts de températures entre la nuit et le jour: les délicieux et poétiques desserts de Tang Xuan peuvent nous aider à reprendre des forces, ou d'autres préparations incluant des gelées à base de gommes d'arbre ou d'algue (agar-agar), de la racine de guimauve, des cucurbitacées fraîches (concombres, courgettes...), les fruits comme le coing, les pommes, les poires, les cormes, les nèfles..., les salades succulentes comme le pourpier, le sédum, les joubarbes...

Dans les cieux purs et presque immuables, nous pouvons puiser l'espace, la grâce et l'éternité, et les laisser nous habiter en les contemplant. Pour défaire nos crispations, nos feux d'écrans et de stress, nos émotions brûlantes... C'est facile en ce moment: les levers et les couchers de soleil sont à des heures où l'on est déjà ou encore dehors. Les vapeurs mentholées du hammam peuvent aussi équilibrer la sécheresse extérieure, comme à chaque fois que les écarts de température sont forts entre la nuit et le jour, et, comme dans les 1001 nuits, ramener jeunesse et douceur sur les visages et dans les coeurs. Dans la maison, les vapeurs des compotes, confitures, cuires et autres mélasses apaisent les souffles et ramènent délicieusement à la terre et ses cadeaux.

Marche mondiale pour le climat C'est le moment des recettes du tome 1 de "Savourer le chant des saisons"!
Et le programme de la rentrée a été mis à jour: le stage de vannerie est confirmé!

Samedi, la marche mondiale pour le climat organisée par Alternatiba, Notre affaire à tous, Greenpeace France, Avaaz, Il est encore temps, Youth for Climate... Il est temps pour chacun d'agir! La grève commence le 20.
Et une petite vidéo pour résumer, par "Partager, c'est sympa" d'"Il est encore temps".

lundi 26 août 2019

Si vous en avez assez de créer des déchets

Composter permet de beaucoup alléger le poids de ses déchets. Je me souviens qu'en Province, je jetais un sac de déchets non recyclables de 30l tous les mois. C'était encore beaucoup trop et je pense avoir progressé sur certains points mais... à Paris, tous mes précieux déchets de nourriture bio et fraîche partaient à la poubelle. Jusqu'à ce que je trouve ce site. Voici où composter près de chez vous, lien que j'ai ajouté à la colonne de droite également, si bien sûr vous n'avez pas réussi à convaincre le syndic de votre immeuble d'installer un lombri-compost collectif ou que vous n'avez pas la place d'en avoir un chez vous.
Et voici le plan compost de la mairie de Paris, ainsi que la page de la mairie de Paris pleine d'idées pour réduire ses déchets. C'est malheureusement trop tard pour le défi zéro déchets de Paris (plutôt modeste quand même, puisqu'il s'agit de réduire ses déchets de 10% pour 100 familles) mais il y a beaucoup d'idées sur le site et ... vous pouvez prévoir de vous inscrire l'année prochaine.

Je prépare également pour les membres de l'association un dossier complet de recettes de produits de nettoyage pour la maison, d'hygiène corporelle et de beauté, à base de plantes locales et de produits faciles à trouver ou à sauver de votre poubelle pour la plupart, sans huiles essentielles (vu leur impact sur la santé et l'environnement), avec l'objectif d'avoir une alternative pour absolument tous les produits de mes placards de salle de bain et de nettoyage (déjà bio et réduits en nombre), qui n'auront plus alors qu'à se finir gentiment et me permettre de ré-utiliser leur emballage.
Vous pouvez aussi vous informer sur Ekopedia et Consoglobe par exemple. Aroma-zone (plusieurs boutiques à Paris) en a fait un business et fournit des conseils dans ses boutiques: on peut les remercier d'avoir remis sur le marché des produits qui n'y existaient plus et contribué à rendre fashion les produits faits maison. Cependant leurs prix rendent leurs produits inaccessibles au plus grand nombre, et certains de leurs produits sont loin d'être écologiques (dont les colorants au dioxyde de titane), sans parler de la production d'huiles essentielles qui est à la base de leur activité.
A suivre...

Le programme de la Rentrée a été mis à jour.
Et, si vous ne l'avez pas vu passer, un magnifique et court docu d'Arte visible par des enfants, remettant l'homme à sa place, insignifiante, dans l'univers, ce qui est... très très apaisant.

samedi 24 août 2019

Quelques recettes

Soupe au pistouUne soupe au pistou (sans ail)
Ingrédients : 1l d'eau, 400g de carottes moyennes, 200g pommes de terre, 300g de céleri branche, 400g de haricots mange-tout, 500g de haricots coco blancs et rouges, 300g tomates, 200g d'oignons, 300g grosses courgettes, huile d'olive, 1 à 2 bottes de basilic, 100g de purée d'amandes blanches, 100g de parmesan râpé, huile d'olive, laurier, 60g de purée de noisettes, origan, mélange « floral » au goût, 1 branchette de rue (facultatif).
Préparation :
Eplucher et détailler en petits dés les carottes, les pommes de terre, le céleri, et les haricots mange-tout. Egrener les haricots coco ou égoutter les haricots trempés.
Jeter les légumes, avec croûte de parmesan, oignons et tomates coupés en 4 dans l'eau froide, porter à ébullition et cuire à petit feu jusqu'à cuisson des haricots. Ajouter les courgettes coupées en rondelles, la rue (si on en a) et de l'huile d'olive. Cuire encore le temps que la texture se fasse et que le bouillon réduise.
Saler modérément, ajouter le mélange "floral" au goût.
P1010649.JPG Séparément, on aura préparé le pesto de basilic : au mixeur ou au mortier, broyer les feuilles de basilic avec de l'huile, la purée d'amandes, un peu d'origan et le parmesan. Servir avec la soupe et des noisettes rôties, épluchées et concassées.
Mélange "floral"
Comme toujours, il est difficile pour moi de donner des proportions, puisque je les change sans arrêt. Disons 1 mesure de matricaire, 1 mesure de pétales de rose, 1 mesure de baies d'épine-vinette, 1/2 mesure d'anis, 1/2 mesure de fenouil, 1/4 de mesure de thym, 1/4 de mesure de romarin, 1/8 de mesure de clou de girofle. Concasser grossièrement le tout.

P1010643.JPG 3 petites potées toutes simples et rapides, inspirées des charchari indiens dont on laisse délicieusement brunir le fond, pour profiter des légumes de la saison, en particulier des tomates (dont je suis friande cette année):
Potée grillée de pommes de terre et petits pois à la menthe
Ingrédients pour 2 personnes: 4 pommes de terre de belle taille, 4 poignées de petits pois, 5 branches de menthe, 2 c. à café de beurre clarifié, 2 tomates moyenne (type Roma) mûres, sel, poivre.
Préparation: éplucher les petits pois, peler les pommes de terre et les tomates. Couper les pommes de terre et les tomates en cubes. Placer les tomates dans le fond de la casserole, couvrir avec les pommes de terre puis les petits pois. Saler et poivrer. Verser le beurre clarifié. Ajouter de l'eau jusqu'à 1 cm en-dessous du niveau des légumes et mettre à feu fort et à couvert. Quand l'eau bout depuis quelques minutes, enlever le couvercle et ajouter la menthe effeuillée en la poussant dans le liquide pour éviter qu'elle ne noircisse. Laisser cuire à feu fort jusqu'à évaporation de l'eau en surveillant vers la fin: le fond va commencer à prendre. Arrêter le feu, couvrir quelques minutes et déguster avec la croûte du fond.

Potée grillée de haricots verts et pommes de terre
Ingrédients pour 2 personnes: 4 pommes de terre, 2 tomates mûres, 4 poignées de haricots verts, 1/2 bouquet de basilic, 2 c. à soupe de beurre clarifié, sel, poivres.
Préparation: équeuter les haricots et les couper en morceaux de 3cm environ (bouchées), peler les pommes de terre et les tailler en cubes, peler les tomates et les couper en tranches. Parsemer le fond de la casserole de tomates, couvrir des pommes de terre puis des haricots, puis saler, poivrer, beurrer. Ajouter de l'eau jusqu'à 1 cm en-dessous du niveau des légumes et mettre à feu fort et à couvert. Quand l'eau bout depuis quelques minutes, enlever le couvercle et ajouter le basilic effeuillé en le poussant dans le liquide pour éviter qu'il ne noircisse. Laisser cuire à feu fort jusqu'à évaporation de l'eau en surveillant vers la fin: le fond va commencer à prendre. Arrêter le feu, couvrir quelques minutes et déguster avec la croûte du fond.

Potée de pois chiches à la tomate
Ingrédients: 4 tomates, 1 tasse de pois chiches trempés une nuit, 3 feuilles de laurier, un peu d'huile d'olive, 1/2 c. à café de graines de carvi, 1/2 c. à café de graines de moutarde brune, sel, poivre, beurre clarifié, menthe et coriandre fraîches.
Préparation: mettre les pois chiches à cuire à feu doux dans leur eau de trempage avec le laurier et un peu d'huile. Pendant ce temps, éplucher et épépiner les tomates.
Faire chauffer 1 c. à café de beurre clarifié dans une casserole. Ajouter le carvi et la moutarde, puis la coriandre et la menthe ciselées et faire revenir. Puis les tomates coupées en tranches. Laisser réduire.
Quand les pois chiches sont cuits, les égoutter et les ajouter aux tomates, si besoin avec un peu de jus de cuisson. Laisser réduire à nouveau et légèrement brunir, puis saler, poivrer et déguster.

DSCF5575.JPGLe Rinquinquin!
Quand on veut qu'il vieillisse bien, on cueille les feuilles de pêcher après le 15 août et la récolte des pêches, et avant le 15 septembre... On en met deux poignées, après les avoir essuyées, dans un litre de bon rosé de Provence, avec 1/2 tasse de sucre blond ou 3 cuillerées à soupe de miel de lavande, et on laisse macérer deux semaines. Comme les fleurs et les fruits, les feuilles ont des propriétés laxatives et adoucissantes. Au moment où la fraîcheur naissante permet au corps de relâcher les souffles et la chaleur accumulés pendant l'été, le pêcher infuse sa douceur dans notre corps. A déguster à jeûn le matin par temps frais et humide, quand on a du mal à se réveiller, ou dilué, avec des feuilles de menthe et des pêches macérées en morceaux, par un après-midi radieux d'été indien qui emporte le coeur dans l'immensité.

Feuilles de vigne farcies
Ingrédients : 20 belles feuilles de vigne, 1 gros oignons, 3 tasses d'eau ou de bouillon de légumes, 100g ou 1/2 tasse de riz blanc, 30g de raisins secs, 20g de pignons de pin, 1⁄2 c. à soupe de chaque : persil, aneth, menthe, 1 citron, 20g de beurre, sel, poivre.
Préparation : Mi-cuire le riz 10mn dans 1/2 tasse d'eau. Blanchir les feuilles, réserver. Réaliser la farce et rouler les feuilles, pas trop serrées (le riz va gonfler). Les disposer en étoile dans une casserole dont le fond est couvert de rondelles d'oignon, ajouter le bouillon et le jus des citrons. Placer une assiette ou un couvercle lourd dessus. Cuire env 30min.

Raisin non encore mûr Le verjus (rappel) Astringent, acide et anti-oxydant, très riche en vitamines, le verjus est ce qu'il y a de plus proche au goût de l'amla, remède très utilisé de l'Ayurveda, même si ses qualités de lourdeur et d'onctuosité le rendent tout de même différent. Il contribue à régénérer les phénomènes de chaleur interne, et à apaiser les souffles.
Quand? Sur le versant des orages d'été, quand St Laurent pleure ses larmes d'étoiles filantes dans le ciel (au moment où la Terre traverse le nuage des Perséides: entre fin juillet et mi-août), quand on est déjà fatigué par la rentrée à venir, quand sécheresse et dureté dominent, quand la chaleur a amené un certain épuisement des forces.
Ça fait quoi? Ça rend tendre, comme les viandes avec lesquels il est cuit dans certaines recettes anciennes (présent dans presque la moitié des recettes du premier "Viandier" de Taillevent), ça redonne la joie et le tonus, à temps pour la Rentrée, ça rend juteux et pulpeux, ça rafraîchit, ça chasse les colères et débloque les souffles.
Ingrédients: grappes de raisins vert, eau, sucre ou sel si on veut.
Préparation: égrener les grappes. Placer les grains dans une casserole en inox, couvrir à peine d'eau et laisser bouillir doucement 30mn. Filtrer, saler éventuellement, et embouteiller. Pas besoin de le conserver au frais. Écumer de temps en temps. Le plus prisé était blanc, quand l'écumage avait achevé de le clarifier. Si on veut, on peut en faire un sirop en ajoutant du sucre.
Autre méthode: presser les grains au pressoir, pas à la centrifugeuse. Saler et consommer.

Comment l'utiliser:
- frais, en limonade, avec un peu de miel et d'eau
- pour monter une mayonnaise sans oeufs, avec juste de l'huile et de la moutarde
- pour attendrir une viande, ou un poisson, dans l'eau de cuisson
- en alternative de l'omni-présente tomate, comme acidifiant dans les plats, de même que le coulis de prunes sauvages ou les pruneaux
- en vinaigrette, ou comme base de sauces
- en marinades attendrissantes

jeudi 22 août 2019

Programme de la Rentrée

Le programme peut être sujet à des changements de dernière minute, comme d'habitude.

Août
Reprise des ateliers de pranayama du mercredi, le 28: de 18h à 20h. Gratuit pour les membres de l'association. 5€ en insciption temporaire sinon. Me contacter avant au 06 62 38 09 85 pour participer.

Septembre
Shanka prakshalana ou nettoyage complet du tube digestif, le 7 septembre, à travers la pratique de postures de yoga associée à l'ingestion d'eau salée, sur Paris. Arrivée à 9h, départ à votre convenance après 15h. Cette pratique permet de dégonfler, de décrisper, et d'éliminer les trois humeurs accumulées à la fin de l'été. Elle est en revanche déconseillée aux hypertendus, et aux personnes adeptes d'hydrothérapie du côlon ou de l'ingestion d'huiles essentielles.
Si vous n'êtes pas membre de l'association, une cotisation temporaire de 5€ vous sera demandée.

Atelier de cueillette et préparation collective de la mélasse, du 27 au 29 septembre. La fameuse mélasse bonne-à-tout, ou presque, demande beaucoup d'ingrédients issus de cueillette, et de temps de préparation. C'est toujours plus joyeux et fécond de la préparer à plusieurs! Chacun repart avec son grand pot.

Octobre
Stage de cueillette et perception des plantes, du 11 au 13 octobre. La connaissance vraie provient de l'immersion ou de l'imprégnation. A travers la mise en condition du yoga nidra, je vous propose de faire l'expérience de l'imprégnation de plantes et de la connaissance toute personnelle, étonnament pertinente, qui en découle.

Cure des Orionides, du 25 octobre au 3 novembre, dans un gîte en moyenne montagne. La cure est en milieu fermé jusqu'à l'avant-dernier jour. Elle permet de se purger des vieilles colères, tensions, raideurs, amertumes, excès d'émotions ou de douleurs (conséquences d'opérations)... et de redonner du moelleux et de la plénitude aux organes pour l'hiver, grâce à l'ingestion de ghee en quantité progressivement plus importante. On en sort "libéré, délivré...".

Novembre
Jeûne alterné ou "pratique de la générosité" du 15 au 24 novembre, dans un gîte en moyenne montagne près de Mulhouse.
La pratique du jeûne alterné est issue de la tradition tibétaine. Il y a 24 ans j'en faisais pour la première fois l'expérience pleine de félicité en monastère, pendant 17 jours. C'est également un moyen de se soigner de maladies, psychologiques et physiques. La consommation de repas permet de stimuler le feu digestif pour transformer les éléments non digérés (matières, émotions) au lieu de sécher le corps.
Il se pratique par périodes de deux jours: le premier jour, le petit-déjeûner et le déjeûner sont consommés normalement, puis plus que des liquides jusqu'à la tombée du jour. De la tombée du jour au surlendemain après la première session du petit matin, plus de liquide, ni nourriture, ni parole. Le jeûne est rompu par une préparation adéquate en très petite quantité pendant le rituel du petit matin. Dans la journée, quatre sessions de 2 à 3h, selon la capacité des participants, font alterner chant rituel, étirements et exercices physiques relativement intenses.
Le chant met le corps en vibration, l'activité stimule les éliminations physiques et psychologiques, les visualisations ouvrent l'âme et le coeur. Le silence permet d'entendre les murmures de l'âme et de l'univers, occultés la plupart du temps par notre incessant discours intérieur. Le rapport à la nourriture change souvent fortement, le corps s'assouplit beaucoup, les obstacles intérieurs se lèvent.

Stage de vannerie du 29 novembre au 1er décembre, en Touraine.
Seulement 5 places. Fabriquer soi-même ses paniers, corbeilles, meubles, boîtes, nasses... sur mesure, avec de l'osier, guidé par un maître vannier. Le début d'un travail passionnant, sur des matériaux qui peuvent être un jour le fruit de récoltes sauvages, renouvelées chaque année par la nature.

Edition et envoi du tome 2 de "Savourer le chant des saisons", fin novembre.

Décembre
Cure de régénération du 1er au 14 décembre, à travers les 5 traitements principaux, en trois phases. Elle permet de nettoyer complètement le corps et les émotions, ouvrant la porte à la voie du coeur et à notre vraie nature sous les masques. Pendant la première phase, on met en circulation les "toxines", et on élimine les excès, à travers oléation interne et externe puis purge en deux temps. Dans la deuxième phase, on comble les déficits d'énergie, à travers lavements, massages et traitements de la tête. Dans la dernière phase, on stimule le feu digestif pour revenir à l'équilibre après les bouleversements qui ont précédé: c'est la phase de régénération.
Il y a toujours des moments difficiles... accompagnés, et le moins longs possibles, mais pour faire la cure, il faut déjà l'accepter. 14 jours, c'est très court. En Inde, on parle plutôt de 21 voire de 40 jours.

dimanche 18 août 2019

Un peu de nettoyage et de légèreté

Eupatoire chanvrine Comme Nasreddine Hodja, le fou divin qui fait toujours ses lessives au moment où il pleut, avec toute cette eau qui tombe, et après cet été dont nous savons qu'il marque une charnière dans l'histoire du monde, on peut avoir envie, si cela n'a pas été déjà été fait, de tout nettoyer: la crasse de notre histoire, personnelle et collective, sa fragilité aussi, nous ont jailli à la figure, et même si les signes cardinaux (Bélier, Cancer, Balance, Capricorne) ont été plus durement touchés, chacun d'entre nous doit sentir qu'il a besoin de balayer devant sa porte, afin de ramener des parfums légers, de la vie pétillante et frémissante, de la joie, pour avoir la force de digérer les évènements et de mener les changements nécessaires, d'autant que nous rentrons à nouveau, après la parenthèse enchantée de début août, dans une phase de 15 jours environ d'activité héroïque ou turbulente, de flamboiement, de joie extatique ou de douleur/colère "cosmique", de changements radicaux, avec le trigone Mars-Uranus, dont le point culminant devrait être le 30 août. Instabilité inquiétante des marchés financiers, incendies gigantesques en Amazonie, en Sibérie et en Afrique subsaharienne... en sont une autre métaphore.

La menthe aquatique embaumait si fort sous le soleil du matin que c'était enivrant On peut jeûner, commencer une mono-diète de raisin pas trop longue et accompagnée d'activité physique, ou simplement s'étirer beaucoup, se frictionner pour dissoudre et faire circuler. Le matin au lever, un gargarisme à l'huile d'olive fruitée peut être très agréable, faisant descendre les souffles, clarifiant la gorge, et soulageant la tête. On peut également, en cas d'irritation des narines, se verser quelques gouttes d'huile de noisette dans le nez. L'huile est aussi bienvenue sur les tartines grillées du petit-déjeuner, et en massages avant la douche, éventuellement sur le gant de hammam avec lequel on se frictionne si on est mince (un peu trop). Quelques gouttes d'huile de ricin, dont les fruits rosissent en ce moment, appliquées sur un lumbago, ou une douleur aigüe arrivée avec la pluie, apaiseront le souffle à l'origine de cette douleur.

Terminaison florale de menthe Et on a soif de pureté. Comme la reine-des-prés pour cet été lourd et caniculaire, la candide et humble menthe au parfum pur et pénétrant semble dissoudre les lourdeurs des trombes d'eau et les ténèbres des grands changements. Dans la cuisine, en tisane, en aspersion sur le linge à repasser, dans le liquide de nettoyage avec lequel on fait le grand ménage... sa petite tête hérissée de fleurs violettes aux grands cils ouvre la voie.

Les jours sans soleil, on a besoin de plus de gras, d'acide et de salé dans la nourriture. A ce moment, et même quand le soleil revient un peu, la légèreté des fermentations peut nous attirer: le pain, les soufflés, tout ce qui gonfle à la vapeur, les blinis ou les délicieuses appams (galette de riz levées), les iddlis, les pains de farine de pois chiches... accompagnées de légumes grillés et de potées de légumineuses fraîches, pour danser sous la pluie après.

Et, pour acter ce changement inéluctable, il nous faut certainement dire adieu à ces fonds de placards, ces habits jamais mis, ces ustensiles inutilisés, ces meubles qui bloquent la circulation... mais aussi à ces réserves de notre corps, ces vieux griefs, ces fermetures, ces engrangements de satiété et de confort. Pour être léger et vivant, uniquement.

mardi 6 août 2019

Les pluies d'été

DSCF7326.JPGTandis que s'inclinent dans les champs les têtes des adventices, et que saint Laurent pleure ses larmes d'étoiles filantes dans le ciel, la tension devenue forte ces derniers jours se relâche enfin avec la pluie, sur Paris. La douceur peut nous habiter à nouveau, les lourdeurs s'évacuer avec les humeurs dans le corps, la joie tendre et pétillante reprendre force après les contemplations hallucinées de la canicule. Nous aussi pouvons nous incliner devant cette -peut-être- promesse de fécondité revenue, de plantes remontantes, d'amours incarnées, de jus et d'eau. O toi, l'eau, porteuse de mémoire, de vie, et d'informations, toi qui nous relie les uns aux autres, merci de nous revenir un peu, merci de ta fraîcheur qui libère nos feux et notre sécheresse et nous ramène à la vie.

 Du coup, petite épidémie de lumbagos, tendinites, torticolis, et autres sortes de rouages grippés, à soigner par l'habituelle panna cotta pour ceux du bas, et les bains de pied chauds pour ceux du haut, ainsi que quelques frictions vigoureuses de ces corps hébétés par le souffle qui descend, encore un peu trop lourds pour prendre le train de la pluie au vol. Si les gonflements de "mouillé" deviennent engorgements, ou que la faim nous ronge dès le lever, une cuillerée d'huile d'olive à jeûn le matin, avec éventuellement une goutte de citron, quelques plantes astringentes (reine-des-prés, framboisier, feuilles de vigne...) pour les femmes, des amères de saison (gentiane, chicorée, absinthe, angélique sauvage...) pour les hommes, et les pectorales: bouillon-blanc, mauve, guimauve, rose trémière...

Angélique sylvestre On peut avoir (eu) envie de faire un grand ménage de la maison, instinct précieux pour préparer l'arrivée de la pluie, métaphore magique du grand ménage intérieur à ce moment de bascule de l'année: la Vierge entre en dormition, ou fait son ascension, le 15 août, après avoir donné le fruit de ses entrailles aux hommes, ô Vierge, ô Terre, qui a tout manifesté et entre en repos doucement, tandis que les premières feuilles de platane jonchent les rues des villes, jusqu'à son retour en février, après sa régénération.

Les lourdes grappes des baies de sureau noir C'est un moment idéal pour les cures, pour travailler ses assouplissements (à présent plus faciles avec la détente de la pluie), pour évacuer les trois humeurs du corps, particulièrement les souffles accumulés en excès, plus que jamais cet été. Le jeûne, particulièrement alterné, est idéal pour cela, comme au printemps, afin d'épouser l'aridité de l'été une dernière fois, et d'accueillir la lourdeur comme une bénédiction. En l'absence de jeûne, on peut être particulièrement attiré par la pureté des saveurs camphrées: menthe, menthe poivrée, menthe pouliot, basilic, camphre... ainsi que l'aigreur gentiment acidulée du verjus ou jus de raisin vert, ou, à défaut, du vinaigre.
Raisin vert Et c'est la vraie saison des solanacées: tomates, aubergines, poivrons, pommes de terre, puis physalis plus tard, dont l'énergie chaude convient au relâchement de la pluie. Tout ce qui ramone sera également bienvenu: céréales complètes, légumineuses fraîches, haricots verts, mais aussi les "sauvages" devenues plus fibreuses avec l'été.

Les planètes se sont alignées sur l'amour, la bienveillance, la générosité, la lumière intérieure... une parenthèse enchantée de 15 jours dans cet été qui marque indéniablement un basculement dans les consciences. La contemplation de la flamme d'une bougie peut accompagner l'omni-présence des nuages si nécessaire.

Propositions de menus:
Petits-déjeuners: brousse de brebis, mélange "sauvage", pain grillé, pesto de menthe aux abricots, infusion des 4 fleurs pectorales; fouées ou chapatis, farcies au beurre et à la gelée de baies de sureau, infusion de reine-des-prés; reine-claude, tartines grillées arrosées d'huile de noix, chicorée ; fougasses fondantes au beurre clarifié saupoudrées de sarriette, thé de feuilles de noyer, figues rôties; poires à l'orange au four, porridge de lentilles, orge et noisettes rôties à la cardamome (bsissa), thé d'orge grillée; crumble de figues au géranium rosat, scones, beurre, thé fumé.
Déjeuners: bouillon de tomates et fromage caillé à la menthe, galettes rôties de pois chiches et légumes, pesto de consoude et feuilletés d'artichauts, papeton d'aubergines; tarte verte gratinée aux orties, pesto de menthe, compotée de figues; salade sauvage aux fleurs (soucis, mauve, guimauve...), boulettes de bsissa au beurre clarifié, potée de concombre, courgettes et jeunes pâtissons aux amandes grillée; risotto d'orge à la tomate et au basilic, aubergines grillées sauce aigre-douce, salade verte; potée grillée de haricots verts et pommes de terre, galettes de lentilles vertes, pesto de basilic; galette de farine de pois chiches, ratatouille, chutney de pruneaux, feuilles de vigne farcies.
Dîners: soupette de verdure du chemin à l'angélique, pommes de terre en robe des champs; crème d'orge, légumes grillés; courgettes rondes farcies au kasha et safran, crackers d'orge, compotée d'abricots; soupe au pistou, tartines grillées et mélange "floral" ou "za'atar"; potée grillée de pommes de terre et petits pois à la menthe et coriandre, pesto d'amaranthe; poêlée de poivron grillé, courgette et basilic, risotto.

L'association "Semeurs de forêts" a un projet incroyable qui a besoin de financements, vous pouvez cliquer ici pour aller voir.

samedi 29 juin 2019

De l'usage de la violence contre Extinction Rebellion France vendredi

Les images insoutenables des violences policières contre une manifestation purement pacifiste vendredi me poussent à réagir pour une fois. Comme Cyril Dion, réalisateur du film "Demain", en refusant sa nomination à l'ordre du mérite, a dit ce que nous sommes sans doute nombreux à penser, voici sa lettre ouverte, reprise de positiv.fr:

« Monsieur le président Emmanuel Macron,
En novembre dernier, sur proposition de Brune Poirson j’ai été nommé au grade de chevalier dans l’ordre du mérite. Je n’ai à ce jour toujours pas procédé aux démarches administratives pour obtenir cette décoration. Je ne savais pas quoi en faire.

Aujourd’hui je sais : j’y renonce, je la refuse.
Comment accepter d’être décoré par un gouvernement qui fait usage d’une telle violence à l’encontre d’une partie de sa population ?

Hier, des militants pacifiques du mouvement Extinction Rebellion France, des étudiants, des mères de famille occupaient le pont de Sully à Paris, à l’instar de ce que le mouvement Extinction Rebellion a fait à Londres en novembre dernier pour alerter sur l’urgence climatique. Après sommations, alors qu’ils étaient assis, ils ont été gazés à bout portant. Les CRS ont vaporisé leurs bombes, à hauteurs d’yeux, comme ils l’auraient fait avec des insectes, des parasites. C’est abject.
Est-il nécessaire de rappeler que ces militants ne restent pas des heures en plein soleil un jour de canicule pour leur plaisir ? Qu’ils nous alertent sur un danger qui engage la survie d’une partie de notre espèce ? Que le permafrost fond soixante-dix ans plus tôt que prévu en Arctique, que nous avons battu hier le record absolu de chaleur dans notre pays avec 45,9°C et que le Haut Conseil pour le Climat que vous avez vous-même missionné a pointé l’insuffisance de la politique française qui devrait doubler ses efforts ? Méritent-ils d’être gazés comme des moustiques ?
Et ces violences sont la suite d’une déjà trop longue liste.
Qu’il s’agisse de l’opération sur la ZAD de Notre Dame des Landes où a été envoyée une petite armée de 2500 militaires et policiers, des journalistes et des militants pacifiques qui ont été blessés, éborgnés lors des mobilisation des gilets jaunes ou des jeunes qu’on a humiliés en les alignant contre les murs, en les mettant à genoux, tout ceci est indigne.

Votre gouvernement a été interpellé par la haut-commissaire de l’ONU vous enjoignant à « enquêter sur un usage excessif de la force », par la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a vous appelant à « mieux respecter les droits de l’homme », à « ne pas apporter de restrictions excessives à la liberté de réunion pacifique » et à « suspendre l’usage du lanceur de balle de défense », rappelant que « la tâche première des membres des forces de l’ordre consiste à protéger les citoyens et les droits de l’Homme ».
Votre gouvernement a rétorqué qu’il faisait face à des émeutes urbaines, pas des manifestations. Effectivement des violents affrontements ont eu lieu lors de plusieurs actes des gilets jaunes. Pour autant, d’autres stratégies de maintien de l’ordre existent dans d’autres pays, utilisées avec succès et sans faire de victimes. Mais au vu des événements d’hier cette défense paraît désormais bien faible. Il est aisé, cette fois, de voir de quel côté se trouve la violence. »

De l'usage de la violence en thérapie: huiles essentielles et poisons

Mauve de MauritanieA la suite d'une rencontre de thérapeutes autour des plantes par temps de canicule, il me semble utile de préciser plusieurs points:
- beaucoup se réclament de l'usage des huiles essentielles de l'Ayurveda. On m'a cité les empereurs moghols pêle-mêle avec l'Ayurveda et la tradition arabe des attars, les extraits de plantes. Mais justement, l'usage des huiles essentielles est relativement récent en Inde, quelques siècles de façon marginale sur une tradition de plusieurs millénaires, et importé: l'Ayurveda précède les invasions mogholes d'au moins 4000 ans! Par ailleurs, je n'ai jamais constaté cet usage chez les médecins traditionnels de l'Ayurveda que je connais. Les innovations de Vasant Lad lui appartiennent, quelle que puisse être leur valeur.

- l'Ayurveda est recherche de l'équilibre. Il me paraît complètement aberrant de croire chercher à créer l'équilibre, avec son environnement, son âme, son entourage, en utilisant le produit d'un tel déséquilibre. Rose Pierre de RonsardEt loin de l'idéal des cultures premières: ne pas laisser de trace. Combien de kilos d'une plante pour une goutte d'huile essentielle? 4 tonnes de pétales de rose pour produire 1kg d'huile essentielle par exemple, et 25 000 hectares de terres agricoles consacrés aux huiles essentielles, seulement en France, malgré les toutes petites quantités et variétés que nous produisons. Toujours la consommation effrénée des ressources naturelles au profit de l'humain... Sans parler des effets dévastateurs sur la flore de tout le corps. Ce n'est pas une médecine alternative, c'est le même niveau de poison que la médecine allopathique, la même idéologie que l'agriculture aux pesticides, la même guerre que les super-héros qui tuent sans remords...

- comme on ne rencontre jamais une telle concentration dans la nature, on habitue le corps à la même violence qu'un autre traitement chimique. Cela, aucune médecine "traditionnelle" ne l'avait fait avant nous. De même qu'aucune drogue n'avait jamais été récréative. Les poisons/drogues/produits violents ont toujours été réservés aux circonstances exceptionnelles: initiation ou voyage spirituel, au terme de longues pratiques de purification, uniquement pour ouvrir les portes chez ceux dont la nature spirituelle n'est pas encore éveillée.Sylvains de Princesse Mononoké Relire par exemple Castaneda au-delà du premier tome de son récit. Notre odorat et notre goût, premières barrières de survie, sont alors violemment brouillés, puisqu'on leur apprend à dépasser la sensation du danger.

- briser le champ des possibles, en y traçant ainsi une ligne de feu, est une oeuvre dévastatrice, comme changer une forêt sauvage en exploitation forestière, même si on n'y est pas sensible. Où est le chemin de l'âme? La contemplation des processus incroyablement parfaits, complexes et délicats de la Vie? L'Ayurveda s'attache à les restaurer par la spiritualité, la douceur, l'amour, le soin... ce qui produit des résultats tout aussi effectifs à court terme et beaucoup plus effectifs à long terme. Comment croire que nos maladies sont indépendantes de la violence dont nous faisons preuve vis-à-vis de notre environnement?

stellaire Il peut être intéressant de noter que la plupart des thérapeutes, tous reconnus dans leurs pays respectifs, présentaient des symptômes extérieurs de problèmes de chaleur interne à divers degrés. D'où peut-être la violence... ce que la chaleur et l'expérimentation de plusieurs huiles essentielles, nez collé contre les bandelettes imbibées, en une longue matinée ont du aggraver. Quant à moi, j'ai été prise de spasmes gastriques brutaux dès l'ouverture de la deuxième bouteille d'essence, située à 6m environ de moi, présentée comme une plante "puissante". Elle l'était!
Comme dans l'histoire d'Elie, la puissance, la vie, ou Dieu, n'est peut-être pas dans l'ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu de l'huile essentielle, mais dans "le bruissement d'un souffle ténu", ou le murmure d'une petite plante, ou la danse d'une dryade.

Pour finir, un lien vers un texte de l'ethnobotaniste poète Pierre Lieutaghi, intitulé "Aux frontières (culturelles) du comestible".

Une recette de gaspacho

Ingrédients: 500g de tomates anciennes, 500g de concombre, 300g de poivron rouge, 10cl d'huile d'olive, 1 bouquet de ciboulette, 1/2 bouquet de basilic, 1/2 cuillerée à café de graines de cumin, 3 tranches de pain de mie ou équivalent, 1 c. à soupe de vinaigre de bonne qualité, 2 c. à soupe de noisettes concassées et grillées, 1/2 c. à soupe de graines de moutarde, sel, poivre.

Préparation: ébouillanter les tomates 1mn pour pouvoir les peler facilement. Faire griller les poivrons entiers au four pour pouvoir les éplucher. Eplucher et épépiner les tomates et les poivrons, ainsi que les concombres. Passer au mixeur avec la mie de pain, puis la ciboulette et le basilic.
Faire rôtir à sec le cumin et le piler. Ajouter au gaspacho, et assaisonner au goût avec l'huile, le vinaigre, le sel et le poivre. Servir saupoudré de noisettes concassées et rôties.
Exceptionnellement, si on a les souffles trop haut, on peut ajouter une gousse d'ail écrasée au mélange. Même les quasi allergiques à l'ail dans mon genre le tolèrent bien quand on monte dans les extrêmes de chaleur.

Ca fait quoi? Cela restaure les jus du corps et sa pulpe amenuisée par la chaleur et les longues heures de soleil; cela protège la fraîcheur du coeur facilement emporté par les émotions; avec l'ail, cela ancre dans la terre et sa reposante lourdeur, et rappelle à soi-même. L'absence de fixation que permet la chaleur devient ouverture spirituelle au lieu de déclin de l'énergie de vie.

samedi 22 juin 2019

Rappel de conseils pour la canicule

Rainette au soleil levant - le matin au lever, après éventuellement une tisane astringente qui nous donnera de la fermeté (reine-des-prés, thé vert...), s'étirer sans faire d'effort, pour rétablir la circulation des souffles qui a tendance à se figer avec la chaleur, et puiser dans la lumière et la chaleur l'inspiration qui nourrira les prochains mois, tandis que nous sommes trop cuits pour conserver nos fixations habituelles: laisser notre ciel s'ouvrir à l'inconnu dans la lumière.

- après les étirements à la fraîche, c'est le meilleur moment pour se régaler des fruits du jardin ou de la saison. Et quel bonheur de cueillir les cerises à l'ombre des feuilles, ou les figues, les fraises des bois, les framboises, le cassis, les groseilles...

- si on est sédentaire, manger et boire chaud, et tant mieux si cela fait transpirer, parce que la transpiration est un bon signe de circulation des souffles, et qu'elle est rafraîchissante. En cas de sensation de lourdeur, on peut ajouter des épices et des herbes piquantes ou pénétrantes.
Reine-des-prés
- si on ne peut pas faire trempette:
Le matin, rincer doucement le haut de la tête à l'eau fraîche, plusieurs fois d'affilée, tête penchée en arrière comme chez le coiffeur, éventuellement avec une infusion de fleurs adoucissantes (mauve, guimauve, rose trémière, sureau, camomille, bleuet, hamamélis...) dans de l'eau minérale et les yeux ouverts. Ca apaise les maux de têtes, la sensation de chaleur, redonne de la clarté aux yeux et à l'esprit et ramène à la joie d'habiter ce corps sous le soleil.
Le soir, presser doucement une éponge trempée dans une bassine d'eau fraîche alternativement sur chaque cheville entre les deux malléoles, les pieds posés sur les bords de la bassine ou au-dessus, aussi longtemps que nécessaire (au moins 10mn). Cela fait redescendre les souffles, fait descendre les fièvres, soutient les reins, apaise des excès de soleil et de chaleur et permet de dormir!
Vesce commune et gaillet odorant
- tirer les volets, les persiennes, les stores... du côté où tape le soleil, pour maintenir notre lieu de séjour dans l'ombre comme le terrier protecteur. Mais laisser les fenêtres ouvertes pour permettre la circulation de l'air et humecter régulièrement les rideaux avec des eaux parfumées: l'air en circulant au travers des rideaux humides fera baisser la température intérieure de plusieurs degrés, tout en apportant une douce humidité. Les odeurs de fleurs ou d'herbe apaiseront les souffles et renforceront le sens de l'odorat, nous reliant à la terre. On peut aussi placer des pots de terre cuite non vernissés (genre pot de fleur dont on a bouché le trou) sur le rebord des fenêtres, modeste équivalent de la climatisation des plus anciennes civilisations, et bien plus agréable que la clim'.
Pesse d'eau au jardin des Plantes
- si on peut, se lever et se coucher avec le soleil, et faire la sieste à l'ombre quand "il fait trop chaud pour travailler". Le soleil est particulièrement doux et agréable à son lever, et le seul auquel on puisse vraiment s'exposer lors des canicules.

- en Espagne, il y a la sangria, en Touraine la chicolle ou le miot qu'on apportait aux moissonneurs lors des grandes chaleurs: boire un peu de vin sucré dilué à l'eau, avec des fruits frais éventuellement, comme nous le servait ma grand-mère bordelaise quand nous étions petits lors des canicules de 1975 et 1976 (accompagné de tartines grillées frottées à l'ail), comme le vrai pastis de Provence. Cela rétablit une circulation, une transpiration...Ici, d'autres boissons pour la chaleur, comme le erk sous.

- si la chaleur est montée au coeur avec la lourdeur qui domine, et même si ce fruit n'est pas tout à fait de saison, la tomate, particulièrement crue, comme dans un gaspacho, peut amener sa fraîcheur juteuse aux coeurs fatigués. Les alliacées peuvent être nécessaires pour empêcher les souffles de s'envoler. Les pranayamas suivants, à pratiquer tôt le matin ou le soir tard, sont particulièrements indiqués en cas d'hypertension, aggravée par la forte chaleur et la sécheresse, mais aussi simplement pour se rafraîchir: shitali (avec la langue en U), shitkali (pareil, mais à travers les dents), brahmari (abeille) et ujjayi (respiration du sommeil).

-on peut aussi être irrité: gelée à base d'agar-agar, panna cota, orge, orgeat (à base de farine d'orge grillée par cette chaleur, recette ici),Cueillir les cerises dans l'arbre purée d'amandes, lin, mauve, guimauve, voire aloe si on est dans un pays de cactus... peuvent procurer une sensation délicieuse de fraîcheur intérieure. On peut même se nourrir d'orgeat. Pour les transits qui s'accélère, les lassis font merveille.

- pour rafraîchir les yeux, contempler le lointain: levers et couchers de lune ou de soleil, horizon... et le laisser nous sortir de nos sentiers re-battus. Evacuer complètement le travail intellectuel et les écrans sous peine d'aggraver notre colère et notre chaleur interne.

- en cas de manque d'appétit ou d'entrain, trempette dans la piscine, la rivière, la baignoire... d'eau froide de temps en temps, ou douche fraîche. On peut aussi prendre une tisane astringente avant l'heure des repas: thé vert à la menthe pas trop sucré, tisane de myrte, d'absinthe, de reine des prés, d'achillée, de feuilles de noyer, de 4 semences chaudes selon l'endroit où l'on est, et ce qui éveille nos papilles, ou tartines de chutney de fenugrec (recette ici).
Bouquet spontané
- manger peu à la fois, liquide, parfumé. Préférer les jus (de fruits frais, de légumes, au gingembre frais en l'absence d'angélique fraîche), les bouillons (de céréales, de légumineuses, de légumes...), voire les tisanes d'aliments rôtis, grillés, puis réhydratés par l'eau (orge, riz...), comme nous. Des jus pour remplacer les nôtres qui s'étiolent. Boire peu à la fois, pour ne pas diluer les sucs digestifs. Consommer du lassi, ou yaourt battu avec de l'eau, ou du lait ribot, surtout en fin de repas, parce que c'est délicieux bien sûr, que ça fait le ventre plat et évite l'émaciation et les problèmes de transits, avec un peu de cumin ou du mélange "4 semences chaudes" et un peu de sel.
Fraises des bois - pour les gourmands qui ne manquent pas d'appétit, quand le corps aura évacué l'excès de chaleur impromptu, après le soleil, ce sera le moment des pâtisseries! Des vraies, nourrissantes, onctueuses, à base d'oléagineux, comme on les fait au Moyen-Orient ou au Maghreb, ou encore en Inde, en Grèce, en Géorgie..., qui nourrissent la plénitude et stimulent le feu digestif. Comme aussi ma fameuse tarte aux figues (recette ici). Ce sera aussi le temps des potées de viandes, poissons ou légumes, longuement cuites à petit feu, riches en graisse légères, accompagnées de céréales blanches et onctueuses: couscous, orge grillée, riz grillé... Avant, yaourt battu, pain sec, olives, fruits cuits ou au vin, et un peu de pastis bien dilué, peuvent suffire à réjouir le coeur et l'appétit.

samedi 15 juin 2019

La séance de yoga pour l'été, de Florence Ponceau

A la saison d'été, on préfèrera pratiquer aux heures fraîches: le matin au réveil et/ou à la fin de l'après-midi, après les grosses chaleurs, pour ne pas puiser trop loin dans nos tissus - dhatus.
Dans la pratique, on accompagne la force d'élévation, udâna vayu, celle-là même qui anime la nature et nos esprits au moins jusqu'au solstice - udâna vâyu est, entre-autres, à l'origine de nos aspirations et de l'accession à plus grand, plus haut, plus lumineux (du point de vue spirituel) - par de grands étirements, une généreuse ouverture des poumons. Ceci sans pour autant perdre son ancrage ni s'épuiser dans des pratiques trop intenses. La pratique doit au contraire permettre de générer la fraîcheur, l'ouverture, l'expansion. Elle tend à rafraîchir les organes des sens pour échapper à la saturation, à l'aveuglement, afin de se laisser éblouir par la nature profonde de toute chose.

Comme l'évoque Florence Pomana, ce début d'été ne ressemble pas à la belle image que nous nous en faisons. Avec les pluies, on peut se relier dans la pratique à la tonicité de maintien de la colonne vertébrale, comme pour se retenir à quelque chose en Soi, alors que les souffles tendent à se relâcher, et qu'il faut absolument laisser faire. Avec la conscience de cet axe intérieur, on peut contempler l'action du Souffle en Soi, accompagner le mouvement d'expansion, jusqu'à ce que les fleurs de lotus viennent à fleurir de l'intérieur. C'est ainsi que l'on accède le plus simplement du monde à l'expérience des différents centres d'énergie ou chakras, et que l'on se libère encore - kaivalya.
Pour sitali pranayama, voir cette vidéo. ete1_1_.jpg
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Le temps de tenue des postures et le nombre de répétitions des séquences sont adaptable selon votre pratique et vos ressentis, ils ne sont volontairement pas toujours indiqués d'ailleurs. Certaines pratiques proposées sont exigeantes, voyez avec votre professeur ou référent.e en la matière quelle adaptation vous pouvez en faire, ou comment cheminer, pas à pas, comme un enfant apprenant à marcher, vers la posture proposée. Aussi, si vous avez un quelconque doute entre la compatibilité de votre état de santé et la pratique, n'hésitez pas à laisser un commentaire afin que nous puissions vous conseiller.

samedi 1 juin 2019

Quelques boissons pour la chaleur qui monte vite

Auprès de mon arbre... dans le jardin alpin du jardin des PlantesSi on danse, chante, travaille physiquement..., plutôt du frais, mais pas d'eau pure, trop déminéralisante:
- la boisson rhubarbe et rose, recette de "Un goût de paradis".
- le thandaï, en deux versions ici à la guimauve, très pectoral, et dans "Un goût de paradis", plus subtil et enfantin.
- l'orgeat, qui peut aussi être la nourriture de la journée, ou le dîner apaisant: ici.
- le kéfir ou le yaourt battu avec de l'eau gazeuse, un peu d'écorces de citron, de la menthe fraîche et du sel, très désaltérant, particulièrement en climat aride.
- le miot, la chicolle... si on a une activité physique épuisante, notre équivalent local de la sangria: des cerises ou des fraises, du vin sucré et beaucoup d'eau. Le pastis, mais dilué comme il faut, marche aussi. La très faible proportion d'alcool aide à digérer les fruits et l'eau, permettant le rafraîchissement.
- une menthe à l'eau ou, plus complexe, une infusion fraîche de mon mélange "allégresse", très rafraîchissant, variation sur une recette d'origine arabo-andalouse: un tout petit peu d'aloe, de la réglisse, de la menthe poivrée, de l'écorce de mandarine, des feuilles de mandarinier ou de cédrat, des fleurs de bourrache, une pointe de cannelle et de clou de girofle.
- une infusion de camomille matricaire, d'écorce de citron et de mandarine avec de l'écorce de chêne et de la réglisse, très apaisante.
- de l'eau dans laquelle a trempé pendant la nuit une branche de mélisse fraîche, et/ou une de menthe.
- une cuillerée de mélasse de grenade avec de l'eau de rose.

J'adore les grenouilles Si on préfère contempler les explosions de fleurs, ses souvenirs qui montent, la beauté du monde en train de se déployer, la joie des humains dans la chaleur estivale, le visage des personnes aimées:
- un thé vert à la menthe avec des pâtisseries!
- une infusion de fleurs pour fleurir et transpirer: sureau, jasmin, rose... avec un peu d'anis éventuellement.
- un tchaï léger en lait, juste assez pour faire transpirer.
- un orgeat chaud, très agréable aussi.
- un "café blanc": de la vraie bonne eau de fleur d'oranger (1 c. à soupe pour une tasse) avec du miel et de l'eau chaude, éventuellement coupée d'un peu de lait.
Les fruits ou les jus de fruits frais sont à prendre le matin à jeûn de préférence, quand le feu digestif est encore fort. Après, ils ne sont pas forcément si agréables.

P1010294.JPGEt voici la dernière de mes trouvailles de lecture, le erk sous, une boisson du Liban, de l'Egypte et, j'imagine, de tout le Moyen-Orient, pour le Ramadan et les étés brûlants:
Remplir à moitié une assiette creuse de racine de réglisse quasi en poudre.
Saupoudrer d'une grosse cuillerée à soupe de bicarbonate de soude. Arroser d'eau petit à petit tout en malaxant pour l'obtention d'une pâte qui va foncer. Laisser reposer la nuit.
Le lendemain, mettre cette pâte dans une mousseline et la placer dans une grande cruche d'eau (3-4l). Quand l'eau est devenue marron foncé, retirer la mousseline, fouetter vigoureusement et servir. Pas pour les hypertendus...

Si, malgré tout, nous nous sentons fiévreux, colériques, ou épuisés, la douche des chevilles nous rendra au repos: le bout des pieds posé sur le rebord d'une bassine de façon à ce que les chevilles soient au-dessus de l'eau, installé confortablement, on se laisse baigner chaque cheville d'eau fraîche alternativement, à l'aide d'une éponge. Tout concourt à l'apaisement: l'ami(e) ou l'être cher qui le fait, nous témoignant sa tendresse, la lenteur, le bruit de l'eau qui coule entre les deux malléoles, l'odeur de fleur d'oranger si on en a mis dans l'eau...

mardi 14 mai 2019

La séance de yoga pour le printemps, de Florence Ponceau

Fleurs de plantain à la couronne de féeCette nouvelle saison, ce "temps premier", peut se vivre comme une renaissance. Peut-être pouvons-nous en faire l'expérience simplement en contemplant ce qui se produit au dehors: la montée des températures, la nature florissante, la lumière montante, éblouissante...
Et ce regard porté autour de nous amène à prendre conscience de ce qui se reflète en nous.
Il est bon pour ouvrir la voie de revenir à des pratiques purificatrices - afin de nettoyer les agnis et de libérer l'espace qui mène de la sphère mentale à la voix de l'intuition (hridaya); et d'aller vers d'autres pratiques intenses accompagnant la mise en branle de l'énergie interne - celle qui pourrait rester endormie tout en bas du tronc, ou encore stagner au centre - pour, au moment venu, jaillir (udâna vayu), et vivre sa pleine expansion: fleurir enfin.
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dimanche 5 mai 2019

Changements dans le programme!

Juin
Cascade dans le Queyras - cure de la Pentecôte du 8 au 15 juin: pour laisser la grâce nous inspirer, avec un travail particulier sur la tête et la fraîcheur intérieure. Programme individuel pour les curistes. Egalement des cueillettes sauvages.
- WE de pratique des recettes et remèdes du tome 5, les 22 et 23 juin. Yoga, pranayama, cuisine, cueillette de plantes sauvages, pratiques de saison ensemble.

Juillet
- stage du 6 au 13 juillet: pour accepter la lourdeur qui vient et la transformer. Pratique intensive de pranayama, yoga nidra et yoga. Mais aussi balades, cuisine, cueillette de plantes sauvages, petits remèdes de saison, et shanka prakshalana si le temps le permet: une pratique puissante de nettoyage complet du système digestif avec eau salée et postures de yoga, mais qui ne peut être effectuée lors de périodes de sécheresse.

Coeur de coquelicot de jardinier Août
- jeûne alterné ou "pratique de la générosité" du 1er au 10 août. Pour se purifier des souffles accumulés sous la chaleur et regarder les Perséides tomber avec des yeux tout neufs. Plus qu'un stage ou une cure, il s'agit d'une retraite. Cela demande de sortir de sa "zone de confort", mais les effets sont à la hauteur des efforts. Plus nombreux nous sommes, plus la pratique est facile. Nous aurons la chance de bénéficier de conjonctions très favorables de planètes pour l'ouverture du coeur.
- WE de pratique des recettes et remèdes du tome 5, les 24 et 25 août. Yoga, pranayama, cuisine, cueillette de plantes sauvages, pratiques de saison ensemble.

Toute participation à un stage, une cure ou au jeûne nécessite une consultation préalable, sauf si nous nous connaissons déjà.

Je n'effectue de location de lieu qu'une fois les arrhes de tout le monde versées, ce qui retarde d'autant la communication du lieu de cure. Mais cela me permet de choisir un lieu facile d'accès pour les participants, puisque je dispose maintenant d'une liste de jolies propriétés à louer en plusieurs régions de France.

vendredi 3 mai 2019

Le Parlement britannique devient le premier à voter l'urgence climatique et écologique!!!

Et pourtant c'est peu relayé dans les journaux!
A l'origine, Extinction Rebellion , un mouvement pacifique fondé en Angleterre en octobre 2018.
Pour voir l'article qu'y a consacré Positiv.fr, c'est ici.

mardi 30 avril 2019

Saturne et Pluton rétrogrades en Capricorne, la forme formante

Dessin TaraLa "forme formante". Cette expression, je ne l'ai entendue que dans la bouche de Philippe, mon professeur pendant de longues années, une notion centrale de son enseignement et de l'embryologie tibétaine et indienne: comment le dessin de chaque chose pré-existe à la forme concrète, à la matérialisation. Il l'illustrait de multiples anecdotes.

Lorsqu'il vivait dans les camps de réfugiés tibétains, partageant leur quotidien sous les tôles ondulées de Dharamsala, par exemple, il avait un jour donné de sa main une partie de son repas à un chien affamé et galeux qui passait par là, ému pour les chiens du coin en général, auxquels les tibétains jetaient des pierres, les sachant souvent porteurs de maladies. Puis, s'étant rassis, il reprit son repas (avec les mains) quand la pensée le traversa qu'il ne s'était pas lavé les mains, que le chien avait léchées. Aussitôt, avec la crainte de s'être sans doute rendu malade, il vit une masse sombre s'abattre vers lui. Il repoussa vigoureusement la masse en pensée et se leva quand même pour se laver les mains. Fin de l'incident.

C'est une notion que l'on trouve aussi chez les Dogons par exemple, où le niveau d'incarnation se mesure à la densité du dessin, jusqu'à ce qu'il prenne forme sensible. D'où le respect pour toute forme de dessin. Les tibétains, comme les Dogons, y accordent tant de pouvoir que les futurs peintres de thangkas ou de dessins sacrés ne s'exercent longtemps que sur des tableaux effaçables ou du sable. Et les Dogons lisent dans les traces laissées par le "renard pâle" pendant la nuit dans l'espace sacré.

Runes De même que l'écriture fut longtemps un acte magique, le dessin/dessein d'une réalité à venir, en germe dans les étoiles dans la pratique de l'astrologie et des runes, comme dans le conte de la vieille à la broderie: une vieille femme brode un paradis depuis sa misérable masure, qui finit, après de nombreuses péripéties, par s'étendre et devenir son monde.

Peut-être certains parents parmi nous se sentent-ils comme la maman lapin du conte du Père Castor, qui rêvait ses petits "un comme moi, un comme lui, un comme lui et moi, un comme moi et lui...", ou comme la mère des enfants d'or et d'argent du conte russe, qui prédisit à son amoureux des enfants extraordinaires: peut-être ont-ils rêvé tel ou tel détail de leurs enfants, espéré telle ou telle particularité, sans aucune tentative de contrôle, et l'ont-ils vue arriver. Le dessin était dans leur tête...

Dans ma pratique, il m'est arrivé de nombreuses fois de compter sur un organe, des ligaments, de la peau... qui n'avaient plus d'existence matérielle. Même si je croyais mon professeur, l'expérience que m'a poussée à faire un premier consultant un jour fut un véritable émerveillement, et l'ouverture d'un champ de possibles.

Dans une société tamasique, où les champs de perception sont fermés, on est réduit à la réalité matérielle, où cette forme formante n'est même pas perceptible, et on décide de moyens de lutte concrets pour contrevenir à quelque chose dont le dessin continue d'exister même si sa concrétisation présente disparaît, ou pour obtenir ce qu'il suffit peut-être de rêver ou de laisser émerger au-dedans de nous. C'est la partie irréconciliable entre une médecine symptomatique et une pratique holistique, entre une société technique/technologique et une culture de la transcendance, même si parfois, au gré d'un moment magique, les deux mondes se mèlent aussi. Entre la croyance en un super-héros, une super machine, un vaccin, un médicament, une innovation... qui sauvera le monde et la responsabilité de nos rêves, de nos désirs, de notre destin. Entre la poésie et la délicatesse du champ des possibles et la brutalité destructrice de la tentation du contrôle. Et le sens de cette expression souvent citée: sarva annam, "je suis ce que je mange" ou plutôt "ce dont je me nourris".

En massant un corps, on rappelle avant tout une âme à sa forme formante, son moule d'origine, le dessin qui lui a donné vie. Il ne s'agit pas de corriger, mais de rappeler à soi-même. Parce que dans ce dessin il y a aussi le dessein de l'âme sur cette Terre et dans cette vie, quel qu'il soit, ce qui lui donne sa force et sa beauté. En laissant le temps à nos rêves pour émerger malgré les multiples conditionnements et distractions que nous offre la société de consommation et les nombreux dessins qu'elle génère, nous sommes la porte vers un monde différent. Toute la difficulté est d'accepter ou de croire à l'infini des possibles. "Don't hope, just do".


La Voie Lactée, océan de lait baratté par les dieuxSaturne est entré en rétrogradation le 30 avril, jusqu'au 18 septembre, en même temps que Pluton du 24 avril au 4 octobre. Une conjonction de planètes dont j'expliquais ici les implications. La rétrogradation va faire émerger le changement de paradigme annoncé, en soulignant l'effondrement de ce qui n'a plus lieu d'être, et qui a été ébranlé depuis ce début d'année. A titre individuel, cela peut donner de la mélancolie, une tendance à la misanthropie, au découragement, un long hiver intérieur en plein été. Saturne rétrograde incite ici à la solitude, au dépouillement, à la sagesse, au recul, à l'introspection, à la lenteur, à l'examen de ce qui était considéré comme sûr, acquis, fondamental. De cet hiver intérieur sortiront les rêves qui éclaireront notre automne et concrétiseront nos changements. D'ici là, les grands projets (attention au chantier de Notre-Dame), les conduites superficielles, les solutions faciles, rapides... n'auront pas de place. A nous de rêver un nouveau monde sans frein rationnel ou raisonnable!

Ici, une nouvelle très inspirante pour l'association et notre désir de sauver les forêts! Et, tant que vous y êtes, restez sur positiv.fr.

dimanche 28 avril 2019

Bain des yeux dans les prairies enchantées de Provence après la pluie

Pour voir la légende, laisser la souris sur l'image. Photos prises au sud des Alpilles.
Salade de coquelicots, roquette, mauve, églantine, fenouil, sauge de sprés, pissenlit... Buisson de marrube blanc et épis d'orge des ratsorge de srats, ,coquelicots et fleurs de chardon MarieGaillet blancMuscaris à toupetIris des maraisEuphorbe réveille-matinCalament népétaBuisson de silène enfléCynoglosseCiste à feuille de saugeDorychnie à 5 feuillesPrairie à cistes, euphorbes et chêne vertCiste cotonneuxPrairie à sauge de sprésEpis d'orge des rats et d'aegylops
Sans oublier les acacias, les sureaux, les roses, les jasmins, les pivoines... qui embaument les jardins.

samedi 20 avril 2019

Boisson à la rthubarbe

 Une première recette a été publiée dans " Un goût de paradis" (ex- "Cuisine ayurvédique").
Voici une autre version, sans grenade, publiée sur ce blog en 2016:
Boisson à la rhubarbe et à la rose
Ca fait quoi? Ca rafraichit le brasier de la passion, ça purge des excès, ça emmène ce qu'on n'a pas "digéré" et ouvre à la tendresse.
Couper 5 belles tiges de rhubarbe bien nettoyées en petit tronçons. Les placer dans une casserole avec 1,5l d'eau. Amener à ébullition et laisser bouillir à petits feux environ 5mn avec éventuellement quelques graines d'angélique ou de cardamome. Eteindre le feu et laisser tiédir.
Filtrer ensuite. Ajouter 2 cuillerées à soupe de miel d'acacia, et une cuillerée à soupe d'eau de rose.
Petit souvenir de Nostradamus...
Boire à température sous un arbre, en écoutant "Les roses roses" de Vanessa Paradis et Benjamin Biolay, ou en regardant les nuages.

vendredi 19 avril 2019

Le coeur ouvert à l'inconnu

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La Lune est pleine, tandis que le Soleil conjoint à Uranus est en Trigone à Jupiter. Grand moment d'ouverture, comme les floraisons qui exlosent de couleur partout ces jours-ci... La montée très rapide des températures y contribue.

Ce qui nous a frappé en premier, ce furent la tristesse de l'incendie, la colère peut-être devant les moyens déployés pour sauver un monument mais pas les SdF ou les autres "pauvres" de notre pays et d'ailleurs, les querelles qui suivirent, mais surtout, un gros amas d'humeurs noires que la chaleur trop rapide n'a pas permis de dissiper, le pressentiment d'un changement de paradigme latent cette année, les hargnes tenaces résistant au tendre pétillement du printemps... Toute cette chaleur de l'hiver qui n'a tout d'un coup plus de nuit froide à réchauffer, et qui va chasser les remugles de nos tréfonds pour le grand ménage de printemps. On peut avoir de brusques accès de désespoir, avoir froid comme tous ceux que je vois porter des manteaux par 25°, des douleurs ORL, les yeux qui gonflent, une forme d'épuisement, l'envie de se terrer chez soi... ou pas.
Mais aujourd'hui, c'est le temps du coeur ouvert, de l'inspiration, du partage, des horizons sans limites, de la douceur de vivre qui explose comme un bouquet de magicien sous notre nez, précisément juste avant Pâques, ou Pessah, selon.

 Pour nous garder des envolées désincarnées ou des humeurs noires qui colorent le monde en noir malgré la fête, il est possible que nous soyons attirés par les saveurs piquantes de printemps, de ces piquants qui dissolvent sans chauffer et ébranlent joyeusement les réserves de l'hiver et les réticences de la graine à germer: la roquette (surtout sauvage), le radis noir et les autres radis, le raifort, la cardamine, les bières, l'hydromel (pétillant de miel et d'eau), le cresson, l'eau gazeuse... Ils redonneront de la couleur à nos habits fânés de printemps sec.
Les salades du moment, sauvages ou non, avec graines germées ou pas (en hoummous de graines germées, en pain essénien...), donneront du cru et du vivant à moudre à notre feu encore fort, et l'apaiseront un peu, tout en évacuant la colère et l'impatience qui peuvent monter avec la chaleur, chères salades bienfaisantes et délicieuses offertes par les prairies et les jardins. Les pestos également.

Le grillé, le sec, le craquant... ces saveurs nous tonifient sous la chaleur, comme tout ce qui est astringent, et nous rassemblent: la teinture de benjoin versée dans le thandai (billet plus bas), la bsissa et la tsampa (farine d'orge grillée), l'infusion ou le vin de fleurs de lilas (et la plupart des fleurs), les bourgeons de peuplier, les pâtes d'oléagineux, le thé, plusieurs salades sauvages (l'achillée, les jeunes feuilles d'arbres, la consoude, le plantain...), les légumineuses, les crackers, les pains grillés, les légumes juste rôtis...
Le matin, pour secouer la chaleur qui a tendance à stagner, dès le réveil, on peut courir voir les fleurs qui s'ouvrent, dans les prairies, dans les jardins, dans les parcs, courir seulement, sortir regarder le soleil qui se lève... mais surtout, bouger immédiatement. Ou alors, si notre chaleur nous engourdit, on peut se plonger au hammam, l'allié des temps secs et des chaleurs qui montent vite: on y retrouve la transpiration et, avec l'alternance du chaud et du froid, notre chaleur se pose au bon endroit.
Quelques alliacées de saison nous garderont dans la présence et purifieront nos jus: ail des ours, ou à défaut petits oignons de printemps, poireaux nouveaux, aillet même. En confit, cuit dans leur peau, en salade, en pesto...
Les saveurs fortes et stimulantes, comme celles du lierre terrestre, de l'angélique, de la berce, et du gingembre à défaut, achèveront de réveiller nos envies.
Buis rayonnant et bourgeonnant Enfin, pour ceux qui sont suffisamment raides et roides, en plus des alliacées, il y a toutes les douceurs miellées d'avril: la pâquerette, le buis de Pâques qui guérissait tout, le gaillet jaune...
Et, en dehors du repas de Pâques ou à moins d'avoir jeûné, on peut continuer à manger peu gras et peu sucré jusqu'à la mi-mai, après les saints de glace.
L'Ayurveda recommande à cette saison de contempler la beauté du printemps à l'oeuvre chez les humains et dans la nature. C'est aussi ce que fait le cueilleur, aplati dans les prés à chercher les pousses, à courir de beauté en beauté, d'abondance en abondance, dans le jardin du Paradis renouvelé encore...
Joyeuses Pâques/Pessah à tous ceux qui le fêtent!

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